D’octobre à novembre, les traditions, le temps et la saison voudraient que l’on tremble. C’est donc une sélection pleine de frissons que j’ai concoctée pour vous aujourd’hui.
Ollie – collégienne bien plus à l’aise avec la littérature qu’avec ses camarades – fait une curieuse rencontre après les cours. Une femme terrifiée au comportement suspect s’apprête à se débarrasser d’un livre en le jetant dans la rivière. Amoureuse des livres, Ollie s’empare du roman et s’empresse d’en tourner les pages histoire de comprendre les raisons d’un tel acte et de découvrir ce qu’il a de si diabolique. Au cœur de ces pages, une étrange histoire de famille dans une propriété agricole de l’Amérique rurale… Quelques jours après cette rencontre incongrue, une sortie pédagogique est organisée pour découvrir une ferme non loin du collège… Dès son arrivée, tout lui paraît étrange. Du conducteur du bus aux employés du domaine… Et que dire des points communs étonnants entre sa récente lecture et toutes les rumeurs qui circulent au sujet du passé sombre et macabre de Smoke Hollow… Dès lors, la curiosité cède vite place à l’inquiétude quand le bus tombe en panne non loin de l’effrayant domaine et que les brumes environnantes laissent entrevoir – quand la nuit tombe – des silhouettes qui ne disent rien qui vaillent…
Chaudement recommandée par R.L.Stine – auteur à succès de la célèbre collection Chair de poule – cette histoire viendra chatouiller les lecteur·rices qui aiment l’idée de tourner des pages qui font frissonner. Tous les ingrédients sont réunis pour une échappée hors des sentiers battus et pour une rencontre entre deux mondes. Si l’un semble suspect en plein jour, l’autre devient particulièrement hostile quand il s’enrobe de brouillard et réveille les âmes damnées… Les protagonistes – pourtant bien ordinaires – ont aussi leur côté sombre et leurs peurs intimes à surmonter… En effet, c’est aussi la vie d’adolescent·es peu populaires qui est ici contée. Difficultés d’intégration, victimes de préjugés, caractères peu enclins à l’altruisme, chacun·e devra œuvrer pour lutter contre ses propres démons afin de surmonter ceux qui croiseront leur route… De quoi trembler ou sursauter quelques soirs en lisant ce titre idéal pour entretenir les cauchemars…
Ce n’est qu’une formalité. Un petit document à remplir contre un passeport pour une belle échappée de l’autre côté de l’Atlantique. Mais ce matin-là, rien ne se passe comme prévu. Karim et sa mère se font sèchement recevoir par une dame acariâtre qui n’a – semble-t-il – pas l’intention de leur simplifier la tâche. De fil en aiguille, nos deux personnages se retrouvent face à un photomaton pour réaliser des clichés conformes aux exigences de l’administration. Pendant que sa mère s’occupe des courses, Karim se bat avec la machine trop capricieuse pour réaliser ses clichés. Mais après une manipulation hasardeuse, Karim se retrouve prisonnier de l’appareil et mis face à un défi des plus inattendus. Un terrible décompte est lancé : il n’a que trois petits jours pour accomplir une mission et éviter le pire… Un passeport pour l’angoisse est désormais entre ses mains.
Pour ce titre de la très bonne collection Hanté, les éditions Casterman ont fait appel à une autrice jeunesse qui compte désormais de nombreux romans à son actif. C’est donc à Sarah Cohen-Scali qu’est confiée la lourde tâche de faire trembler les adolescent·es. Elle signe ici un récit à suspense qui s’empare de certains codes des récits fantastiques ou policiers en les liant habilement. L’on suit alors son héros qui se retrouve subitement face à des peurs cauchemardesques et qui n’a d’autre choix que d’affronter des responsabilités d’adultes. L’enjeu est de taille puisque c’est sa survie qui dépendra de la réussite ou de l’échec de sa mission. Pour parvenir à ses fins, il lui faudra faire preuve de perspicacité et de courage tout en sachant faire les choix qui n’aggravent pas la situation déjà complexe et anxiogène. Un livre qui place décidément les protagonistes comme les lecteur·rices sous tension !
La rentrée des classes, ça tord parfois le ventre. Et que dire de cette nuit qui précède le retour en cours? Pour Jade, ces heures interminables virent au cauchemar, d’autant que son année de sixième fut douloureuse. Harcelée par un petit groupe de harpies, elle n’a aucune envie de se retrouver en face d’elles. Hélas, la pauvre n’imagine pas un seul instant que de bien pires moments l’attendent… Un professeur de français tout droit sorti d’un grimoire de sorcier, des camarades de classe qui changent d’attitude après un séjour en salle de colle, des phénomènes étranges qui se multiplient… L’étau semble se resserrer sur Jade et rend ce mois de septembre définitivement plus angoissant qu’il ne l’est déjà…
Après La maison sans sommeil ou Le dernier petit singe, voilà un nouveau titre pour la collection Hanté de Casterman. Le défi est une fois de plus relevé pour ce petit roman qui rend le quotidien au collège particulièrement angoissant. Le duo formé par les protagonistes en difficulté rappelle qu’il faut parfois accepter que des personnalités – qui n’ont rien à voir les unes avec les autres- sachent aussi se trouver et constituer une relation aussi surprenante qu’inattendue. L’intrigue- sans prétention – captive plus qu’elle n’étonne, distillant ses mystères et curiosités. Anaïs Vachez livre ici un roman profondément ancré dans la vie et les préoccupations adolescentes et offre une histoire qui se lit avec fluidité et envie. C’est un des titres de la collection qui, à mon sens, semble d’ailleurs le plus accessible pour des lecteur·rices qui ont parfois des rapports houleux ou compliqués avec la lecture. Sa chute, laissera peut-être moins de questions en suspens que les autres romans de la collection, ce qui peut, quand il s’agit de lectures fantastiques, éviter trop de frustration pour le lectorat quand arrive la dernière page… Sans nul doute, les collégien·nes apprécieront assurément de pousser la porte de ce collège singulier qui accueille en son sein des êtres qui ne font pas bon ménage avec l’idée que l’on se fait d’une rentrée sereine.
Terreur à Smoke Hollow de Katherine Arden (traduit de l’américain par Maud Ortalda) Pocket Jeunesse 14,90 €, 140×225 mm, 256 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le Dernier petit singe de Sarah Cohen-Scali Casterman, dans la collection Hanté 5,95 €, 140×191 mm, 120 pages, imprimé en Espagne, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Les Élèves de l’ombre![]() d’Anaïs Vachez Casterman, dans la collection Hanté 5,95€, 139×189 mm, 120 pages, imprimé en Espagne, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

J’aime les gens qui doutent, aller voir ailleurs si j’y suis, oublier le temps dans une librairie, boire du vin et du thé, entretenir mon goût démesuré pour les petites listes… Amoureuse du cinéma de Miyazaki, des chansons de Pierre Lapointe, des pinceaux de Mélanie Rutten, des BD de Renaud Dillies, de la poésie de Vinau, des livres illustrés et des romans qui bousculent avec de jolis mots.
