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Gabriel - La mare aux mots

Du berger à la bergère : de Stéphane Servant à Madeline Roth

Par 19 juillet 2017 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu l’été dernier, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur.trice.s et des illustrateur.trice.s qui posent trois questions à un auteur.trice ou une illustrateur.trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé.e d’en poser trois à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. Après Régis Lejonc et Janik Coat, cette semaine c’est Stéphane Servant qui a choisi de poser des questions à Madeline Roth !

Stéphane Servant : Voilà une question que l’on me pose régulièrement (et à laquelle j’ai du mal à répondre) : Où se situe la frontière entre la littérature estampillée ado et la littérature générale ?
Madeline Roth : Moi aussi j’ai du mal à répondre à cette question ! Je pense que l’élément qui définit sans doute la littérature dite pour ado est l’existence d’un ou plusieurs personnages adolescents. C’est sans doute le cas de presque la totalité des romans publiés en littérature jeunesse, pour qu’il puisse y avoir identification du lecteur au narrateur, ou au personnage, je présume. Mais la littérature ado est très jeune, les éditeurs n’en publient que depuis peu. Quand moi j’étais ado, j’ai lu des romans « jeunesse » (surtout ceux publiés à l’école des loisirs) mais très vite j’ai été piquer des livres dans les étagères des adultes. Aujourd’hui il y a une offre gigantesque en littérature ado, dans tous les genres. La frontière, à mon avis, c’est l’éditeur qui la place, en choisissant de publier un texte dans une collection destinée à une tranche d’âge. Mais on peut espérer que cette frontière bouge, et qu’il y ait, par exemple, à l’avenir, de plus en plus de lecteurs adultes qui viennent chercher des textes à lire en littérature dite « jeunesse », parce que c’est une mine de richesse, d’imagination et de liberté.

Stéphane Servant : Ton écriture est sensible, sensuelle, avec toute l’intensité et la violence des premières fois. Est-ce la jeune fille en toi qui tient parfois le stylo ?
Est-ce que tu as gardé tes carnets d’adolescente (tu avais des carnets, n’est-ce pas ?) ? Est-ce que tu vas piocher dans ces textes pour construire tes personnages ?
Madeline Roth : Oui, j’avais des carnets, mais où je recopiais principalement des citations de livres que je lisais ou des paroles de chansons. J’ai écrit beaucoup de lettres d’amour, aussi ! Et bien sûr, j’ai gardé ces carnets, et il m’arrive de les relire, mais c’est plutôt dans mes écrits récents que je pioche. Il y a une douzaine d’années, j’ai participé à plusieurs ateliers d’écriture, et à l’époque, j’essayais d’écrire chaque jour (ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui !). Alors oui, ta question est belle, c’est souvent la jeune fille en moi qui tient le stylo, parce qu’encore aujourd’hui, j’aime profondément l’espèce de démesure que les adolescents mettent dans tout : leur premier amour, leur première peine, tout est immense, insurmontable, neuf, violent. Et puis un texte, ça doit faire naître des sensations : ça fait ralentir ou accélérer le souffle, ça donne envie de toucher, de respirer, d’entendre, ça ancre dans la vie, dans ce qu’elle a de puissant, ça bouscule le corps (enfin pour moi). La littérature que j’aime lire, et celle que j’essaie d’écrire, elle est près du corps, elle bouscule, interroge, réveille, mais tout ça, c’est très physique, ça ne se passe pas juste dans la tête, ça vient gratter des plaies sur votre peau.

Stéphane Servant : Tu écris court. Pour aller droit au cœur ? Est-ce que l’intensité des sentiments peut résister à la longueur ?
Madeline Roth : J’écris court parce que j’écris peu, pour les raisons dont je viens de parler : écrire m’épuise, physiquement. J’ai toujours mille livres à lire au lieu de me mettre à écrire, ils sont ma meilleure excuse. Et puis j’aime le silence. Rien ne m’effraie plus que « les bavardages », cette manière de remplir le silence. Lorsque je commence l’écriture d’un texte, je sais assez vite que je ne tiendrais pas longtemps en sa compagnie, qu’il faut que je le termine vite. C’est très difficile pour moi d’être à la fois dans la vie et dans l’écriture. J’ai longtemps eu cette citation de Duras affichée sur mes murs : « Quand je pense à ma vie, je pense que j’ai été très absente […]. Il n’y a pas d’écriture qui laisse le temps de vivre, ou alors il n’y a pas d’écriture, vous ne pouvez pas faire l’économie de ça. On n’est personne dans la vie vécue, on n’est quelqu’un que dans les livres ».
Avec le temps, je suis de moins en moins d’accord avec sa dernière phrase, mais je sépare encore la vraie vie de l’écriture. Alors j’écris vite. Et l’intensité, tu sais, ce n’est jamais très long…

Madeline Roth : Il y a souvent, dans tes romans ados, un rapport charnel, brutal, avec la nature, la terre, et les animaux. Est-ce qu’ils sont là pour dire quelque chose de l’homme, de notre part animale ?
Stéphane Servant : Effectivement, je conçois la nature comme un miroir face auquel mes personnages ne peuvent pas tricher.
Elle révèle leur violence, leurs désirs et leurs peurs.
Tout ce qui se cache au plus profond d’eux est mis en lumière dans ce rapport-là.
Ainsi, mes personnages bataillent souvent avec les espaces sauvages, non domestiqués. Ils s’y égarent, ils tentent d’y survivre, ils s’y réfugient. Mais c’est en fait avec eux-mêmes qu’ils luttent. Avec leur propre nature.
C’est une mise à nu.
Parce que c’est aussi ce qui se joue à l’adolescence.
On tente de domestiquer cet élan sauvage qui vient de l’enfance.
On cherche à canaliser ce bouillonnement nouveau de désirs et de peurs.
Parce qu’on sait qu’au bout nous attend le monde en apparence si policé des adultes.
En parallèle de ce motif, je mets souvent en scène le besoin impérieux des hommes de dominer le vivant, le sauvage.
Dans Le cœur des louves, les hommes éradiquent les loups. Dans La langue des bêtes, ils rasent la forêt.
Et ce processus de domination est à l’œuvre, de la même manière, dans la société : les femmes indociles deviennent putains ou sorcières, les marginaux sont changés en ogres,…
Dès lors, mes personnages sont amenés à se questionner sur la norme et à se demander s’il faut vraiment éteindre tout ce qui palpite en eux.
Enfin, confronter mes personnages à la nature, de façon charnelle et brutale, me permet d’interroger l’homme d’aujourd’hui.
Une fois dépouillés de notre vernis civilisé, de nos prodiges technologiques, de notre confort matériel, que reste-t-il de nous ? Sommes-nous encore des hommes ? Ou plus tout à fait ? Sommes-nous capables de survivre ? Où se situe l’humanité ?

Madeline Roth : Tu mets en mots aussi, il me semble, la fuite, ou la quête : la fuite face à la violence des liens familiaux, la quête d’un autre rapport à son passé, pour pouvoir écrire un autre futur, peut-être. Est-ce qu’écrire répond aux questions que tu te poses en tant qu’homme ? Ou est-ce qu’au contraire, écrire pose toujours d’autres questions ?
Stéphane Servant : Alors, premièrement, sur cette notion de fuite ou de quête, sur ce rapport au passé et sur la manière d’écrire un futur, c’est vrai que c’est un motif central dans la plupart de mes textes.
Il me semble que c’est là aussi quelque chose qui se joue à l’adolescence.
Si on envisage l’adolescence comme un carrefour où tu viens d’arriver, imagine plusieurs chemins qui s’ouvrent devant toi. Tu ne sais pas vraiment où aller, il fait sombre, tu ne vois pas où les chemins te mèneront.
Imagine, en plus, tu portes des bagages. Ceux légués par ta famille. Tu sais que la route est encore longue. Que certains sentiers sont très étroits, escarpés. Dès lors, tu ne peux pas tout emporter. Certains des bagages sont très lourds. D’autres plus légers. Et tous n’ont pas la même valeur. Que vas-tu garder ? Que vas-tu laisser ?
Et enfin, imagine que derrière toi sont lancés les monstres de ton enfance.
Il faut te décider. Vite !
Voilà ce qui m’intéresse : les choix que l’on fait à l’adolescence, ceux qui font de nous des adultes plus ou moins libres.
Pour certains le chemin s’apparente à une balade, pour d’autres, comme mes personnages, c’est plus une course… et c’est beaucoup plus palpitant !
En ce qui concerne l’écriture, j’écris avant tout pour m’interroger, moi, sur le monde actuel, et pour partager ces interrogations avec le lecteur.
Je ne crois pas qu’on trouve de réponses dans les livres (sinon, ce n’est pas de la littérature mais de la propagande ou des notices de montage Ikea) mais d’autres questions, d’autres chemins à explorer… sans fin.

Madeline Roth : Tu alternes l’écriture de romans ados et celle d’albums pour les petits. Est-ce que les albums sont une respiration ? Est-ce que tu aimes autant les deux ? Est-ce que tu écriras un jour un roman « adulte » ?
Stéphane Servant : Une respiration ? Oui, peut-être, mais une respiration complémentaire.
Dans les romans, j’essaie de travailler le souffle. Dans les albums, on est plus dans une respiration ténue, chantante.
L’écriture d’album s’apparente pour moi à l’écriture poétique. Un art de l’épure. Un jeu de rythme. Un fragile équilibre, qu’on soit dans l’humour ou dans des motifs plus intimistes. C’est une mécanique très particulière, où il existe une très grande liberté dans le fond mais la forme, elle, est très contraignante. Premièrement, de par la pagination et le rythme qu’elle induit. Deuxièmement parce que beaucoup de choses ont été dites et très bien dites alors autant s’abstenir de publier de pâles copies. Et enfin parce qu’il faut toujours laisser une place à une écriture graphique qui n’existe pas au moment où tu écris.
Mais la magie toujours renouvelée, c’est de voir les mots prendre vie entre les mains d’un illustrateur ou d’une illustratrice. Ce moment-là est toujours très troublant. Deux imaginaires qui se rencontrent. Il y a de la joie, souvent, de la frustration, parfois. De la surprise, tout le temps. Voir les premières illustrations, c’est déjà accepter que le texte ne t’appartient plus tout à fait. Que tu le partages. Qu’il est devenu autre chose. Un album. Où texte et images sont intimement mêlés et racontent ensemble une histoire inédite.
Il y a un aspect très ludique dans la création d’un album. Un swing. Une effervescence.
L’écriture romanesque est a contrario un travail de longue haleine, solitaire et laborieux. Ce sont des centaines d’heures passées à batailler avec les mots. Où tu construis toi-même personnages, décors, costumes,… Tu n’es pas contraint par la forme. Tout est ouvert. Terriblement ouvert, parfois. Chaque nouveau roman est une aventure hasardeuse. Il y a du plaisir, bien sûr, mais beaucoup plus d’appréhension. Parce que tu ne sais pas pour combien de temps tu embarques. Un an ? Deux ans ? Tu ne peux pas vraiment savoir avant de commencer et pourtant, tu es le seul capitaine du navire. À toi d’inventer la route pour arriver jusqu’au livre… en essayant de ne pas t’échouer sur un iceberg !
Quant au roman « adulte »… ah ah ! Écoute, aujourd’hui, j’écris vraiment ce que j’ai envie d’écrire. Je ne triche pas. Je ne maquille pas. J’écris. Ce qui me plaît. Comme ça me plaît. Et il se trouve que je suis publié dans une collection jeunesse. Certains le regrettent. On pourrait discuter de la frontière ado/adulte, de la place dans les rayonnages. Mais là, ce n’est plus mon boulot, c’est celui de l’éditeur, des libraires, des prescripteurs. Et avant tout celui du lecteur. Moi, j’écris. Tout simplement.

Bibliographie sélective de Stéphane Servant :

  • Purée de cochon, album illustré par Laëtitia Le Saux, Didier Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Cinq minutes et des sablés, album illustré par Irène Bonacina, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma mère, album illustré par Emmanuelle Houdart, Thierry Magnier (2015).
  • La langue des bêtes, roman, Le Rouergue (2015).
  • Chat par-ci/chat par-là, roman, Le Rouergue (2014).
  • Cheval océan, roman, Actes Sud Junior (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le gros goûter, album illustré par Cécile Bonbon, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Nos beaux doudous, album illustré par Ilya Green, Didier Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le cœur des louves, roman, Le Rouergue (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Boucle d’Ours, album illustré par Laëtitia Le Saux, Didier Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le loup sous le lit, roman illustré par Benoît Morel, Oskar (2012)
  • Le crafougna, album illustré par Anne Montel, Didier Jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le masque, album illustré par Ilya Green, Didier Jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • La culotte du loup, album illustré par Laëtitia Le Saux, Didier Jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Ti Poucet, album illustré par Ilya Green, Rue du monde (2009)
  • Le machin, album illustré par Cécile Bonbon, Didier Jeunesse (2007), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Stéphane Servant sur son blog : http://stephaneservant.over-blog.com.

Bibliographie de Madeline Roth :

  • Tant que mon cœur bat, roman, Thierry Magnier (2016).
  • À ma source gardée, roman, Thierry Magnier (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • L’été de Léa, roman, Sarbacane (2015).

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Dans les transports !

Par 17 juillet 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on prend la voiture avec Roberto puis on part sur la route !

L’auto de Roberto
Texte de Zidrou, illustré par Sébastien Chebret
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95 €, 232×257 mm, 32 pages, imprimé en France, 2016.
En route !
de Maria Jalibert
Didier Jeunesse
13,90 €, 228×204 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.

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Jamais sans mon magazine

Par 14 juillet 2017 Médias

À La mare aux mots, on adore les magazines ! Ok, ce ne sont pas des livres, ça n’a pas la même valeur, la même qualité de papier, mais quel plaisir de recevoir dans sa boîte aux lettres le nouveau numéro de L’Actu ou de La petite salamandre ! Quel bonheur de collectionner les Tralalire ou les J’aime Lire dans sa bibliothèque (et de voir le dessin se compléter grâce à la tranche du nouveau numéro ajouté) ! Alors même si l’on vous parle régulièrement de revues qu’on aime sur le site et sur nos réseaux sociaux, on avait envie de faire un petit article spécial magazine, car pour les départs en vacances, les magazines c’est quand même génial !

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Allez, on joue !

Par 13 juillet 2017 Jeux

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Happy Tree
Illustré par Rob Biddulph
Janod
Prix : Autour de 10 €
Âge d’après l’éditeur : 4-8
Nombre de joueurs : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 15 minutes
Fabriqué en Chine.
Terrabilis
de Sylvain Hatesse, illustré par Mapple
Sly Frog Game
Prix : Autour de 35€
Âge d’après l’éditeur : 12+
Nombre de joueurs : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 60 à 90 min.
Fabriqué en Europe.
Pandemic
de Matt Leacock, illustré par Chris Quilliams
Filosofia
Prix : Autour de 35 €
Âge d’après l’éditeur : 8 +
Nombre de joueurs : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 45 min.
Fabriqué en Chine.
Takenoko
d’Antoine Bauza, illustré par Picksel, Nicolas Fructus et Yuio
Bombyx / Matagot
Prix : Autour de 35€
Âge d’après l’éditeur : 8 +
Nombre de joueurs : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 45 min.
Fabriqué en Chine.
Imagination…
Illustré par Carine Hinder
Janod
Prix : Autour de 8€
Âge d’après l’éditeur : 6-12
Nombre de joueurs : 2-5
Temps de jeu d’après l’éditeur : 30 min.
Fabriqué en Chine.
Le méga quiz des pourquoi et des comment
d’Élisabeth Marrou, illustré par Adrien Siroy et Ivanke & Lola
Larousse
Prix : 13,50 €
Âge d’après l’éditeur : 4-7 ans
Nombre de joueurs : n.c.
Temps de jeu d’après l’éditeur : n.c.
Fabriqué en Chine.
Le quiz de la planète Terre
de Géraldine Maincent, illustré par Loïc Méhée
Larousse
Prix : 10,50 €
Âge d’après l’éditeur : 8 ans
Nombre de joueurs : 2 à 5
Temps de jeu d’après l’éditeur : n.c.
Fabriqué en Chine.
Le quiz des casse-tête
d’Aurore Meyer, illustré par Alain Boyer
Larousse
Prix : 10,50 €
Âge d’après l’éditeur : 8 ans
Nombre de joueurs : 2 à 5
Temps de jeu d’après l’éditeur : n.c.
Fabriqué en Chine.
Mémo tableaux
de Sandra Lebrun, illustré par Alain Boyer
Larousse
Prix : 10,50 €
Âge d’après l’éditeur : 5 ans
Nombre de joueurs : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : n.c.
Fabriqué en Chine.
Le loto Montessori de Balthazar et de Pépin aussi
de Marie-Hélène Place, illustré par Caroline Fontaine-Riquier
Hatier Jeunesse
Prix : 11,50 €
âge d’après l’éditeur : dès 3 ans.
Nombre de joueurs : 1 à 4
Temps de jeu d’après l’éditeur : n.c.
Fabriqué en Chine.

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Du berger à la bergère : de Janik Coat à Régis Lejonc

Par 12 juillet 2017 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu l’été dernier, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur.trice.s et des illustrateur.trice.s qui posent trois questions à un auteur.trice ou une illustrateur.trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé.e d’en poser trois à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. On commence ces mercredis de l’été avec Janik Coat qui a choisi de poser des questions à Régis Lejonc !

Janik Coat : De quel livre aurais-tu aimé être l’auteur (roman compris) ?
Régis Lejonc : Pour être honnête, il n’y a pas de livre dont j’aurais eu envie d’être l’auteur, parce que la distance littéraire que propose le livre par rapport à soi est la source même de mon plaisir de lecteur. Ce que le livre d’un autre déclenche en soi…
Je pourrais envier le succès d’un livre, ou fantasmer la vie d’un auteur, mais pas son livre.
Ceci étant dit, je dévierais ma réponse à ta question en répondant que le livre qui m’a le plus marqué, pour ne pas dire changé, est Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov. C’est le roman qui m’a ouvert à tous les autres romans.

Janik Coat : Quel est ton personnage fétiche de la littérature jeunesse ?
Régis Lejonc. : J’ai adoré pendant toute mon enfance le personnage de Thorgal Ægirsson, héros de la série créée par Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski. Il était publié chaque semaine dans le journal de Tintin, et c’était l’impatience pour moi d’attendre chaque samedi. Plus tard, en devenant dessinateur, j’ai découvert et décortiqué Little Nemo de Winsor Mac Cay… et là, j’ai découvert ce qui reste pour moi le dessin absolu.

Janik Coat : Ton dernier coup de cœur en librairie jeunesse ?
Régis Lejonc : Il y en a deux que je ne peux dissocier en termes d’émotions personnelles :

  • Un grand jour de rien de Beatrice Alemagna, un livre puissant, subtil et bouleversant, comme seule Beatrice est capable d’en faire.
  • D’entre les ogres de Baum et Thierry Dedieu, la claque de l’année pour moi.

Régis Lejonc : Pourquoi as-tu choisi à un certain moment de ton chemin artistique, de faire des livres pour les enfants, et plus précisément pour les petits ?
Janik Coat : Je n’ai pas le sentiment d’avoir choisi ! J’ai plutôt la sensation que le dessin que je pratique depuis petite m’a amené, vers la trentaine, à dessiner des formes rondes, donc enfantines, épurées ; très éloignées des croquis filiformes « à la Giacometti » dont je remplissais mes carnets bien avant.
Ces formes parlent aux touts petits. Mais je pense que certains de mes albums parlent et touchent un public d’adultes également. Et c’est ce que je souhaite.

Régis Lejonc : Ton travail sur les formes et le graphisme renvoie au design. Quelle est la place du design dans ta vie ? Y a-t-il des artistes qui t’ont inspirée ?
Janik Coat : Je ne suis pas une férue de design mais je suis très sensible à la forme, à l’ergonomie et au bien-être qu’un objet peut apporter dans le quotidien.
Je suis inspirée par beaucoup d’artistes, certains consciemment, d’autres inconsciemment bien sûr… Mais la première inspiration qui me vient en tête est l’Art égyptien quand j’étais toute jeune. Je suis toujours fascinée. L’élégance de la ligne reconnaissable entre toutes !
J’ai dessiné Popov, mon hippopotame rouge, ma mascotte en quelque sorte, après mon séjour au Caire en 2002.
Le graphisme japonais des années 70 m’a aussi donné très envie de dessiner.
Je suis sensible au design scandinave également.

Régis Lejonc : Avec l’avènement de l’image numérique, ton travail s’est imposé avec une signature graphique très reconnaissable. Je sais que tu cherches à t’en éloigner maintenant. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?
Janik Coat : L’outil numérique est merveilleux car il permet d’aller plus vite et plus loin. Mais il y a une « dématérialisation » du dessin qui commençait à me gêner. Je suis attachée à la dimension charnelle du papier et de la peinture. Voir et tenir un dessin original dans les mains reste un plaisir très fort ; peut-être même encore plus fort aujourd’hui…
J’ai découvert la technique du pochoir pour retransposer mes dessins retravaillés à l’ordinateur en peinture. Cela correspond aussi à mon envie d’exposer et de sortir du format du livre. Mes formes s’adaptent bien aux très grands formats.
D’une manière générale, j’explore tout en suivant le fil que je déroule depuis des années.

Bibliographie sélective de Janik Coat

  • Aujourd’hui, Amos, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Grasset (2016).
  • Le cube rouge, avec Bernard Duisit, Hélium (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Romi à la maison, texte et illustrations, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • 1 poisson, 3 voleurs, 1 dragon, illustration d’un texte de René Gouichoux, Nathan (2014).
  • Romi à la plage, texte et illustrations, Autrement (2014).
  • Le voyage de Loti, texte et illustrations, MeMo (2014).
  • Clotaire se déguise, texte et illustrations, Autrement (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Ça dépend, illustration d’un texte de Bernard Duisit, Hélium (2013).
  • Joni et Vatanen, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Albin Michel Jeunesse (2013).
  • Une vie d’escargot, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Autrement (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon hippopotame, texte et illustrations, Autrement (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Pour un carré de chocolat, illustration d’un texte d’Élise Fontenaille et Clarisse Buono, Grasset jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Une vie d’ours, illustration d’un texte de Christophe Fourvel, Le Baron perché (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • La surprise, texte et illustrations, MeMo (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Popov et Samothrace, texte et illustrations, MeMo (2005).

Retrouvez Janik Coat sur son blog : http://janikkinaj.free.fr.

Bibliographie sélective de Régis Lejonc :

  • Le Jardin du Dedans-Dehors, illustration d’un texte de Chiara Mezzalana, Les éditions des éléphants (à paraître en septembre 2017).
  • Bagdan et la louve aux yeux d’or, illustration d’un texte de Ghislaine Roman, Seuil jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La promesse de l’ogre, illustration d’un texte de Rascal, Pastel (2015).
  • Kodhja, avec Thomas Scotto, Thierry Magnier (2015).
  • L’Ogre Babborco, illustration d’un texte de Muriel Bloch, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Ianos et le dragon d’étoiles, illustration d’un texte de Jean-Jacques Fdida, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • La poupée de Ting-Ting, illustration d’un texte de Ghislaine Roman, Seuil jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La mer et lui, illustration d’un texte d’Henri Meunier, Notari (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Loup ?, collectif, Association Mange-Livre (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Lumières, l’encyclopédie revisitée, collectif, L’édune (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La rue qui ne se traverse pas, illustration d’un texte d’Henri Meunier, Notari (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Obstinément Chocolat, illustration d’un texte d’Olivier Ka, L’édune (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Petit Chaperon rouge ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc, illustration d’un texte de Jean-Jacques Fdida, Didier Jeunesse (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • La boîte à joujoux, illustration d’un texte de Rascal, Didier Jeunesse (2005), que nous avons chroniqué ici.
  • Fait pour ça, texte illustré par David Merveille, Actes Sud Junior (2004), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma voisine est amoureuse, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2003), que nous avons chroniqué ici.

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