La mare aux mots
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Gabriel - La mare aux mots

Se battre pour sa vie ou celle des autres

Par 30 mai 2016 Livres Jeunesse
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Dans les deux romans du jour, des héroïnes se battent. La première pour sauver sa vie, la seconde pour arrêter des trafiquants de tigres.

7 secondes
de Tom Easton (traduit par Émilie Gourdet)
Lumen
15 €, 140×225 mm, 384 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Nom de code : Komiko – T.2 Le poison du tigre
de Naomi Paul (traduit par Marie Hermet)
Flammarion
13 €, 135×210 mm, 350 pages, imprimé en Italie, 2013.

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Les invité.e.s du mercredi : Laurent Moreau, Xavier Salomó, Meritxell Martí et Justine de Lagausie (+ concours)

Par 25 mai 2016 Les invités du mercredi
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Laurent Moreau fait partie de ces illustrateurs dont le travail me transporte, m’enchante. Je ne connaissais absolument pas la personne qui se cache derrière ces superbes illustrations, j’ai eu envie de savoir qui il était, il a accepté de répondre à mes questions. Ensuite, c’est avec Xavier Salomó, Meritxell Martí et Justine de Lagausie (des éditions Seuil Jeunesse) que nous avons rendez-vous pour la rubrique Parlez-moi de… Ensemble, il et elles reviennent sur leur album très original, L’histoire Perdue. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Laurent Moreau

Laurent MoreauComment êtes-vous devenu illustrateur ? Parlez-nous de votre parcours
Comme beaucoup d’enfants, j’aimais beaucoup dessiner. Je ne dessinais pas forcément mieux que mes copains, mais en grandissant je ne me suis jamais arrêté de dessiner. Après le collège, j’ai fais des études professionnelles en industries graphiques. J’ai appris le métier d’imprimeur durant 6 ans. J’aime beaucoup les techniques d’impressions comme la gravure, la sérigraphie… J’adore observer un livre, toucher le papier, sentir l’encre, regarder les trames… Aujourd’hui, dans mon travail d’illustrateur ou de graphiste, lorsque je réalise une image, je sais comment elle va être imprimée et quelles sont les contraintes à prendre en compte. Mon travail aussi est influencé par mon goût pour l’imprimerie : couleurs restreintes, petits points, importance de la typographie… À la suite de cette formation, je me suis orienté vers le graphisme et l’illustration. J’ai eu la chance de pouvoir suivre les cours de l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg. C’est là que j’ai vraiment découvert le métier d’illustrateur.

Laurent MoreauQuelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je travaille presque exclusivement à la main, je ne suis pas très à l’aise avec l’ordinateur… Donc, je dessine aux crayons, je peins à la gouache, je découpe, je colle… Les techniques varient… Je dessine beaucoup dans des carnets, des idées, des recherches, des dessins personnels qui me servent ensuite pour mes projets de livres. Dans ces carnets, je m’amuse à utiliser différents outils. Je n’ai pas vraiment de technique préférée, j’aime la spontanéité, le geste, la ligne, les petits points… J’ai tout de même axé mon travail autour de l’utilisation de la couleur à la gouache.

Qui attend quiPouvez-vous nous parler de Qui attend qui ?, l’album qui vient de sortir chez Père Castor ?
C’est Laure Dufresne, l’éditrice, qui m’a proposé d’illustrer le texte de Jo Hoestlandt. J’avais déjà eu l’occasion de rencontrer Jo sur des salons et j’avais beaucoup apprécié nos échanges. Son texte m’a plu. Je le trouve extrêmement doux et j’aime beaucoup cette fin un brin cruelle. C’est l’éditrice qui a suggéré l’idée des volets à soulever. C’était une très bonne idée. Cela sert parfaitement le propos. Concernant le travail d’illustration, il s’agissait pour moi de ma première publication pour de très jeunes lecteurs, j’ai cherché à composer des illustrations très simples, graphiques et colorées, dans un univers assez symbolique et hors du temps.

ALMAJ’aimerais que vous nous parliez d’un de vos albums qui m’a particulièrement marqué, le superbe Alma.
C’est assez rare pour moi d’illustrer le texte d’un auteur. Je travaille principalement sur des projets personnels. Mais de temps en temps j’ai un coup de cœur ! Le texte de Stéphane Audeguy en fait partie ! J’ai été ému à la lecture de son texte et j’ai eu tout de suite envie de l’illustrer. En fait, je crois même que j’ai envisagé cette histoire comme si c’était moi qui l’avais écrite. Ça peut paraître étrange, mais je pense que c’est ce qui m’a permis de prendre énormément de plaisir à composer et réaliser les illustrations.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Je n’étais pas un grand lecteur… Mais quelques lectures m’ont marqué. Enfant, j’ai adoré l’univers foisonnant de Richard Scarry. Adolescent, j’ai été subjugué par Laurent Moreaul’écriture de Charles Bukowski. Aujourd’hui, je suis un grand fan de Charles Schulz et ses Peanuts.

Et quel.le.s sont les illustrateurs.trices qui vous inspirent aujourd’hui ou dont le travail vous séduit, tout simplement ?
J’admire beaucoup d’illustrateurs aux univers variés… Je peux en citer certains : Atak, Blexbolex, Benoît Bonnemaison-Fitte, Katrin Stangl, Geoff McFetridge, Rachel Levit… Je pourrais en citer encore beaucoup, je vais m’arrêter là !

Quels sont vos projets ?
Je travaille sur l’écriture d’un nouveau projet d’album. Il s’agit d’un grand imagier panorama du monde. laurent MoreauUne déambulation d’un jeune garçon autour du monde. Ce personnage va traverser de grands paysages sans réellement les apprécier et les contempler…

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos ouvrages, lequel lui conseilleriez-vous
Je crois que je conseille de lire le livre Après paru chez Hélium. Je pense qu’il s’agit de l’ouvrage le plus personnel, autant pour le texte que pour les illustrations. Bonne lecture !

Laurent Moreau

Retrouvez Laurent Moreau sur son site : http://zeroendictee.free.fr.

Bibliographie sélective :

  • Qui attend qui, illustration d’un texte de Jo Hoestlandt, Père Castor (2016).
  • Le livre de la jungle, illustration d’un texte de Véronique Ovaldé d’après Rudyard Kipling, Gallimard Jeunesse, (2016).
  • Dans la forêt des masques, une histoire à raconter, texte et illustrations, Hélium (2015).
  • Ma famille sauvage, texte et illustrations, Hélium (2013).
  • Après, texte et illustrations, Hélium (2013).
  • Alma n’est pas encore là, illustration d’un texte de Stéphane Audeguy, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Nuit de rêve, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2012).
  • À quoi penses-tu ?, texte et illustrations, Hélium (2011).
  • Mini Rikiki Mimi, illustration d’un texte de Christine Beigel, Benjamins Média (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Valentin…, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2010).
  • L’enfant dans la tempête, texte et illustrations, Rouergue (2009).
  • Jour de pêche, illustrations, Actes Sud Junior (2008).

Concours :
Grâce aux éditions Père Castor, l’un.e de vous va pouvoir gagner Qui attend qui, le superbe dernier album de Laurent Moreau. Pour participer, il vous suffit juste de laisser un commentaire sous cet article. Le gagnant ou la gagnante sera tiré.e au sort parmi tous les commentaires. Vous avez jusqu’à mardi 20 h. Bonne chance à tous et à toutes !


Parlez-moi de… L’histoire perdue

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, son illustrateur.trice et/ou son éditeur.trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur L’histoire perdue (chroniqué ici), un bel album plein d’humour mais surtout un album totalement original. Son auteure (Meritxell Martí), son illustrateur (Xavier Salomó) et son éditrice (Justine de Lagausie, des éditions Seuil Jeunesse) ont accepté de nous en parler.

Meritxell Martí, auteure :
L’histoire perdue est née de nos « luttes de créativité ».
Xavier et moi travaillons en tandem, il nous faut donc une bonne coordination des jambes pour choisir les décisions à prendre. Très souvent, nous allons dans le même sens. Pourtant, parfois, nous avons des doutes : On tourne à gauche ? Tu es sûre ? Je crois que oui. L'histoire perdue (croquis préparatoires)Et toi ? Non, c’est mieux par là…
Faire un album à deux, c’est un peu comme monter à deux sur une bicyclette. C’est vrai qu’il vaut mieux décider a priori où l’on va, mais c’est en avançant que l’on découvre de nouveaux chemins – des sentiers à demi cachés –  que l’on a envie d’emprunter. Et il n’est pas certain au départ que l’autre a aussi envie d’y aller.
On sait que les chemins bien tracés, bien définis, ne sont pas toujours ceux qui nous donnent la plus grande joie. Alors, laissons l’imprévu nous guider et nous inspirer ! L'histoire perdue (croquis préparatoires)C’est comme cela qu’Eva, l’héroïne de L’histoire perdue, perd le fil du récit. Et en le perdant, en se perdant, elle nous mène dans une autre histoire, cachée, perdue et – nous l’espérons – surprenante.
L’histoire perdue raconte ces expériences du duo qui, au final, se terminent bien, après avoir suscité des heures d’hésitation et de désaccord. Heureusement, pendant ces luttes, on s’amuse bien !

Xavier Salomó, illustrateur :
L’histoire perdue est l’album le plus difficile que nous ayons fait jusqu’à présent. Un vrai défi ! En fait, nous avons réalisé quatre maquettes avec quatre histoires différentes. L'histoire perdue (croquis préparatoires)Le plus rigolo, c’est que la deuxième histoire avait convaincu l’éditeur et que c’est nous qui avons dit « non ». Parce que nous voulions aller plus loin ! C’est ainsi que, deux semaines après avoir fini la maquette, nous avons refusé la proposition de l’éditeur et avons entamé une histoire encore mieux.
Je pense que, pour s’engager dans la création d’un album, il faut y être vraiment attaché, car c’est un travail énorme, surtout pour l’illustrateur (mais je ne voudrais pas commencer une nouvelle dispute avec l’auteure, ha, ha, ha !). Je croyais au départ qu’il suffisait que l’auteure écrive une histoire et l’illustrateur fasse ce que bon lui semble pour l’illustrer. Mais, pendant la construction de ce livre, 15-16_couleurnous nous sommes rendus compte que ce qui serait vraiment intéressant, ce serait de construire une histoire cachée que le lecteur ne découvrirait pas jusqu’à la fin, et dans laquelle toutes les pièces se réuniraient et prendraient soudain sens. C’est pour cela que nous avons travaillé et retravaillé beaucoup cet album… Enfin bref, j’espère que les lecteurs vont aimer cette histoire perdue.

Justine de Lagausie, éditrice :
J’adore travailler avec Xavier et Meritxell : ils ont un enthousiasme communicatif et chacun de leur nouveau projet est le résultat d’une sorte de ping-pong créatif d’où jaillissent sans cesse de nouvelles idées. 19-20 croquisIls ont un très grand respect de leurs lecteurs et cherchent toujours à leur offrir des albums soignés où aucun détail n’est laissé au hasard.
Quand j’ai reçu la première maquette de L’Histoire perdue, j’ai tout de suite été emballée par le projet : mettre en scène un dialogue conflictuel (et comique !) entre l’auteur et l’illustrateur, quelle bonne idée ! L'histoire perdue (croquis préparatoires) L’effet de surprise est immédiat et le lecteur se demande dès le début où tout cela va le mener.
La première version racontait une histoire très différente, avec moins de péripéties, mais le principe était déjà là, et il était suffisamment original pour donner envie d’avancer.

L'histoire perdue (croquis préparatoires)

Couv’ refusée

histoire perdue couv finale
L’histoire perdue
Texte de Meritxell Martí, illustré par Xavier Salomó.
Sorti au Seuil Jeunesse (2016).
Chroniqué ici.

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Pas encore né.e.s

Par 23 mai 2016 Livres Jeunesse
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Aujourd’hui je vous propose de faire un petit voyage… dans le ventre des futures mères !

Quand  j’habitais chez ma mère
Texte de Christian Jolibois, illustré par Hervé Le Goff
Pocket Jeunesse
10,70 €, 232×293 mm, 52 pages, imprimé en France, 2016.
Qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ?
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Le diplodocus
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Le chat musicien
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Collectif
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30 minutes, 2016.

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Les invité.e.s du mercredi : Aki et Émile Jadoul

Par 18 mai 2016 Les invités du mercredi
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C’est l’auteure et illustratrice Aki qui a accepté de répondre à mes questions cette semaine. J’aime beaucoup son travail depuis quelques années, j’avais envie de savoir qui se cachait derrière son pseudo. Ensuite, pour notre rubrique Quand je crée, c’est dans l’atelier d’Émile Jadoul que nous nous sommes glissés. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Aki

AkiComment êtes-vous devenue auteure-illustratrice ? Parlez-nous de votre parcours
J’ai étudié le graphisme à l’école Duperré. Comme j’ai toujours dessiné depuis toute petite, à la fin de mon BTS, c’est tout naturellement que je me suis dirigée vers l’illustration.

D’où vient ce nom, Aki ?
À l’époque où j’étais fascinée par le Japon, j’ai pris ce pseudonyme car j’aimais sa consonance. Par habitude, je l’ai gardé. Au final, je trouve que ça va bien avec mes dessins.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Aquarelle, plume et encre de Chine, feutres, crayons… J’utilise un peu toutes les techniques selon le projet sur lequel je travaille. Je finalise toujours sur ordinateur par contre, ça me permet de mieux contrôler les couleurs.

3 petits chatsPouvez-vous nous parler de Trois petits chats, l’album qui est sorti il y a peu chez Gallimard Jeunesse ?
J’ai beaucoup aimé illustrer ces petites histoires qui m’ont rappelé ma propre fratrie (ou devrais-je dire sœurerie ?). Les histoires sont absurdes, poétiques, un peu folles. Ça change des livres trop sages pour les enfants.

D’ailleurs, j’aimerais que vous nous parliez aussi des 3 sœurs.
J’avais envie de participer à un projet avec mes deux sœurs avec qui je suis très proche. Comme on adore manger et cuisiner, le blog de recettes était assez évident. Je suis au dessin, ma petite sœur est à la photographie et l’aînée aide à la rédaction des textes. Quant aux recettes, elles viennent de nous trois. On a par la suite rencontré Charlotte Gallimard qui dirigeait Le grand livre des petits trésorsles éditions Alternatives et elle nous a proposé de publier nos recettes dans un livre. Depuis, on en a publié 3 et le 4ème est en chemin ! (pour la fin 2017…)

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Chez nous, on n’avait pas de livre alors j’ai dévoré tous les livres et bandes dessinées de la bibliothèque municipale dès que j’ai appris à lire. J’ai grandi avec le Prince de Motordu, les Calvin & Hobbes, les romans de Marie-Aude Murail ou Susie Morgenstern…
Ado, j’ai découvert les mangas, ça a été une révélation : je voulais inventer mes propres histoires !

Et quel.le.s sont les illustrateurs.trices qui vous inspirent aujourd’hui ou dont le travail vous séduit, tout simplement ?
Sempé et Saul Steinberg sont mes influences principales. Et pour faire plus contemporain, j’aime le travail d’Oliver Schrauwen, l’humour décapant d’Anouk Ricard, la maîtrise graphique des Kerascoët…

Quels sont vos projets ?Trois grains de riz
Je travaille donc sur le 4ème livre de recettes des 3 Sœurs (ce qui veut dire que je cuisine beaucoup, miam) et j’ai quelques projets d’albums jeunesse et de bande dessinée dont je ne peux pas encore parler pour l’instant…

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos ouvrages, lequel lui conseilleriez-vous
Je conseillerai les Trois grains de riz. C’est une série sur mon enfance avec mes deux sœurs.

Bibliographie sélective :

  • On est trois petits chats, illustration d’un texte de Claude Helft, Gallimard Jeunesse (2016).
  • Dépêche-toi, illustration d’un texte de Catherine Grive, Seuil Jeunesse (2016).
  • Heureux et détendu 20 secrets pour être bien dans ta vie, illustration d’un texte de Marine Locatelli, Nathan (2015).
  • Le grand livre des petits trésors, illustration d’un texte de Nadine Robert, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Livre-tapis d’activités Paris, illustration, Actes Sud Junior (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Pas de cochon pendu sous le marronnier, illustration d’un texte de Juliette Vallery, Le Baron Perché (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Jeux de cartes, illustration d’un texte de Sophie de Mullenheim, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Les trois grains de riz, tome 2, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2012).
  • Mon cahier de bien-être, illustration d’un texte de Catherine Dolto, Gallimard Jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Les trois grains de riz, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2011).

Avec Les trois sœurs :

  • Recettes des 3 sœurs pour globe-trotters gourmets, Alternatives (2015).
  • Recettes des 3 sœurs pour petits festins entre amis, Alternatives (2013).
  • La cuisine pour jeunes fauchés gourmands, Alternatives (2011).

Le site d’Aki : http://www.delphinemach.com/wordpress.


Quand je crée… Émile Jadoul

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.e.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.e.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils créent. Cette semaine, c’est Émile Jadoul qui nous parle de quand il crée.

Atelier Émile JadoulMon atelier se trouve à la maison. Par la fenêtre, le jardin avec des chèvres et des poules, de l’autre côté des près et des vaches. C’est un bonheur de pouvoir travailler chez soi et se dire que l’on commence et finit sa journée quand on veut.
La mienne commence par un café, comme un rituel et puis je m’installe à ma table pour chercher, griffonner, dessiner. Ma table, c’est mon endroit, c’est là que mes images prennent vie dans la couleur, c’est là que je parle à mes personnages, c’est là que l’histoire prend vie.
Plus j’avance et plus ma table s’encombre, les crayons, les pinceaux, la peinture, ils envahissent mon espace au fur et à mesure de l’avancement de mon projet.
Les idées par contre ne viennent pas forcément quand je suis installé dans mon atelier, elles peuvent arriver au détour de rencontres avec les enfants, en ballade, dans le train lors de déplacements.
La réalisation passe d’office par l’atelier, je ne peux pas travailler ailleurs, c’est mon endroit. Quand je suis sur la mise en couleur d’un album, je reste des heures à ma table, souvent sans musique, je ne vois pas le temps passer, je suis dans l’histoire entre crayons et peintures, comme dans une bulle.
De temps en temps un regard à l’extérieur, comme une respiration entre deux images.
J’aime aussi créer et surtout réaliser dans « l’urgence », ça me booste, il y a une période un peu creuse entre la création et la réalisation comme un moment suspendu, j’ai besoin de ça. J’attends… et puis ça y est c’est le moment, je démarre et là, j’entre dans ce moment intense, mes images prennent vie vraiment. Ce n’est pas mon moment préféré, je préfère de loin celui de la recherche, celui où les crayonnés s’entremêlent, où rien n’est encore fixé. Tout peut encore changer.

Emile JADOUL Émile Jadoul est auteur et illustrateur

Bibliographie sélective :

  • Dans mes bras, texte et illustrations, Pastel (2016).
  • Grand Lapin es-tu là ?, texte et illustrations, Pastel (2015).
  • Gros boudeur, texte et illustrations, Pastel (2015).
  • Papa-île, texte et illustration, Pastel (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Pizza, texte et illustrations, Pastel (2014).
  • Ça sent bon la maman, texte illustré par Claude K. Dubois, Pastel (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Comme un secret, avec Catherine Pineur, Pastel (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le petit ballon de la lune, illustration d’un texte de Carl Norac, Pastel (2013).
  • Série Canaille, illustration de textes de Jean Leroy, Casterman (2013-2014), chroniqué ici, , ici, ou ici.
  • Petites graines, avec Catherine Pineur, Pastel (2012).
  • Hiver long, très long (et froid, très froid), texte et illustrations, Pastel (2012).
  • Les mains de papa, texte et illustration, Pastel (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Au feu les pompiers…, texte et illustration, Casterman (2012)
  • À l’eau, texte et illustration, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon bonnet, texte et illustration, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Hourra, texte et illustration, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Aglagla, texte et illustration, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Gros pipi, texte et illustration, Pastel (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • À la folie, texte et illustration, Casterman (2009), que nous avons chroniqué ici.
  • À la douche, texte et illustration, Pastel (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • Tout le monde y va, texte et illustration, Casterman (2003), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Émile Jadoul sur son site : http://www.emilejadoul.be.

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