Plusieurs points communs entre les deux albums de ma chronique du jour : ils sont magnifiques, originaux, ils sont destinés aux grand·es enfants (voire aux ados, lisez bien mes avertissements) et ils viennent de Suède !
La famille avait trouvé l’endroit de ses rêves, l’emplacement idéal pour vivre. Avant de construire leur maison, il fallait juste démolir le vieux taudis qui s’y trouvait et quatre pins qui l’entouraient. La mère avait l’habitude de couper les arbres, mais ceux-ci étaient difficiles à abattre, comme s’ils résistaient. On aurait dit que des cris sortaient de l’écorce pendant qu’on la tronçonnait… Avec les pins, on fit des planches, avec les planches, la maison. Mais bientôt, des événements étranges se produisirent…
J’ai été bluffé par cet album, bluffé et soufflé. Sa lecture m’a autant séduit que dérangé. Ma première réflexion a été « Wow… on dirait un film d’horreur pour enfants ». J’ai eu envie de le tester sur ma famille, à voix haute. J’ai eu le droit à un silence absolu pendant ma lecture et il a beaucoup plu. Je ne vous dirai pas pourquoi ces réactions, ça serait vous gâcher la lecture, mais je peux vous dire que l’ambiance est très dérangeante et la fin nous scotche. Comme toujours, le travail d’illustration de Lisen Adbåge et sa façon de représenter les corps me séduisent, ses planches sont magnifiques. Je déconseillerai de le lire à de trop jeunes enfants… Mais je vous conseille fortement de le lire, vous, déjà. Il est impossible que ce livre vous laisse indifférent·e.
Elle s’appelle Berta et si elle ne s’en souvenait pas, son père est là pour le lui rappeler. Il l’appelle sans arrêt, fort, alors qu’elle s’évade dans un arbre ou ailleurs. Il y a tant de choses à faire à la ferme, elle ne devrait pas s’enfuir comme ça, elle le sait, mais c’est plus fort qu’elle. Elle aimerait être un oiseau et partir loin. Loin de Gunna, sa sœur aînée qui lui donne des ordres, loin de Nisse, son petit frère encore si petit, loin de son père qui ne la comprend pas, et loin de sa mère, si malade qu’elle ne quitte plus le lit. Même en classe, Berta s’évade, elle dessine.
L’oiseau en moi vole où il veut est plus proche du roman illustré que de l’album « classique ». De par sa longueur surtout (128 pages) et je pense qu’il parlera bien plus aux grand·es (ados, mais aussi adultes) qu’aux jeunes enfants (la maison d’édition n’est pas de mon avis, puisqu’elle le conseille à partir de 5 ans). On y fait la connaissance de la jeune Berta qui aimerait devenir dessinatrice, mais son père en a décidé autrement, il a besoin d’aide à la ferme. C’est en fait l’enfance de Berta Hansson qu’on nous raconte, une peintre suédoise née dans le Jämtland. À travers son histoire, on parle aussi des femmes qui ont dû se battre pour s’imposer, mais aussi de la passion, celle qui fait qu’on est prêt·e à tout. Mais ce qui séduit surtout ici, ce sont les magnifiques planches de Sara Lundberg qui accompagnent à merveille la poésie de son texte. Certaines m’ont donné envie de stopper ma lecture pour mieux les admirer. Elles sont parfaitement mises en valeur dans ce livre au beau papier. Si le texte n’était pas aussi beau, L’oiseau en moi vole où il veut serait déjà un très beau livre d’artiste… Mais il est donc plus que ça. C’est un magnifique ouvrage, de ceux qu’on garde précieusement, qu’on relit régulièrement.
L’album vient tout juste de décrocher le prix Sorcières. Sur ce livre-là nous n’avons hélas pas eu d’illustrations intérieures mais vous pouvez en découvrir sur le site de la maison d’édition, ça vous donnera encore plus envie de le découvrir.
Les pins![]() ![]() de Lisen Adbåge (traduit du suédois par Catherine Renaud) Cambourakis 15 €, 220×287 mm, 32 pages, imprimé en Lettonie, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
L’oiseau en moi vole où il veut![]() ![]() de Sara Lundberg (traduit du suédois par Jean-Baptiste Coursaud) La partie 19,50 €, 177×218 mm, 128 pages, imprimé en Lettonie, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




L’oiseau en moi vole où il veut est un véritable coup de cœur. Un album que j’aime offrir.