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Gabriel - La mare aux mots

Les invité.e.s du mercredi : André Bouchard et Dorothée de Monfreid (+ concours)

Par 10 février 2016 Les invités du mercredi
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Comme vous le savez, à La mare aux mots on aime quand ça pique ! On aime les livres à l’humour grinçant, qui font ricaner. Alors, forcément, on aime André Bouchard. On a donc eu envie de lui poser quelques questions pour mieux le connaître, mieux connaître sa façon de travailler. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner L’après-midi d’une fée, son dernier album. Ensuite, c’est un tout nouveau rendez-vous que nous vous proposons. Régulièrement, nous demanderons à un.e auteur.e et/ou illustrateur.trice de nous parler de l’endroit où il.elle crée. C’est Dorothée de Monfreid qui inaugure cette nouvelle rubrique. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : André Bouchard

André BouchardParlez-nous de votre parcours ?
Né à Rennes en 1958, je suis auteur de livres pour enfants depuis 2002 et dessinateur d’humour pour la presse depuis 2005 pour Le Point (mais aussi Le nouvel Obs, Le Monde, Le Magazine Littéraire, Le Figaro Magazine, Femmes, BSC News, etc.). Pour la jeunesse, je suis l’auteur et le dessinateur de nombreux titres aux éditions Circonflexe (dont La tête ailleurs dessiné par Quentin Blake), de La Mensongite galopante aux éditions Gallimard Jeunesse (2011), de Beurk ! (2004), mais aussi de Les lions ne mangent pas de croquettes (2012), de L’abominable Sac à main (2013), de Y’a un louuuuhouu ! (2014), de Ernest maître du monde (2015) de L’après-midi d’une fée (2015), aux éditions Seuil Jeunesse. J’ai également dessiné sur les légendes de Vincent Malone Quand papa était petit, y avait des dinosaures (Seuil jeunesse, 2003) et Avant quand y’avait pas l’école (Seuil jeunesse, 2013).

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Enfant, j’ai beaucoup lu, écrit et dessiné de bandes dessinées, une bonne école pour apprendre à raconter une histoire dessinée.
Mais, je ne lisais pas que des bandes dessinées : j’ai été captivé par la lecture de la Trilogie des ancêtres d’Italo Calvino et Les contes du chat perché de Marcel Aymé qui sont certainement mes contes préférés.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
J’utilise du papier que je barbouille scrupuleusement avec une plume, de l’encre de Chine, des pinceaux et de l’aquarelle.

Comment dessiner un livre pour enfants ?
L’album pour enfants est un art complet pour celui qui, comme moi, aime raconter des histoires et dessiner.
La caractéristique commune de la plupart de mes ouvrages, c’est une prédilection pour « le merveilleux ou le fantastique quotidien ». Je puise mon inspiration dans la réalité vécue de l’enfant : son rapport aux parents, aux autres enfants, à la nourriture, à l’égoïsme, au mensonge, etc.
C’est à partir de cette observation que l’imagination du conteur-dessinateur peut entrer en action.
J’aime aussi la confusion du réel et de l’imaginaire. Puisque de toute façon les deux se côtoient en permanence ils vivent comme chacun de nous d’ailleurs à la fois dans l’un et dans l’autre.
Il y a d’abord l’idée, l’histoire vient toujours en premier. C’est le conte qui importe. Je réfléchis ensuite à la façon de raconter ce conte, c’est là que le dessin intervient dans la narration.
J’ai le souci d’éviter la redondance entre l’image et le texte.
Idéalement texte et image doivent être complémentaires.

Cauchemars, loups, sacs à main abominables, microbe moche et dangereux… vous n’avez pas honte d’effrayer les enfants ?
Vous avez l’air d’ignorer les terribles ogres, sorcières, loups et autres personnages terrifiants des contes de Perrault, Grimm, Afanassiev…
Lorsqu’on fait des grimaces à un enfant, il peut en rire ou bien en avoir peur « au premier degré », dans ce cas, on cherche à le rassurer en lui disant : « c’est pour rire ».
Le rire et le sourire permettent d’évoquer des choses horribles ou simplement déplaisantes sans vous terroriser. Un ogre qui mange les enfants c’est épouvantable, en rendant l’ogre ridicule, grotesque voire anodin, l’humour est une façon de dominer l’horreur qui émane de ce personnage. En rendant acceptable l’inacceptable, nous pouvons envisager le pire avec une certaine sérénité.

Plus sérieusement, j’ai l’impression que ce qui marche dans vos albums, c’est qu’ils ne sont pas racoleurs, qu’ils ne brossent pas dans le sens du poil. On est ravis de ne pas être pris pour des demeurés et de se faire un peu chahuter. Vous en avez conscience ?
C’est une exigence de conteur, surtout quand il s’agit de s’adresser à un public aussi exigeant que celui des enfants. Pas de niaiserie sucrée, ni de provocation facile et gratuite chez moi, je respecte trop mes lecteurs.
L’enfant possède une grande vertu : il n’accepte pas de s’ennuyer. Écrire pour les enfants, c’est une école de rigueur. Laisser s’exprimer l’imaginaire tout en le contenant, respecter les lois qui font une bonne histoire : la tension dramatique, la composition, l’humour, la présence des personnages, l’évolution de leurs rapports.
Cela veut dire ne jamais laisser retomber l’intérêt.
Ce sont les règles du feuilletoniste que j’intègre : il faut qu’il se passe quelque chose à chaque page.

Êtes-vous totalement libre ou votre éditeur vous demande parfois moins de noir et blanc ou plus de bons sentiments ?
Je suis totalement libre. Cependant, je n’hésite pas à soumettre mes histoires à mon éditrice aux éditions du Seuil, Béatrice Decroix, qui est toujours de bon conseil.

Quel regard portez-vous sur la littérature jeunesse actuelle ?
Je ne connais pas tous les auteurs loin de là. J’aime le travail de Tomi Ungerer, de Gilles Bachelet qui sont des dessinateurs-conteurs talentueux.

Quels sont vos projets ?
Achever le dessin de mon prochain album à paraître en avril 2016 et commencer à imaginer une nouvelle histoire.

Bibliographie :

  • L’après-midi d’une fée, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Ernest maître du monde, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Y a un louuuuhouu !, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le génie du bigoudi, texte et illustrations, Bayard Jeunesse (2014).
  • L’abominable sac à main, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Un beau matin, le coq aboya, texte et illustrations, Circonflexe (2013).
  • Avant quand y avait pas l’école, illustration d’un texte de Vincent Malone, Seuil jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le roi qui valait 4,50 €, texte et illustrations, Circonflexe (2013).
  • Le chat botté, illustration d’un texte de Charles Perrault, Belin Jeunesse (2012).
  • Les lions ne mangent pas de croquettes, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2012).
  • La Mensongite galopante, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2011).
  • Les loufoqueries de François Galuchon – Magicien attitré de Sa Majesté Clédeu XII, texte et illustrations, Circonflexe (2008).
  • La tête ailleurs, texte illustré par Quentin Blake, Circonflexe (2008).
  • Beurk, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2004).
  • Quand papa était petit, y avait des dinosaures, illustration d’un texte de Vincent Malone, Seuil jeunesse (2003), que nous avons chroniqué ici.

Concours :
Grâce aux éditions Seuil Jeunesse nous allons pouvoir offrir à l’un.e de vous un exemplaire de L’après-midi d’une fée, le dernier album d’André Bouchard. Pour participer, dites-nous, en commentaire à cet article, ce que vous feriez si vous étiez une fée. Nous tirerons au sort parmi toutes vos réponses, vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tou.te.s !


Quand je crée… Dorothée de Monfreid

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.e.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement nous demanderons à des auteur.e.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils créent. Et la première invitée de cette nouvelle rubrique est Dorothée de Monfreid.

Atelier Dorothée de MonfreidPour faire mes livres, je me sers de souvenirs, impressions diffuses, désirs et idées, associés avec le travail de l’écriture, du dessin, de la construction de l’histoire. Il y a donc deux étapes dans ce travail, étapes qui peuvent se mélanger et se superposer.
Pour commencer, une cuisine mystérieuse se prépare à mon insu dans ma tête et fait naître des univers, des situations, des personnages :
un mot, un roman, une expo, un film, une chanson, un rêve, une personne, un paysage, un animal… tout peut servir de déclencheur pour un projet de livre. Ça peut arriver n’importe où et n’importe quand. Parfois je prends des notes.
Il peut y avoir du bruit, de la foule, des enfants autour de moi, ça ne me dérange pas.
Et puis il y a la réalisation de ces projets, qui transforme l’envie d’origine en quelque chose d’autre.
Alors là ça devient beaucoup plus concret.
Je vais chaque jour à mon atelier, un petit studio sous les toits dans le Marais, à Paris.
Je me sens au cœur de la ville, reliée à son énergie, et en même temps en retrait, isolée dans ma cabane avec vue sur le ciel.
J’arrive, j’allume l’ordinateur, je prépare du thé.
Je me mets au travail le plus rapidement possible.
Si je commence à traîner, je ne fais pas grand-chose de ma journée.
Quand j’écris un texte, je ne veux ni musique ni radio.
Il est trop facile de se déconcentrer.
Silence, bruit de la rue, tic-tac de l’horloge.
Si le téléphone sonne à ce moment-là, ça m’énerve.
J’écris sur mon ordinateur.
Quand je n’y arrive plus, je continue dans un carnet.
Quand je n’y arrive plus, je continue sur mon Ipad.
Quand je n’y arrive plus, je reviens dans le carnet.
Quand je dessine, j’écoute souvent de la musique.
Parfois des disques (Django Reinhardt, Maurice Ravel, Serge Gainsbourg, Billie Holiday, Gonzales, Michel Legrand, Philippe Katerine, JS Bach…).
Parfois la radio américaine WFMU (station Give the Drummer).
Quand je fais de la couleur, j’écoute la radio.
Ces jours-ci, pour travailler mon anglais, j’écoute des podcasts de la BBC ou alors le son de la télé de la Nasa.
C’est exotique, j’aime bien.
Sinon France Inter ou France Culture.
Quand il fait froid, je dessine avec deux paires de mitaines superposées.
Quand il fait chaud, je mets mes pieds dans une bassine d’eau sous mon bureau.
Dans tous les cas, j’engloutis des litres de thé très chaud du matin au soir.
À part ça, la nuit, je dors et je rêve.

Dorothee de monfreidDorothée de Monfreid est auteure et illustratrice

Bibliographie sélective :

Retrouvez Dorothée de Monfreid sur son blog : http://supersauvage.blogspot.fr

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Comme chats et chiens

Par 8 février 2016 Livres Jeunesse
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Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer des chats… et un chien.

Sept vies Qui est-il vraiment ? On croit le connaître, mais le connaissons-nous ? Il aime être seul et pourtant il aime la compagnie des autres. Est-il comme son père ? Quel est le mot qui le définit le mieux ? Personne ne le connaît vraiment…
Le texte de Walid Taher est très poétique, mais ce qui captive d’emblée quand on ouvre Sept vies, ce sont les illustrations (parfaitement mises en valeur par le beau papier choisi par les formidables éditions Le port à jauni). Chaque page est totalement différente de la précédente, chaque dessin semble être l’œuvre d’un artiste différent. C’est déroutant et captivant. Le seul point commun des illustrations, mis à part qu’elles représentent des chats, c’est la beauté qui s’en dégage, on a l’impression de regarder ici un livre d’art. En adaptant le livre égyptien, l’éditrice a fait le choix de garder le sens de lecture arabe (on commence le livre par la droite) et de laisser le texte original. Un livre bilingue, pour s’ouvrir aux autres cultures et admirer la beauté de l’écriture arabe (et l’on peut évidemment voir à travers ces deux écritures qui cohabitent, une analogie au fait de vivre ensemble, malgré nos différences). On parle ici du caractère qu’on hérite, de la personnalité qu’on se construit, de la liberté, d’être nous.
Un magnifique ouvrage à tout point de vue, qui séduira les amoureux.euses de belles illustrations, ceux et celles qui aiment les beaux textes, les amateur.trice.s de beaux objets et même les autres !

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Les invité.e.s du mercredi : Jean-Luc Englebert et Matthieu Maudet, Olivier Tallec, Isabelle Bonameau, Stéphane Nicolet et… Jean-Luc Englebert (+ concours)

Par 3 février 2016 Les invités du mercredi
Jean-Luc Englebert

Pour le premier invité du mercredi après notre reprise, je ne voulais pas n’importe qui ! C’était important d’avoir quelqu’un dont on aime beaucoup le travail : j’ai tout de suite pensé à Jean-Luc Englebert (qu’on n’avait jamais interviewé !), et il a immédiatement accepté. Je suis donc ravi que notre premier interviewé de l’année soit ce grand auteur-illustrateur. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner Un ours à l’école, son dernier album. Ensuite, et avant de retrouver les prochains mercredis nos rubriques habituelles (En vacances avec…, Le coup de cœur et le coup de gueule de…, Parlez-moi de… et un petit nouveau), je vous propose de lire le Dis, tu peux lui demander… ? qui n’avait pas été diffusé cet été pour cause d’arrêt du blog. Matthieu Maudet, Olivier Tallec, Isabelle Bonameau, Stéphane Nicolet et… Jean-Luc Englebert (encore lui !) avaient répondu à la question de Tristan, 6 ans, « Comment l’illustrateur sait qu’il a terminé ses illustrations ? ». Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Jean-Luc Englebert

Jean-Luc Englebert

Comment êtes-vous devenu auteur-illustrateur ?
Un peu par hasard. Je suis venu à Bruxelles pour suivre le cours de bande dessinée à Saint-Luc (une école d’art comme les beaux-arts). C’était la seule école qui proposait ce cours. Nous sommes en 1986. Mais beaucoup de cours théoriques (philo…) ou de dessin se faisaient avec la section Illustration. C’est là que j’ai vraiment découvert l’univers du livre jeunesse (Ungerer, Sendak…). En sortant de mes études, les possibilités de publier de la BD étaient difficiles (une première crise de la BD a vu la disparition de beaucoup de magazines BD comme À Suivre, Tintin, Pilote…). Je me suis assez naturellement tourné vers le livre jeunesse. Pastel venait d’être créée à Bruxelles (1988) et avec un ami, Jean-Luc Cornette, nous leur avons proposé un projet. Christiane Germain, éditrice à l’époque l’a… refusé. Mais je suis revenu avec un projet seul. Refusé lui aussi. Mais l’envie était là. J’ai surtout retravaillé mon dessin, trop typé BD. Pendant environ deux ans, je revenais chez Pastel… Christiane a été patiente et surtout de bon conseil. Puis un jour, elle a accepté une de mes histoires : Ourson a disparu. Il est sorti en 94…

jean-Luc EnglebertQue reste-t-il de votre formation BD dans votre travail d’aujourd’hui ?
Beaucoup de choses. J’ai refait de la BD. Une série qui s’appelait Gusgus sur un scénario de Christian Durieux est parue chez Dupuis. J’ai quand même dû réapprendre les codes de la BD. Être plus rigoureux dans mon dessin. La lecture des cases est différente, plus rapide. J’aime raconter une histoire uniquement par l’image. Je me dis que si on comprend ce que je dis par le dessin, alors c’est gagné aux 3/4. Je me souviens que gamin j’ai mis du temps à lire les Tintin, je veux dire les bulles, les dialogues. Par contre je les connaissais par cœur grâce aux images. C’était la force d’Hergé : son découpage de la narration et le dessin qui va à l’essentiel. C’est ce que j’essaie de faire, y compris dans mes albums jeunesse. Ma mini-série Mon petit crocodile et Petit roi crocodile ont été créés comme ça : une suite d’images sans texte dans un premier temps, puis j’y ai rajouté les dialogues.
Ce qu’il me reste aussi, c’est cette envie de raconter de petites histoires en suite d’images. C’est souvent de cette façon que je démarre un projet dans mes carnets.

jean-Luc EnglebertQuelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Encre de Chine pour le trait et aquarelles. Parfois peinture acrylique (Mon petit crocodile ou Une histoire et un câlin).

Vous alternez les histoires dont vous êtes l’auteur-illustrateur et l’illustration des histoires des autres, est-ce un travail totalement différent ? Est-ce que l’auteur que vous êtes n’est pas tenté d’intervenir dans les histoires des autres ?
Ce sont souvent des rencontres. Le travail est différent au départ, quand je fais les premières esquisses, le découpage. Il faut qu’à un moment j’aie cette impression que c’est moi qui ai écrit l’histoire. Quand je travaille avec un auteur, je sais qu’il a des attentes, des envies, voire des images en tête sur son projet. Le jeu pour moi est de trouver ce qu’il attend tout en proposant ma vision personnelle. jean-Luc EnglebertJ’aime quand il y a des aller-retour entre moi et l’auteur, je fais des propositions de dessins qui, parfois, induisent un changement dans son texte. Mais aussi de son côté il peut m’aiguiller vers des choses auxquelles je ne pense pas. Mais j’interviens peu sur le texte en lui-même. Je suis un illustrateur qui s’est mis à écrire parce qu’au départ il ne connaissait pas de scénaristes. Je ne me sens pas « auteur » dans le sens où je ne pourrai jamais faire un texte sans le support du dessin.

Comment naissent vos histoires ? Par exemple, comment est né Un ours à l’école ?
Certaines histoires naissent à partir de mon quotidien. Par exemple Le cauchemar de poche (épuisé malheureusement) vient d’une histoire vécue avec ma fille aînée. Pour Un ours à l’école il y a eu un dessin au lavis d’encre de chine, sur une feuille de papier, puis je lui dessine un bonnet… tiens c’est marrant, je fais quoi avec ça ? Donne-moi une histoireEn fouillant dans mes carnets à dessins (j’en ai souvent 4 ou 5 que je remplis en même temps), j’y retrouve d’autres images d’ours : seul assis dans une forêt par exemple Et j’ai démarré l’histoire, sans texte, une suite de dessins. J’avais aussi envie de représenter beaucoup d’enfants en même temps dans une histoire, une classe.

Les livres ont une grande importance dans vos histoires, ils en ont une aussi importante dans la vie ?
Oui. Même si je ne suis pas un grand ou gros lecteur, à une époque dans mon enfance c’était omniprésent. Des BD surtout. J’aime être entouré de livres, j’aime les librairies mais encore plus les brocantes pour y dénicher des vieux livres pour enfants. Pour moi, comme pour beaucoup, c’était un moyen de plonger dans d’autres univers, vivre des aventures.

La plupart de vos albums sont édités par Pastel, la relation avec votre éditrice c’est quelque chose d’important pour vous ?
J’ai fait peu de livres chez d’autres éditeurs, souvent des commandes d’ailleurs. Oui chez Pastel, je me sens « chez moi ». Il y a une vraie relation de confiance, voire d’amitié. Que ce soit maintenant avec Odile Josselin ou au départ avec Christiane Germain, je me suis toujours senti porté. Accompagné dans mes projets. Je pense que c’est assez rare dans l’édition. C’est bien de trouver la bonne personne avec qui faire des livres.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Jean-Luc EnglebertLa BD. Beaucoup, L’école de Spirou, Tintin, les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe, Spirou et Fantasio. Ado, je lisais les livres à lire pour l’école… sans plus. Puis il y eut Chaland, Tardi, Mattotti, le magazine À Suivre… Les romans, c’est venu plus tard, quand je suis venu à Bruxelles.

Quels sont vos projets ?
J’ai un projet de livre chez Pastel, écrit par Catherine Grive. Il sortira dans la collection Off de Pastel. Je viens de terminer les illustrations pour un roman Mouche à l’école des loisirs écrit par Christian Oster. Il sortira au mois de mai, je pense. Thierry Lenain m’a proposé d’illustrer un de ses textes dans une collection qu’il va diriger chez Oskar éditions. Plus d’autres projets…

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos albums, lequel lui conseilleriez-vous ?
Un ours à l’école. C’est mon dernier.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Jean-Luc Englebert sur son site : http://englebert.ultra-book.com.

Concours :
Grâce aux éditions l’école des loisirs je vais pouvoir offrir à l’un.e de vous un exemplaire du très bel album de Jean-Luc Englebert, Un ours à l’école. Pour participer, dites nous, en commentaire à cet article, quel est le plus beau livre que vous avez lu pendant notre absence (depuis août). Nous tirerons au sort parmi toutes vos réponses, vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tou.te.s !


Dis, tu peux lui demander… ?

L’été dernier, vous avez pu lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur.e.s, illustrateurs.trices, éditeurs.trices… Il en restait une qui n’avait pas été diffusée… c’est une question de Tristan, 6 ans : « Comment l’illustrateur sait qu’il a terminé ses illustrations ? ». Les illustrateurs.trices Matthieu Maudet, Olivier Tallec, Isabelle Bonameau, Stéphane Nicolet et… Jean-Luc Englebert ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps que lui, leurs réponses.

« Comment l’illustrateur sait qu’il a terminé ses illustrations ? » (Tristan, 6 ans)

Matthieu Maudet:
Bonjour Tristan,
C’est très simple, c’est quand il entend : « À table ! »
Malheureusement, non, ça serait trop simple…
En fait, tant que les illustrations ne sont pas envoyées chez l’imprimeur, il est encore temps de recommencer (ça m’est déjà arrivé).
Mais la meilleure solution, c’est quand même de bien faire ses essais avant, pour savoir ce que l’on cherche à obtenir comme résultat.
Pour le reste, il faut essayer de trouver un équilibre entre le texte, les personnages, les décors…
Et ne pas en mettre partout juste pour remplir la page.

Nous Quand On Sera GrandsMatthieu Maudet est auteur et illustrateur. Il a sorti l’année dernière Nous, quand on sera grand avec Jean Leroy à l’école des loisirs et il sortira bientôt Bonjour pompier avec Michaël Escoffier, toujours à l’école des loisirs. Vous pouvez le retrouver ici dans une interview que nous avions réalisée de lui et sur son site : http://matthieumaudet.blogspot.fr.

Olivier Tallec
Par une sorte de miracle qui fait qu’à un moment, cela devient une évidence.
Il n’y a pas de règle, il y a juste un moment où tout semble s’équilibrer et bien fonctionner. C’est du ressenti et cela n’obéit à aucune règle.
Comme lorsque tu parles pour expliquer quelque chose, il y a un moment où tu t’arrêtes de parler parce que tu crois que ton interlocuteur a compris. C’est un peu pareil avec un dessin.
Parfois cela m’arrive de penser que c’est fini et de me rendre compte le lendemain que non, ce n’était pas fini.
Ou de revenir dessus le lendemain, et parfois de tout rater parce que je n’aurais pas dû retravailler le dessin.
C’est un peu mystérieux tout ça…

Les quiquoi et l'étrange sorcière tombée du cielOlivier Tallec est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Les quiquoi et l’étrange sorcière tombée du ciel avec Laurent Rivelaygue chez Actes Sud Junior. Vous pouvez le retrouver ici dans une interview que nous avions réalisée de lui et sur son site : http://www.oliviertallec.fr.

Isabelle Bonameau
Bonjour Tristan,
Ta question est curieuse… Je ne la comprends pas bien mais je vais tenter d’y répondre.
Il me semble évident que je sais quand j’ai terminé mes illustrations tout simplement quand elles sont finies… C’est-à-dire que quand j’illustre un livre, je commence par la première page et j’avance progressivement vers la dernière page. Une fois que la dernière page est faite, je sais que mes illustrations sont terminées. Mais parfois, il m’arrive de décider de refaire une illustration au regard de tout l’ensemble du livre fini car cela me parait mieux. Je pense aux couvertures de livres par exemple. On peut avoir une meilleure idée de la couverture idéale une fois toutes les illustrations réalisées.

9782211225991FSIsabelle Bonameau est auteure et illustratrice. Elle a sorti de nouvelles aventures de ses héros Maud et Pierre, Maud et Pierre à toute vitesse !, l’année dernière à l’école des loisirs dans la collection Mouche.
Vous pouvez la retrouver sur sa page facebook.

Stéphane Nicolet
Quand il est content de lui, Tristan, et qu’il trouve que son image est jolie et pleine de sens. Parfois, le lendemain, tu regardes ton image et finalement tu la trouves complètement ratée, à refaire. Parfois aussi, c’est l’éditeur qui trouve que ce n’est pas terminé, parce que ce n’est pas les couleurs qu’il avait imaginées, alors tu dois tout recommencer en râlant (et même en disant des gros mots, j’avoue).

Recherche super princesseStéphane Nicolet est illustrateur. Il vient de sortir chez Nathan, Recherche super princesse, un album d’Orianne Lallemand qu’il a illustré.
Vous pouvez le retrouver sur son site : https://www.behance.net/stephanenicolet.

Jean-Luc Englebert
Je ne le sais pas vraiment toujours. J’ai juste le sentiment que je ne pourrais rien ajouter d’autre alors je mets le dessin de côté pendant un jour ou deux. Ensuite je le regarde à nouveau et là je vois s’il est fini ou pas.
Je sens qu’un dessin est fini quand j’ai le sentiment que j’ai pu mettre sur le papier tout ce que j’avais en tête, que le lecteur pourra bien comprendre ce que j’ai voulu représenter.

Un ours à l'écoleJean-Luc Englebert est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Un ours à l’école (Pastel) dont il a fait le texte et les illustrations et Ulysse 15 de Christine Avel (l’école des loisirs) qu’il a illustré.
Vous pouvez en savoir plus sur son site : http://englebert.ultra-book.com/portfolio… et plus haut !

 

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Qu’est-ce qui a changé ? Comment ça va se passer ?
Alors tout d’abord, la mare aux mots devient un site réservé aux abonné.e.s. Tout comme un magazine ou un journal, il faudra en effet payer pour lire les articles… sauf que les abonnements sont à un prix tout à fait abordable ! Pour 1,50 € par mois (ou 15 € par an) vous avez accès à tous les articles (soit autour de 25 articles pour 1,50 €) ! Une formule « premium » vous permet d’avoir accès à des avantages supplémentaires et, bien entendu, de défendre La mare aux mots de façon plus forte.
Pour vous abonner, c’est ici.

Qu’est ce qu’on trouvera sur La mare aux mots ?
Les lundis, mardis, jeudis et vendredis, nous chroniquerons des livres (albums ou romans) qui nous ont plu, les derniers ouvrages qui nous ont tapés dans l’œil ou des livres que nous pensons intéressants.Tous les mercredis, on continue nos invité.e.s du mercredi ! Une interview et un bonus, pour mettre en avant les auteur.e.s, illustrateurs.trices et autres métiers du livre.
Tous les week-ends un billet « Il n’y a pas que les livres dans la vie » qui vous proposera, comme son nom l’indique, autre chose que des livres : CD, DVD, jeux, applis…

Et si je ne veux pas payer ?
Normalement quand on ne paye pas un magazine, on n’a rien, chez nous il y aura quand même des choses ! Déjà, les invité.e.s du mercredi seront toujours gratuits, certains billets seront également offerts comme par exemple les billets les plus engagés (ceux sur l’antisexisme notamment). De plus, nous continuerons de mettre en avant des ouvrages sur nos réseaux sociaux. Mais les billets, eux, seront réservés à ceux et à celles qui nous aident à faire que ce site continue.

« Nous » c’est qui ?
Anaïs, Erica, Gabriel et Sarah… et pour en savoir plus sur nous c’est ici.

Et les sacs et les badges qu’on a vu sur Facebook ?
Ils sont en vente ici !

 

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