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Gabriel - La mare aux mots

Les invité-e-s du mercredi : Bernard Villiot, Jo Witek et François Martin (+concours)

Par 4 mars 2015 Les invités du mercredi

C’est mercredi ! Aujourd’hui, je vous propose d’en savoir plus sur un auteur dont nous chroniquons régulièrement les albums, Bernard Villliot. Suite à cette interview, vous pourrez tenter de gagner son dernier album Les cygnes sauvages. Ensuite, c’est avec Jo Witek que nous avons rendez-vous pour la rubrique Parlez-moi de…, Pour nous elle revient sur Un hiver en enfer. François Martin, l’éditeur du roman, a accepté également de nous en parler. Bon mercredi !


L’invitée du mercredi : Bernard Villiot

Bernard VilliotParlez-nous de votre parcours
Je ne m’étais pas du tout destiné à la littérature jeunesse. Après cinq années aux Beaux Art de Dijon, sections photo et sculpture, je me suis dirigé vers le film d’animation puis le film de fiction, avec des acteurs réels. L’écriture pour le cinéma et la réalisation sont et resteront ma première passion.
La littérature jeunesse est arrivée dans ma vie très tard et avec la complicité de Muriel Kerba. C’est elle qui m’a mis le pied à l’étrier, en me proposant de lui écrire un texte pour ses illustrations. L’écriture jeunesse a été une vraie révélation et elle est aujourd’hui une seconde passion. J’aimerais et j’espère pouvoir lui consacrer davantage de temps.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Enfant mes premières lectures ont été les livres de Benjamin Rabier que ma grand-mère maternelle conservait dans l’armoire de son grenier. Livres originaux que je possède aujourd’hui et que je conserve précieusement. Et puis il y eut l’incontournable Disney, d’où ma passion plus tard pour le film d’animation. Un peu plus grand, j’ai découvert La Fontaine, puis dans un autre genre,Le voleur de lune Jules Verne à travers les livres qui avaient appartenu à mon père et que conservaient mes autres grands-parents.
Adolescent j’ai développé une passion pour Edgard Allan Poe.

Vous avez réécrit/réinterprété plusieurs contes, d’où vous vient cet intérêt pour ces classiques ?
Pour Le Voleur de Lune, par exemple, mon intérêt est venu du désir de faire ou de refaire découvrir un conte méconnu ou délaissé pour d’obscures raisons. Ce désir est bien entendu animé à la fois par le plaisir que j’ai eu à découvrir ce conte et l’envie de le faire partager. J’aime fouiller, creuser et déterrer des textes enfouis depuis des décennies. Mon côté Saint Bernard, sans doute…
Pour des contes comme La Belle au Bois dormant ou les Cygnes Sauvages la proposition d’adaptation est venue de l’éditeur. Des challenges que je trouve excitants et flatteurs.

La Belle aux bois dormantPour travailler sur ces histoires, vous relisez de nombreuses versions ou au contraire vous essayez de vous en détacher ?
Je travaille uniquement à partir de la version originale. J’évite de lire d’autres versions pour ne pas être influencé sciemment ou inconsciemment par des choix et des directions d’écritures qui pourraient trahir l’esprit du texte original. Ensuite j’y mets ma patte, mon rythme en tenant compte de l’âge du lecteur auquel le conte est destiné. Une histoire, aussi universelle soit-elle, ne s’adapte pas de la même manière pour des enfants de 5 et 10 ans. Une fois mon adaptation terminée et validée par l’éditeur, je lis ce qui a été fait par d’autres. C’est toujours instructif et parfois plutôt plaisant.

les cygnes sauvagesQuel est votre regard sur la littérature jeunesse actuelle ?
Elle regorge de talents, aussi bien au niveau des textes que des illustrations. Je le trouve en constante progression avec parfois de vraies innovations de la part de certains éditeurs. J’aime sa pertinence, sa variété, et je suis toujours fasciné de découvrir encore de l’originalité avec la quantité d’albums édités chaque année. Peut-être parce que je la regarde toujours avec mon regard d’enfant.

Quels sont vos projets ?
Quelques albums à paraître, des textes en écriture, la finalisation d’un scénario et peut-être une réalisation pour la télévision cet automne…

Bibliographie sélective :

  • Les cygnes sauvages, illustré par Anja Klauss, L’élan vert (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le secret du petit bouddha, illustré par Mylène Rigaudie, L’élan vert (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La belle au bois dormant, illustré par Anja Klauss, L’élan vert (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le voleur de lune, illustré par Peggy Nille, L’élan vert (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • L’étoile de Noël, illustré par Frédéric Mansot, L’élan vert (2012).
  • Abigaël Treybell et son maudit matou Bretzel, illustré par Xavière Devos, L’élan vert (2012).
  • La moufle, illustré par Antoine Guilloppé, L’élan vert (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Marie-Caprice, illustré par Mélanie Allag, L’élan vert (2012).
  • Le pâté de crottes de nez, illustré par Éléonore Zuber, Pole Jeunesse (2011).
  • Au zoo des animaux rigolos, illustré par Charlotte Labaronne, Gautier Languereau (2007).

Concours :
Grâce aux éditions L’élan Vert, vous avez donc la possibilité de gagner un exemplaire du dernier album de Bernard Villiot, Les cygnes sauvages (que nous avons chroniqué ici). Pour cela, dites-nous en commentaire à cet article quel est votre conte classique préféré, vous participerez au tirage au sort. Vous avez jusqu’à mardi 20h.


Parlez-moi de… Un hiver en enfer

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur Un hiver en enfer (chroniqué ici), un roman très fort sur une relation entre un fils et sa mère. Jo Witek, l’auteure et François Martin, son éditeur, nous en parlent.

Jo WitekJo Witek, auteure :
D’une solitude de mère à un sujet de roman
L’idée d’un roman peut s’imposer n’importe où. N’importe quand. Et soudain devenir une urgence, ce que Rilke nommait la nécessité d’écrire. C’est ce qui s’est passé avec Un hiver en enfer. J’étais alors en vacances en famille à Londres. Dans un moment de vie où mon couple éclatait, et mes enfants grandissaient. Le foyer, la famille, l’idée parfois idéalisée du cocon ne ressemblait plus aux photos de famille accrochées sur les murs de notre hall d’entrée. Des enfants à la plage, un couple heureux, des parents comblés. Quelques années plus tard, je ressentais un sentiment d’immense solitude avec les miens. Mes fils étaient devenus des adolescents. Ils n’avaient pas forcément envie d’être avec nous, même à Londres, surtout à Londres. Tout ce que je proposais, expos, virée aux marchés aux puces, pub, concerts, tout les efforts que je faisais pour les réjouir, les faire rire, retrouver cette complicité mère-enfants s’avéraient vain. Ils repoussaient tout. Un comportement normal. Nous le savons, nous parents, il faut qu’ils se détachent, s’opposent, sortent de ce cocon familial pour grandir. Pourtant, cette impression de solitude éprouvée à Londres, cet abandon de la mère « nourricière » pour une mère simplement bienveillante me fut d’une extrême violence et je me suis surprise à prononcer cette terrible phrase au détour d’une visite : « là, la famille, c’est l’enfer ».
Voilà. Il a suffi d’une souffrance, d’une nostalgie de mère, d’une solitude de femme, pour déclencher le processus créatif. Cette phrase a aussitôt été suivie d’un sentiment de culpabilité. « Comment puis-je dire ça ? Moi, une mère. Une mère aimante qui a eu cette chance d’aimer ses enfants dès leur première inspiration au monde. Comment ? »
Et tout s’est enchaîné. Oui, le prochain roman traitera de cela. De l’instinct maternel. D’une mère, qui peut-être, n’aurait pas réussi à aimer son fils. D’un fils qui se serait construit avec le manque de tendresse maternelle. Et puis d’un enfer familial. D’un huis clos privé. De cette cellule idéalisée qui pourtant est l’antre de tant de violence. Il s’en passe des choses derrière les volets clos des familles. Violences verbales, guerre de fratrie, agressions physiques, dominations, viols aussi. La famille n’est pas toujours ce havre de paix si rassurant. Pas toujours. D’ailleurs qui n’a jamais dit : Ma mère va me tuer si… Ou mon père va me tuer si… ?
Je l’ai pris au sens propre.
Étrangement, j’ai tout de suite eu envie de pitcher mon histoire à mes fils. Je leur ai résumé en quelques mots le début, le milieu, la fin. Et ce sujet nous a réunis. Ça a été mon meilleur moment à Londres avec eux. Leurs sourires à tous les deux. Leur belle complicité de frères.
__ Maman, écris-le ce bouquin ! C’est top ! Ton sujet est horrible !
Nous avons ri. Je leur ai promis de l’écrire et je suis allée au bout.
L’aventure de ce roman fut douloureuse. Pas facile d’écrire ce désamour ou plutôt cet amour fêlé entre une mère et son fils, surtout quand on a deux garçons. J’ai creusé. J’ai trouvé en moi, ailleurs aussi, au travers de témoignages de femmes (et ils sont nombreux bien que tabous), ces moments où une mère souffre de ne pas bien aimer son enfant. Ces instants où un enfant pense ne jamais avoir été assez aimé par sa mère. Et le roman s’est écrit.
Comme toujours mon fils aîné fut mon premier lecteur. Comme toujours, par respect, je l’ai laissé lire et me dire ce qu’il voulait, sans obligation, juste le lire. Un petit grigri, une habitude qu’il a la gentillesse de perdurer du haut de ses vingt ans.
« Glauque, horrible, j’adore ».
Tel fut son retour. Un excellent retour pour un thriller. Bien sûr, je lui ai promis de ne pas le lui dédier. À son frère non plus. Et puis, nous en avons ri. En huit mois, temps qu’il me fallut pour venir à bout de ce roman, il avait grandi, et moi aussi.
Souvent, les jeunes que je rencontre pensent que je suis une mère géniale, parce que j’écris des romans pour les ados, que je traite des sujets qui les concernent, que j’invente des héros qui leur ressemblent. Mais, non, je suis une mère comme les autres, qui fait ce qu’elle peut, de son mieux, avec ce qu’elle est. Et c’est aussi avec cela que j’écris pour la jeunesse. L’ado que j’étais, et la mère que je suis. C’est pourquoi je tiens à cette littérature — dite jeunesse —, qui pour moi est avant tout une littérature partagée.

François Martin, éditeur :
Un hiver en enfer est le cinquième roman de Jo Witek que j’ai eu le plaisir d’éditer et son troisième thriller dans ma collection “Romans Ado”. Il est essentiel pour moi de construire avec un auteur une relation sur la durée. C’est ce qui détermine une politique d’auteurs et forge la cohérence d’un catalogue – qui plus est pour un département Jeunesse adossé à une maison comme Actes Sud. Aussi suis-je sensible à la confiance et la fidélité que Jo me témoigne livre après livre. Elle me parle volontiers de ses projets alors qu’ils sont en cours d’écriture ou même qu’au stade de l’idée – ce fut le cas pour Hiver en enfer avec son intention affichée de traiter du lien maternel, de la violence qui peut s’insinuer dans le foyer familial quand les enfants entrent dans l’adolescence. De l’idée et de la forme : je savais que le texte serait un thriller. Mais ce n’est qu’une fois achevé que Jo m’a adressé son manuscrit. Moment de tension alors pour un éditeur entre l’excitation de lire (et d’aimer) et la crainte confuse d’être éventuellement déçu (car cela peut arriver). La lecture du manuscrit d’Un hiver en enfer – qui ne portait pas ce titre au départ, j’y reviendrai – a été autant jubilatoire, haletante qu’effrayante. Un sujet prégnant, un scénario d’une efficacité implacable (avec son climax au milieu du récit), des personnages de forte intensité, un suspense qui vous fait tourner les pages, un dénouement inattendu. Ma conviction a été immédiate que nous tenions là un roman puissant – et glaçant. Un roman qui d’ailleurs plairait autant aux adolescents qu’aux adultes. Le manuscrit original a été peu retouché, mes remarques furent ponctuelles. Le point crucial a été le choix du titre. Celui de travail était Instinct maternel auquel Jo était attachée. Un titre fort mais qui pouvait être diversement interprété et ne connotait pas suffisamment son genre et le lectorat visé. De multiples propositions ont fusé pour aboutir, au terme de nombreux échanges téléphoniques et de courriels entre nous, au titre définitif. Les qualités d’écrivain, la capacité d’écoute et la profonde humilité que je trouve chez Jo rendent particulièrement fluide et constructif ce dialogue essentiel autour des textes (et de la forme à donner) qui est le cœur de mon métier.
Jo m’a déjà annoncé le titre de son prochain roman qui sera encore un thriller, j’attends le manuscrit promis avec impatience. L’aventure continue. »

Un hiver en enfer
Un hiver en enfer
de Jo Witek
Sorti chez Actes Sud Junior (2014)
Chroniqué ici.

 

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Allez, à l’école !

Par 2 mars 2015 Livres Jeunesse

Alors que certains reprennent aujourd’hui le chemin de l’école, je vous propose deux albums qui traitent de ce lieu étrange… avec humour !

Les secrets de l'écoleTout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’école sans jamais oser le demander, c’est ce que nous propose Éric Veillé avec son album Les secrets de l’école, où vont les maîtresses après le coucher du soleil. De ses origines à sa vie quotidienne, en passant par son milieu naturel (l’école) et ses congénères (la gardienne, la dame de service, la directrice, l’inspecteur…) vous allez tout connaître de ce personnage incroyable qu’est la maîtresse. Vous apprendrez, par exemple, ce qu’elles font dès que les élèves rentrent chez eux (et croyez-moi, ce n’est pas triste !). On va aussi savoir ce que deviennent les fautes d’orthographe, quelle est la journée d’une dame de la cantine, les règles élémentaires à suivre dans une école (saviez-vous, par exemple, qu’il était interdit de jouer à la marelle avec une assiette de quenelles à la main ou de lancer des crocodiles sur les filles ?) ou encore ce que deviennent les affaires oubliées à l’école pendant les grandes vacances ! Éric Veillé ne nous cache rien !
L’humour décalé d’Éric Veillé et ses illustrations aux contrastes forts nous séduisent toujours autant. C’est esthétique et drôle, original et même un peu barré. Bref, on est fan !
Le même vu par Le tiroir à histoires et par Les lectures de Liyah.

20 bonnes raisons d'aller à l'écoleFaut-il vraiment aller à l’école ? Eh bien oui ! Car si on n’allait pas à l’école, on ne saurait pas lire et écrire, donc on confondrait les flacons de shampooing avec les bouteilles de soda, donc on ferait des bulles en parlant, des bulles si grosses qu’on s’envolerait avec, loin de chez soi… et je ne vous raconte même pas la suite, mais croyez-moi ça ne serait pas joli-joli… Donc, il vaut mieux aller à l’école !
On connaît la série de Michaël Escoffier et Romain Guyard, 20 bonnes raisons… voici donc 20 bonnes raisons d’aller à l’école. Comme toujours dans cette série on se rend compte qu’en changeant une petite chose ça peut déclencher de grosses catastrophes. Bien sûr, c’est, là aussi, complètement décalé (comme par exemple quand notre héros, devenu Super Tomate, fait pipi sur ses frites pour avoir du ketchup), mais c’est vraiment drôle et ça fait rire autant les enfants que les parents.
Michael Escoffier signe une nouvelle fois un album plein d’humour.
Le même vu par Papier de soie (avec de nombreux visuels intérieurs).

Quelques pas de plus…
Retrouvez tous les ouvrages sur la rentrée scolaire et l’école en général que nous avons chroniqués regroupés dans un tableau pinterest.
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Éric Veillé (Un monstre à chaussettes !, Mon imagier après la tempête et Tout sur le grand méchant loup), de Michaël Escoffier (Le moustoc, 20 bonnes raisons de croire au Père Noël, Ouvre-moi ta porte, Le chevalier noir, L’anniversaire, La croccinelle, Le ça, Tous les monstres ont peur du noir, Trois petits riens, Le jour où j’ai perdu mes super pouvoirs, Zizi, Zézette, mode d’emploi, Le grand lapin blanc, Vacances à la ferme, Bonjour FacteurLa plume, Sans le A et Bonjour Docteur) et de Romain Guyard (20 bonnes raisons de croire au Père Noël). Retrouvez également nos interviews d’Eric Veillé et Michaël Escoffier.

Les secrets de l’école, où vont les maîtresses après le coucher du soleil ?
d’Éric Veillé
Actes Sud Junior
12,50 €, 193×273 mm, 28 pages, imprimé en Italie, 2014.
20 bonnes raisons d’aller à l’école
Texte de Michaël Escoffier, illustré par Romain Guyard
Frimousse dans la collection 20 bonnes raisons
18 €, 236×306 mm, 40 pages, imprimé en Malaisie, 2012.

À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons aujourd’hui nos coups de cœur du mois qui vient de se terminer. En février, c’était donc, pour moi : Yllavu de Gambhiro Bhikkhu et Samuel Ribeyron (HongFei), Arlequin ou Les oreilles de Venise d’Hubert Ben Kemoun et Mayalen Goust (Père Castor) et Il pleut, il pleut Berbère ! de Gérard Alle et Marianne Larvol (Locus Solus). Et pour Marianne, Une place au soleil de Jean Leroy et Sylvain Diez (Kaléidoscope), Coda petit ours blanc de Rury Lee et Emanuele Bertossi (Circonflexe) et Les Cygnes sauvages de Bernard Villiot et Anja Klauss (L’élan vert).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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Petit… mais fort !

Par 27 février 2015 Livres Jeunesse

Les trois romans du jour ne dépassent pas les 150 pages à eux trois… et pourtant ils risquent de vous marquer !

Je suis le fruit de leur amourSes parents s’aiment. Éperdument. À la folie. Elle en est la preuve, elle est le fruit de leur amour. Ils ne sont pas très présents, mais c’est normal, quand on s’aime on a envie de passer du temps ensemble. Et puis ils sont si intelligents, ils ont autre chose à faire qu’être avec elle. Ils passent leurs soirées avec leurs amis qui sont comme eux. Pour elle, pour les repas, pour l’accompagner à l’école, il y a MaTalie. Elle est là pour ça, MaTalie, mais ce n’est pas sa mère. Elle le sait, elle est la fille de ses parents si parfaits, le fruit de leur amour.
Je suis le fruit de leur amour est un roman extrêmement fort. Le genre de roman qui ne laisse personne indifférent. Le sujet est véritablement casse gueule et exige une vraie belle plume, c’est le cas de Charlotte Moundlic. On parle donc ici du désespoir d’un enfant qui ne se sent pas aimé (à raison), pas à la hauteur de ses parents, si beaux, si intelligents à ses yeux. Le texte trouve toute sa force lu à voix haute, lu comme un monologue, avec cette phrase qui revient sans cesse, Je suis le fruit de leur amour.
Un court roman, extrêmement fort. Un texte qui ne laissera personne indifférent.
Le même vu par Alias Noukette, La littérature de Judith et Sophie et Enfantipages.

CharlyComme tous les étés, Sam donne un coup de main à ses parents dans leur hôtel. Il aide à porter les valises des touristes qui arrivent, fait visiter les chambres. Il retrouve d’année en année des habitués, mais parfois des petits nouveaux débarquent. Alors là, il faut répondre aux questions, toujours les mêmes. Cette année, l’été de Sam sera bien différent. Il va rencontrer Charly.
Charly nous apparaît au départ comme une histoire d’amitié assez classique, une rencontre entre deux préadolescents. La suite sera bien plus originale, la fin surprendra certain-e-s. Charly est un court roman sur la différence, les clichés, les a priori.
Un bien joli roman qui bouscule les idées reçues.
Le même vu par La littérature de Judith et Sophie et Enfantipages.

le chien anarchisteIl n’aime pas les chiens. Il n’aime pas non plus les animaux abandonnés alors il a pris le chien que son frère a trouvé. Il faudra qu’il s’entende avec les chats. L’homme n’aime pas les chiens, mais il est bon avec lui. Il se lie d’amitié avec l’animal si craintif. L’homme est bon, tous ne le sont pas.
Le chien anarchiste nous parle de la bonté de certains hommes et de la cruauté des autres, en particulier des chasseurs (en même temps, quand on parle des chasseurs on parle rarement d’autre chose que de cruauté…). Avec, là encore, un texte très court, Thierry Maricourt fait passer beaucoup de choses. Son style particulier est déroutant au départ, mais il nous décrit parfaitement des choses simples, des scènes de vie… jusqu’au dénouement tragique.
Un beau texte sur l’amour des animaux et sur la méchanceté de certains hommes.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Charlotte Moundlic (Le papa de Simon, La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, Chamalo aime l’école, Je veux des lunettes !, Mon cœur en miette, Chamalo et sa baby sitter, Chamalo est jaloux, Les invités, Le slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte).

Je suis le fruit de leur amour
de Charlotte Moundlic
Thierry Magnier dans la collection Petite Poche
5,10 €, 102×151 mm, 48 pages, imprimé en France, 2015.
Charly
de Sarah Turoche-Dromery
Thierry Magnier dans la collection Petite Poche
5,10 €, 102×151 mm, 48 pages, imprimé en France, 2015.
Le chien anarchiste
Texte de Thierry Maricourt, illustré par Loïc Mailly
Éditions Chant d’orties dans la collection L’églantine
6 €, 115×150 mm, 30 pages, imprimé en France, 2014.

À part ça ?

Trois minutes avec Samuel Ribeyron.

Gabriel

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De très bons romans pour les jeunes lecteurs

Par 26 février 2015 Livres Jeunesse

GéantÀ la mort de son père, Louis doit quitter la campagne pour la ville. Fini de garder les brebis monté sur des échasses, finies les balades dans le marais, fini d’être un géant. Maintenant, il faut se faire à la ville, avoir les pieds sur terre et se faire de nouveaux amis. Il faut aussi gagner de l’argent, alors Louis doit travailler en essayant d’aller parfois à l’école. Et puis il y a Sofia…
Géant est un magnifique roman. Jo Hoestlandt a une très belle plume, chaque mot, chaque phrase semblent choisis. Et pourtant le style très littéraire du texte n’est jamais pesant, jamais lourd, jamais pénible à lire. On y parle donc du deuil, de l’adaptation à une nouvelle vie, des rencontres, de l’amitié, mais on y parle aussi d’amour, de relation parent-enfant, de la transmission, des moqueries.
Un roman marquant, très beau, très poétique, pour les enfants à partir de 8 ans (d’après l’éditeur).

La robe à froufrouChacha (qui s’appelle Marie-Charlotte, mais n’essayez même pas de l’appeler comme ça) est plutôt le genre de fille qui a un caractère affirmé. Alors que sa tante va se marier, elle reçoit de sa part une robe qu’elle devra porter au mariage. Alors déjà une robe, pour Chacha c’est pas possible, mais une robe à froufrou là c’est même impensable !
Chacha n’a jamais connu son père, elle vit seule avec sa mère qui lui a toujours expliqué qu’elle était un souvenir de 14 juillet. Mais quand un matin elle voit sa mère débarquer avec les yeux totalement explosés à force d’avoir pleuré en regardant Jean Dupommier gagner un Oscar, Chacha n’a plus de doutes… l’acteur est son père et elle doit tout faire pour le contacter ! Mais comment rencontrer un homme aussi célèbre ?
On change radicalement de style, mais quel régal que ces aventures de Chacha ! Chacha se cherche un papaC’est plein d’humour, bien écrit, le personnage principal est aussi attachant que drôle, les histoires pleines de rebondissements… Chacha est un personnage plein de ressources. Que ça soit pour se débarrasser d’une robe à froufrou ou pour rencontrer un célèbre acteur, on peut compter sur elle pour déployer les grands moyens (parfois les plus farfelus). Seul (mini) bémol, comme je l’ai déjà dit ici j’ai horreur des marques dans les livres jeunesse, ici les fraises tagada deviennent tagaga, mais on comprend bien de quoi il s’agit… et elles sont TRÈS souvent citées (jusqu’à être l’illustration de la 4e de couv’). Mais ce (mini) bémol mis à part (et on le met très facilement de côté), on prend beaucoup de plaisir à lire les (sacrées) aventures de Chacha qui confirment, une fois de plus, qu’on aime le style et l’humour de Sandrine Beau.
Les deux premières aventures d’un personnage particulièrement bien croqué, on espère la suite avec impatience !
La robe à froufous vu par Enfantipages, Maman Baobab et Clarabel. Chacha se cherche un papa vu par Enfantipages.

Charly Tempête T04 C1Charly Tempête est heureux, sa classe va partir aux sports d’hiver, imaginez donc ! Toute la classe se réjouit… à part Igor… Son père est au chômage depuis peu et jamais ses parents ne pourront payer le voyage. Charly et ses camarades décident de tout faire pour gagner de l’argent pour qu’Igor puisse les accompagner… et ils ne sont pas à court d’idées !
Tout comme Chacha, Charly est un personnage plein de ressources. Après avoir géré un déménagement, une nouvelle école et un gardiennage de chien qui tourne mal, voici donc la quatrième aventure de notre inventeur en herbe. Annelise Heurtier parle toujours aussi bien de la réalité du quotidien des enfants (y compris de ceux moins favorisés) tout en étant drôle. Charly et ses amis nous font penser aux bandes de copains de la littérature jeunesse qui ont marqué notre enfance, qu’on a appris à connaître livre après livre.
Le nouveau tome d’une super série.
Le même vu par Enfantipages.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Jo Hoestlandt (La maîtresse est amoureuse), de Thomas Baas (Du monde dans ta cuisine, Paris et ses contes, ses visites, ses recettes…, Mes premiers contes et Petites histoires pour rêver dans sa poche), de Sandrine Beau (Mon chat fait ouaf !, Le petit chaperon qui n’était pas rouge, Manolo, un boudeur de petit fantôme, Manolo, un cochon de petit fantôme, Fées d’hiver, Je suis une lionne, L’Ogre qui n’avait peur de rien, La girafe en maillot de bain, Rouge Bitume, Ma maman est comme ça, Mon papa est comme ci, On n’a rien vu venir, Roulette Russe Tome 1 Noël en Juillet, Des crêpes à l’eau, L’hippopotin, L’été où mon grand-père est devenu jaunophile, L’étrangleur du 15 Août, et Quand on sera grands), d’Annelise Heurtier (Là où naissent les nuages, Combien de terre faut-il à un homme ?, L’affaire du chien, Babakunde, On déménage !, Drôle de rentrée !, Sweet Sixteen, Le carnet rouge et La fille aux cheveux d’encre) et de Clotka (L’affaire du chien, On déménage !, Drôle de rentrée ! et Les aventures de Tit’Oignon). Retrouvez aussi notre interview de Sandrine Beau. et d’Annelise Heurtier.

Géant
Texte de Jo Hoestlandt, illustré par Thomas Baas
Magnard Jeunesse
8,90 €, 140×215 mm, 112 pages, lieu d’impression non indiqué, 2014.
La robe à froufrous
Texte de Sandrine Beau, illustré par Ariane Pinel
Alice Jeunesse dans la collection Primo
11,50 €, 142×210 mm, 92 pages, imprimé à Malte, 2014.
Chacha se cherche un papa
Texte de Sandrine Beau, illustré par Ariane Pinel
Alice Jeunesse dans la collection Primo
11,50 €, 142×210 mm, 101 pages, imprimé en Pologne, 2014.
Charly Tempête, Tous pour un !
Texte d’Annelise Heurtier, illustré par Clotka
Casterman dans la série Charly Tempête
6,95 €, 195×135 mm, 80 pages, imprimé lieu d’impression non indiqué, 2014.

À part ça ?

« Quand je rencontre des petits, je m’adresse à eux comme à des adultes », une interview de Quentin Blake dans Télérama.

Gabriel

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Les invité-e-s du mercredi : Anne Laval et Catharina Valckx

Par 25 février 2015 Les invités du mercredi

J’aime beaucoup le travail d’Anne Laval (que je trouve trop rare), j’ai eu envie d’en savoir plus sur elle et sur son travail. Ensuite, c’est avec Catharina Valckx, auteur et illustratrice bourrée de talent, que nous avons rendez-vous pour notre rubrique « En vacances avec ». Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Anne Laval

Anne LavalParlez-nous de votre parcours
Je suis entrée en section illustration à l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg (concours d’équivalence de 3ème année) après une licence en fac d’arts plastiques. Je suis sortie, mon diplôme en poche, en 2005. Depuis je travaille en atelier avec d’autres indépendants (illustrateurs mais aussi graphistes, vidéastes, journalistes). Je fais partie de différents collectifs. Central Vapeur qui crée différents évènements autour de l’illustration, Les Rhubarbus qui montent des expositions collectives mêlant auteurs, illustrateurs et artistes.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Anne LavalJ’aime mettre les mains dans le cambouis et j’aime que ça change. J’utilise donc tout un tas de techniques : l’encre, la peinture, le pochoir, les tampons, les crayons de couleurs, le papier découpé, la sérigraphie…
Je les choisis et je les mixe en fonction des projets.
L’ordinateur m’aide à assembler des images composites et à régler les contrastes, les couleurs.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Très variées. J’étais abonnée à J’aime Lire puis Je Bouquine. J’ai pas mal lu le Club des 5, Fantômette, la bibliothèque rose et verte. Je me souviens avoir été marquée par le roman Les enfants Tillerman et Le bon gros géant de Roald Dahl. Des tas de BD, Lucky Luke, Anne LavalAstérix, Agrippine. En livre jeunesse, je me souviens des Contes de la Folie Méricourt de Gripari illustré par Claude Lapointe qui est devenu mon professeur aux Arts Décoratifs.

Quel-le-s sont, actuellement, les illustrateur-trice-s qui vous touchent particulièrement ?
J’aime beaucoup Sempé, son dessin, ses compositions, les émotions qu’il exprime et qu’il suscite. Parmi les anciens il y a aussi Sendack et Ungerer pour leur expressivité.
Pour ce qui est des illustrateurs plus contemporains, il est difficile de faire un choix et de n’en citer que quelques uns. Je suis touchée par certains albums autant par le texte que par les illustrations qui forment un ensemble indissociable. Dernièrement j’ai beaucoup aimé N’y a t-il personne pour se mettre en colère de Tellegen et Boutavant et puis Bigoudi de Mourrain et Perret et Les gratte-ciel de Zullo et Albertine
J’ai des goûts très éclectiques en matière d’images, j’aime le travail délicat à l’encre de Carson Ellis, les jeux de formes et de couleurs de Blexbolex, la richesse des matières de Valerio Vidali, etc…

La vie de châteauVous avez illustré les trois albums de Pascal Parisot, parlez-nous de cette collaboration.
Cette collaboration a commencé avec un premier livre-CD, Les pieds dans le plat paru chez Milan en 2008, c’est cette maison d’édition qui nous a mis en contact. Notre collaboration a continué ensuite chez Naïve avec Bêtes en stock et La vie de château.
J’ai tout de suite beaucoup aimé l’univers de Pascal. J’ai trouvé ses textes décalés et drôles, accessibles autant aux adultes qu’aux enfants avec des arrangements chouettes qui ne font pas mal à la tête. Je crois que mes dessins lui ont plu et qu’il a retrouvé un peu de son humour dans mes personnages. Ses concerts valent aussi le détour.

Quels sont vos projets ?
En ce moment je réalise les affiches 2015 du salon Playtime. Des images uniques qui doivent être percutantes et sensibles à la fois pour Paris, Tokyo et New York.
J’ai plusieurs projets d’albums qui piaffent dans les tiroirs, jeunesse et adulte.
J’ai des envies d’expositions, de grands formats et de volume.
J’ai découvert la gravure sur tétrapack et je vais bientôt tester la litho de cuisine.
Avec Central Vapeur et Inuit (collectif et librairie à Bologne) nous allons (à nouveau) organiser les 24h de l’illustration au mois de juin.
Et puis peut être aussi partir en vacances.
Loin.

Bibliographie sélective :

  • La vie de château, illustration de textes de Pascal Parisot, Naive (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La tête en vacances, illustration d’un texte de Vincent Cuvellier, Actes Sud Junior (2013).
  • La rentrée de Marcel, illustration d’un texte de Christine Noyer, Actes Sud Junior (2010).
  • Comme si, illustration d’un texte de Christine Beigel, Sarbacane (2010).
  • Angèle, ma Babayaga de Kerménéven, illustration d’un texte de Richard Couaillet, Actes Sud Junior (2009).
  • Les pieds dans le plat, illustration de textes de Pascal Parisot, Milan (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • Marcel a des poux, illustration d’un texte de Christine Noyer, Actes Sud Junior (2008), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Anne Laval sur son site, celui de Central Vapeur et celui de Rhubarbu.


En vacances avec… Catharina Valckx

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il ou elle veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il ou elle veut me présenter et c’est lui ou elle qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Catharina Valckx qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 albums jeunesse

  • Momo ouvre un magasinRanelot et BuffoletArnold Lobel, illustrations de l’auteur, 1970
  • Winnie l’ourson, A.A. Milne, illustré par E.H. Shepard, 1926 (aucun rapport avec les dessins animés des studios Disney)
  • L’anniversaire de l’écureuil, Toon Tellegen, illustré par Kitty Crowther, 2007
  • Momo ouvre un magasin, Nadja, illustrations de l’auteur, 1992
  • Galopin construit une maison, Janosch, 1980 (hélas épuisé, comme presque tous les Janosch)

5 romans - que 5? Impossible!

  • Molloy, S. Beckett, 1955Chroniques de l’oiseau à ressort, Haruki Murakami
  • La conjuration des imbéciles, J.K. Toole, écrit en 1963, publié en 1980
  • Chroniques de l’oiseau à ressort, Haruki Murakami, 1994
  • Legend of a suicide, David Vann, 2008
  • Tous les livres de Jean-Philippe Toussaint, et quelques enquêtes du Commissaire Maigret en prime (Simenon)

5 DVD Je mets des films moins connus, pour la découverte. Je les ai tous trouvés fantastiques.

  • Poetry, Lee Chang-dong,Taxidermia,György Palfi, Hongrie, 2006
  • Poetry, Lee Chang-dong, Corée 2010
  • Kitchen Stories, Bent Hamer, Norvège, 2003
  • The return, Andrei Zvyagintsev, Russie 2003
  • Vivan las antipodas, Victor Kossakovsky, Russie, documentaire, 2012

5 CD Ce que j’écoute en ce moment

  • Awesome waves, Alt-JThe best of Creedence Clearwater Revival
  • Astral Weeks, Van Morrisson
  • The best of Creedence Clearwater Revival
  • The B-sides, The Gaslight Anthem
  • Concertos pour violons et violons et hauboits, English chamber orchestra, Jeffrey Tate - J.S. Bach

5 artistes

  • Rembrandt
  • Leonard De Vinci
  • Picasso
  • Mark Rothko
  • Günther Förg (D) 1952-2013

5 lieux

  • Chez moi. Centre ville d’Amsterdam, vue sur la rivière.
  • La pointe de Bugéles, Côtes d’Armor, Bretagne
  • Les Ardennes françaises, au sud/est de Charleville-Mézières
  • Bucarest au mois de mai (quand les tilleuls sont en fleur)
  • La cathédrale d’Aix-la-Chapelle (Aachen, Allemagne)

Catharina ValckxCatharina Valckx est auteur et illustratrice.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Catharina Valckx sur son site : http://www.catharinavalckx.com.

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