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Gabriel - La mare aux mots

Hommage à Gudule

Par 22 mai 2015 Non classé

Gudule

Sur La mare aux mots, nous ne faisons que des chroniques. Nous ne parlons pas de l’actualité, nous parlons des livres. Mais là, il nous était impossible de ne pas rendre hommage à Gudule qui vient de nous quitter.

Gudule avait été la toute première invitée de La mare aux mots. Le blog n’existait pas encore qu’elle avait dit oui et répondu à nos questions.

Quand nous avons eu l’idée de la rubrique Coup de cœur/Coup de gueule, c’est elle aussi qui a ouvert le bal.

Gudule elle était comme ça. Généreuse.
On la considérait un peu comme notre marraine.

D’un point de vue personnel, j’ai eu la grande chance de la connaître. Ami de sa fille, j’ai passé du temps chez elle, avec elle, il y a quelques années. C’était quelqu’un de tellement drôle, de tellement accessible, de tellement généreux.

Et quelle écrivaine ! Il faut lire L’amour en chaussette, La bibliothécaire et bien d’autres.

Gudule a osé souvent aborder des thèmes délicats, des thèmes pas à la mode, des thèmes polémiques (elle nous en avait parlé aussi dans la rubrique Le tour de la question). Et toujours avec talent.

Je suis triste, très triste et je vous livre les mots comme ils viennent.
J’ai proposé à d’autres de se joindre à moi dans cet hommage. D’autres mots viendront peut-être s’ajouter.

J’espère que vous irez (re)lire ses livres, découvrir ses « moments de solitude » sur son blog, qui sont toujours une bonne occasion de rire.

Parce que ce que je retiens surtout de Gudule, c’est le rire.

Gabriel

Pour moi, Gudule, c’est surtout La Bibliothécaire. Ma grand-mère m’avait acheté ce roman au supermarché qui jouxtait la maison de mes grands-parents. J’ai d’abord été attiré par le nom de cette auteur. Gudule ? Ça alors ! Puis par la couverture pleine de livres, avec cette femme drapée de noir, mystérieuse. Il y avait un liseré bleu sur la tranche du livre, qui signifiait, dans cette collection, que ce titre s’adressait aux enfants plus âgés. Je n’en étais qu’à lire des liserés rouges. Et pourtant, je l’ai choisie cette histoire qui m’intriguait tant ! Je n’étais sans doute pas encore assez grande lectrice quand j’ai commencé alors j’ai buté sur les premières pages. Mais j’ai été emportée par l’histoire, j’ai persévéré et l’ai dévoré… Une preuve de plus qu’il n’est pas nécessaire de cloisonner les tranches d’âge…
Gudule est associée à un doux souvenir de mon enfance : ma première histoire un peu difficile, à laquelle je n’avais pas renoncée, captivée par cet univers si particulier. À ce titre, sa disparition me touche. Je m’en vais de ce pas découvrir le reste de son œuvre…
Marianne

Gudule pour moi comme pour beaucoup c’est La bibliothécaire. Je me rappelle encore de la couverture, cette femme ronde, silencieuse, presque religieuse, au milieu de tous ces livres, cette bibliothécaire qui fait chuuut ! J’avais adoré ce roman et devenue auteure mais surtout bibliothécaire j’ai adoré et j’adore (et j’adorerai) le recommander aux lecteurs. Gudule c’est aussi la Ménopause des fées, pour les adultes, je ne les ai jamais lus, mais je me revois ranger les livres sur les étagères de la médiathèque et faire « Rooo quand même ! » en souriant devant la 4ème de couverture. Au revoir Madame Gudule, votre patte nous manquera.
Fanny Robin

Je n’avais publié qu’un livre ou deux quand j’ai lu L’amour en chaussettes. Je me suis dit que j’aurais un jour le plaisir de croiser sur un salon ici ou là cette auteur culottée, aux histoires subtiles. J’avais envie de parler de tas de choses avec elle. Je ne l’ai jamais rencontrée. Impression d’un rendez-vous manqué. Une pensée émue pour ses proches.
Cécile Roumiguière

Mon premier souvenir de Gudule c’est La bibliothécaire, comme j’ai aimé, comme il est beau ce titre. Si longtemps après je me rends compte qu’il est resté encré dans ma mémoire alors que d’autres ont passé, et puis il y a eu tous les autres, la liste est trop longue, mais à chaque fois un plaisir immense, le sourire et le bonheur de lire. Merci Gudule
Jean-Luc Clerc (Les sandale d’Empédocle)

Je suis également très très triste pour Gudule. Je l’aime tellement fort cette auteure.  Avec Marie-Aude Murail et Geneviève Brisac. Elles sont les marraines fées de mon enfance et adolescence.  Mes piliers de littérature.  Gudule m’a beaucoup apporté avec son roman Ma vie à reculons. C’était la première fois qu’on osait « m’en parler » sans tabou.  Mon père a le VIH et ma maman est décédée à cause de cette maladie. Ils ont appris qu’ils étaient malades à 6 mois de grossesse de ma maman qui n’avait qu’une envie avoir cette petite fille. Et c’était moi ! On lui a dit d’avorté elle n’a jamais voulu. Pour tant les risques que je sois malade étaient importants.  Je ne suis pas malade. Elle est décédée 2 ans et demi après. La grossesse l’a beaucoup fatiguée.  Le sida a été l’ombre de mon enfance et adolescence.  Encore avec mon père nous avons du mal à dire les mots. Alors quand j’ai lu le roman de Gudule sous ma couette avec la lampe de poche. J’ai su que j’avais une alliée. À sa façon, elle m’a soutenue avec d’autres de ses romans.
Aurélie

Gudule, c’est La bibliothécaire, si chère à mon cœur. Gudule, c’est Un bout de chemin ensemble, où les animaux sont plus qu’humains. Gudule, c’est aussi L’amour en chaussettes, j’ai été sa Delphine amoureuse d’un prof. Nous avons été nombreuses à être Delphine ou bien l’un de si ses nombreux autres personnages encore. Gudule, c’est une liberté de ton, une justesse des situations, un flot de sentiments si bien décrits, si bien écrits. Les mots ne meurent jamais… alors Gudule est éternelle.
Mymi Doinet

J’avoue n’avoir lu aucun des romans de Gudule, et pourtant je suis profondément triste de savoir que cette magnifique personnalité n’est plus. Je l’avais rencontrée alors que j’étais toute débutante en littérature jeunesse. C’était dans les couloirs d’Hachette si j’ai bonne mémoire, puis dans des salons, à intervalles réguliers. Ce qui m’a toujours frappée, c’était qu’elle était vraiment « là » : convaincue, enthousiaste ou révoltée, profondément sincère, à l’écoute (la véritable écoute). Elle avait toutes les qualités qui font qu’un être humain est attachant, qu’on ne l’oublie pas, et qu’on pense, à chaque fois qu’on vous annonce qu’il(elle) sera présent(e) : « Ah, génial ! ». On pouvait ne pas l’avoir vue depuis des années, c’était comme si on s’était parlé la veille. Ce n’est pas si fréquent, c’est même extrêmement rare. Sa disparition me touche  davantage que celle de certains membres du cercle familial. Car il existe une autre famille, qui regroupe des personnes de tous les horizons, qu’on ne rencontre que par intermittence mais dont la présence vous réconforte à chaque fois : oui, l’être humain peut « avoir du cœur », dans le sens le plus riche et le plus profond de cette expression parfois galvaudée
Béatrice Nicodème

De Gudule, j’ai lu énormément, et je me rappelle tout particulièrement l’incroyablement prophétique Regardez-Moi – où une jeune fille et sa famille acceptent de laisser entrer chez eux les caméras, pour être filmés vingt-quatre heures sur vingt-quatre. À l’époque, au collège, on voyait cette histoire comme une dystopie. C’était le tout début de la télé réalité… Bien des années plus tard, on voit à quel point elle avait raison. Pour tous ces moments où elle a eu raison, et avec justesse et poésie en plus, merci, Gudule
Clémentine Beauvais

Pour une des interviews, j’avais demandé à Gudule sa bibliographie sélective, voici les titres qu’elle avait choisi de citer

  • La Bibliothécaire (Hachette)
  • J’irai dormir au fond du puits (Grasset)
  • Mille ans de contes mythologiques (Milan)
  • La chambre de l’ange (Nathan)
  • La princesse au teint de lune et autres contes du Japon (Mic-Mac)
  • Profession Vampire (Archipoche)
  • L’amour en chaussettes (Thierry Magnier)
  • Valentin Letendre, Amour, magie et sorcellerie (Plon)
  • Le secret des Hurlants (Bayard)
  • Le croqueur de lune (Mijade)

En littérature pour adultes :

  • Mémoires d’une aveugle (Rivière Blanche)
  • Le petit jardin des fées (Mic-Mac)
  • Le club des petites filles mortes (Bragelonne)

Le blog de Gudule : http://gudule.eklablog.com.

Les livres d’elle que nous avons chroniqués : Les mille et une nuits40 histoires pour les tout-petits, Fées et princesses, L’amour en chaussettes et Contes et Légendes de l’amour.

Notre hommage sur facebook et vos nombreux témoignages.

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Accrochez vos ceintures, on décolle !

Par 21 mai 2015 Livres Jeunesse

Lettres de mon helicoptetreElle est partie. Elle a largué les amarres, laissé tout en plan. Bye bye les parents, au revoir l’ennui. Quelques outils et un vélo, elle a fabriqué un hélicoptêtre et s’est envolée par la fenêtre. À elle l’aventure ! Elle n’est pas partie seule, elle a pris le chat (lui aussi avait l’air de s’ennuyer). Première étape : l’Angleterre ! Elle pensait croiser la reine, mais visiblement elle n’était pas là… par contre, l’hélicoptêtre s’est alourdi… Maintenant direction d’Espagne ! Il y a aura ensuite l’Italie, l’Égypte, la Chine et bien d’autres endroits.
Clémentine Beauvais nous entraîne dans un fantastique tour du monde ! Chaque pays est représenté par une double page où l’on parle forcément de quelques personnalités, monuments ou objets représentatifs du lieu (en Chine, par exemple, de l’encre de Chine, des dragons, des cerfs-volants). Chaque fois, elle ramène par mégarde quelque chose. Au fur et à mesure de l’histoire, son vélo est de plus en plus lourd et l’on voit les personnages qui s’accumulent (un peu comme dans le jeu Je vais au marché). Sauf qu’à un moment, il faut bien rentrer chez soi et là, ça en fait du monde ! Les jolies illustrations au crayon de couleur d’Anne Rouquette accompagnent à merveille le texte plein d’humour de Clémentine Beauvais.
Un bel album pour s’évader !

Vol au ventC’est un jour de grand vent, Pingouin bleu profite de son nouveau jeu : un cerf-volant ! Sauf que le vent est vraiment fort, et notre pingouin pas très lourd… voilà que ses pieds ne touchent plus le sol. Flo et Tif viennent l’aider, mais ça ne marche pas vraiment, les trois sont maintenant partis… Le phoque Mousse, qui les voit passer les attrape pour les retenir… et s’envole à son tour ! Puis ils seront rejoints par l’ours Anatole ! Et tous nos amis sont entraînés toujours plus haut, toujours plus loin… jusqu’à atterrir dans la jungle !
On parle ici d’amitié, d’entraide… et d’aventure ! C’est drôle, poétique et les illustrations sont très graphiques. Décor très froid, très blanc au départ, on passe ensuite aux couleurs chaudes et au décor surchargé de la jungle. Les sons s’invitent parfois dans le décor. Je trouve que c’est bourré de trouvailles graphiques et le résultat est vraiment très beau.
Un album esthétique et drôle.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Clémentine Beauvais (Comme des images, Samiha et les fantômes, La plume de MarieLes petites filles top-modèles, La pouilleuse et On n’a rien vu venir) et Anne Rouquette (Bons Baisers ratés de Paris et T’as la tchatche). Retrouvez aussi notre interview de Clémentine Beauvais.

Lettres de mon hélicoptêtre
Texte de Clémentine Beauvais, illustré par Anne Rouquette
Sarbacane
15,50 €, 229×280 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.
Vol au vent
de Rob Biddulph (traduit par Emmanuelle Pingault)
Milan
12,50 €, 227×288 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2015.

À part ça ?

Un concours très sympa chez Graine², une maison qu’on aime beaucoup.

Gabriel

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Les invité-e-s du mercredi : Alexandra Huard et Carole Chaix ( + concours)

Par 20 mai 2015 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, nous vous proposons d’en savoir plus sur l’illustratrice Alexandra Huard. J’aime beaucoup son travail et j’ai eu envie d’en savoir plus sur elle, son parcours, ses inspirations. Ensuite, c’est avec une autre illustratrice que nous avons rendez-vous et pas des moindres : Carole Chaix ! Elle a accepté de jouer le jeu du En vacances avec. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Alexandra Huard

Alexandra HuardComment êtes-vous devenue illustratrice, parlez-nous de votre parcours.
J’ai voulu faire ce métier très tôt. Dès le début de l’école primaire, je disais que je voulais « dessiner les couvertures des livres ». J’ai vécu jusqu’à 18 ans près d’Annecy. Chaque année en juin, je pouvais profiter du Festival International d’Animation d’Annecy pour découvrir des centaines de films animés aux techniques et graphismes très variés. Ça m’a aussi permis de rencontrer des étudiants venant de diverses écoles de dessin. En me renseignant auprès d’eux, j’ai trouvé que l’école Émile Cohl avait l’air de correspondre à ce que je cherchais. Je me suis donc donné pour objectif d’intégrer cette école après le bac.
J’ai pu apprendre à l’école Émile Cohl ce que je cherchais : un bon enseignement du dessin et de la peinture. J’ai surtout aimé être entourée de beaucoup de dessinateurs talentueux, de tester plein de pistes graphiques et techniques différentes. C’est beaucoup plus compliqué maintenant que c’est devenu mon métier d’avoir la liberté de changer de style et technique d’un dessin à l’autre…
J’ai réalisé mon premier album illustré après mon diplôme en 2010, aux éditions Sarbacane, avec un texte de la talentueuse Béatrice Fontanel, La Chose. Ce projet était un vrai cadeau pour commencer dans le métier !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant j’aimais les romans d’aventures, Croc-Blanc de Jack London01 est probablement celui qui m’a le plus marqué. Je lisais aussi beaucoup de romans populaires d’horreur et épouvante… Bizarrement, je me rappelle de beaucoup plus de romans qui m’ont marqué enfant (dont les couvertures m’impressionnaient, je crois que je pourrais en dessiner un bon nombre de mémoire) alors que je ne suis capable de citer que peu d’albums illustrés. Il y a le très beau Conte de la Marguerite de Béatrice Appia. Je me souviens aussi des grands albums peints de Nadja, surtout L’enfant des sables et Chien bleu.
Adolescente, en plus des romans, j’ai dévoré des centaines de bandes dessinées et manga. Aiguillée par mon frère, c’était toujours de très bonnes histoires. La passion de la bande dessinée n’a fait que renforcer mon envie de faire mon métier dans le dessin.

double-9-jungleQuelles techniques de dessin utilisez-vous ?
La technique qui me plaît le plus est la gouache. Cette peinture me permet d’avoir des belles couleurs lumineuses, et des formes bien découpées, bien précises.
De temps en temps je change de technique pour ne pas trop me répéter, encre de chine, crayons de couleur, acrylique, aquarelle…

Comment choisissez-vous les projets sur lesquels vous travaillez ?
Le projet vient souvent de l’éditeur, qui a sélectionné un texte et me le propose. Il faut bien sur que l’histoire et le style d’écriture me plaisent, sinon rien de bon n’en sortirait. RIKIMINIJ’attache beaucoup d’importance au cadre de l’histoire (pays, époque). Là-dessus, mes envies changent d’une année sur l’autre. Je peux me passionner une période sur les contes anciens, et ne vouloir illustrer que ça, puis avoir envie d’un texte contemporain proche du quotidien. Ensuite, ne jurer que par les textes d’aventures et de découvertes… Quand je me passionne pour une forme de narration, je m’immerge complètement dedans. Je me mets à lire des romans et regarder des films qui restent dans le même cadre que le projet que je suis en train de faire. Ça m’aide beaucoup, je reste « dans l’ambiance », l’inspiration vient plus facilement. Ça donne envie d’aller le plus loin possible dans la mise en place du décor.
Par exemple, le dernier album que j’ai illustré qui vient de sortir aux éditions Sarbacane, Tangapico se passe dans un pays fictif mais qui a tout d’un pays Dessus Dessous la villed’Amérique du Sud. La jungle luxuriante, un grand fleuve qui la traverse, la faune de l’Amazonie, un beau bateau vapeur qui se fraye un chemin parmi lianes et fougères… Pendant que je travaillais dessus, j’avais de la musique colombienne et brésilienne dans les oreilles, j’ai lu des romans d’auteurs sud-américains, regardé des films inspirés par « le Nouveau Monde », collectionné des planches de botanistes qui ont parcouru l’Amazonie… J’ai aussi pu m’inspirer des photos que j’avais prises en remontant l’Amazone en bateau il y a 4 ans.
Bref, tout était prétexte à m’immerger dans le cadre de l’histoire.

Quels sont vos projets ?
Je travaille actuellement sur un texte que tout le monde connaît : Peter Pan. J’ai toujours trouvé que cette histoire était la plus belle invitation au voyage, à l’aventure. Il y DroleJournee_V02_CV-1a un an, j’ai découvert le texte original de la pièce de théâtre Peter Pan ou l’enfant qui ne voulait pas grandir de James Matthew Barrie qui précède le roman (plus connu). J’ai réalisé que cette histoire réunissait tout ce que j’avais le plus envie de dessiner : un Londres nocturne, des jeux de lumières avec Peter qui vient chercher son ombre perdue, une île exotique, une forêt dense, des enfants libres et sauvages, les Indiens, les pirates et leur beau bateau… Je voulais absolument illustrer ce texte. J’ai appris que les éditions Milan avaient pour projet de faire un grand album à partir du texte de J.M. Barrie, traduit et légèrement résumé par Maxime Rovere (dont les adaptations respectent toujours au mieux le texte original). J’ai littéralement supplié l’éditrice en charge du projet de me confier l’illustration de cet album : elle était d’accord ! Je suis dessus avec passion depuis un moment et pour un moment encore… Il devrait sortir en octobre.
À l’avenir, j’aimerais illustrer des récits de voyage, continuer encore dans la série des textes qui invitent à la découverte et à l’aventure. Je ne suis pas encore lassée…

Bibliographie sélective :

  • Tangapico, illustration d’un texte de Didier LevySarbacane (2015).
  • La drôle d’idée de mon papa, illustration d’un texte de Rémi Chaurand, Nathan (2014).
  • Dessus-dessous : la ville, illustration d’un texte d’Anne-Sophie Baumann, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le vieux Cric Crac, illustration d’un texte de Muriel Bloch, Syros (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Un week-end de repos absolu, illustration d’un texte de Davide Cali, Sarbacane (2013).
  • La petite sirène, illustration d’un texte d’Andersen, Nathan (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Rikimini, illustration d’un texte de Marie-Sabine Roger, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Un amour sur mesure, illustration d’un texte de Roland Fuentès, Nathan (2012).
  • La chanson de Richard Strauss, illustration d’un texte de Marcus Malte, Sarbacane (2012).
  • Comment cuisiner et dévorer les enfants, illustration d’un texte de Keith McGowan, Bayard Jeunesse (2012).
  • La chose, illustration d’un texte de Béatrice Fontanel, Sarbacane (2011).

Je vous conseille fortement le blog d’Alexandra Huard qui y montre particulièrement bien son travail : http://alexandrahuard.blogspot.fr.

TangapicoConcours :
Grâce aux éditions Sarbacane je vais pouvoir offrir à l’un de vous un exemplaire du très beau Tangapico dont Alexandra Huard a fait les illustrations. Pour participer, il vous suffit de nous dire, en commentaire à cet article, dans quel pays imaginaire vous aimeriez partir en vacances (et nous raconter un peu si vous avez envie). Nous tirerons au sort parmi toutes vos réponses, vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tous !


En vacances avec… Carole Chaix

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Carole Chaix qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 albums jeunesse

  • Tour de manège Régis LejoncMax et les Maximonstres Maurice Sendak
  • Tour de manège Régis Lejonc
  • Le voyage de Barbapapa Tison/Taylor
  • Mon tout petit Zullo/Albertine
  • Dans le brouillard de Milan Munari

5 romans (et autres livres)

  • La révolution d’un seul brin de paille Masanobu FukuokaLes années Annie Ernaux
  • La révolution d’un seul brin de paille Masanobu Fukuoka
  • Des histoires vraies Sophie Calle
  • Carnet de croquis et réalisations François Delarozière
  • Lettres à un jeune poète Rainer-Maria Rilke

5 films/DVD : en fait beaucoup plus mais je ne peux pas faire plus court…

  • intégrale DemyL’intégrale de Jacques Demy
  • Un éléphant ça trompe énormément Yves Robert
  • César et Rosalie Claude Sautet
  • Cinéma Paradiso Giuseppe Tornatore
  • Mon oncle Jacques Tati
  • Nos plus belles années Sydney Pollack
  • Un singe en hiver Henri Verneuil

5 CD

  • DétroitSerge Gainsbourg Vol. 2 dans l’intégrale
  • Sonorama musiques autour des films de Jacques Tati
  • Detroit Cantat/Humbert
  • Soleil dedans Arthur H
  • Le Tour de M (live) M

5 BD

  • Gaffes, bévues et boulettes André FranquinGaffes, bévues et boulettes André Franquin
  • Reportages Joe Sacco
  • Brouillard au pont de Tolbiac Malet/Tardi
  • Pourquoi j’ai tué Pierre Ka/Alfred

6 artistes

  • Niki de saint-Phalle
  • Calder
  • Michel-Ange
  • Jean Tinguely
  • La Caravage
  • Camille Claudel

6/7 lieux/promenade

  • le jardin des tarots Garavicchio
  • prendre les escalators de Beaubourg jusqu’au 5 ème étage et regarder Paris
  • « le bout du monde » Gourdanne Saint Julien le Montagnier
  • quartier du « caffe Gottico » à Rome et chez Fassi au Pallazzo del Fredo pour manger des glaces
  • les salles de cinéma en règle générale
  • dans Mafate sur l’île de la Réunion

Carole ChaixCarole Chaix est illustratrice

Bibliographie sélective :

À paraître :

  • Dans la tête d’Albert, illustration d’un texte d’Annie Agopian, Thierry Magnier (septembre 2015)
  • Quand je serai très très vieux…, illustration d’un texte d’Olivier Ka, Notari (septembre 2015).

Retrouvez Carole Chaix sur son site : www.carolechaix.com.

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Ça grince

Par 18 mai 2015 Livres Jeunesse

Ernest Maître du mondeIl est minuscule, il est moche, il est mal élevé… et pourtant c’est le maître du monde ! Ernest est un microbe. Il ne vous fait pas peur ? Et bien, vous devriez ! Vous devriez même trembler, vous cacher. Sinon il va vous arriver la même chose qu’au professeur Plöck et ça, croyez-moi, vous n’en avez pas envie ! Je ne suis même pas certain que vous vouliez savoir ce qui est arrivé au professeur Plöck, mais si c’est le cas lisez Ernest Maître du monde d’André Bouchard… mais je vous aurai prévenu !
J’aime décidément beaucoup l’humour grinçant d’André Bouchard. Ici encore, l’auteur-illustrateur nous embarque dans une histoire loufoque et décalée où un microbe accomplit ses méfaits avec un grand sourire. Les situations qu’il provoque sont tout simplement hilarantes et feront rire tous les amateurs d’humour noir (parents comme enfants). La chute, elle, est totalement irrésistible et interpelle le lecteur qui devient un personnage du livre. Gros coup de cœur.
Un personnage drôlement méchant dont je suis vraiment fan.
Le même vu par Sous le feuillage et par Enfantipages.

Cherche nounouDans une petite rue où tout semble bien se passer une annonce est posée sur un arbre. On cherche une baby-sitter. À l’adresse indiquée, une femme se prépare à recevoir les candidats, elle leur a préparé un thé et des gâteaux. Sur le canapé passent une tortue qui semble trop âgée, un éléphant qui manque peut-être d’agilité ou même un vautour qui ne rassure pas vraiment. Aucun ne semble être le candidat recherché. Ah, attendez, il se peut bien que…
La chute, totalement inattendue, risque de vous surprendre et de bien faire rire, là encore, ceux qui aiment l’humour grinçant. On doit ce bel album à un duo qu’on aime beaucoup sur La mare aux mots, Meritxell Martí et Xavier Salomó  et on les retrouve ici avec plaisir.
Un album idéal pour les amateurs d’histoires un peu cruelles.
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Délivrer des livres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’André Bouchard (Y a un louuuuhouu !, L’abominable sac à main, Avant quand y avait pas l’école et Quand papa était petit il y avait des dinosaures), de Meritxell Martí (Les trois petits cochons et Le petit chaperon rouge) et de Xavier Salomó (Les trois petits cochons, Le petit chaperon rouge, OFF, Range ta chambre ! et Atchoum). Retrouvez aussi notre interview de Xavier Salomó.

Ernest Maître du Monde
d’André Bouchard
Seuil Jeunesse
13,50 €, 240×310 mm, 48 pages, imprimé en France, 2015.
Cherche nounou
de Meritxell Martí et Xavier Salomó 
Sarbacane
13,90 €, 260×210 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2015.

À part ça ?

COUV BREVE-COPIES-DU-BAC-T2-Vous ignorez certainement que comme les fleuves ont tendance à descendre ils se jettent dans la Méditerranée, que les riches quittent la France à cause de l’IVG, qu’avec le GPS les homosexuels peuvent faire des enfants sans femmes, que les États-Unis font leur 14 juillet le 4 pour se faire remarquer ou que ce que nous devons à l’état c’est 760 € ! Et bien vous l’apprendrez (et des tas d’autres choses encore) grâce à Brèves de copies de Bac 2 sorti chez Chifflet & Cie. C’est parfois drôle, parfois affligeant, parfois désespérant, parfois touchant. On passe un bon moment. Brèves de copies de Bac 2, 10 €, Chifflet & Cie.

Gabriel

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Et si l’on parlait d’homoparentalité et d’homosexualité aux enfants ? (2)

Par 17 mai 2015 Livres Jeunesse
Cette chronique est dédiée à la petite Adèle.

La chronique que j’avais écrite il y a maintenant presque trois ans (Et si l’on parlait d’homoparentalité et d’homosexualité aux enfants) continue d’être LA chronique la plus lue de ce blog. Relayée par un grand nombre de sites, de forums et même d’organismes. En cette journée internationale contre l’homophobie, j’avais envie d’ajouter quelques albums à la liste. Nous ferons d’ici quelques semaines une chronique romans. Tous les livres (albums et romans) que nous avons chroniqués sur l’homosexualité et l’homoparentalité sont regroupés dans un tableau Pinterest. Ces albums sont vraiment importants, car ils permettent aux enfants qui grandissent dans des familles homoparentales de voir qu’ils ne sont pas les seuls et ils banalisent ces situations auprès des autres enfants. La peur et la haine naissent souvent de choses qu’on ne connaît pas, qu’on ne comprend pas, ces livres peuvent aussi faire qu’il y aura moins d’homophobie demain.

Boum ! Boum !Timothée aime Fleur. Son cœur fait BOUM ! BOUM ! quand il pense à elle. Sa bouche dit YOUPI ! YOUPI ! quand elle est d’accord de sortir. Puis il y a le klaxon de la bicyclette, le bruit des papilles quand ils se régalent d’une pomme d’amour, le choc des verres qu’ils tapent pour trinquer… l’amour entre Timothée et Fleur fait beaucoup de bruit ! Mais il y a un autre bruit, il y a celui des pleurs de José qui est amoureux de Timothée.
« Et tant pis si un jour cet amour fait GRAND bruit autour de lui ! », ainsi se termine BOUM ! BOUM ! et autres petits (grands) bruits de la vie. Le cœur de José fait le même bruit que celui de Timothée, il aime de la même façon. Et comme le dit le docteur, ce n’est pas grave. Ici, il y a un garçon qui aime un autre garçon et au fond quelle importance ?
Un très bel album, très doux, sur les bruits de l’amour.

Renard & renardRenard et Renard vivent ensemble. L’un est plutôt peureux, l’autre rêve d’aventure. Quand le second décide de partir vivre sa vie, le premier préfère rester. Mais très vite, le renard courageux rentrera retrouver son foyer.
À aucun moment, il n’est dit qu’il s’agit ici d’homosexualité. Pourtant ce sont bien deux garçons qui vivent ensemble, qui se sentent seuls l’un sans l’autre, qui sont pressés de se retrouver (et la phrase « ils vécurent longtemps ensemble en paix » nous rappelle le « ils vécurent heureux » des contes de fées). Chacun pourra donc y voir l’histoire qu’il a envie d’y voir.
Renard & Renard est une belle histoire d’amour, entre deux renards.

Papa c'est quoi un homme haut sekçuelLe papa de Tinig a plein de surnoms. Uranien pour certains (alors qu’il ne vient pas d’Uranus), Socratique, Zèbre… il a même entendu pédale ou tapette ! C’est bizarre tous ces surnoms… Tinig décide d’en parler avec lui.
Pas toujours facile d’avoir un papa homo, c’est ce que nous rappelle avec beaucoup de tendresse et de finesse Papa, c’est quoi un homme haut sekçuel ?. L’enfant s’étonne d’entendre tant de choses sur son père et ne les comprend pas. Son père saura lui expliquer que tout ça ne fait que désigner une situation qui est, pour l’enfant, tout à fait naturelle, son père aime les hommes. Ici pas de couple (généralement quand on parle d’homoparentalité, le parent est en couple avec quelqu’un du même sexe) et pas non plus de maman. C’est un papa seul avec son enfant. Les illustrations d’Anna Boulanger sont magnifiques.
Un très bel album pour parler de l’homophobie.

Les trois prochains livres ne parlent pas que d’homoparentalité, mais ils l’abordent. Ils parlent de la diversité des familles.

Ma Super FamilleDans certaines familles, tout est simple. Dans celle de Timothée, 6 ans, c’est un peu compliqué. Déjà, ses parents ne vivent pas ensemble. Ensuite, il a un demi-frère et une demi-sœur (alors qu’elle mange comme quatre), une cousine qui vient de l’autre bout du monde, des tantes plus jeunes que lui (suite à un grand-père remarié), un grand-père inconnu, une grand-mère qui vit avec son amoureuse… quand je vous disais que c’était pas simple !
Avec l’humour qu’on leur connaît (lire absolument leurs géniales BD), Gwendoline Raisson et Magali Le Huche croquent avec justesse les familles d’aujourd’hui. Le papa de Timothée a été élevé par deux mamans, et alors ?
Un très bon album à flap, pour se rappeler que les familles ce n’est pas forcément juste un papa, une maman, un garçon, une fille et un chien.

CAMILLE VEUT NOUVELLE FAMILLECamille en a marre, ras le bol, elle veut une nouvelle famille. Elle part de chez elle pour trouver qui pourra l’accueillir ! Peut-être Yann qui vit avec ses parents adoptifs ou Dorine qui vit seule avec sa mère et pourquoi pas Baptiste qui vit avec ses deux papas ?
Ici aussi, on rend hommage à toutes les familles (on parle aussi de « couple mixte », de parents souvent absents et de familles nombreuses) en rappelant que « quand on s’aime, toutes les familles sont idéales ».
Un album tendre et drôle.

Un air de familleDes familles, il y en a vraiment des différentes. Des familles nombreuses, des familles monoparentales, des familles homoparentales, des familles qui accueillent parfois un enfant supplémentaire, des familles recomposées, des parents qui ont des origines différentes… Il y a des papas un peu trop énervés, des fils uniques, des jumelles, des grands-mères qui vivent à la maison, des demi-sœurs, des enfants en fauteuil roulant…
Béatrice Boutignon (l’auteure du célèbre Tango a deux papas et pourquoi pas ?) s’intéresse à tous les types de familles. Autour des étapes de la journée et de la vie (repas, vacances, après-midi au musée, heure du coucher, sur le chemin de l’école…), des familles nous sont présentées en quelques mots. Les situations sont totalement diverses, rien ne semble avoir été oublié. Par contre, pas d’histoire ici, juste cinquante petits portraits, ce qui peut lasser en lisant l’album. C’est plutôt un album où l’on viendra piocher, ou qui sera un très bon support pour un travail en classe.
Les familles sont variées, elles sont toutes ici représentées !

à nos amoursOn termine… par un petit carnet à remplir ! à nos amours parle de l’amour et ses mystères, un bon support pour discuter entre parents et enfants. On pose des questions (à quel âge peut-on tomber amoureux, qu’est-ce que ça fait…), on se demande comment on ferait comprendre ses sentiments à l’autre, on écrit des histoires d’amour… C’est un ouvrage vraiment original ! Dans un passage, on parle des garçons qui aiment les garçons et des filles qui aiment les filles… ça méritait d’être signalé !
Extraits sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Nous avions donc chroniqué de nombreux livres sur l’homosexualité et l’homoparentalité ici mais nous en chroniquons aussi régulièrement, ils sont tous regroupés dans un tableau pinterest (en cliquant sur la couv’ vous arrivez sur la chronique).

BOUM ! BOUM ! Et autres petits (grands) bruits de la vie
Texte de Catherine Lafaye-Latteux, illustré par Mam’zelle Roüge
Éditions Frimousse dans la collection Les pieds poètes
20 €, 236×350 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2011.
Renard & renard
Texte de Max Bolliger (traduit par Lilo Neis et Anne Salem-Marin), illustré par Klaus Ensikat
La joie de lire
16,75 €, 287×217 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2002.
Papa, c’est quoi un homme haut sèkçuel
d’Anne Boulanger
Zoom éditions
17 €, 285×185 mm, 68 pages, lieu d’impression non indiqué, 2007.
Ma SUPER famille
Texte de Gwendoline Raisson, illustré par Magali Le Huche
Les éditions du Père Castor
15,50 €, 280×320 mm, 48 pages, imprimé en Malaisie, 2009.
Camille veut une nouvelle famille
Texte de Yann Walcker, illustré par Mylène Rigaudie
Auzou dans la collection Mes p’tits albums
5,95 €, 214×217 mm, 31 pages, lieu d’impression non indiqué, 2013.
Un air de famille
de Béatrice Boutignon
Le Baron Perché
16 €, 255×190 mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.
à nos amours, cahier d’activités
Auteur non crédité
Minus
5 €, 105×150 mm, 52 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

À part ça ?

On ne peut pas parler d’homophobie sans parler du Refuge. Une association qui aide les jeunes homos chassés de chez eux, une belle association à défendre absolument. Envoyer des dons ici.

Gabriel

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