Cette année encore, on vous propose tout l’été notre rubrique Du berger à la bergère, un rendez-vous qui vous plaît beaucoup — vu vos retours — et qu’on aime beaucoup nous-mêmes. Tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur·trices et des illustrateur·trices qui posent trois questions à une personne de leur choix. Puis c’est à l’interviewé·e de poser trois questions à son tour à son intervieweur·euse d’un jour. On commence (fort) ces mercredis de l’été avec Camille Jourdy qui a choisi de poser ses questions à Bernadette Després !
Camille Jourdy : Dans quel endroit aimez-vous le plus dessiner ?
Bernadette Després : J’aime dessiner dans l’atelier que j’ai aménagé exprès dans la grande maison que j’habite près de Pithiviers, dans le Loiret… Pour le découvrir, regardez le dessin que j’ai joint où on voit tout mon bazar ! Mais en fait, je dessine partout où je vais… Y compris dans des fêtes ! Récemment, par exemple, je suis allée à la fête d’anniversaire d’un ami qui a eu 90 ans, et je me suis dit « il faut que je lui fasse un dessin ! », donc j’y suis allée avec mon carnet de croquis et pendant la fête, j’ai dessiné toute la famille,
puis d’autres personnes que je connaissais. Après, ils étaient contents : je leur ai offert les dessins !
Camille Jourdy : Est-ce que vous faites des carnets de croquis quand vous êtes en vacances ?
Bernadette Després : Oui j’ai toujours fait des carnets de croquis depuis toute jeune, même en colonie de vacances ça m’est arrivé… En fait, je ne prends pas de photos des endroits que je visite pour m’en inspirer !
Pour avoir de la variété dans mes dessins, j’ai passé mon temps à saisir les personnages que je rencontrais partout ! Car c’est comme ça que j’ai plein d’expressions différentes… Par exemple, je suis beaucoup allée dans les écoles… Quand je travaillais chez Bayard, je faisais des illustrations pour les textes de Dominique de Saint-Mars, et il fallait que je dessine des enfants toujours différents, donc j’allais dans les classes et je croquais leurs visages… Je suis beaucoup allée dans la classe de mes enfants quand ils étaient petits, ça ne les gênait pas. Les enfants sont toujours contents quand on les dessine, ils adorent ça, alors que les adultes…
c’est plus compliqué ! J’ai eu plusieurs expériences pas drôles… comme une fois chez un coiffeur, il y avait une dame qui faisait chauffer sa permanente sous un casque, et j’avais commencé à la dessiner ! Mais j’ai senti au regard de la coiffeuse qu’il valait mieux éviter ! Une autre fois j’ai dessiné une de mes grands-mères que j’adorais, et qui avait une minerve, ça ne lui a pas trop plu, elle a trouvé que ça ne lui ressemblait pas… Mais maintenant que je suis en vacances permanentes, mes croquis sont souvent le reflet des rencontres familiales ou amicales de l’été. Par exemple, en vacances, je fais des dessins partout où je peux pour mes petits-enfants, y compris sur leurs t-shirts ou leurs vêtements !
Mais pendant l’année, je continue de faire des croquis des gens que je vois à la télé, par exemple, j’aime beaucoup l’émission d’Augustin Trapenard, la Grande librairie.
Camille Jourdy : Est-ce que vous vous êtes inspirée d’un restaurant qui existe vraiment pour dessiner « À La Bonne Fourchette » ?
Bernadette Després : Pour dessiner le passe-plat de La Bonne Fourchette (qui a inspiré tant d’histoires aux scénaristes), j’ai utilisé le décor d’un restaurant qui se trouvait à Pithiviers à côté de chez moi, dans le Loiret. Et la cuisine, c’est pareil ! Mais je me suis surtout beaucoup baladée dans Paris, quand j’y habitais encore, pour voir à quoi ressemblaient les cuisines des restos. J’aime bien raconter cette histoire : quand j’ai accouché de mon second enfant, il y avait une dame à la maternité avec qui j’ai fait connaissance. Je suis allée la voir chez elle après, or elle tenait un bar restaurant dans la rue Montorgueil… Je suis même allée visiter son appartement au-dessus du restaurant pour m’en inspirer de façon à dessiner la chambre de Tom-Tom et Nana !
Pour les personnages de la famille Dubouchon, je me suis inspirée des gens autour de moi : par exemple, Tante Roberte je l’ai fait ressembler à ma tante, et monsieur Dubouchon il a le nez de mon père. Mais j’ai mis aussi mon mari dans toutes les histoires !
Bernadette Després : À quel âge as-tu commencé à dessiner ?
Camille Jourdy : Dès que j’ai su tenir un crayon, je pense… enfin, je ne me souviens pas, mais je dirais que je dessine depuis toujours ! Le dessin est un truc de famille, on dessinait beaucoup avec mon frère, ma sœur et mes cousines lorsque l’on était enfants… et moi j’ai continué en grandissant.
Bernadette Després : Y a-t-il des animaux chez toi ?
Camille Jourdy : Oui, il y a Nouk, une chatte noire qui fait beaucoup de bêtises. Elle a bousillé notre canapé, elle renverse tous les récipients avec de l’eau dedans et enlève les punaises des posters que l’on met aux murs. Parfois, elle marche sur ma palette de peinture et c’est la catastrophe.
Mais bon, je l’aime bien quand même.
Il y a toujours eu des chats chez nous. Nous en avions même beaucoup quand j’étais enfant.
Bernadette Després : Faisais-tu des bêtises dans ton enfance ?
Camille Jourdy : Non… J’étais hyper sage. Mes filles veulent toujours que je leur raconte des souvenirs de bêtises que j’aurais pu faire autrefois, mais j’étais plutôt calme et du genre à être dans mes pensées…
Bibliographie jeunesse sélective de Camille Jourdy :
- Pépin et Olivia, BD, scénario et dessins, Dupuis (2023).
- Mes premières chansons pour dire je t’aime à mon bébé, album musical, illustration, Gründ (2023).
- Mon papa, album, illustration d’un texte de Davide Cali, Bayard Jeunesse (2022).
- Jeux pour animaux, album, texte et illustrations, Actes Sud Jeunesse (2021), que nous avons chroniqué ici.
- Le dégât des eaux, album, illustration d’un texte Pauline Delabroy-Allard, Thierry Magnier (2020).
- Cachée ou pas, j’arrive !, BD co-écrite avec Lolita Séchan, Actes Sud BD (2020), que nous avons chroniqué ici.
- Je t’aimerai toujours, album, illustration d’un texte de Robert Munsch, Les éditions des éléphants (2020), que nous avons chroniqué ici.
- Les vermeilles, BD, scénario et dessins, Actes Sud BD (2019).
- Truffe et Machin, album, illustration d’un texte d’Émile Cucherousset, MeMo (2018).
- Le vaillant petit tailleur, album, illustration d’un texte de Camille Laurens, Milan (2016).
- C’est pas du gâteau, BD, scénario et dessins, Actes Sud BD (2016).
- L’apprenti pirate, album, illustration d’un texte d’Agnès Laroche, Milan (2015).
- Les animaux de la ferme, album, texte et illustrations, Albin Michel jeunesse (2013).
- Le petit prinche, album, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Glénat (2010), que nous avons chroniqué ici.
Retrouvez Camille Jourdy sur Instagram.
Bibliographie sélective de Bernadette Després :
- Série Tom-Tom et Nana, BD, scénarios et dessins, Bayard Jeunesse (depuis 1977).
- Les po-poèmes, BD, dessins sur un scénario de Bernard Friot, Bayard Jeunesse (2023).
- Le petit livre pour dire NON ! aux abus sexuels, documentaire, illustration de textes de Rémi Chaurand et Delphine Saulière d’Izamy-Gargas, Bayard Jeunesse (2015).
- Roule-toujours ou la lune dans la tête, livre-CD, illustration d’un texte d’Anne Boutin-Pied, Éponymes (2012).
- Anecdotes et aventures, album, textes et illustrations, Éponymes (2012).
- Petit traité de savoir vivre à l’usage des enfants, album, illustration d’un texte de Didier Érasme, Mouck (2010).
- Poésimages, album, illustration de poésies de Pierre Coran, Bayard Jeunesse (2009).
- Lili Moutarde, livre-CD, texte et illustrations, Petit à Petit (2003).
- Ma petite école, album, texte et illustrations, Bayard Jeunesse (1978).
- Les Mots de Zaza, album, illustration d’un texte de Jacqueline Cohen, Bayard Jeunesse (1976).
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Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !
