Aujourd’hui, je vous propose de plonger dans deux albums qui nous parlent d’un sujet tabou… la tyrannie exercée par les petites sœurs sur leurs grands frères grâce à Ma sœur est une brute épaisse d’Alice de Nussy et Sandrine Bonini et Tyranno petite sœur de Davide Cali et Sébastien Mourrain ! Bonne lecture !
C’est l’histoire d’un petit garçon qui n’aime rien de plus que de rester à l’ombre d’un arbre pour lire et rêvasser, de se blottir au fond de son lit un dimanche matin ou de jouer avec son chat… Oui mais voilà, ce jeune garçon a une petite sœur… et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est une terreur qui ne laisse jamais un moment de répit à son aîné !
Ma sœur est une brute épaisse est un très joli album qui nous conte la relation entre un grand frère qui ne rêve que de calme et de douceur et doit faire face à une petite sœur surexcitée, pleine de vie et parfois un poil agaçante… Notre petit héros (et narrateur) ne peut pas manger calmement son goûter ni construire un bonhomme de neige sans que sa petite sœur perturbe tout ! L’album est construit sur une suite de situation où la petite sœur perturbe l’équilibre délicat que tente de mettre en œuvre son grand frère dans son quotidien. Alice de Nussy nous offre un album poétique et réaliste sur la vie d’une fratrie, ses joies comme ses peines (car rassurez-vous, cette petite sœur, aussi exaspérante soit-elle n’en demeure pas moins un bon partenaire de jeux, notamment quand son frère lui lit des histoires !). Le graphisme est très léché et les illustrations de Sandrine Bonini ultra stylisées (avec une attention toute particulière donnée aux motifs et aux couleurs – avec l’utilisation du fluo -).
Un joli album, tendre et plein de vie sur les relations frères-sœurs !
Axel est un garçon ordonné, qui aime ranger ses jouets, s’appliquer pour construire des maquettes et classer les objets par couleur. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes… sauf que Axel a une petite sœur… Qui jusqu’à peu, n’était qu’un bébé qui bavait, criait et faisait caca tout le temps ! Depuis peu elle bouge ! Et elle s’est transformée en tyranno-petite sœur ! Un monstre qui écrase tout sur son passage… Si seulement les parents d’Axel étaient de son côté, mais évidemment, ils prennent le parti de la petite sœur…
Avec Tyranno petite sœur, Davide Cali et Sébastien Mourrain nous proposent un album hilarant, suite de leur précédente collaboration Bronto Mégalo Saure (chroniqué ici). On retrouve notre petit Axel qui a bien grandi, il est devenu un garçon sage et pondéré et doit maintenant partager sa vie avec une petite sœur assez tyrannique. Axel n’en peut plus, d’autant plus qu’il se fait tout le temps disputer par ses parents qui consolent en permanence Anaïs ! L’album est très drôle, bien construit, la métaphore du monstre est particulièrement pertinente. Sébastien Mourrain joue sur les échelles, Anaïs surgissant au détour d’une page, immense, affublée d’un costume de dinosaure, prête à tout détruire sur son passage ! Davide Cali décrit de manière astucieuse et pertinente les relations entre frères et sœurs, captant des émotions et des situations très justes (les grand·e·s qui se font toujours disputer même quand c’est la faute des petit·e·s, la difficulté de partager son temps, son espace et ses jeux avec un plus jeune…). Tyranno petite sœur est un super album, vivant et dynamique qui séduira les plus jeunes !
Un album hilarant et extrêmement juste sur la tyrannie exercée par les petits frères et petites sœurs !
Ma sœur est une brute épaisse![]() ![]() Texte d’Alice de Nussy, illustré par Sandrine Bonini Grasset Jeunesse 15 €, 220×280 mm, 26 pages, imprimé en France, 2018. |
Tyranno petite sœur ![]() ![]() Texte de Davide Cali, illustré par Sébastien Mourrain Sarbacane 14,90 €, 217×279 mm, 32 pages, imprimé en France, 2019. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


