Des ours et leurs amis

les musiciens de la nouvellebreme_couvertureDans la forêt lointaine, on n’entend pas que le coucou ! De la musique s’élève, c’est Franky le Caribou qui chante… et ça énerve les autres caribous ! Il arrive la même chose à Max le Castor, qui adore taper avec ses baguettes de bois, à Dexter, le raton laveur, qui passe son temps à souffler dans les roseaux et à Charlie, le grizzli, qui a des rythmes qui lui dansent dans la tête. Alors ces quatre-là fuient leurs congénères et partent pour La Nouvelle-Brème, la ville qui aime les musiciens… sauf qu’en route ils vont se rencontrer !
Ce qui marque toujours, quand on lit un album de Pierre Delye, génial conteur, c’est à quel point le texte est rythmé, alors forcément un texte rempli de musique, on s’en donne à cœur joie en le lisant à voix haute ! L’auteur joue avec les mots, les sonorités et l’on se régale ! C’est drôle, fin, ça parle d’accepter nos différences, de vivre ensemble. Les illustrations de Cécile Hudrisier sont un mélange de collages et de dessins et comme d’habitude c’est magnifique !
Un bien bel hommage à la musique.

Le miel des trois compèresIl était une fois un renard, un loup et un ours qui se promenaient en forêt… Il était une fois trois nigauds perdus en pleine forêt… Il était une fois trois crapules qui rôdaient dans une sombre forêt… et quatorze autres histoires où il est question de miel…
Dix-sept histoires, donc, assez courtes avec chaque fois nos trois héros et du miel. Tantôt prêts à tout pour avoir le miel qu’ils viennent de trouver, tantôt prêt à le partager, tantôt ne le voyant même pas ! L’ensemble donne un album poétique et plein d’humour. Une sorte d’exercice à la Queneau. Les illustrations de Gaëtan Dorémus sont somptueuses.
Dix-sept petites histoires pour un album très original.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Pierre Delye (La drôle de maladie de P’tit Bonhomme, Ferme ton bec !, Les aventures de p’tit Bonhomme, La petite poule rousse, Mais il est où ce gros matou ? et La grosse faim de P’tit Bonhomme), Cécile Hudrissier (L’oiseau et la pièce d’or, Les aventures de p’tit Bonhomme, Comptines pour mon bébé, Le gâteau de Ouistiti, La moufle, Comptines pour compterComptines pour chanter les couleursLa petite poule rousse, Mais il est où ce gros matou ?, La grosse faim de P’tit Bonhomme, Il était une fois… Contes en haïku, Les plus belles chansons anglaises et américaines, P’tit biscuit ou L’histoire du bonhomme de pain d’épices qui ne voulut pas finir en miette, Comptines pour chanter en anglais, Le fil rouge, Chansons pour chanter Noël et Comptines pour chanter la ferme), de Richard Marnier (On ne sait jamais… et Est-ce la lune ?) et Gaëtan Dorémus (60 nouvelles expériences faciles et amusantes). Retrouvez aussi notre interview de Cécile Hudrisier.

Les Musiciens de la Nouvelle-Brême
Texte de Pierre Delye, illustré par Cécile Hudrisier
Didier Jeunesse
12,50 €, 250×250 mm,36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2010.
Le miel des trois compères
Texte de Richard Marnier, illustré par Gaëtan Dorémus
Le rouergue
13,50 €, 160×240 mm,40 pages, imprimé en Belgique, 2014.

À part ça ?

À l’occasion des 20 ans de Mon Quotidien, François Hollande a été le rédacteur en chef d’un numéro spécial ! Vous pouvez télécharger gratuitement ce numéro.

Gabriel

Original dans sa forme

Tout changeAvant c’était au coin du poêle qu’on devait se réchauffer, puis il y a eu les radiateurs dans chaque pièce. Avant, pour s’éclairer, une lampe à huile était nécessaire. Maintenant, il suffit de presser un simple bouton…
Les amis du Père Castor ressortent ce magnifique ouvrage de 1934 dans lequel on va comparer les époques… grâce à des lunettes magiques ! Si l’on regarde à travers la fenêtre rouge on voit le monde de 1834, dans la fenêtre bleue celui de 1934. Le principe va ravir les enfants (et même les parents) et l’ouvrage est superbe : illustrations à l’ancienne et beau papier.
Plus d’infos sur ce livre.

Album FéeMême principe dans l’Album Fée sauf qu’ici on nous raconte des contes classiques. On retrouve donc Cendrillon, Le chat botté, Les cygnes sauvages ou encore Peau d’âne. Chaque fois l’illustration est faite en deux tableaux mais pour les voir il vous faut utiliser les lunettes magiques. L’histoire est aussi racontée dans un court texte. C’est là encore un magnifique album qui nous vient des années 30.

La Grande TraverséeUn oiseau s’envole, c’est l’heure, il faut partir pour aller de l’autre côté. En chemin, il survole des arbres, des fourmilières et des usines, des villes… Mais que se passe-t-il à l’intérieur ?
C’est le même tour de magie que nous jouent Agathe Demois et Vincent Godeau avec La grande traversée. En baladant une « loupe » rouge fournie, on voit ce qui se cache dans le décor, à l’intérieur des gens et des maisons. C’est très poétique, complètement farfelu (ce qu’on voit à l’intérieur n’est pas « réel », on n’est pas du tout dans un documentaire) et assez magique.

julie stephen chhengAssis au cinéma, il regarde la fille à côté de lui. Autour de lui, les gens rient et ont peur.
Alors qu’elle bronze sur la plage, elle reçoit un avion en papier qui contient une déclaration d’amour, qui la lui a envoyée ?
Un voleur s’introduit dans l’immeuble, mais il est très vite repéré.
Sur le terrain de foot, alors qu’il a enfin la balle, il se passe quelque chose d’étrange…
Il y a une fête, des gens s’aiment.
Julie Stephen Chheng propose 5 tout petits livres qui se déplient. L’histoire commence sur la première page, sur une case. On ouvre la page il y a maintenant deux cases et nos héros sont rejoints par d’autres. On continue et il y a maintenant quatre cases puis ça sera huit puis seize. Peu de dialogues, l’objet est surtout graphique. Chaque livre est illustré par un-e dessinateur-trice différent-e (on retrouve notamment Serge Bloch).
Cinq livres objets originaux que vous pouvez découvrir ici : http://les-depliables.fr.

Tout change
d’Ernest Flammarion
Flammarion éditeur dans la collection Albums du Père Castor
16,50 €, 240×260 mm, 10 pages, imprimé En France, 2008.
Album Fée
textes de Rose Celli et Marguerite Reynier, illustré par Hélène Guertik
Flammarion éditeur dans la collection Albums du Père Castor
16,50 €, 240×260 mm, 10 pages, imprimé En France, 2013.
La grande traversée
d’Agathe Demois et Vincent Godeau
Seuil
16 €, 236×336 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2014.
La fête
de Julie Stephen Chheng
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
La plage
de Julie Stephen Chheng et Julien Chheng
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Le cinéma
de Julie Stephen Chheng et Serge Bloch
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Le voleur
de Julie Stephen Chheng et Jocelyn Gravot
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Le foot
de Julie Stephen Chheng et Thomas Pons
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.

Gabriel

Pauvres et riches

TOUT et RIENMonsieur Picaillon était extrêmement riche, Basile-le-fil, lui, n’avait rien, même pas un toit pour s’abriter. Mais un jour, quand le premier perdit la clef de son coffre-fort, c’est le second qui la trouva. Monsieur Picaillon n’avait plus accès à son immense fortune, Basile-le-fil, lui, avait autour du cou une clef en or qui faisait des envieux…
Deux personnages qui n’ont rien en commun et qui n’auraient jamais dû se rencontrer et pourtant dans ce bien joli conte ils vont le faire. On verra qu’on n’est pas forcément plus heureux quand on est riche et surtout il arrive parfois qu’un petit événement change une vie. Sans trop vous dévoiler la fin, Maureen Dor a l’intelligence de ne pas la rendre trop morale, pas complètement éloignée de la réalité. Les illustrations de Cédric Babouche sont proches de la BD, pleines de détails et de mouvements, on se régale (d’autant qu’elles sont particulièrement mises en valeur par un beau papier) !
Un joli conte moderne, une histoire d’aujourd’hui.

Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvresPourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ? C’est la question à laquelle répondent Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon dans un petit livre documentaire sorti chez La ville brûle. Les deux sociologues expliquent aux enfants ce que c’est que d’être riche, comment on le devient, ce que font les riches, comment ils vivent…
Bien que le livre manque parfois de nuance (et, j’ai l’impression, avec les enfants il en faut un peu) et que certains lui reprocheront un côté partisan (par exemple dans un dessin en fin d’ouvrage en face de la question « Que peut-on faire pour que ça change ? » un personnage sur un bateau hurle « la barre à gauche toute »), voilà un magnifique outil de travail. Ce n’est pas, personnellement, un livre que je donnerai à un enfant pour qu’il le lise seul, mais c’est un ouvrage parfait pour répondre à des questions, discuter, entamer des débats. Avec un enfant, ou avec une classe !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Maureen Dor (Les 3 sœurs du roi méchant, Pauvre Stupidon, Moi, super moi, Le rêve de l’arbre, Rita la féroce fée rousse et Quelle chatastrophe !).

Tout et rien
Texte de Maureen Dor, illustré par Cédric Babouche
Les éditions Clochette dans la collection Le Livre Ami
16,95 €, 214×318 mm, 25 pages, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ?
Texte de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, illustré par Étienne Lécroart
La ville brûle dans la collection Jamais trop tôt
8,50 €, 150×210 mm, 64 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.

À part ça ?

Dans l’émission Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin ! du 14 janvier, Véronique Soulé a lu deux textes que j’ai trouvés extrêmement forts, vraiment justes et bien écrits. Deux textes d’enseignants à propos de la tuerie de Charlie Hebdo. Si vous ne les connaissez pas, je vous invite fortement à les lire :
- « Comment avons-nous pu laisser nos élèves devenir des assassins ? »
« Pour mes élèves de Seine Saint-Denis »

Vous pouvez aussi écouter la lecture de ces articles par Véronique Soulé dans son émission.

Gabriel

Un petit tour en Bretagne

au pays des korrigans La ville d’Ys a été construite au milieu de la mer, elle est protégée par de hautes murailles. Seulement un jour, le diable décide de s’y introduire…
Parce que des korrigans ont exaucé un vœu à l’un de ses amis, un bossu décide d’aller à leur rencontre.
Yvain, qui a été enfermé par le chevalier noir, va être heureux de rencontrer la fée Luned.
Fañch était un marin paresseux, mais un jour il sut se rendre utile…
Après le (très bon) recueil de contes bretons pour les grands, Tristan Pichard s’intéresse aux plus jeunes. Au pays des korrigans réunis donc quatre contes parfaitement adaptés aux plus jeunes. Pour relier les contes, une petite souris accompagne les enfants, elle est un acteur de l’histoire en plus d’en être la narratrice. L’idée est vraiment bonne (tant l’adaptation pour les plus jeunes que ce personnage fil conducteur) même si j’avoue que personnellement j’ai été un petit peu lassé des jeux de répétitions dans l’écriture et que je n’ai pas accroché aux illustrations (mais ces deux bémols sont très subjectifs !)
Un mini recueil de contes bretons pour les plus jeunes.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Mamie PikMamie Pik se lève et se prépare pour une bonne journée ! Sa coiffe déjà en place, elle nourrit les poules, arrose les laitues puis s’en va au bourg avec Naig.
Hubert Rublon nous propose un personnage haut en couleur et s’amuse avec les expressions bretonnes. J’ai retrouvé des tas de mots et expressions entendus dans mon enfance. Même si j’ai regretté le fait que l’histoire ressemble à une succession de scènes, j’ai été totalement séduit par Mamie Pik, tant au niveau du graphisme que des dialogues.
On a envie d’avoir une mamie comme Mamie Pik !

LancelotUn bébé a été trouvé par Viviane, la Dame du Lac. L’enfant grandit sans connaître pas son nom, mais très vite il devient le meilleur chevalier au monde, à tel point qu’il rejoint les chevaliers de la Table ronde à ses 18 ans. Son nom, il l’apprendra un jour sur une tombe : Lancelot.
Après Merlin, Arthur et Morgane, c’est donc Lancelot que nous racontent Anne Ferrier et Christelle Le Guen. C’est chaque fois une joie de retrouver cette série entre la BD et l’album jeunesse. De découvrir (ou redécouvrir) les héros de la Table Ronde qui font partie de l’Histoire de la Bretagne.
Le nouveau tome d’une super série qu’on est toujours heureux de retrouver et dont on attend la suite avec impatience.

Les bétises de GondoloGondolo est un petit garçon habitué aux bêtises. Quand il doit garder deux cochons au marché les voilà bientôt qui s’enfuient en bousculant tout sur leur passage. Un jour, avec des amis, il va visiter un bateau… sauf que le bateau s’en va…
Quelle bonne idée que d’éditer ce vieil album de Marguerite Paulet décédée en 1979. Les illustrations sont magnifiques et le texte n’a pas pris une ride. En fin d’ouvrage, une partie documentaire nous parle de la Bretagne des années 30 et de Marguerite Paulet. On apprend notamment l’origine du contenu de l’album : c’est un cahier destiné à ses propres enfants.
Un magnifique ouvrage sur la Bretagne de nos Arrière-grands-parents.

La pierre magique des korrigansUne nuit d’hiver, une femme frappe à la chaumière de Louis et Marie. On laisse entrer la jeune mendiante et on lui propose une assiette. Pour les remercier, celle-ci leur raconte une histoire de korrigans…
Après la Bretagne de 1930, on a rendez-vous maintenant en 1850 (là aussi, une partie documentaire en fin d’ouvrage raconte la vie dans les campagnes bretonnes à cette époque). Une histoire de korrigans, sortes de lutins bien connus des Bretons, et de malédiction.
Un conte qui devrait séduire tous ceux qui aiment les légendes bretonnes.

Quelques pas de plus…
Retrouvez tous les livres que nous avons chroniqués sur le thème de la Bretagne regroupés dans un tableau Pinterest.

Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Tristan Pichard (Contes traditionnels de Bretagne et Égaux sans Ego), Anne Ferrier (Un crocodile dans le ventreLes pierres de prophétieLa meneuse de bêtesLa malédiction Shakespeare, Le chien des ténèbres, Merlin, l’enfance d’un enchanteur, Arthur, l’enfance d’un roi, Morgane, L’enfance d’une magicienne et Petit pot de colle), Christelle Le Guen (Merlin, l’enfance d’un enchanteur, Arthur, l’enfance d’un roi et Morgane, L’enfance d’une magicienne) et Christine Corniolo-Baillot (Le phrare à pas comptés). Retrouvez aussi notre interview d’Anne Ferrier et Christelle Le Guen.

Au pays des korrigans, 4 Contes et Légendes de Bretagne
Textes de Tristan Pichard, illustrés par Pylb
Locus Solus dans la collection Minus
12,90 €, 188×218 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2014.
Mamie Pik
d’Hubert Rublon
Locus Solus dans la collection Minus
11,90 €, 210×248 mm, 40 pages, imprimé en France, 2014.
Lancelot, l’enfance d’un chevalier
Texte d’Anne Ferrier, illustré par Christelle Le Guen
Éditions Millefeuille dans la collection La Table Ronde
12,70 €, 205×255 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les bêtises de Gondolo
de Marguerite Paulet
Éditions Millefeuille dans la collection Jadis en Bretagne
12,50 €, 220×220 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
La pierre magique des korrigans
Récit de Marjolaine Pereira, scénario d’Isabelle Lamort-Robert, illustré par Christine Corniolo-Baillot
Éditions Millefeuille dans la collection Jadis en Bretagne
12,50 €, 220×220 mm, 36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2014.

À part ça ?

La mare aux mots recrute !

Gabriel

Les invité-e-s du mercredi : Mayana Itoïz et Delphine Perret (+ concours)

Aujourd’hui, j’ai eu envie d’en savoir plus sur Mayana Itoïz, auteur et illustratrice que je suis depuis quelque temps et dont j’ai beaucoup aimé le dernier album, Madame la Flemme. À la suite de cette interview, vous pourrez d’ailleurs gagner cet album. Ensuite, c’est avec Delphine Perret, auteur et illustratrice également, que nous avons rendez-vous pour notre rubrique « En vacances avec ». Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Mayana Itoïz

Mayana ItoïzComment êtes-vous devenue auteur/illustratrice, parlez-nous de votre parcours.
Après des études aux beaux arts j’ai un peu tâtonné : j’ai fabriqué des lampes, fait un peu d’architecture d’intérieur, je suis devenue enseignante et en parallèle de tout ça, j’alimentais un blog avec des croquis et des illustrations. J’ai toujours dessiné, à l’école, en dehors, avec mes amis, en voyage, ou pour faire avancer des idées et grâce à mon blog j’ai reçu des demandes de collaboration ou des commandes d’illustrations et de fil en aiguille je n’ai plus fait « que ça » depuis 2008.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?Mayana itoiz
Enfant, je dévorais les livres. Tout ce que je pouvais trouver au rayon livre du supermarché où ma mère me laissait pour faire ses courses : bibliothèque rose, Club des 5, premiers romans. Elle m’en achetait un presque à chaque fois. Environ un livre par semaine et je ne me souviens que de certains titres, pas mal d’histoires, et de beaucoup beaucoup de couvertures : Deux pour une, Le môme en conserve, Charlie et la chocolaterie
J’ai aussi des souvenirs du petit coin bibliothèque de la salle de classe : j’y ai souvent emprunté Max et les maximonstres, et beaucoup de poésies illustrées, de contes classiques… C’est plus tard à l’adolescence que j’ai commencé à fréquenter les librairies.

MADAME LA FLEMMEQuelles techniques de dessin utilisez-vous ?
Je dessine en noir : crayon, pierre noire, encre de Chine, feutres. Et couleurs numériques. Mais il m’arrive de coller et de peindre et aussi de coudre du papier. Je récupère des montagnes de bouts de papier.

Parlez-nous de Madame la flemme, comment est né cet album ?
C’est un album autobiographique, des années d’introspection ont été nécessaires avant d’écrire ce texte. Sans rire, Madame la flemme est née il y a de nombreuses années sur mon blog justement. En 2008 ou 2009 j’avais dessiné cette masse énorme qui sonnait à ma porte avec sa valise un dimanche matin, et que j’accueillais mollement. Puis elle est régulièrement revenue au fil des ans.
J’en ai parlé avec des éditeurs qui semblaient intéressés par l’idée, mais après plusieurs tentatives graphiques je n’étais jamais satisfaite. Le temps est passé jusqu’à ce que je l’écrive enfin et que je me décide à choisir un style pour cette petite fille et sa grosse flemme.

Ma classe de A à ZPouvez-vous nous dire aussi quelques mots sur Ma classe de A à Z et Mon monde de 1 à 1000, comment avez-vous travaillé sur l’illustration de ces albums ?
Ces deux albums sont nés de la rencontre avec Coralie Saudo, j’ai lu son texte Ma classe de A à Z sur un salon et j’ai beaucoup aimé, j’ai demandé aux P’tits bérets d’essayer de l’illustrer et ça a marché. Je me suis régalée à dessiner une multitude de petits détails en rapport avec les lettres de chaque page.
Pour Mon monde de 1 à 1000, j’ai plutôt inséré des références imagées aux chiffres.
Pour illustrer ces deux livres, j’ai travaillé le dessin au crayon à papier ou au crayon MON MONDE de 1 à 1000noir et réalisé les couleurs à l’ordinateur. J’ai scanné et ajouté par petites touches : des bouts de tissus, des vieilles cartes, des taches d’aquarelle et même… quelques petits dessins d’un de mes enfants.

Quels sont vos projets ?
Je commence un nouveau projet avec les éditions P’tit Glénat, et je suis ravie. Il ne s’agit pas d’un de mes textes mais j’ai des projets jeunesse en tant qu’auteur également.
Et un projet de BD adulte qui me travaille depuis… longtemps.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Mayana Itoïz sur son site : http://pataplume.blogspot.fr.

Concours :
Comme je vous le disais avant cette interview, grâce à Glénat je vais pouvoir offrir à l’un de vous Madame la Flemme de Mayana Itoïz (que nous avons chroniqué ici). Pour participer, dites-moi qu’est ce qui déclenche le plus l’arrivée de Madame La Flemme chez vos enfants… ou chez vous ! Je tirerai au sort parmi vos réponses. Vous avez jusqu’à mardi 20 h, bonne chance à tous !


En vacances avec… Delphine Perret

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il ou elle veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il ou elle veut me présenter et c’est lui ou elle qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Delphine Perret qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

-hum- 7 albums jeunesse

  • Oh Non GeorgePonctuationville Kveta Pakovska
  • Les larmes de crocodile André François
  • L’arbre généreux Shel Silverstein
  • Dinomir le géant Quentin Blake et…..?
  • Un jour un chien Gabrielle Vincent
  • La première fois que je suis née Cuvellier/Dutertre
  • Oh non George Chris Haughton

 

5 romansZazie dans le métro

  • Le cœur est un chasseur solitaire Carson Maccullers
  • Zazie dans le métro Raymond Queneau
  • Marcovaldo Italo Calvino
  • Bienvenue au club Jonathan Coe
  • La manifestation Antoine Choplin

5 DVDéternal

  • Les temps modernes Charlie Chaplin
  • Broken flowers Jim Jarmush
  • Bin Jip (Locataires) Kim Ki-Duk
  • Eternal sunshine of the spotless Mind Michel Gondry
  • Le château ambulant Hayao Myiazaki

5 CD

  • Tom Waits - Rain dogsNina SimoneLittle Girl Blue (n’importe lequel en fait !)
  • Tom WaitsRain dogs, s’il faut vraiment en choisir un
  • RadioheadKid A ou Hail to the thief
  • Greg gilg14 h 14
  • + Maxine Sullivan, Fats waller, Bjork, Cocorosie, Beirut, Mercedes Sosa

 

5 artistessophie calle

  • Joan Miro
  • Sophie Calle
  • Theo Jansen
  • Edward Hopper
  • Rothko

5 BD

  • Anna et Froga Anouk RicardJeanne le renard et moi Isabelle Arsenault
  • Le petit Christian Blutch
  • L’année du lièvre Tian
  • Quai d’Orsay Blain + Abel Lanzac
  • Camille et Jeanne s’entendent bien Laurent Simon
  • Jeanne le renard et moi Isabelle Arsenault
  • Kaspar, de Obom


5 lieux

  • les librairies indépendantes à Londres
  • le temple Bayon au Cambodge
  • le train de nuit Moscou-Minsk
  • le centre d’art Vinzavod à Moscou
  • mes cafés préférés à Lyon

Delphine PerretDelphine Perret est auteur et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Bigoudi, texte illustré par Sébastien MourrainLes fourmis rouges (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Lettres à pattes et à poils et à pétales, avec  Philippe LechermeierThierry Magnier (2014).
  • Chevaliers et princesses avec gigot, illustration d’un texte de Christian Oster, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Pedro crocodile et George alligator, texte et illustrations, Les fourmis rouges (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Il était mille fois, illustration d’un texte de Ludovic Flamant, Les fourmis rouges (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Moi, le loup et la cabane, texte et illustrations, Thierry Magnier (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le beau selon Ninon, illustration d’un texte de Oscar Brenifier, Autrement (2012).
  • Princesse pas douée, illustration d’un texte de Christian Oster, l’école des loisirs (2012).
  • Monsieur Stan n’a qu’à bien se tenir, illustration d’un texte de Claudine Aubrun, Syros (2012).
  • Moi, le loup et les vacances avec pépé, texte et illustrations, Thierry Magnier (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Imagier ron-ron, texte et illustrations, Thierry Magnier (2008).
  • L’amour selon Ninon, illustration d’un texte de Oscar Brenifier, Autrement (2008).
  • Moi, le loup et les chocos, texte et illustrations, Thierry Magnier (2005).

Retrouvez la bibliographie complète de Delphine Perret (et plein d’autres choses encore) sur son site : http://www.chezdelphine.net.