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Gabriel - La mare aux mots

Les invité·e·s du mercredi : Émilie Chazerand et Maurèen Poignonec

Par 17 janvier 2018 Les invités du mercredi

C’est l’autrice Émilie Chazerand qui a accepté de répondre à nos questions aujourd’hui. J’adore sa série Suzon, j’avais envie d’en parler avec elle mais aussi d’en savoir plus son travail et son parcours. Ensuite, on va se glisser à nouveau dans un atelier et cette fois-ci c’est celui de Maurèen Poignonec ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Émilie Chazerand

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Où commence réellement un parcours, tiens… J’ai toujours aimé les livres et j’ose croire qu’ils me le rendent un peu. J’ai passé un bac littéraire puis me suis tournée vers des études d’infirmière. Je lisais moins, à cette période, ce qui participe à me faire penser que je n’étais pas très heureuse, ces années-là. À l’époque, j’avais un contact pour travailler dans un dispensaire réservé aux femmes et jeunes filles, en Inde, et, pendant que je gravitais dans différents terrains d’exercices pour asseoir mes compétences et fleurir mon CV, les bouquins ont pris de plus en plus de place. J’ai commencé à griffonner un peu, ça et là, des ébauches d’histoires, des idées marrantes, des trucs saugrenus qui me passaient par la tête. J’ai écrit la série Apocalypsis, pour Matagot/Nouvel Angle, dont le premier tome est sorti en 2011, mais je rêvais toujours de publier des livres pour enfants. Une lubie tenace de petite fille. Et c’est arrivé grâce à Rudy Martel, de chez Benjamins Média, avec Un frère en bocal. J’ai rencontré mon mari, aussi, ce qui m’a résolument ancré en France et dans l’écriture, par ricochets.

Comment vous viennent vos idées ?
Ça, c’est la question éternelle à laquelle je ne sais jamais répondre. J’ai toujours l’impression que l’idée s’invite, sans demander l’avis de celui qu’elle frappe par surprise (un peu comme ma belle-mère). Les miennes sont parfois les aboutissements d’une guirlande de réflexions bizarres. Ou tirées de remarques rigolotes de mes proches. Les gens, la vie ordinaire, sont des inspirations permanentes et hyper riches, quand on se tait deux minutes et qu’on regarde attentivement.

Comment est né le super personnage de Suzon qui donne son nom à la série parue chez Gulf Stream ?
Alors, à la base, Gulf Stream avait manifesté l’envie d’éditer une série avec un petit héros, pour les plus jeunes lecteurs. Je ne me sentais pas concernée parce que je pensais ne pas savoir écrire pour ce public-ci. Ma super copine Amandine Piu ne voyait pas les choses comme ça et m’a dit un truc comme « Hé, tu voudrais pas qu’on le tente, ensemble ? ». J’ai baragouiné une réponse geignarde et pessimiste mais une série avec Amandine ne se refuse pas, n’est-ce pas ? On a parlé toutes les deux avec Justine de Lagausie, d’Okidokid, qui est une sorte d’encyclopédie sur pattes de la littérature enfantine. Elle a mille idées à la seconde et elle est hyper enthousiaste, galvanisante. Elle nous a parlé des attentes de l’équipe de Gulf Stream, avec laquelle elle travaille, dans des détails plus techniques et, sans s’en rendre compte, elle me donne le personnage de Suzon. « Il faut que le héros ait un truc à lui, une particularité qui permette aux petits de s’émerveiller. Je sais pas moi : il vole, il respire sous l’eau, il parle aux animaux, ce que tu veux ! » Je me suis dit « Bah oui, ça, tiens. Hop ! » et j’ai tout de suite visualisé des récits courts, avec une formule redondante et identifiable. J’ai donné à la fillette un prénom désuet, genre Jocelyne ou Yvette, je ne sais plus, mais Justine n’était pas convaincue. J’ai proposé Suzon, tout de suite après, parce que je trouvais ça efficace, accrocheur et vitaminé. De son côté, Amandine a immédiatement dessiné Suzon, telle qu’on la connait désormais (même si Suzette est passée par toutes les teintes capillaires avant qu’on arrête notre choix). C’était une évidence graphique pour elle et pour moi, aussi, du coup. Son gribouillon capillaire et ses grandes lunettes rondes la rendent parfaitement unique.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Enfant, tout ce qui venait de l’École des Loisirs, qui avait réussi à se frayer un chemin jusqu’à ma petite école dans la pampa alsacienne et à atteindre ma maison, dont la majorité des livres avaient des pages brunes et rêches qui sentaient la poussière… Et puis Roald Dahl et Sempé, massivement. Des classiques de la bande dessinée, un peu, parfois. Adolescente, Kundera. Kundera, Kundera et Kundera. J’étais clairement mono-idéique… Et, puis des écrivains russes morts, des écrivains britanniques morts et quelques allemands, vivants ! Comme Isolde Heyne, qui écrit merveilleusement pour la jeunesse, par exemple.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Alors, pour ce qui est « sûr certain », là, tout de suite :
un album chez Sarbacane, avec Aurélie Guillerey aux crayons, et qui s’appellera « Les choukachic magiques ». Une histoire pleine de fantaisie, d’humour et d’optimisme, je crois !
Un album avec Amandine Piu, à l’Élan Vert, est aussi en préparation : Le Grizzli-virus. Une sorte de fable moderne, loufoque et un brin cruelle !
Et puis un album chez Gautier-Languereau, dans la collection des Grandes thématiques de l’Enfance, avec Gaëlle Souppart qui avait déjà mis son style unique au service du livre Les papas de Violette, dans la même série. Ce livre s’appellera « La sœur des vacances » et abordera le sujet (un peu délicat parfois) de la famille recomposée.
Un roman 8-12 ans, dans la collection Pépix de Sarbacane, pour la rentrée. Enfin, si j’arrive à le terminer… !
Et espérons une Suzon, voire deux pour cette année ! J’ai plusieurs propositions sous le coude mais je ne sais pas encore lesquelles seront choisies d’abord… En tout cas, Amandine et moi faisons en sorte que notre rousse impétueuse vous réserve encore de jolies surprises !

Bibliographie sélective

  • La fourmi rouge, roman, Sarbacane (2017).
  • L’ours qui ne rentrait plus dans son slip, livre-CD illustré par Félix Rousseau, Benjamins Médias (2017).
  • Le génie de la lampe de poche, roman illustré par Joëlle Dreidemy, Sarbacane (2017).
  • Série Suzon, albums illustrés par Amandine Piu, Gulf Stream éditeur (2017), que nous avons chroniqués ici et .
  • Y en a qui disent…, album illustré par Maurèen Poignonec, L’élan vert (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Le bébé s’appelle Repars, album illustré par Isabelle Maroger, Gautier-Languereau (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Les papas de Violette, album illustré par Gaëlle Soupard, Gautier-Languereau (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • L’horrible madame mémé, album illustré par Amandine Piu, L’élan vert (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Jean-Jean à l’envers, album illustré par Aurélie Guillerey, Sarbacane (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La petite Sirène à l’huile, album illustré par Aurélie Guillerey, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.


Quand je crée… Maurèen Poignonec

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Maurèen Poignonec qui nous parle de quand elle crée.

Illustratrice profondément casanière, je dessine chez moi dans mon salon, assise sur mon fauteuil gris tout mou, les genoux contre le bureau, je ne m’assois jamais comme il faut, mes crayons sont éparpillés et classés par couleurs dans leurs pots face à moi, mes gouaches et encres à ma droite, et un mug de thé vert (voire infusion bizarroïde au curcuma et gingembre) à ma gauche. J’ai un besoin absolument maladif que tout soit rangé et organisé avant de travailler sinon je suis incapable d’être concentrée, si c’est le désordre sur mon bureau c’est le désordre dans ma tête.
Ma journée débute par un réveil situé entre 7 h et 9 h, ça dépendra de l’heure à laquelle je me suis couchée, je rampe mollement jusqu’à ma cuisine pour me concocter un petit déjeuner à base de porridge, des fruits, et du thé vert. Un vif coup d’œil à mon planning de la journée, je mets de la musique, et ainsi commence ma journée.
Vers 11 h je regarde des vidéos de recettes pour me donner des idées et me mettre l’eau à la bouche et hop petite pause de 11 h 30 à 12 h 30, et ensuite reprise jusqu’à 19 h et après 20 h je continue.
La musique est ma plus grande source d’inspiration et de motivation, elle vient creuser au plus profond de moi toute l’énergie nécessaire à la création de mes illustrations. En ce moment j’écoute en boucle Cascadeur, Chapelier fou, Mogwai, Agnes Obel et Camille, qui me donnent l’impression de partir en voyage, mais j’ai mes incontournables qui me suivent depuis toujours et qui me suivront encore des centaines d’années : les Beatles et David Bowie, qui procurent en moi autant de joie que de mélancolie.
La musique c’est pour les couleurs, ou quand je travaille sur l’ordinateur.
Pas de musique quand je suis à l’étape des crayonnés : c’est l’étape la plus cruciale dans la création des illustrations d’un album, j’essaie de faire au mieux et pour ça j’ai besoin de beaucoup de concentration et d’éviter toute source de distraction.
Quand je dessine dans le silence il y a des bruits qui m’empêchent d’être concentrée comme lorsque le chat des voisins miaule de désespoir au rez-de-chaussée, là j’ai qu’une envie c’est de dévaler l’escalier pour lui donner un bol de lait.
Je dois être dans l’état d’esprit le plus serein et confiant pour dessiner. Il suffit que je me pose trop de questions sur mon travail pour que je sois condamnée à regarder dans le vide, ou cas désespéré : rester au lit car je serai de toute façon incapable de poser quoique ce soit sur le papier, et quand ces périodes arrivent, j’ai juste à espérer rebondir très vite. Par exemple, ça faisait un an que je ne savais plus dessiner de personnages, j’ai eu beaucoup de projets cette année, ce qui signifie s’adapter à des demandes différentes dans un laps de temps très court, j’étais littéralement incapable de dessiner un personnage et d’en être fière, et c’est seulement il y a un mois ou deux que je pense avoir trouvé un truc qui me convient.
Mes idées et envies viennent un peu partout sans me prévenir, ça peut être quand je vais faire les courses, quand je prends le métro, quand je vois des familles qui discutent paisiblement ou qui s’enguirlandent, des pigeons, des canards, des gens amoureux, des vieux couples qui ne se regardent pas, ou ceux qui au contraire se regardent passionnément, des enfants qui courent, rigolent, gesticulent dans tous les sens… en gros tout ce qui bouillonne de vie m’encourage à dessiner.
Pour me détacher du travail, faire une petite pause, tous les jours dès que j’en ressens le besoin, je me pose sur mon canapé, et je regarde par la fenêtre, et j’arrive à ne penser à rien, ça m’apaise et après pouf petite piqûre de rappel que je dois continuer de dessiner.

Maurèen Poignonec est illustratrice.

  • Chez l’orthophoniste, illustration d’un texte de Léna Ellka, Milan (2018).
  • Une petite place, illustration d’un texte de Céline Claire, La Palissade (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Superfish, illustration d’un texte d’Orianne Lallemand, Kilowatt (2017).
  • Le livre de mes émotions, illustration d’un texte de Stéphanie Couturier, Gründ (2017).
  • Le collier de la fée Capucine, illustration d’un texte de Bernard Villiot, L’élan vert (2017).
  • Y’en a qui disent, illustration d’un texte d’Émilie Chazerand, L’élan vert (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • On n’a pas allumé la télé, illustration d’un texte de Bénédicte Rivière, L’élan vert (2017).
  • Série Quart de frère, quart de sœur, illustration de textes de Sophie Adriansen, Slalom (2017).
  • Le Saule rieur, illustration d’un texte de Pog, Sarbacane (2017)
  • Le doudou de la directrice, illustration d’un texte de Christophe Nicolas, Didier Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La grande inconnue, illustration d’un texte de Pog, Maison Eliza (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Tout le monde sait faire du vélo, illustration d’un texte d’Ingrid Chabbert, Kilowatt (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les tourterelles, illustration d’un texte de Karine Guiton, La palissade (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Série La Famille Cerise, illustration de textes de Pascal Ruter, Didier Jeunesse (2016-2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Chrysalide, illustration d’un texte de Pog, Cépages éditions (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Histoires pour bien dormir, Collectif, Milan éditions (2016).
  • 10 petites souris cherchent une maison, illustration d’un texte de Pog, Gautier-Languereau (2015).
  • Le Vilain Petit Canard, illustration d’un texte de Magdalena, Castor Poche (dans la collection Contes du CP – 2015).

Son site : http://www.maureenpoignonec.com
Son book : http://maureenpoignonec.ultra-book.com

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Des livres qui ne sont pas que des livres, et des DVD

Par 12 janvier 2018 Cinéma et DVD, Livres Jeunesse, Numérique

Aujourd’hui, je vous propose des livres qui invitent à continuer l’histoire au-delà du livre, puis on parlera de DVD qui viennent de sortir !

Le Petit Chaperon rouge
Texte de Jacob et Wilhelm Grimm (traducteur·trice non indiqué·e), illustré par Anne-Lise Boutin
Seuil Jeunesse dans la collection Les carrousels des contes
15,50 €, 215×215 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.
Le Petit Chaperon rouge
Textes de Lola Moral (traduit par Laura Ciezar), illustré par Sergio García Sánchez 
p’titGlénat dans la collection Mon livre-frise
14,95 €, 250×310 mm, 14 pages, imprimé en Chine, 2017.
Au château
de Madeleine Brunelet
Père Castor dans la collection Un décor à assembler pour s’amuser…
13,50 €, 180×220 mm, 16 pages, imprimé en Chine, 2017.
Le vent dans les roseaux
Texte d’Arnaud Demuynck, illustré par Nicolas Liguori
L’apprimerie dans la collection La chouette du cinéma
12 €, 220×250 mm, 48 pages, imprimé en Lettonie, 2017.
Ma petite planète verte
Collectif
Little KMBO dans la collection La collection cinéma pour les tout-petits
Autour de 15 €, environ 36 min., 2017.
Promenons-nous avec les Petits Loups
Collectif

Little KMBO dans la collection La collection cinéma pour les tout-petits
Autour de 15 €, environ 44 min., 2017.
Tu mourras moins bête, saison 2
d’Amandine Fredon, d’après Marion Montaigne, avec la voix de François Morel
Folimage
Autour de 15 €, environ 120 min., 2017.
Moi, moche et méchant 3
de Pierre Coffin et Kyle Balda
Universal Pictures Vidéo
Autour de 16 €, environ 90 min., 2017.
Dans un recoin de ce monde
de Sunao Katabuchi
ESC Distribution
Autour de 20 €, environ 188 min., 2017.

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Les invité·e·s du mercredi : Xavier Deneux et Audrey Poussier

Par 10 janvier 2018 Les invités du mercredi

Pour notre premier Les invité·e·s du mercredi de l’année nous recevons tout d’abord Xavier Deneux qui a accepté de répondre à nos questions. Ensuite, nous repartons en vacances avec l’autrice-illustratrice Audrey Poussier. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Xavier Deneux

Pouvez-vous nous présenter Un point c’est tout, votre nouvel ouvrage, étonnant, qui vient de sortir chez Milan ?
Ce dernier livre Un point c’est tout aurait pu avoir de multiples facettes.
Au départ j’avais envie de faire un livre articulé, j’avais montré à mon éditeur des maquettes très prometteuses et très parlantes, l’enfant pouvait articuler les animaux par un système de rivet, les mettre dans des positions saugrenues et rigolotes : un livre très interactif à toucher et à manipuler. Malheureusement pour des contraintes techniques cela n’a pas pu aboutir il a fallu donc rebondir.
L’idée m’est venue de décliner à partir d’une forme simple sur 10 pages 10 animaux.
En multipliant cette forme au fur et à mesure des pages (de 1 a 10) et en gardant l’esprit graphique du début les petits points noirs correspondant au mécanisme d’articulation initialement prévu.
Par le biais de cette accumulation, l’enfant peut commencer à appréhender la notion des chiffres. Pour accompagner l’enfant dans cette première notion et pour rendre le livre et ludique et interactif j’ai ajouté une page avant chaque animaux avec des ronds évidés (qui eux aussi se multiplient au fur et à mesure des pages) laissant le soin à l’enfant d’imaginer l’animal qui se cache derrière.
Je termine le livre par une double page où l’enfant sera amené à se souvenir et retrouver tous les animaux présents dans le livre.

Comment vous viennent vos idées ?
Mes idées viennent souvent de choses très simples : un petit bout de papier sur le coin d’une table, un trombone par terre dans mon atelier, des petites choses anodines qui quand on les manipule prennent progressivement du sens.
Ces petits objets deviennent alors cheval, maison, personnages, de la matière à rêver….
Après s’en suit un long processus pour donner du sens et en faire un livre.

Comment est née la super collection des imagiers gigognes ?
Il s’agissait de montrer d’une façon ludique l’extérieur et l’intérieur des choses.
La première maquette fut celle d’un fruit.
En page de gauche un fruit en volume, et en page de droite le même vu en coupe et en creux pour montrer l’intérieur de ce dernier, en refermant les pages l’une sur l’autre, les formes s’encastrent parfaitement pour rester sous la forme d’un livre classique.
Je ne pensais pas forcement au début que cette idée pourrait devenir une collection, mais au fur et à mesure des avancées le terrain de jeu s’est averré très riche.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
Pour les techniques, j’ai tendance souvent à dire que je dessine avec mon cutter, et ce n’est pas totalement faux car il faut monter très souvent des maquettes découpées, étudier les encastrements parfois au millimètre pour que tout fonctionne qu’il n’y ai pas trop de différences entre la forme plus petite qui se situe en page de gauche qui doit forcément s’encastrer dans une forme plus grande en page de droite.
Pour commencer un livre j’utilise des techniques traditionnelles, crayons, découpage, collage… pour terminer par organiser et finaliser le tout avec une tablette graphique.
Une vrai petite cuisine…

Vous êtes, d’après moi, l’un des très rares illustrateurs à savoir charmer autant les tout-petits que les parents, c’est quelque chose que vous avez recherché, travaillé ou c’est quelque chose que vous n’avez pas contrôlé ?
J’essaie avant tout de me faire plaisir et de réaliser de belles images simples et graphiques qui parlent certainement aux plus grands et j’y ajoute une petite touche de narration ou un petit détail dans l’image qui parlera aux plus petits, voilà peut être un début d’explication.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Mon parcours est ponctué de rencontres, à commencer par Jacques Gabriel Chevalier qui dirigeait une petite académie de beaux arts à Brive-la-Gaillarde, j’y ai appris le dessin académique et pratiqué aussi des stages de sculpture : des années de bonheur.
Cette petite académie m’aura marqué et mis le pied à l’étrier dans la voie artistique…
Je suis parti faire mes études à Paris à Penninghen, (l’esag) enseignement pluridisciplinaire (dessin croquis typographie photographie affiche….) 5 années pour finir par une thèse au côté de Roman Cieslewicz grand affichiste polonais, qui sera une nouvelle fois une rencontre très importante pour moi. Après mes études je commence à travailler à ses côtés dans son studio, où j’ai pu partager des moments merveilleux avec des personnes comme Topor ou bien encore Peter Knapp, puis s’en est suivi un parcours avec de multiples expériences : travail en agences, scénographie expositions personnelles…. pour finalement un jour me retrouver à travailler dans l’édition un peu par hasard : en réalisant un premier livre chez Mila édition (L’école du cirque) aux coté d’Anne Weiss et Pascale Estellon.
Puis tout s’est enchaîné : travail pour la presse jeunesse, des commandes de livres jeunesse, jouets, et dessins animés.
Au cours de différents salons je rencontre les éditions Milan et Christophe Tranchant (je travaillais déjà pour Milan presse), j’enchaîne les livres de commandes du type docu, livre à toucher pour les petits pour finalement amener progressivement mes propres projets et ma vision sur le livre pour les tout-petits. Je collabore aussi avec Tourbillon (avec Marie Fordacq et Franck Girard) je délaisse progressivement une partie de mon travail de commande pour travailler sur mes propres projets.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Je ne serai pas très original en citant les livres de Munari ou de Tomi Ungerer, mais aussi j’ai le souvenir de l’imaginaire de Binette Schroeder ou de Kota Taniuchi, Leo Lionni, Dick Bruna.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
chuuuuuttt … 😉

Bibliographie sélective :

  • Mon hochet des animaux, texte et illustrations, Tourbillon (2018).
  • Un point, c’est tout ?, texte et illustrations, Milan (2017).
  • Série Les imagiers gigognes, textes et illustrations, Milan (2012-2017), que nous avons chroniquée ici et .
  • Mon grand imagier à toucher, texte et illustrations, Milan (2016).
  • Série Totam, textes et illustrations, Tourbillon (2012-2016), que nous avons chroniquée ici, et ici.
  • Série Les contes gigognes, textes et illustrations, Milan (2014-2015), que nous avons chroniquée ici.
  • Mes animaux tout doux, texte et illustrations, Tourbillon (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes rêves, texte et illustration, Tourbillon (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Regarde, texte et illustrations, Tourbillon (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Au dodo les animaux, illustration d’un texte de Frédérique Loew, Tourbillon (2008), que nous avons chroniqué ici.


En vacances avec… Audrey Poussier

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Audrey Poussier que nous partons ! Allez, en route !

Pour quelqu’un qui déteste choisir, cet exercice fut difficile. Impossible de respecter le nombre 5, désolée. Quand je pars, je charge TOUJOURS BEAUCOUP TROP ma valise, voilà, une fois n’est pas coutume :

7 livres pour enfants (oui car il en faut plus que 5 pour varier, ça dépend de la longueur des vacances) :

  • Hulul et compagnie (anthologie) d’Arnold Lobel
  • Cuisine de nuit Maurice Sendak
  • Monsieur le lièvre voulez-vous m’aider de Charlotte Zolotow et Maurice Sendak
  • Papa sur la lune d’Adrien Albert
  • Toute la famille Quichon d’Anaïs Vaugelade
  • La tototte de Barbro Lindgren et Olof Landstrom
  • Bruno. Quelques jours de ma vie très intéressante de Catharina Valckx et Nicolas Hubesh

4 BD (Les BD, ça prends de la place alors seulement 4) :

  • Alma de Claire Braud
  • Jimmy Corrigan The smartest kid on earth de Chris Ware
  • Course de bagnoles de Leo Maret
  • Arsène Schrauwen d’Olivier Schrauwen
  • Little Nemo de Winsor McCay

5 CD :

  • Passion selon saint Matthieu Bach
  • Silk and soul Nina Simone (et n’importe quel autre de Nina Simone)
  • Le film Philippe Katerine
  • Ella et Louis (Ella Fitzgerald et Louis Armstrong)
  • Chet Baker sings

7 DVD :

  • La règle du jeu de Jean Renoir
  • À nos amours de Maurice Pialat
  • Un film de Fellini, La dolce vita par exemple !
  • Blow up de Abbas Kiarostami
  • Où est la maison de mon ami de Abbas Kiarostami suivi de Et la vie continue
  • N’importe quel film de Truffaut et de Melville….

ET à regarder avec les enfants, 4 DVD :

  • La petite taupe en ville de Zdenek Miler
  • Le ballon rouge d’Albert Lamorisse
  • Le voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki
  • Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy

5 artistes :

C’est trop dur de choisir…

  • Philippe Katerine
  • Israel Galván
  • Winsor MacCay
  • Pieter Brueghel l’Ancien
  • Le Caravage (le voir dans les églises en Italie)

5 ou 6 romans :

  • Sous le règne de Bone de Russel Banks
  • Martin Eden de Jack London
  • L’usage du monde de Nicolas Bouvier
  • L’art de la joie de Goliarda Sapienza
  • Bandini et Demande à la poussière de John Fante
  • Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski

5 endroits :

  • Le jardin des Plantes à Paris, et les jardins botaniques en général, et même n’importe quel jardin avec un peu de soleil.
  • Les marchés, tous les marchés.
  • L’océan, n’importe quel bout de côte, par tous les temps, toutes les saisons.
  • Une place dans un train (avec tous ces bouquins ça devrait aller)
  • Une maison avec des copains pour partager toutes ces bonnes choses.

(Et dans ma valise il y aurait probablement aussi des noix, des patates et des poireaux, parce que pour un peu que je passe les voir, mes parents me fourguent toujours un sac ou deux selon la saison)

Audrey Poussier est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Série Castor Têtu, illustration de textes de Jean Leroy, l’école des loisirs (2015-2017).
  • Le bain d’Abel, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • Chevaliers et princesses avec gigot, illustration de textes de Christian Oster, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Palmier de Noël, illustration d’un texte de Matthieu Sylvander, l’école des loisirs (2012).
  • Au lit tout le monde !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • J’ai pas dit partez !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Le plus beau, texte et illustrations, l’école des loisirs (2009).
  • Une farce, texte et illustrations, l’école des loisirs (2007).
  • Mon pull, texte et illustrations, l’école des loisirs (2006).
  • La piscine, texte et illustrations, l’école des loisirs (2006).

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