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Gabriel - La mare aux mots

Les invité-e-s du mercredi : Florian Le Priol et Frédérique, institutrice (+ concours)

Par 1 avril 2015 Les invités du mercredi

L’invité de ce mercredi c’est Florian Le Priol, jeune illustrateur que je suivais sur les réseaux sociaux et que j’ai rencontré au Salon de Paris. Son talent et sa gentillesse m’ont donné envie d’en savoir plus sur lui, et de vous le faire découvrir. À la suite de cette interview, grâce à La Palissade, l’un de vous pourra gagner son dernier album  ! Puis nous avons rendez-vous avec la rubrique Dans la classe de, cette fois-ci c’est Frédérique, institutrice en maternelle, qui nous parle des livres de sa classe. Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Florian Le Priol

Florian Le PriolQuel a été votre parcours ?
J’ai fait un bac littéraire au lycée Jeanne d’Arc à Pontivy en Bretagne et je suis tout de suite allé après l’obtention de mon diplôme en 2006, dans une école d’art appelée « l’école Pivaut » sur Nantes. J’ai réussi le concours d’entrée et cela m’a ouvert les portes de trois années d’apprentissage intensives qui m’ont permis de progresser à grande vitesse dans la pratique du dessin et de ses connaissances fondamentales. Je suis donc arrivé dans cette nouvelle ville, la guitare et le carton à dessin sous le bras, 18 ans, prêt à en découdre. J’habitais au fond d’un jardin dans un ancien garage réaménagé en petit appartement. L’aventure commençait ! Pendant trois ans, pas d’internet, pas d’ordi, pas de tablette graphique chez moi, juste des feuilles et de la peinture, je n’avais jamais eu l’habitude d’internet quand j’étais chez mes parents, donc pas de manque !
Florian Le PriolLa première année était un tronc commun avec une multitude de cours divers et variés tout en étant techniques et en restant toujours dans le domaine du dessin. Au programme perspective, modèle vivant, sculpture, story-board, bande dessinée, cours de couleurs et décors, etc. La deuxième année était une spécialisation, j’ai choisi par envie, la branche dite du « Dessin d’animation », voie qui me donnait l’opportunité d’apprendre encore de nouvelles choses plus approfondies. La dernière année fut assez intense, car nous avions un court métrage à réaliser seul de A à Z : de l’ébauche de l’histoire, en passant par le story-board, le montage de l’animatic, la création des décors, animation, montage, musique, FX et tout ça bien entendu sur du très bon matériel fournit par l’école, des Cintiq, le Graal des illustrateurs. Nous étions aussi, bien entendu, suivis par nos professeurs et intervenants de renom. À côté de ça je réalisais lors de mes temps libres, des vidéos de montage avec des effets spéciaux sur after-effect, cela m’a permis d’apprendre à utiliser ce logiciel qui m’a bien aidé par la suite à trouver du travail !
Florian Le PriolMon court métrage s’appelait LUZ, durée sept minutes, qui racontait l’histoire d’un inventeur habitant dans une caravane en haut d’un arbre géant et qui avait trouvé le moyen de faire se lever le soleil par le biais d’un vélo volant magique. Grâce à ce film j’ai terminé premier de ma section en 2009 mention félicitation du jury. Je suis ensuite parti en stage au sein du studio d’animation « 2 minutes » dans la ville d’Angoulême où j’étais animateur Flash. LUZ a été plus tard acheté par la bibliothèque de la cité des sciences de Paris, après avoir fait quelques festivals sur grand écran !
Je suis ensuite allé travailler quelques semaines sur Paris dans le studio d’animation « Caribara » où je remplaçais un directeur artistique qui était absent, je faisais juste des montages et de l’animation sur after-effect je n’étais pas en charge du reste de son travail. J’ai ensuite travaillé pour cette boîte depuis chez mes parents en Bretagne : montage d’animatic, reportage, etc.
Patatra la p'tite sorcièreLe hasard et les rencontres ont fait que je me suis orienté vers l’univers des livres jeunesse, et le domaine de l’animation s’est éloigné naturellement. Un jour, une auteure, Juliette Parachini, m’a contacté, car elle était tombée par hasard sur un dessin de mon site internet. Ce dessin était la représentation exacte d’une histoire qu’elle avait écrite, et cela collait parfaitement ! Comme quoi le hasard n’existe pas, nous avons donc monté un projet commun et démarché les maisons d’édition. Ce projet Le semeur de notes est finalement sorti très longtemps après, mais cela a été mon premier contact dans ce milieu. De fil en aiguille j’ai décroché un deuxième contrat et je commence aujourd’hui tout doucement et découvrir ce milieu que je trouve formidable ! (il y a les mauvais côtés aussi et les mauvaises personnes, mais restons optimistes !)

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Quelles techniques ? Un peu de tout ! Je dessine énormément au stylo Bic dans la rue, notamment aussi pour tous les croquis, recherches et ébauches de planches, de pages et de compositions pour mes projets. J’ai aussi une grande affinité avec les encres aquarellesFlorian Le Priol et l’aquarelle en général, j’ai toujours aimé travailler ce médium riche en couleur et en pigment. Je faisais aussi pas mal de peinture en plein air à l’acrylique sur des petits carnets. Désormais, vu que je possède une tablette graphique, la plupart de mes travaux pros (quasiment la totalité) sont ainsi terminés sur Photoshop. J’ai travaillé pendant un moment sur Corel Painter, mais je passais trop de temps à peaufiner les détails et c’était moins pratique, Photoshop m’a fait gagner du temps ! Et en manipulant les brosses, j’ai réussi à y trouver une certaine affinité que je travaille tous les jours, en essayant de montrer mes travaux le plus régulièrement possible, notamment grâce aux réseaux sociaux.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
J’ai été bercé petit par les livres audio pour enfants,  Mes histoires à moi, les plus belles histoires du monde où toutes les deux semaines je recevais un livre avec 5/6 histoires illustrées avec une cassette audio qui racontait en musique et en parole chaque aventure. Et on suivait aussi au fur et à mesure des numéros une histoire qui était récurrente, celle du Magicien d’Oz. J’étais transporté à chaque fois. C’est pour ça que je trouve merveilleux Florian Le Priolaujourd’hui de pouvoir dessiner des livres jeunesse, et de réussir, à ma mesure, à faire rêver des enfants en les faisant voyager dans des histoires imaginaires. Plus tard j’ai été aussi emporté par la trilogie de Philip Pullman, Les royaumes du nord que j’ai dû relire au moins 5 à 6 fois dans son intégralité et dont j’adore toujours autant l’univers (je pense que c’est cette trilogie qui m’a imprégné de cet univers fantastique que j’aime tant, et qui m’a donné aussi l’envie d’écrire à mes heures perdues). Ensuite, forcément, comme pas mal de personnes de ma génération, j’ai été un grand fan de toute la série des Harry Potter, toujours ce côté fantastique onirique que j’aimerais développer plus dans mon travail. Bien entendu il y’a encore bon nombre d’ouvrages que je pourrais décrire et qui m’ont inspiré, mais je vais terminer sur l’univers de Bernard Werber que j’adore. Que ce soit depuis sa trilogie des Fourmis à sa dernière trilogie La voix de la terre, ses romans m’ont toujours fait voyager, me poser des questions, et développer mon imagination. Forcement il y a aussi les Jules Verne, Jack London, etc. ! Il y a de quoi faire ^^

La petite fille de pain d'épiceParlez-nous de votre travail sur La petite fille en pain d’épice
Pour ce projet je me suis réellement fait plaisir, une partie du livre a été réalisée sur papier : crayons, encres aquarelles pour les personnages, et l’autre partie, les décors qui sont entièrement en numérique sur Photoshop. C’était un joli mix à trouver, une bonne cuisine personnelle pour que, au final ce soit plaisant au regard. Cela faisait pas mal de temps que je n’avais pas travaillé les encres pour un contrat de livre, je remercie les éditions de La Palissade pour m’avoir donné leur confiance, en espérant que ce projet ouvrira la voie sur un autre ouvrage chez eux !

Quels sont vos projets ?
Actuellement je suis sur le troisième livre de la collection Patatra la p’tite sorcière publiée aux éditions Karibencyla. Ensuite je dois enchaîner sur plusieurs projets pour les éditions Le roi de la jungle marmaille et compagnieMarmaille et compagnie, notamment un projet de livre encore mystérieux dont je ne peux dévoiler pour le moment le nom ou les personnes qui seront dans le projet (en cours de négociation), si ce projet prend un peu plus de temps à voir le jour je partirais sûrement sur la suite de mon premier livre chez eux, la suite des aventures du petit lion qui ne voulait pas dormir écrit par Julie Bélaval Bazin.
Pour le moment je me laisse guider par les rencontres et essayant de faire du bon travail, et j’aimerais un jour pouvoir travailler sur des livres de science-fiction pour enfant que ce soit, au dessin, mais pourquoi pas aussi en tant que duo d’auteur !

Bibliographie :

Le site de Florian Le Priol : http://pecheurdereve.blogspot.fr.

Concours :
Comme je vous l’annonçais en début d’article, les éditions La Palissade vous proposent de gagner un exemplaire de La petite fille en pain d’épice. Pour cela, il vous suffit de laisser un commentaire sous cet article. Un tirage au sort désignera le gagnant ! Vous avez jusqu’à mardi, 20h !


Dans la classe de Frédérique

Régulièrement, un-e instituteur-trice nous parle de livres de sa classe. Ouvrages qu’il-elle aime lire aux élèves, ouvrages que ses élèves aiment particulièrement, livres du moment ou éternels… Les maître-sse-s connaissent bien la littérature jeunesse, nous leur donnons la parole (et si vous voulez être un des prochains invités envoyez-nous un mail à danslaclassede@lamareauxmots.com). Cette semaine, c’est Frédérique qui nous parle des livres de sa classe. Frédérique est enseignante à Voisins-le-Bretonneux (78) en maternelle.

Comment je suis devenue magicienne.

Depuis que je suis maîtresse d’école, depuis ce premier jour de ce premier stage, j’ai eu peur me transformer en sorcière.
Je suis là, au milieu de la classe, cela fait quelques minutes que je ne parviens plus à obtenir le calme suffisamment longtemps pour aligner deux phrases sans interruption.
Je me sens comme un dompteur au milieu des fauves, les murs de la classe se resserrent sur moi, j’essaie de m’extraire du centre de l’arène, sans perdre totalement le contrôle.
Je tente encore quelques sursauts d’autorité, je hausse le ton, je menace : la terreur comme dernière arme pour ne pas se laisser déborder, avant de quitter le navire…

Rien n’y fait.

Il me faut une croquette, pas une de ces ridicules et minuscules croquettes pour chat, mais une croquette géante pour lions affamés. La croquette qui va fasciner mes élèves et les rendre aussi dociles que des chats repus.
Et bien un jour j’ai trouvé cette merveille, ce lapin à sortir du chapeau au moment où mon public se lasse et m’abandonne.
Chhht !« Chhhht ! »  « Tu vas entrer dans le château d’un géant… » « À partir de maintenant, parle tout bas sinon… » Et le miracle a lieu. Le calme se fait rapidement. Le silence s’installe progressivement à l’attaque de chaque nouvelle page. À la 3e page, le silence est parfait, je peux moi-même « parler tout bas » tout en étant entendue de tous.
Quel bonheur ! Pour eux, emportés par l’histoire dont ils sont les héros ; pour moi, qui n’en finis pas de savourer cet instant de grâce où je partage avec eux la joie de lire, le bonheur d’imaginer, le plaisir de se faire peur, juste un peu.
Quel suspens ! Réussirons-nous à visiter le château de l’ogre sans le réveiller ?
Ce silence de plomb lorsque j’ouvre une porte pour voir si nous avons suffisamment été silencieux pour ne pas réveiller la chatte de l’ogre : un régal.
Et j’installe ma souveraineté en refermant le livre à temps pour y enfermer le géant avant qu’il ne nous ait attrapés et que les enfants réclament une seconde lecture, que je refuse dans l’immédiat pour la remettre à plus tard.

À l’accueil dans la classe, le lendemain, ils trouveront le livre et pourront le consulter librement. On entendra des enfants réunis autour l’album chuchoter au milieu du brouhaha habituel de la classe.

Magique. Ce livre est magique.
Une fois par an, pendant quelques semaines, il fait de moi une magicienne.

Chhht ! Sally Grindley, Peter Utton.

Retrouvez Frédérique sur son blog de pédagogie et de partage de ressources.

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Original ce cadeau !

Par 30 mars 2015 Livres Jeunesse

Une chaise ou un tabouret en cadeau c’est plutôt original ! Deux albums sortis à un mois d’écart mettent en scène cette situation de façon très différente.

Pablo Et La ChaiseAujourd’hui, c’est l’anniversaire de Pablo. Les journaux n’en parlent pas, ils parlent de l’arrivée de l’automne. Alors que l’anniversaire de Pablo c’est bien plus important. Comme cadeau, il a reçu… une chaise ! Une chaise ? Oui oui, une chaise… Faut dire que Pablo est du genre remuant et une chaise, ça lui permettra peut-être de se poser un peu. Sauf que c’était bien mal connaître Pablo ! Et au lieu de le faire s’asseoir, la chaise va devenir un accessoire d’équilibriste. Au lieu de se poser, Pablo va faire le tour du monde.
Pablo & la chaise est un magnifique album de Delphine Perret, auteure et illustratrice dont j’aime énormément le trait de crayon. On parle ici de ne pas changer la nature des gens, de rester qui l’on est. Pablo est du genre remuant et ce n’est pas parce qu’on lui offre une chaise qu’il se posera, il va détourner l’objet de son but premier. On parle donc aussi des artistes qui détournent les objets, d’inventivité, de voir au-delà. Les illustrations sont magnifiques et, comme d’habitude chez Les fourmis rouges, le travail d’impression particulièrement soigné.
Un superbe album tendre et poétique pour ne pas oublier qu’il faut rester soi-même.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

bob & marley le cadeauAujourd’hui, ce n’est pas l’anniversaire de Bob. Marley a quand même un cadeau pour lui. Après tout, les cadeaux, c’est quand on veut. Bob ouvre le paquet et découvre… un tabouret ! Un tabouret ? C’est une blague ? Non non d’après Marley c’est le cadeau rêvé des petits. Bob est un peu dégoûté et n’en veut pas trop de ce cadeau. Marley a beau lui montrer toutes les utilités de l’objet, rien n’y fait ! Jusqu’à ce que…
Beaucoup d’humour et énormément de tendresse dans cette première aventure de Bob & Marley, nouvelle série signée Frédéric Marais et Thierry Dedieu. Un grand (pas toujours aussi fort qu’il le pense) qui protège un petit (bien plus malin qu’on ne croit). Ils sont peut-être amis, frères ou père et fils, peu importe, ces deux-là sont vraiment complices. On parle donc ici de complicité et d’amitié, de l’utilité des choses qui nous semblaient inutiles.
De l’humour et beaucoup de tendresse.

bob & marley les ricochetDans quelques jours (le 2 avril) sort une nouvelle aventure de Bob & Marley, Les ricochets. Cette fois-ci, Marley apprend à Bob à faire des ricochets, et ça tombe bien parce qu’il est champion du monde des ricochets, Marley ! Enfin… faut juste trouver l’eau parfaite pour que ça réussisse ! Un nouvel opus encore plus drôle que le précédent… Vivement la suite !

Les mêmes vu par Enfantipages et Clarabel.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Delphine Perret (Bigoudi, Pedro Crocodile et George Alligator, Chevalier et Princesses avec gigot, Il était mille fois, Moi, le loup et la cabane et Moi, le loup et les vacances avec pépé), Dedieu (L’étrange zoo de Lavardens, Histoire singulière du portrait en pied du gouverneur militaire de Mandchourie, Le samouraï et les 3 mouches, Une fraise en hiver, Turandot, Poisson Chat, Un mur sur une poule, J’ai adopté un crocodile, Dragons de poussière et Le maître des estampes) et Frédéric Marais (Histoire singulière du portrait en pied du gouverneur militaire de Mandchourie et La Science du caca). Retrouvez également notre interview de Delphine Perret et de Thierry Dedieu.

Pablo & la chaise
de Delphine Perret
Les fourmis rouges
14€, 210×270 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2015.
Bob & Marley, le cadeau
de Marais et Dedieu
Seuil Jeunesse
7,50 €, 186×188 mm, 40 pages, imprimé en France, 2015.
Bob & Marley, les ricochets
de Marais et Dedieu
Seuil Jeunesse
7,50 €, 186×188 mm, 40 pages, imprimé en France, 2015.


À part ça ?

Gérard Dhôtel vient de nous quitter, Lucie Cauwe lui rend hommage.

Gabriel

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De Paris à Londres et de Londres à Paris

Par 27 mars 2015 Livres Jeunesse

paris s'envoleComme elle s’ennuie, la tour Eiffel décide de s’enfuir, de s’envoler. De là-haut, elle voit la Seine, l’Opéra, les grands magasins… Que c’est beau Paris vu d’en haut !
Alors on pense forcément à La tour Eiffel a des ailes de Mymi Doinet (chroniqué ici) à la lecture de Paris s’envole, mais ici ce n’est pas l’histoire qui nous marque le plus, ce sont les superbes planches d’Hélène Druvert avec des découpes laser (comme les albums d’Antoine Guilloppé qui sortent également chez Gautier Languereau). Un très beau travail graphique qui en fait un bien bel objet.
Un beau livre qui évoque la belle ville de Paris.
Des extraits des illustrations sur le site d’Hélène Druvert.

SaperlipopetteLa reine sort de son palais quand tout à coup le vent lui arrache son chapeau ! Vite, les soldats de sa garde accourent, il faut rattraper le couvre-chef de Sa Majesté ! Mais le vent est fort et il faut courir à Trafalgar Square, à la tour de Londres sur Big Ben ou encore au palais de Kensington !
Là encore, on découvre une ville avec un album très esthétique. Là, c’est en plus plein d’humour. Les principaux monuments londoniens sont évoqués, on court dans la capitale anglaise.
Un bel album avec de l’humour so british.
Le même vu par Maman Baobab.

Paris de A à ZRetour à Paris, la ville qui, comme l’indique la préface de Paris de A à Z, ne contient pas que 5 lettres, mais bien 26 ! Ainsi à la lettre A on va retrouver Alice qui attend l’Autobus devant l’Arc de triomphe, à la lettre B Barnabé est à Beaubourg pour déguster une Baguette…
Très bonne idée que cet abécédaire de Paris, mais j’avoue ne pas avoir accroché aux illustrations et surtout, puisqu’on s’adresse aux enfants, sur le manque de réalisme concernant les lieux. Mais comme ce genre de choses, c’est vraiment une histoire de goût, je vous invite à vous faire votre propre opinion !
Un abécédaire parisien pour réviser l’alphabet et les monuments de la capitale.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Les livres que nous avons chroniqués sur Paris sont regroupés ici et une chronique sur Londres .
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Hélène Druvert (Le petit théâtre de Casse-Noisette) et Amélie Falière (La piscine, Moi je, Le petit-déjeuner et Qu’est-ce qui mijote dans ma marmite à mots ?).

Paris s’envole
d’Hélène Druvert
Gautier Languereau
18 €, 210×280 mm, 34 pages, imprimé en Chine, 2014.
Saperlipopette mon chapeau !
de Steve Anthony (traduit par Sophie Koechlin)
Gautier Languereau
14 €, 260×273 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Paris de A à Z, de l’arc de triomphe au zoo
d’Amélie Falière
Parigramme
12 €, 206×207 mm, 54 pages, imprimé en UE, 2015.

À part ça ?

Londres en familleComme on parlait de Londres dans la chronique, et si l’on profitait pour aller visiter la capitale britannique pendant les grands week-ends de mai ? Et pour ça, il nous faut un guide. Graine², une super maison d’édition qui édite, entre autres, des guides de voyage pour enfant, vient de sortir Londres en famille, un guide écrit avec deux blogueuses qui connaissent bien la ville et qui nous donnent des conseils. Hébergement, restauration, monuments à visiter, mais aussi conseils pratiques, plans… on est certains, grâce à ce guide, de ne pas s’ennuyer (et de ne pas dormir dans la rue !). Les conseils qui y sont données nous proposent des adresses sympas, pas toujours connues (et pas forcément les boutiques à touristes). Le petit plus famille : pour chaque endroit à visiter, on nous indique à partir de quel âge la visite est conseillée. Pratique ! En plus, Londres en famille a une maquette claire, esthétique, pratique. Enfin un guide pratique et sympa pour visiter Londres, quelque soit votre budget !
Dans la même collection (mais pas testé), New York en famille (et bientôt Barcelone).
Londres en Famille, auteur non indiqué, Graine², 12,90 €.

LondresEntre le carnet de voyage et le documentaire, Londres de Jason Brooks est un grand album sorti en France chez Larousse. L’auteur nous parle de son Londres. Architecture, nourriture, anecdotes, citations, croquis, dessins… Le livre foisonne de choses à lire, à regarder. Même si j’avoue ne pas être très fan de la plupart des illustrations du livre (des croquis qui m’ont fait penser à ceux que l’on voit chez les coiffeurs pour présenter les coupes), voilà un ouvrage que j’ai trouvé plutôt agréable à parcourir.
Londres, de Jason Brooks (traduit par Caroline de Hugo), 24,90 €, Larousse, 2015.

Gabriel

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Les invité-e-s du mercredi : Aurélie Guillerey et Aldebert

Par 25 mars 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, nous sommes bien chanceux ! Tout d’abord, nous recevons la talentueuse Aurélie Guillerey qui a accepté de répondre à nos questions. Ensuite, nous partons en vacances avec Aldebert, on ne va pas s’ennuyer ! Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Aurélie Guillerey

Aurélie GuillereyComment êtes-vous devenue auteure/illustratrice, parlez-nous de votre parcours.
Du plus loin dont je me souvienne, j’ai toujours dit que je voulais faire un métier en rapport avec le dessin. J’ai très longtemps voulu faire du stylisme de mode car je passais mes journées à dessiner des personnages, à les affubler de tenues rigolotes, à imaginer leurs dialogues et leurs caractères. L’idée de faire de l’illustration est devenue plus concrète quand je suis entrée à l’école des arts décoratifs de Strasbourg. Après avoir fait beaucoup de gravure les 2 premières années, je suis entrée dans l’atelier de Claude Lapointe en illustration.

Coquillette la mauvietteQuelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
J’ai hérité des livres de ma maman, les « petits livres d’or » que j’ai toujours d’ailleurs et Sylvain et Sylvette. Je me souviens aussi d’un livre de contes appartenant à mon grand-père avec une version de barbe bleue. J’adorais les Tom-Tom et Nana, Boule et Bill, Tintin, Lucky Luke et Astérix et Obélix…
Je suis la génération récré A2. Après ado, je crois que j’ai lu tout Zola, j’ai beaucoup aimé Les contes du chat perché de Marcel Aymé, Roald Dahl et Le Petit Nicolas. Mais je n’ai pas d’autres souvenirs de littérature spécifiquement pour ado. Et je découvre aujourd’hui Fifi Brindacier que je lis avec mes enfants !

Quelles techniques de dessin utilisez-vous ?
Je dessine directement sur une palette graphique sur Photoshop, après avoir fait beaucoup de peinture. Mais je dessine toujours avec de vrais crayons sur mes carnets. En ce moment, je pense mixer mystère de la graine à bébédavantage trait au crayon et mise en couleur sur ordinateur.

Comment choisissez-vous les projets sur lesquels vous travaillez ?
Je travaille sur des albums, mais je fais aussi de la presse, un peu de pub et des affiches pour le théâtre. Je crois que je m’ennuie vite et j’aime bien varier les projets. Pour les albums, c’est vraiment le texte qui commande mes choix. Je refuse pas mal de choses quand je ne suis pas à l’aise avec les thèmes, quand c’est trop moralisateur ou trop déjà vu mille fois…!!. Mais en ce moment je travaille avec Emilie Chazerand qui m’envoie régulièrement ses textes tous plus délirants et inspirants les uns que les autres ! Je lui suggère aussi des idées sur lesquelles elle écrit merveilleusement.

Bien fait pour vous !Parlez-nous de votre dernier album, Bien fait pour vous ?
C’est un album qui change par rapport aux autres albums plutôt humoristiques que j’illustre d’habitude.
J’ai été touchée par le thème qui m’a rappelé cette période où petite, en vacances chez mes grands-parents, je jouais à faire croire que j’étais morte ! Je voulais voir la réaction des gens autour de moi.
C’est l’histoire de cet album. Ce n’est pas du tout sombre, je pense que tout le monde imagine ça un jour et même les enfants.
Tout le monde cherche à se rassurer sur sa place dans le monde. Et si les autres ont du chagrin eh bien tant mieux !!
Le petit garçon de l’histoire fantasme sa mort. Dans mes images, il se fond avec le paysage… de là il observe les autres qui le regrettent.
Puis les saisons passent, même le paysage donne l’impression de pleurer l’absence du garçon… jusqu’à ce que le printemps revienne et que la vie reprenne !
La sirène à l'huileJe pense qu’il y a pas mal de choses à dire autour de cet album, j’espère que je vais entendre de bons échos !
Et vous qu’en pensez-vous ?

Je l’ai trouvé un peu dérangeant donc forcément intéressant. Mais surtout j’ai beaucoup aimé votre travail sur cet album, le choix des couleurs notamment. Parlez nous de vos projets ?
Après La petite sirène à l’huile (projet que nous avons proposé à Sarbacane), je travaille sur un autre album écrit par Emilie Chazerand qui sortira également chez Sarbacane et un autre avec un duo de conteuses chez Syros. Sinon je pars deux semaines à New York avec mon mari et notre plus grand fils. On a prévu de faire chacun un carnet de croquis.

Bibliographie sélective :

  • série Noé et Azote, illustrations de texte de Mim et Benoit Bajon, Magnard Jeunesse (2015).
  • Bien fait pour vous !, illustration d’un texte de Claire Clément, Milan (2015).
  • Coquillette la mauviette, illustration d’un texte d’Arnaud Cathrine et Florent Marchet, Actes Sud Junior (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?, illustration d’un texte de Célia Galice et Emmanuelle Leroyer, Bayard Jeunesse (2012).
  • Sous ma couverture vit une tortue, illustration d’un texte de Marcus Malte, Sarbacane (2012).
  • Raconte-moi les formes, les chiffres, les couleurs, illustration d’un texte de Delphine Gravier-Badreddine, Escabelle (2011).
  • Bonsoir, porte manteau !, texte et illustrations, JBZ (2010)
  • Asticots, illustration d’un texte de Bernard Friot, Milan (2010).
  • Ma grand-mère a un amoureux, illustration d’un texte d’Annelise Heurtier, Magnard (2008).
  • Le mystère des graines à bébé, illustration d’un texte de Serge Tisseron, Albin Michel Jeunesse (2008), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Aurélie Guillerey sur son site : http://aurelieguillereysite.free.fr.


En vacances avec… Aldebert

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Aldebert qui s’y colle, merci à lui !
Allez en route !

5 albums jeunesse

  • Tom Sawyer (Mark Twain / Espié)Le géant de zeralda
  • Les vacances de Monsieur Rhino (Baud/Neyret)
  • Charles à l’école des dragons (Cousseau/Turin)
  • Le géant de Zéralda (Ungerer)

5 romans

  • Le fils du yéti (Tronchet)Le joueur d'échec
  • Le père de nos pères (Werber)
  • Le joueur d’échecs (Zweig)
  • Le passe-muraille (Marcel Aymé)
  • Le vieil homme et la mer (Hemingway)

5 DVD

  • Shine (Scott Hicks)Coup de tête
  • Itinéraire d’un enfant gâté (Lelouch)
  • Coup de tête (Weber)
  • Shinning (Kubrick)
  • Billy Elliott (Stephen Daldry)
  • Le parrain (Coppola)

5 BD

  • Le combat ordinaire (Larcenet)L'arabe du futur
  • Les vieux fourneaux (Lupano / Cauuet)
  • L’arabe du futur (Sattouf)
  • Les mondes d’Aldébaran (Eduardo de Oliveira dit Leo)
  • Rubrique à brac (Gotlib)

5 CD

  • Mozart : RequiemVolo : Sans rire
  • Brassens : intégral
  • Metallica : Master of puppets
  • Eiffel : À tout moment
  • Volo : Sans rire

5 artistes

  • Ben Mazué (auteur-compositeur)François Rollin
  • Hermann (dessinateur)
  • Jean Becker (Réalisateur)
  • Professeur Rollin (auteur/comédien)
  • Bernard Kudlak (metteur en scène/cofondateur du cirque Plume)

5 destinations

  • Paris
  • New York
  • Ulu Watu (Bali)
  • L’île de Pangkor (Malaisie)
  • et la montagne en général

AldebertAldebert est chanteur. Pour les enfants, il a sorti Enfantillages et Enfantillages 2 (que nous avons chroniqué ici) mais je vous conseille aussi ses albums pour adultes. Plus d’informations sur son site : http://www.aldebert.com.

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Avec une infinie délicatesse

Par 23 mars 2015 Livres Jeunesse

Je vous propose aujourd’hui trois albums qui m’ont fait dresser le poil sur les bras.

Moi devantDevant il y a Léon, le plus grand. C’est pratique, Max et Rémi qui sont si petits sont protégés et puis Léon leur dit quand on peut traverser. Sauf que dans l’ombre d’un aussi grand copain, on ne voit pas grand-chose. Alors, un matin, Max a eu l’envie de passer devant. Max a découvert tout ce qu’il n’avait jamais vu… mais il ne pouvait plus tenir la main de Rémi, et ça lui manquait.
Le tandem de la série Grand Loup et Petit Loup (Nadine Brun-Cosme et Olivier Tallec) se retrouve pour notre plus grand plaisir. Les sublimes planches d’Olivier Tallec accompagnent à merveille les mots délicats de Nadine Brun-Cosme. On parle donc ici d’entraide, de complémentarité. On peut aussi y voir une histoire de fratrie ou de relation parents enfants (comme dans la série Grand Loup et Petit Loup l’interprétation est assez ouverte). On parle enfin de grandir, de passer les étapes.
Superbe !
Le même vu par Enfantipages.

Louison Mignon cherche son chiotLouison Mignon est chez son papé. Il est bizarre son papé, il parle aux tomates ! Louison Mignon, elle, elle parle au chiot qui n’est pas encore né. Mais pas évident de lui parler en ce moment, la chienne a disparu. Elle fait toujours ça d’après le papé… mais Louison Mignon aimerait bien la retrouver…
Difficile de résumer Louison Mignon cherche son chiot. La petite fille s’adresse au chiot qui va naître et qu’elle aimerait tant voir. Mais c’est tout ce qu’il y a autour qui rend l’album touchant. La relation entre la petite fille et son grand-père, ses rêveries, son imagination. C’est un album qui raconte particulièrement bien l’enfance, les journées chez les grands-parents. Là aussi le tandem Alex Cousseau/Charles Dutertre fonctionne à merveille.
Un album simple et beau. Une petite merveille.
Le même vu par Clarabel.

Debout sur l'eauUn ours vivait seul dans un pays froid. Du haut de sa montagne, il observait les hommes. Comme eux, il rêvait d’aller sur l’eau. Aussi il décida de tenter l’aventure, il attendit que Yun se préparât à embarquer pour se jeter sur le canoé. Mais il ne se passa pas ce qu’il avait prévu.
Pas de tandem ici, Hyacinthe Reisch signe seul Debout sur l’eau sorti aux éditions Le Chineur. L’histoire est délicate et poétique, ses illustrations (au pinceau et à l’encre de Chine) épurées le sont tout autant. On parle ici d’entraide, d’amitié, d’aller au bout de ses rêves. C’est aussi une magnifique histoire sur la vie en harmonie avec la nature.
Un petit bijou.
Le même vu par Un livre dans ma valise, Les lectures de Liyah et Les lectures de Kik.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Nadine Brun-Cosme (Loup ne sait pas s’habiller, Tous sauf un, D’une île à l’autre, Trop c’est trop et Le prince amoureux), d’Olivier Tallec (Les petites BD de Rita et Machin, Pierre et le loup, Rita et Machin, Louis Ier, Roi des moutons, Waterlo & Trafalgar, Jérôme par cœur, La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, Qui quoi qui, Coffret Grand Loup & Petit Loup, MarlaguetteLe plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte), d’Alex Cousseau (Charles prisonnier du cyclope, Charles apprenti dragon, Les mammouths, les ogres, les extraterrestres et ma petite soeur, Les Frères Moustaches et Charles à l’école des dragons) et Charles Dutertre (Tam-Tam dans la brousse, Les Frères Moustaches, Le voyage extraordinaire de Petit Pierre et La première fois que je suis née). Retrouvez aussi notre interview d’Olivier Tallec.

Moi devant
Texte de Nadine Brun-Cosme, illustré par Olivier Tallec
Père Castor
13,50 €, 248×309 mm, 26 pages, imprimé en France, 2015.
Louison Mignon cherche son chiot
Texte d’Alex Cousseau, illustré par Charles Dutertre
Rouergue
12 €, 170×200 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2015.
Debout sur l’eau
de Hyacinthe Reisch
Le Chineur
12,50 €, 160×230 mm, 32 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2015.

Gabriel

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