Aujourd’hui, je vous propose deux romans, dans le premier on va faire la rencontre d’une jeune japonaise harcelée à l’école, dans le second d’une jeune suédoise qui vient de perdre sa mère.
La vie d’Emi, 16 ans, n’est pas très rose, sa relation avec ses parents est devenue difficile et au lycée elle est la victime d’une bande de filles. Alors elle se réfugie dans les mangas quand elle n’est pas dans un bar à chat (endroit où l’on peut aller caresser des chats). Elle rencontre bientôt Hana, une jeune fille un peu plus âgée qu’elle et avec qui elle sympathise. Très vite, cette relation va devenir extrêmement importante dans la vie d’Emi… mais connaît-elle vraiment Hana ?
Annelise Heurtier signe un roman très fort (comme souvent avec cette autrice, même si ici c’est un sujet moins dur que dans les romans précédents) sur une jeune fille japonaise mal dans sa peau. Très vite, on s’attache au personnage et, avec elle, on se demande s’il ne se passe pas quelque chose d’étrange (sentiment accentué par quelques mails qui entrecoupent le récit et dont on ne comprend rien avant le dénouement). Annelise Heurtier dépeint une société japonaise extrêmement codifiée, dans laquelle il est difficile de s’épanouir, et où un groupe social minoritaire, les Burakumin, est rejeté parce que censé porter malheur.
Un roman fort sur le harcèlement, l’amitié et la société japonaise.
Sasha a établi une liste de choses à faire pour survivre, et elle a bien décidé de s’y tenir. Elle doit par exemple ne jamais s’occuper d’un être vivant, ne lire aucun livre, ne pas trop penser et éviter les promenades en forêt. Pourquoi tout ça lui permettrait de survivre ? Tout simplement parce que sa mère a fait tout l’inverse et qu’elle s’est suicidée. Et puisque sa mère était malheureuse, et qu’elle ne veut pas être comme elle, Sasha veut aussi devenir la reine de la comédie !
Si le sujet est lourd et fort, La reine de la comédie est tout de même un roman bourré d’humour et de scènes mémorables (ah la rencontre entre Sasha et sa psy…). Comme dans Mère forte à agitée (que j’avais adoré et chroniqué ici) Jenny Jägerfeld parle du fait de grandir avec une mère différente et absente (dans Mère forte à agitée la mère de l’héroïne avait disparu, ici elle s’est suicidée, dans les deux romans les héroïnes vont devoir faire un bout de chemin sans leur mère et dans les deux cas on parle de maladie mentale). Même si parfois la larme n’est pas loin (voire même carrément là), ce n’est jamais plombant et les scènes fortes sont toujours suivies de scènes drôles. On parle aussi du fait de culpabiliser après le suicide d’un de ses parents, de la peur d’être comme ses parents quand celui-ci est malade, de surmonter ses angoisses, de se dépasser… Le roman montre également une très belle relation entre un père et sa fille.
Un roman extrêmement fort, sans aucune lourdeur, venu de Suède.
Chère Fubuki Katana![]() d’Annelise Heurtier Casterman 14,90 €, 145×221 mm, 305 pages, imprimé en Espagne, 2019. |
La reine de la comédie![]() de Jenny Jägerfeld (traduit du suédois par Rémi Cassaigne) La Martinière Jeunesse dans la collection Fiction J. 13,90 €, 140×205 mm, 270 pages, imprimé en France, 2019. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !

