La mare aux mots
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Gabriel - La mare aux mots

De très beaux documentaires

Par 1 décembre 2016 Livres Jeunesse
gabriel

Aujourd’hui je vous propose de très beaux documentaires, du genre qui font de beaux cadeaux.

Atlas – Comment va le monde ?
Textes de Laure Flavigny, Jessie Magana, Aurélie Bossière, illustrés par  Séverine Assous
Actes Sud Junior
21,90 €, 305×427 mm, 56 pages, imprimé en Malaisie, 2016.
Botanicum
Textes de Kathy Willis (traduit par Emmanuel Gros), illustré par Katie Scott
Casterman
25 €, 370×272 mm, 112 pages, imprimé en Chine, 2016.
Pourquoi l’art est-il plein de gens tout nus ?
Textes de Susie Hodge (traduit par Mim), illustrés par Claire Goble
Milan
16,50 €, 193×264 mm, 96 pages, imprimé en Chine, 2016.
Musique pas bête
Textes de Nicolas Lafitte et Bertrand Fichou, illustré par Pascal Lemaître
Bayard
14,90 €, 200×295 mm, 76 pages, imprimé en Slovénie, 2016.

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Les invité.e.s du mercredi : Anne Herbauts et Amandine Piu

Par 30 novembre 2016 Les invités du mercredi
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Alors que débute aujourd’hui le salon de Montreuil, nous recevons une invitée assez exceptionnelle… Anne Herbauts ! Nous lui avons posé quelques questions, elle a accepté de nous répondre et de revenir sur son travail et son parcours. Ensuite, pour notre rubrique Quand je crée, c’est dans l’atelier d’Amandine Piu que nous nous sommes glissés. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Anne Herbauts

Anne HerbautsPouvez-vous nous parler de Broutille, votre dernier album ?
En écoutant le monde à travers les ondes ces dernières années, m’est ressorti cette idée que l’on cherchait peut-être trop à comparer les douleurs, qu’il fallait, sur ces ondes, une surenchère aux malheurs pour avoir sa place dans l’écho du monde.
Et il m’a semblé que ces comparaisons rendaient les choses encore plus violentes.
Et que faire de notre conscience, de notre refuge douillet, face à toutes ces actualités sombres et cataclysmiques ? Moi cela me tétanise. Je suffoque.
La seule chose que je sais faire, c’est des livres. Alors je fais des livres. Et j’essaye d’y passer la nuance, l’importance de la réflexion, le besoin de retrait.
Ici, je voulais montrer comme ce petit personnage est de plus en plus muet, écrasé, face au monde et aux réponses brutales et parfois bavardes ou silencieuses. Que les échardes les plus petites sont présentées au quotidien. Que, bien certainement, il y a des événements très graves, mais que l’important est d’exprimer ce que l’on ressent, et l’importance d’être écouté afin que l’écharde sorte et que l’on fasse sienne cette blessure même minime, que l’on l’accepte en soi, qu’on en fasse une, son histoire.9782203120167
C’est un travail que l’on doit faire seul avec (l’écoute) des autres. C’est une façon d’être humain. Pour enfin pouvoir être debout avec les histoires des autres. Pour ne pas avoir pitié, ou seulement pitié, mais regarder les autres comme des hommes, et le monde comme un élément faisant partie d’une galaxie. Et là serait la vraie et juste humanité.
Sans comparaison, sans ramener tout à soi.
Broutille est un personnage à peine ébauché, un peu mieux qu’un gribouillage.
Il est triste. Mais personne ne l’écoute. Personne ne veut entendre sa perte. Seul un chien sans importance l’écoute et lui propose de faire de cette tristesse son histoire. Qui sera le livre.
Broutille offre plusieurs niveaux de lecture, plusieurs sens. Dans mes livres, je veux la complexité mêlée à la limpidité (comme les flaques en forêt/ça c’est bien pour la Mare aux Mots !) — à l’image de la complexité, la rugosité humaine. La maladresse prodigieuse.
Aussi, je n’arriverai pas à résumer ce livre, que j’ai écrit le plus sobrement possible.
Avec, aussi, de l’espièglerie.

Comme dans la plupart de vos albums, on y retrouve la cafetière, le merle, l’arbre et la chaise (manque ici la maison), pouvez-vous nous dire quelques mots sur ces éléments qui traversent vos œuvres ?
Ces objets sont des objets particuliers et banals à la fois. Graphiquement intéressants car simplifiables et transformables. Concrets et pareillement abstraits.
9782203090002Ils racontent des histoires ou des lieux invisibles, des espaces intérieurs.
À force de les utiliser, je les ai transformés en icônes texte. Ce sont devenus des mots, des vocabulaires écrits dans l’image. Comme quand, dans le texte, je glisse des images (avec les mots). Le merle est une virgule, la cabane, un espace modulable, intérieur et extérieur à la fois, un trait qui dit maison, demeure, espace, refuge, jeu… L’arbre est un paysage à lui tout seul.
Je me détache de force de certains de ces « mots-images » pour qu’ils ne soient pas une décoration, un bavardage, un tic graphique, pour qu’ils ne perdent pas leur force, pour que je ne les glisse pas par habitude ou facilité. Et j’en créée petit à petit de nouveaux.

Comment naissent vos histoires ?
Les livres naissent de plusieurs fils croisés, mêlés, emmêlés, tissés.
Il y a la question du livre, le rapport au fond, à l’objet qui, presque inconsciemment, vient toujours. Puis un personnage, et un sujet, une phrase, une situation graphique, une chose indicible que je cherche à dire dans chaque album et que je contourne sans cesse.

9782203106284Est-ce que le texte vient avant l’image ou l’inverse ?
Le texte et l’image sont liés et sont donc pensés ensemble.
Je construis dès le départ le livre en pensant le texte et l’image.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Ce sont la plupart du temps des techniques mixtes. Du trait et de la peinture. Du collage aussi. Le choix de la technique dépend aussi de l’écriture — la technique fait partie de l’écriture du livre. J’oriente mes choix de technique en fonction de mes envies picturales — car le plaisir de faire l’image est très important —, mais aussi en fonction de ce que j’écris (je parle d’écriture pour le texte ET l’image).

Pouvez-vous nous parler de votre fidélité à votre éditeur, Casterman ?
J’ai besoin de stabilité pour travailler. Un éditeur est une personne avec qui l’on construit un travail à long terme, sur une confiance mutuelle. Casterman m’offre une chose très très précieuse : la liberté. Je travaille depuis bientôt 20 ans avec la maison d’édition Casterman, il y a eu des changements, mais je connais bien les équipes et ils connaissent ma façon de travailler et créer. J’y ai construit mon parcours principal et ma liberté de création, et ils l’ont respectée depuis le début.

Dans votre travail, tout semble réfléchi, être là pour une raison, alors je me dis que la typo de votre nom (sans majuscule et les N à l’envers) a aussi une raison d’être ainsi
C’est un jeu avec la lettre qui n’en est plus tout à fait une et bascule ainsi dans une presque image. C’est aussi, l’inversion : minuscule au début, puis miroir et majuscule au centre. Je n’aime pas les majuscules, en début, graphiquement.
Je t'aime tellement queJ’avais inventé cela au départ comme jeu espiègle pour me différencier des 3 autres Anne qui travaillaient dans l’atelier d’illustration pendant mes études.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
J’ai très vite trouvé l’atelier qui me correspondait : où l’on interroge le rapport texte-image, avec Anne Quévy et Bruno Goosse à l’ARBA (Académie des Beaux Arts de Bruxelles) en illustration. J’aimais lire. J’avais fait mes « gammes » et acquis un assez large vocabulaire en arts plastiques pendant mon adolescence (dix années de cours d’art plastique en académie du soir).
J’ai publié chez Casterman dès ma sortie des beaux-arts. Et mon chemin s’est construit ainsi.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Je lisais beaucoup.
Enfant, mes parents me lisaient des albums tous les soirs.
Nous n’avions pas la télévision.
Et nous n’allions pas au cinéma.
Les livres, les arbres et les moraines étaient mes voyages.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos projets ?
Depuis quelques années, j’ai décidé de me concentrer principalement sur mes livres. J’ai besoin de plus en plus de temps pour concevoir et créer un album.
J’ai besoin de retrait.
J’ai beaucoup de projets, mais je sais que je dois choisir et approfondir, ne pas courir pour tout faire.
Je suis dans les premières ébauches texte-images du prochain album Casterman.
Un autre est en latence. D’autres en attente. Je macère les livres plusieurs années avant d’écrire les premiers jets. Si je les force, ils ne sont pas justes.

Une vidéo passionnante pour écouter Anne Herbauts parler de son travail : https://www.youtube.com/watch?v=qLbgoVoGeRE

Bibliographie sélective :

  • Broutille, texte et illustration, Casterman (2016).
  • L’Arbre Merveilleux, texte et illustration, Casterman (2016).
  • Sous la montagne, texte et illustration, Casterman (2015).
  • un jour Moineau, texte et illustration, Casterman (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • je t’aime tellement que, texte et illustration, Casterman (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • de quelle couleur est le vent ?, texte et illustration, Casterman (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Theferless, texte et illustration, Casterman (2012).
  • les moindres petites choses, texte et illustration, Casterman (2012).
  • La Galette et la Grande Ourse, texte et illustration, Casterman (2009).
  • Lundi, texte et illustration, Casterman (2004).


Quand je crée… Amandine Piu

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.e.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.e.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils créent. Cette semaine, c’est Amandine Piu qui nous parle de quand elle crée.

atelier-amandine-piuQuand je crée ? Pas évidente cette question… est-ce que je crée vraiment puisque rien ne se crée, tout se transforme ?
Je travaille dans mon atelier, sous le toit de ma maison, on dirait une cabane, une cabane douillette mais bien désordonnée, je l’avoue !
Dès que ma tribu quitte le navire, mon thé et mon café avalés, hop, je monte mes escaliers, et je travaille jusqu’à 17H (retour de mes monstres). Parfois, (euh, souvent) je retourne à mon bureau vers 20h30 jusqu’à ce que mes forces s’évaporent. Pourtant, je suis plutôt du matin !
Si je suis dans une phase de réflexion sur des crayonnés d’albums, de jeux ou autres, je gribouille dans un silence monacal, j’ai besoin d’être très concentrée (il n’y a que mon chat qui tente de me distraire régulièrement). Je griffonne un peu partout, dans mes carnets, sur des feuilles volantes, dans mon ordi, sur la liste de course…
Pour illustrer un album, la première question que je me pose est « que vais-je donc bien pouvoir apporter de plus à ce super texte ? » C’est la phase la plus excitante et la plus dure du projet.
Je fais une multitude de petits crayonnés timbre poste et illisibles pour chaque double, j’ai besoin de faire sortir toutes les possibilités de personnages, toutes les possibilités de compositions ou de sens à donner aux images, bref, tout ce qui me trotte dans la tête concernant le projet… ensuite vient le moment de la torture, car il faut faire des choix dans ce joyeux bazar.
Voilà pourquoi j’aime bien travailler à plusieurs et échanger avec l’auteur, les DA [NDLR :directeur.trice artistique], ça m’aide énormément à avancer. J’en ai vraiment besoin, ils m’aident à prendre une direction, à avoir « confiance ».
Il m’arrive parfois de travailler sur un projet et d’avoir soudainement l’idée d’une image qui n’a rien avoir avec le projet, alors, là aussi, je la griffonne quelque part en me disant que ça servira peut être pour plus tard.
Si je suis en phase de « coloriage », c’est la fête, je peux mettre la musique à fond (du tout doux si je fais du « poétique », de la grosse musique rythmée si je veux colorier avec entrain, etc.). J’écoute aussi souvent la radio, parfois la télé ou des films (sans jamais voir aucune images, ou seulement des bribes). Quand le projet est fini, je range mon bureau, je fais place nette pour le prochain (mais ça ne marche pas quand je travaille sur plusieurs projets à la fois comme en ce moment, où le désordre règne en maître pendant plusieurs mois).
J’aime bien prendre le train, ou être contrainte « d’attendre » quelque part, je peux dessiner dans mes carnets sans but précis et c’est souvent à ces moments-là que des idées ou des images naissent.
Globalement, je dirais que j’ai d’abord besoin d’un ou des mots pour ensuite créer des images, comme pour mes cartes postales. Mais un jour peut être, que je ferais l’inverse, un album tout en images sur lequel j’essayerai d’y poser des mots.

Amandine PiuAmandine Piu est illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Hou ! Hou ! Prince Charmant ?, illustration d’un texte de Sylvie Misslin, Amaterra (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le bateau rouge d’Oscar, illustration d’un texte de Jo Hoestland, Père Castor (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Ce n’est pas l’histoire…, illustration d’un texte de Michaël Escoffier, Frimousse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Sur la route de la musique, illustration d’un texte de Virginie Hanna, De la Martinière Jeunesse (2014)
  • Qui veut jouer au ballon ?, illustration d’un texte de Sylvie Misslin, Amaterra (2013).
  • Comptines de Compère Loup, Larousse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Sur la route des couleurs, illustration d’un texte de Virginie Hanna, De la Martinière Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes drôles de copains se promènent, illustration d’un texte de Sylvie Misslin, Amaterra (2012).
  • Mes drôles de copains sont amoureux, illustration d’un texte de Sylvie Misslin, Amaterra (2012).
  • Berlingot est un super héros, illustration d’un texte de Virginie Hanna, Auzou (2012).
  • Le jardin des animaux zinzins, illustration d’un texte de Virginie Hanna, Mic_Mac (2011).
  • Les pâtes de Francesca, illustration d’un texte de Sophie Cottin, Petit à Petit (2006).

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De magnifiques albums

Par 28 novembre 2016 Livres Jeunesse
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Aujourd’hui, je vous propose une sorte de sélection de beaux albums. On en présente souvent des beaux (on essaye de ne faire que ça), mais ceux-ci sont des petites merveilles.

Mon tout petit pays
Texte d’Hélène Gaudy, illustré par Anne Beauchard (mise en couleur de Charline Collette)
Cambourakis
18 €, 258×367 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2016.
Le Bois Dormait
de Rebecca Dautremer
Sarbacane
18 €, 290×332 mm, 64 pages, imprimé en France, 2016.
Louis parmi les spectres
Texte de Fanny Britt, illustré par Isabelle Arsenault
La pastèque
28 €, 224×293 mm, 153 pages, imprimé en Slovaquie, 2016.

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Notre webzine spécial Noël 2016

Par 26 novembre 2016 Non classé
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Ça y est, il est en ligne ! Voici le webzine spécial Noël 2016 !

Une vingtaine de pages de conseils. Des livres, bien sûr, mais aussi des CD, des DVD, des jeux, des idées d’abonnements… Que du très bon, que des coups de cœur.

On a aussi demandé à quelques ami.e.s de vous donner leur conseil, et on vous propose un concours avec plus de 20 livres, CD, DVD et jeux à gagner !

Vous pouvez lire le webzine comme une revue ou page par page, mais vous pouvez aussi le télécharger pour le lire tranquillement sur votre ordinateur, téléphone, tablette… en cliquant sur Télécharger (en bas). On a créé un index pour que vous puissiez accéder directement à la catégorie souhaitée, il vous suffit de cliquer sur partager. Vous pouvez bien-sûr faire des zoom, l’imprimer et même le partager partager !

Nous espérons que ce webzine va vous plaire et vous aider à trouver plein d’idées ! Si c’est le cas, n’hésitez pas à partager !

Bonne lecture !

 

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Les invité.e.s du mercredi : Odile Josselin et Sébastien Mourrain

Par 23 novembre 2016 Les invités du mercredi
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Aujourd’hui, c’est Odile Josselin, éditrice de chez Pastel, qui a accepté de répondre à nos questions. Il y a tellement de beaux livres qui sortent chez Pastel qu’on avait envie d’en savoir plus sur ses choix et sur son parcours. Ensuite, on part une nouvelle fois en vacances, cette fois avec Sébastien Mourrain ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Odile Josselin

Odile JosselinPastel, qu’est-ce que c’est ?
Pastel est une antenne éditoriale de l’école des loisirs basée à Bruxelles depuis 1988. L’école des loisirs souhaitait ouvrir son catalogue à de nouveaux univers artistiques et à des créateurs belges. Le catalogue est constitué uniquement d’albums illustrés.
Pastel est aussi une petite équipe de trois personnes dans une grande maison, en lien avec tous les autres collègues bruxellois, parisiens, français…

Vos choix éditoriaux sont dépendants de l’école des loisirs ou vous avez une totale liberté ?
L’école des loisirs me donne sa confiance pour les choix éditoriaux de Pastel. Et la discussion est ouverte lorsque cela est nécessaire. Ces choix s’inscrivent dans leur ligne qui défend la liberté de création, le respect et l’épanouissement des enfants. C’est une exigence que je m’efforce de ne jamais oublier. J’ai à cœur de participer à l’épanouissement du catalogue Pastel qui m’a été confié en pleine maturité.La volière dorée

Comment définiriez-vous la ligne éditoriale de Pastel ? Comment choisissez-vous les projets que vous éditez ? Il faut être belge pour être publié chez Pastel ?
Les histoires publiées chez Pastel touchent à l’intime. Elles permettent d’aborder les questions des enfants, le quotidien des tout-petits, ainsi que des sujets plus difficiles, avec pudeur et sans tabou. Ces narrations suivent des chemins graphiques parfois bien différents mais le lien entre les livres tient à l’empreinte affective. J’y recherche une forme de douceur, d’enveloppement dans un univers d’auteur. Il n’y a pas d’esbroufe, les formats des livres ne sont généralement pas très grands si cela ne sert pas l’histoire pour rester tout près des petits lecteurs (et ne pas être trop chers).
J’ai à cœur de ne pas perdre de vue à qui l’on s’adresse, aux sujets parfois plus difficiles qui nous entourent, que certains auteurs abordent avec finesse et émotion en si peu de pages. Et puis le rire que les auteurs déclenchent, du premier rendez-vous aux lectures à répétition aux enfants, ne cesse de montrer son pouvoir libérateur pour tous.
Pastel est avant tout une collection belge, perçue comme telle. 70 % des nouveautés sont de créateurs belges. Je donne une attention particulière aux jeunes créateurs belges. Il n’empêche qu’il y a toujours eu des auteurs français La grande forêtchez Pastel et que ce sont les projets qui comptent.
Les projets et les rencontres humaines qui donnent lieu à des collaborations et remises en question que les auteurs expérimentés n’hésitent pas à faire eux-mêmes. Par ailleurs, le rayonnement à l’étranger des auteurs de Pastel a consolidé les liens internationaux qui ont fait son succès au travers des traductions.

Parlez-nous de votre parcours personnel
J’ai débuté dans le secteur scolaire. Un petit passage chez Bordas puis 12 ans aux éditions Didier. J’y ai appris à travailler avec des pédagogues, des illustrateurs, des graphistes, faire des compromis, apprendre la rigueur… Mais j’ai toujours gardé une proximité avec le monde de l’enfance. Et ce fut une chance de participer à l’éclosion de Didier Jeunesse avec Michèle Moreau qui avait le désir de construire une ligne éditoriale jeunesse. Nous glissions un album entre deux manuels scolaires dans la production de l’époque. Et puis je suis arrivée chez Pastel en 2002 où j’ai été très heureuse de rencontrer Christiane Germain. Je n’imaginais Un ours à l'écolepas que je prendrais la suite un jour. Voilà maintenant 8 ans que je m’occupe de ce superbe catalogue et que j’accompagne les auteurs de grand talent qui ont bien dû s’habituer à moi !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Nous n’avions pas beaucoup d’albums illustrés à la maison et sans doute ont-ils disparu dans les déménagements. Mais j’ai les souvenirs des lectures du soir. Il y avait les histoires avec les animaux que j’adorais (La marmotte de Gerda Muller…), et les contes (Les contes du chat perché, Le petit poucet, Le vilain petit canard, Barbe bleue…) C’était aussi l’époque des livres-disques. Ce n’était pas facile pour tous ces héros de trouver leur chemin… J’ai le souvenir des sensations que cela procure et de quelle manière se prolongeaient dans mes jeux ces univers imaginaires. Et puis, les Petit Nicolas lus à voix haute avec une amie. Je peux les relire toujours avec le même plaisir pour une gorgée d’enfance. C’était ensuite l’époque des bibliothèques rose et verte avec Fantômette, Le club des cinq… qui étaient bien distrayantes même si j’étais moins proche de ces personnages que par exemple Sophie et Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur (dont je n’avais pas le souvenir de la langue utilisée avant de les avoir relues plus tard à une petite fille), Poil de carotte, Les hauts de hurlevent, Les misérables.
Mère MéduseAu collège, lorsque j’ai lu L’herbe bleue et Moi, Christiane F, j’ai fait une vraie plongée dans une adolescence qui n’était pas la mienne. À côté de ça il y avait les récits « d’anticipation » de Barjavel, l’amusant Passe-muraille puis Huxley qui m’ont ouvert d’autres horizons. Et toujours les récits d’enfance terribles comme ceux d’Hervé Bazin, Joseph Joffo. Puis au lycée, j’ai aimé lire les auteurs classiques (Zola, Balzac, même si la passion de ma prof de français pour Madame Bovary était un peu trop débordante à mon goût). Et des auteurs plus récents comme Boris Vian, Jean-Paul Sartre, Albert Camus…

Votre catalogue d’automne 2016 était extraordinaire (des petits bijoux signés Anne Brouillard, Ingrid Godon, Frédéric Stehr, Michel Van Zeveren, Émile Jadoul, Jeanne Ashbé, Christian Voltz…), qu’est-ce qu’on va découvrir chez Pastel en début d’année prochaine ?
On va débuter l’année avec les Bonnes résolutions de Catherine Grive et Jean-Luc Englebert, prendre le temps avec Le petit escargot de Rascal, se faire des Copains-câlins à la crèche avec Frédéric Stehr et réfléchir au monde qui Zim Bam Boumnous entoure dans un livre profond et touchant de Sarah V. et Claude K. Dubois, Bonhomme. Michel Van Zeveren est parti pour nous faire dessiner, rire et réfléchir avec Dessine-moi un petit prince et Carll Cneut s’est mis au défi de remettre en scène La fée sorcière dans un livre somptueux. Anne-Isabelle le Touzé donne vie à Monsieur Émile et Petit Tom qui mêlent leurs imaginaires, Martine Bourre refait un tour au Moyen-Age tant aimé des enfants dans Gilou Troubadour, Anne-Catherine De Boel nous fait voyager sur un conte animalier africain d’Alain-Serge Dzotap Le roi et le premier venu, la jeune talentueuse Lina Mumgaudyte propose Le dernier poisson, Emile Jadoul mesure ses personnages dans On fait la taille ? Un nouvel univers un peu cruel venu d’Angleterre Tu m’attraperas pas !, le génial Canard fermier d’Helen Oxenbury en version tout-carton pour les petits et avant l’été un inédit de Max Velthuijs !
Des livres et des auteurs si différents et tellement uniques que vous trouverez encore, j’espère, extraordinaires !

Quelques livres Pastel que l’on a chroniqué :

  • La fourmi et le loup, de Jeanne Ashbé (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La grande forêt : le pays des Chintiens, d’Anne Brouillard (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le bain de Berk, de Julien Béziat (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • 8 minutes et 19 secondes, texte de Rascal, photographies d’Hubert Grooteclaes (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mère Méduse, de Kitty Crowther (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est Papy qui choisit, texte de Jean Leroy, illustré par Jean-Luc Englebert (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand bateau de Grand Ours, texte d’Eve Bunting, illustré par Nancy Carpenter (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Papa-île, d’Émile Jadoul (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Est-ce que la maîtresse dort à l’école ?, texte de Carole Fives, illustré par Anne Isabelle Le Touzé (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonnes vacances, Lou !, de Jeanne Ashbé (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • L’ours qui danse, de Rascal (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Comme un secret, texte d’Émile Jadoul, illustré par Émile Jadoul et Catherine Pineur (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Anoki, texte de Jean Leroy, illustré par Emmanuelle Eeckhout (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Mange-doudous, de Julien Béziat (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Ouste !, texte de Sally Grindley (traduit par Maurice Lomré), illustré par Peter Utton (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Les poupées c’est pour les filles, texte de Ludovic Flamant, illustré par Jean-Luc Englebert (2013), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez tout le catalogue Pastel sur son site http://www.ecoledesloisirs.fr/collection/pastel.


En vacances avec… Sébastien Mourrain

Régulièrement, je pars en vacances avec un. e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Sébastien Mourrain que je pars ! Allez en route !

5 albums jeunesse :L'Arbre généreux

  • La première fois que je suis née, Cuvellier/Dutertre
  • L’arbre généreux, Shel Silverstein
  • Catherine Certitude, Modiano/Sempé
  • Moi, j’attends…, Cali Bloch
  • Le chapeau volant, Ungerer

Nouvelles histoires extraordinaires, Poe5 romans :

  • Contes fantastiques, Maupassant
  • Ravage, Barjavel
  • Nouvelles histoires extraordinaires, Poe
  • Le passe muraille, Aymé
  • Dr Jekyll et Mr Hyde, Stevenson

Soleil vert5 DVD :

  • Vol au-dessus d’un nid de coucou, Foreman
  • Orange mécanique, Kubrick
  • Les aventures de Jack Burton, Carpenter
  • Soleil Vert, Fleischer
  • Edward aux mains d’argent, Burton

the_cure_-_the_head_on_the_door5 CD :

  • Daft Punk, Homework
  • The Cure, The head on the door
  • Bob Dylan, The very best of
  • Lou Reed, Transformer
  • Easy Rider, Bande Originale

5 Artistes :

  • Jérôme Bosch
  • César
  • Max Ernst
  • Germaine Richier
  • Francis Bacon

5 lieux :

  • Parangtritis, Java
  • Skyros, Grèce
  • La plage de Tanchet, Château-d’Olonne
  • L’île Tudy, Bretagne
  • Le Bocal 83 rue de Marseille 69007 Lyon

Sébastien MourrainSébastien Mourrain est illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Chez moi, illustration d’un texte de Davide Cali, Actes Sud Junior (2016).
  • Santa Fruta, illustration d’un texte de Delphine Perret, Les foumis rouges (2016).
  • Mister Gershwin, les gratte-ciels de la musique, illustration d’un texte de Susie Morgensten, Didier Jeunesse (2016).
  • Chiens & Chats sous la loupe des scientifiques, illustration d’un texte d’Antonio Fischetti, Actes Sud Junior (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Bigoudi, illustration d’un texte de Delphine Perret, Les fourmis rouges (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Moustachat, illustration d’un texte de Géraldine Elschner, L’élan Vert (2014).
  • L’homme à la peau d’ours, illustration d’un texte d’Anne Jonas d’après les frères Grimm, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Émile, le petit fifre, illustration d’un texte d’Anne de la Boulaye, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La fine mouche, illustration d’un texte de Jean Perrot, Seuil Jeunesse (2011).
  • Serial rapteur, illustration d’un texte de Claude Carré, Actes Sud Junior (2009).

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