C’est beau, drôle, bien écrit et l’on voudrait que ça ne s’arrête jamais… Mais qu’est-ce que c’est ? La suite de deux belles séries bien sûr ! La première nous fait retrouver le charmant Sauveur et toute sa galerie de personnages, et la seconde nous embarque dans une nouvelle aventure en compagnie des jeunes filles d’Allô Sorcières. C’est parti !
Sauveur et fils, suite…et fin ! On retrouve dans ce quatrième et dernier tome le psychologue clinicien et son entourage désormais familier. Côté privé, dans sa maison d’Orléans qui n’a jamais été aussi bondée, gravitent toujours sa petite famille recomposée, additionnée d’un vieux soldat au passé mystérieux et d’un adolescent un peu perdu, auxquels il faut ajouter d’innombrables rongeurs… Côté pro, à une porte de là seulement (et une frontière un peu brouillée entre ces deux mondes) se succèdent ses patient·e·s. Certain·e·s déjà bien connu·e·s, rencontré·e·s dans les trois tomes précédents : la bouleversante Ella à l’identité incertaine et à l’imaginaire débordant, les sœurs Carré, dont l’une est suicidaire et l’autre hyperactive, ou encore la petite Maïlys, qui l’accueille d’un tonitruant « Bonjour Caca prout ! » en passant la porte de son cabinet. Mais également de nouvelles têtes : Solo, un surveillant de prison fan de Star Wars, ou encore Jean-Jacques, un grand bébé de 23 ans qui ne quitte plus sa chambre. Avec humour, douceur, fermeté (parfois) et doute (souvent), Sauveur va une nouvelle fois tenter de démêler la toile complexe de tous ces troubles…
Quel bonheur de retrouver tout ce petit univers où s’entrecroisent avec une habileté désarmante des drames intimes, d’incongrues expressions anglophones, une bonne dose de joie de vivre et toute une ribambelle de hamsters et (enfin !) de cochons d’Inde. Après trois tomes déjà riches et denses, on entre dans cette quatrième saison comme dans une maison familière, avec d’innombrables repères et l’impression de retrouver de vieux compagnons. Ce dernier opus est toujours aussi fort, toujours aussi drôle, toujours aussi plein d’une écriture presque déconcertante de simplicité et de beauté, et si l’on peut regretter qu’il soit un peu court (j’ai tendance à penser que l’on n’a jamais assez de Sauveur), il nous offre cependant une fin à la hauteur du reste, qui nous permet de dire au revoir à ses personnages avec un petit pincement au cœur mais sans frustration. Marie-Aude Murail, avec tact et douceur, referme la porte sur ses personnages comme elle l’avait ouverte : en nous laissant l’impression qu’ils existent en dehors de son texte et qu’ils continueront à exister encore très longtemps.
La fin d’une superbe série à lire, relire et faire lire !
Attention, les Sorcières reviennent ! On avait rencontré Maria, Itaï, Aliénor et Azza dans Viser la Lune (chroniqué ici), dans lequel ces quatre jeunes filles venues des quatre coins de la planète avaient noué une amitié et décidé de monter une chaine YouTube pour y parler de leurs sujets de prédilection. Les voilà réunies dans ce second tome pour des vacances d’été chez le grand-père d’Aliénor. Au programme : délicieux petits déjeuners, baignades en pleine nature et surtout exploration de l’immense manoir qui leur sert de lieu de villégiature. L’occasion pour les quatre amies d’alimenter leurs réseaux sociaux, bien sûr, mais aussi d’enquêter sur la mystérieuse princesse indienne dont elles ont trouvé le portrait au détour d’une de leurs visites du bâtiment… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Sorcières vont aller de découverte en découverte !
J’attendais ce second tome avec une impatience toute particulière, parce que j’avais adoré le premier bien sûr, mais également parce que l’histoire nous est cette fois racontée du point de vue de Maria, la Québécoise, pour qui j’avais eu un vrai coup de cœur dans le premier opus. Outre l’intérêt de nous en apprendre un peu plus sur ce personnage, ce changement apporte également un vrai
goût de nouveauté, et ce n’est d’ailleurs pas le seul. Car si l’on retrouve dans ce second tome les ingrédients qui avaient fait le charme du précédent : une écriture tendre et énergique, de l’humour, et une très belle diversité de personnages, Sous le soleil exactement nous plonge dans une intrigue bien différente de celle de Viser la Lune, teintée de mystère et d’aventure (avec un petit côté polar très plaisant), mais aussi d’amour (et à la sauce Sorcières, sans demoiselles en détresse !). Enfin cette suite est encore une fois l’occasion d’aborder plusieurs sujets de société (surpoids, islamophobie, racisme…) avec justesse et sans manichéisme. Le tout, bien sûr, dans une ambiance de vacances d’été en pleine campagne absolument délicieuse, particulièrement bien rendue par les illustrations de Diglee qui viennent donner encore un peu plus de vie à tout ce petit monde.
Une suite encore plus savoureuse à découvrir d’urgence !
Sauveur et fils, saison 4![]() de Marie-Aude Murail L’école des loisirs 17 €, 150×218 mm, 320 pages, imprimé en France, 2018. |
Sous le soleil exactement![]() Texte d’Anne-Fleur Multon, illustré par Diglee Poulpe Fictions 9,95 €, 142×210 mm, 213 pages, imprimé en Espagne, 2018. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.


1 thought on “Vite, la suite !”