Art et observation

détails en pagailleA vos marques ! Prêts ? Partez ! C’est parti pour une folle chasse aux détails au cœur de 26 œuvres d’art de toutes les époques et de toutes les régions du monde. Qu’il s’agisse de la peinture du tombeau de Ramses II, d’une mosaïque byzantine du VIè siècle ou bien encore d’œuvres contemporaines, Élisabeth de Lambilly nous propose de s’arrêter à chaque page, et de prendre le temps d’observer en détail. On ne soupçonne pas qu’il puisse y avoir tout ça !

D’un côté, une photographie de l’œuvre occupe toute la page, et de l’autre, un petit texte explicatif, des morceaux à retrouver, et des détails à chercher. Esthétique, ludique, et instructif, cet album est une réussite, et comme beaucoup de ces livres basés sur l’observation, il séduit les jeunes lecteurs (et leurs parents).

mes petits bateaux

La Normandie accueille en ce moment le Festival Normandie Impressionnisme, qui met à l’honneur les paysages de cette belle région, immortalisés par les plus grands peintres du mouvement. A cette occasion, on embarque sur un bateau imaginaire avec un petit garçon qui n’a jamais vu la mer, au début du XXème siècle. Il parcourt d’abord la Seine, découvre ses méandres, ses berges boisées et ses guinguettes, puis enfin, voilà la mer : ses bateaux de toutes sortes, ses reflets changeant au cours de la journée et des saisons et les baigneurs qui envahissent les plages pour profiter du bon air.

Ce bel album propose aux enfants de faire le parallèle entre l’histoire (qui fait la part belle aux rêves et à l’imagination) et les illustrations d’Éric Battut, et une douzaine d’œuvres de grands maîtres de la peinture impressionniste. Les deux se confondent, et on s’amuse à chercher les similitudes et les différences. Original et jamais rébarbatif, voici une belle manière de découvrir cette période importante de l’histoire de l’art. Du coup, on partirait bien à notre tour sur les traces de ces peintres, pour découvrir la Normandie !

Quelques pas de plus…
D’autres ouvrages sur l’art que nous avons chroniqué : L’art en autocollants, Le musée des jeux, Yves Klein, Art et sciences, 10 tableaux et un ballon rouge, Fruits et légumes, Masques, L’histoire de l’art en autocollants, Mon livre d’art à colorier.
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Eric Battut : Le petit poisson rouge, Arthur 1er et le trône à trois pieds, Quand Grand-Mère revenait, Monsieur Scarlatine, Comme un pou.

Détails en pagaille, T3 La Chasse aux trésors
d’Élisabeth de Lambilly
Palette…
18,50 €, 297 x 260 mm, 61 pages, imprimé en Italie, 2013
Mes petits bateaux
d’Éric Battut
L’Élan Vert dans la collection Pont des arts
14,20 €, 245 x 326 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2013

A part ça ?

Cover

Aujourd’hui, je voulais vous présenter un nouveau magazine pour adolescents : Bumper, le monde bouge en 100 photos. Le concept est original : un thème (le sport pour ce premier numéro) et 100 photos pour l’illustrer dans toutes ses dimensions (histoire, actualité, images insolites, découverte du monde et des cultures,…). Les images sont bien choisies, bien mises en valeur (grand format, papier de qualité) et accompagnées de courts textes explicatifs. Un très bon moyen d’aborder autrement des sujets très souvent traités, en amenant le lecteur à s’interroger et se questionner, de manière ludique. Retrouvez plus d’informations sur le site du magazine : http://www.bumper-mag.com/.

Marianne

 

Share

La naissance vue de façon poétique

Puisque ma fille Suzanne est née ce week-end… c’est le moment idéal pour vous parler de deux livres très poétiques sur ce sujet.

Le visiteurAu départ il y a une forme étrange couverte de cercles, une forme sombre d’où se détache un être bizarre. Cet être évolue et va s’enfuir dans une forme colorée comme couverte de tentacules,  puis elle découvre d’autres endroits étranges, parfois habités, parfois déroutants. Le début d’un long voyage.

Le visiteur est un livre sans texte aux illustrations très particulières, avec une ambiance très spéciale. Un livre qui peut laisser perplexe, interrogatif mais qui ne laisse pas indifférent. Qu’est-ce qu’il raconte ? Quel est ce personnage ? Où sommes-nous ? Le visiteurPour être franc je ne suis pas certain que j’aurai compris que ça parlait « de l’arrivée au monde et de la rencontre avec l’autre » sans le dossier de presse… Mais j’ai été happé par cette œuvre surprenante et étrange, poétique et esthétique signée Iching Hung.
Découvrez plus d’extraits sur le site de HongFei et même une interview de l’artiste qui explique son œuvre.

Dis-moi d'où je viens...Où était-on avant de naître ? C’est ce que demande ce petit garçon à sa mère. Celle-ci lui explique qu’elle était dans l’air, dans son cœur et bien ailleurs encore.

Le texte de Katia Belsito est extrêmement doux et poétique, tout comme le sont ses illustrations. LesDis-moi d'où je viens... enfants posent souvent cette question « mais j’étais où avant d’être né », ici ce sont de très belles réponses que fait la mère Entre mes cheveux et entre mes doigts ou Dans un bouquet de fleurs, dans le chant d’un coq au lever du jour mais aussi dans mes convictions, dans mes incertitudes… car c’est de là aussi que viennent nos enfants, non ?
Feuilletez le livre sur le site de Pour penser à l’endroit.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un ouvrage de Katia Belsito (Qui a éteint le soleil ?) et beaucoup de livres sur la naissance (vous pouvez les retrouver sur notre fiche thématique).

Le visiteur
d’Iching Hung
HongFei
13,90€, 180×240 mm, 60 pages, imprimé en Chine, 2013.
Dis-moi d’où je viens…
de Katia Belsito
Pour penser à l’endroit dans la collection Contes pour penser à l’endroit
7€, 200×200 mm, 16 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013

A part ça ?

Comment ça « à part ça ? » ? Ben à part ça ma petite fille est née, ça ne vous suffit pas ?!

Gabriel

Share

Adolescents et jeunes enfants…

Aujourd’hui, je vous présente deux romans qui mettent en scène des adolescents et de jeunes enfants, unis malgré eux…
William, mon petit princeLes parents de Victoria sont divorcés. Elle part rejoindre son père à New-York, non sans avoir écouté les mille recommandations de sa mère. Dans le train, elle voyage avec une femme et son petit garçon de deux ans. Victoria les observe, d’autant plus que l’enfant semble sale, a des bleus sur les bras, et que sa mère n’a pas l’air d’en prendre grand soin. Tellement peu qu’arrivés à New-York, l’enfant se retrouve abandonné dans les toilettes. Victoria veut le faire sortir, mais le train redémarre déjà… La voilà prise au piège, avec cet enfant qui ne sent pas la rose et réclame de l’attention. Le sentant en danger, elle lui promet de ne pas l’abandonner et de le ramener en lieu sûr. L’adolescente se retrouve donc responsable de cette petite vie, alors que partout dans le pays, une alerte pour kidnapping est lancée… Ce n’est que le début de folles aventures pour cette adolescente courageuse et responsable et cet enfant naïf et attachant. Aura-t-elle les épaules assez solides ? Et surtout, pourra-t-elle tenir sa promesse ? Leurs deux destins sont liés pour un moment…

Stacy DeKeyser signe un roman plein d’action et de vie, qui malgré un scénario de départ plutôt invraisemblable réussit à nous embarquer dans un monde très réaliste. Finalement, de péripéties en péripéties, on se dit que c’est une histoire qui n’est pas complètement détachée de la réalité… Les personnages sont attachants, le rythme enlevé et dynamique, et même le petit garçon, qui ne parle pourtant que par onomatopées tient une vraie place dans le roman. Page après page, l’histoire défile, aussi vite que les trains qui emmènent nos deux héros… C’est tout à fait le genre d’aventure dont je raffolais quand j’étais adolescente, et j’étais bien heureuse de retrouver ce plaisir !

le bon antoinePour Antoine, l’amitié, c’est extrêmement important. Il est même prêt à se dénoncer à la place de Thomas, son meilleur copain, pour un tag sur le mur du collège. Il écope donc d’une semaine de travaux d’intérêt général, qui promettent des réveils douloureux, et de longs moments passés à nettoyer la cour de récré… Rien de folichon, jusqu’à ce qu’il croise Félicité, alias Bébé. Charmé, et toujours aussi prêt à rendre service, Antoine accepte donc de garder Chouchou, son bébé, parce qu’elle doit se rendre à un rendez-vous important pour le travail. Ce n’est pas une mince affaire, mais ses amis, et surtout Thomas sont prêts à l’aider : pour une fois que c’est lui qui a besoin de leurs services…

Marie Desplechin est décidément très forte pour nous plonger dans de folles aventures (j’avais lu et adoré Verte, quand j’étais enfant). Là, elle nous raconte le quotidien d’Antoine qui est bon et généreux, c’est vrai, mais loin d’être niais ! Oui, l’optimisme, la débrouillardise, et la camaraderie peuvent être mises à l’honneur sans être traité de « bonne poire »… Et ça fait du bien de se le dire, par les temps qui courent ! Au-delà de ce personnage haut en couleur, on découvre aussi les questions difficiles liées au statut de mère adolescente, mais ce n’est jamais lourd ou plombant : l’humour et les situations cocasses permettent toujours de donner un nouveau souffle à l’histoire ! Ça fait du bien, tout simplement !

Quelques pas de plus…
Retrouvez Le bon Antoine chroniqué par Enfantipages.

William, mon petit prince
de Stacy DeKeyser traduit par Sidonie Van den Dries
Bayard Jeunesse dans la collection Estampille
12,50 €, 137 x 192 mm, 316 pages, imprimé en Espagne, 2013
Le bon Antoine
de Marie Desplechin
Gallimard Jeunesse
12,50 €, 142 x 205 mm,229 pages, imprimé en France, 2013

A part ça ?

n-lettre

 

Le nouveau numéro du magazine Georges, Lettre, est sorti ! L’occasion d’en apprendre plus sur le facteur Cheval ou le code Morse, de décrypter des télégrammes, de se lancer dans la confection d’un sirop de fraises, ou de démasquer les auteurs de lettres anonymes… Ludique, esthétique et original, je suis une nouvelle fois conquise !

Marianne

 

Share

La vie des doudous

Le lapin en pelucheVivant, voilà ce qu’aimerait être ce petit lapin en peluche. D’après le cheval à bascule il suffit pour cela d’être aimé très fort par un enfant, imaginez donc la joie de notre lapin lorsque Nana le mit dans le lit du petit garçon et qu’il devint sa peluche préférée, celle qu’on traîne partout. Vivant il l’était devenu aux yeux du petit garçon, mais une rencontre avec de vrais lapins lui fit comprendre qu’il ne l’était pas aux yeux de tous… mais l’histoire était loin d’être terminée !

C’est un très beau conte de Margery Williams qu’adapte ici la très talentueuse Komako Sakaï. Un conte comme ceux de notre enfance (il date de 1922, année de ma naissance à deux trois années près) qui rappelle un peu Pinocchio (l’envie de devenir vivant, l’aide d’une fée pour le devenir). L’histoire est absolument magnifique et tellement riche ! On parle de l’importance des doudous, de la maladie, des objets qui ont une âme,… les illustrations de Komako Sakaï sont comme toujours somptueuses (la couverture ne leur rend pas justice d’ailleurs je trouve). Un conte magnifique, inoubliable.

Le Nouveau DoudouMais qui est ce lapin ? Les doudous ne le connaissent pas ! Faut dire qu’à l’école tout le monde se connaît : Kiki l’éléphant, Lala le petit âne, Tigrou le fauve, Boudou le carré de laine… passer des heures sur les étagères pendant que les enfants sont en classe ça crée des liens ! Alors pourquoi ce matin ce n’est pas Loupette que Soledad a déposé mais ce petit lapin nommé Pinpin ?

Dans un tout autre genre que le précédent, c’est une très jolie histoire de doudou qu’a écrite Hubert Ben Kemoun. On parle ici des doudous qui vont et qui viennent, des doudous de la nuit et ceux du jour, des doudous oubliés,… on parle aussi d’apprentissage, de l’école, de jalousie, du fait qu’on peut aimer plusieurs personnes sans que l’amour soit amoindri. Le texte est mis en valeur par de belles illustrations de Charlotte Roederer. Un bel album qui plaît beaucoup aux enfants.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Komako Sakaï (L’ours et le chat sauvage et Dans l’herbe), Hubert Ben Kemoun (La pire meilleure journée de ma vie, Seuls en enfer et L’épouvantail qui voulait voyager) et Charlotte Roederer (Mes cinq premières histoires à la petite école). Retrouvez aussi une de nos chroniques sur les doudous et d’autres avec le tag doudou.

Le lapin en peluche
de Komako Sakaï, d’après Margery Williams
L’école des loisirs
12,70€, 225×280 mm, 36 pages, imprimé à Singapour, 2007.
Le nouveau doudou
Texte d’Hubert Ben Kemoun, illustrations de Charlotte Roederer
Nathan dans la collection Album Nathan
10€, 224×275 mm, 24 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013.

A part ça ?

La petite salamandre 88Le nouveau numéro de la revue La petite salamandre est sorti ! Vous le savez on aime beaucoup ce magazine pour enfants sur la nature. Dans ce numéro 88 (juin-juillet) on va en savoir un peu plus sur les chauve-souris, apprendre à différencier un martinet noir d’une hirondelle de fenêtre, tout connaître du grillon,… et comme d’habitude des BD, un conte, des loisirs créatifs (on va fabriquer des instruments de musique !)… Un magazine toujours aussi bien fait, à la fois drôle, ludique et pédagogique. Pour tous les mordus de nature de 6 à 10 ans (et agréable à lire à tous les âges !).
En savoir plus sur cette super revue : http://www.petitesalamandre.net

Gabriel

Share

Puisque c’est comme ça je m’en vais !

S’en aller juste pour dire tu vois je l’ai fait
S’en aller pour toujours à jamais
Pour vivre seul ou mieux accompagné
S’en aller (Jérôme Van Der Hole)

Joseph FippsJoseph Fipps a cinq ans. Sa mère le traite souvent de grippon, lui c’est un griffon qu’il voudrait être, ce bel animal mythique mi lion, mi aigle. Alors qu’il vient de faire une énième bêtise, Joseph se fait encore gronder. Pendant que sa mère crie il aimerait s’envoler loin d’ici, tel un griffon et bientôt les mots sortent tout seuls de sa bouche et il lance à sa mère qu’elle est méchante et qu’il voudrait une autre mère… Et si ça arrivait vraiment et que cette nouvelle mère était une maman morse ?

Ce qui frappe tout d’abord dans l’album Joseph Fipps c’est la beauté de l’objet : beau livre au papier épais, superbes illustrations pleines pages (parfois plusieurs pages de suite sans texte), le genre de livre que l’on feuillette avec bonheur, JOSEPH FIPPSpour le plaisir des yeux. Il pourrait même ne pas y avoir de texte… mais il est là et il est très beau ce texte. Qui n’a pas eu le droit à la fameuse phrase « t’es plus mon père/ma mère » ? Et si ça arrivait vraiment ? Un très beau livre poétique et plein d’humour aux illustrations très douces sur la colère, les mots qu’on ne pense pas forcément et l’imagination débordante des enfants. Je ne connaissais pas cette maison d’édition (La Pastèque), je vais la suivre de près !

S’en aller c’est aussi quelquefois revenir
Quand on a vu qu’ailleurs c’était pire
Sans l’aller point de retour sans retrouvailles point d’amour
S’en aller (Jérôme Van Der Hole)

GROS-GRISGros gris était de très mauvaise humeur, autour de chez lui c’était la cacophonie, un barouf d’enfer ! Des oiseaux qui sifflent,  des cigales qui chantent, des grenouilles qui coassent… imaginez le boucan ! Alors c’est décidé Gros Gris part pour la ville, là-bas au moins il sera tranquille ! Ah bon ?

Je connaissais Éléonore Thuillier illustratrice… voici un livre écrit par elle ! Et sincèrement c’est un très bon texte, plein d’humour et de références (aux fables de La Fontaine). On connaît le proverbe, l’herbe est toujours plus verte dans leGROS GRIS champs d’à côté mais forcément quand notre chat arrive dans la pollution de la ville, seul et sans ami il a vite envie de retrouver le bon air de sa campagne et ses camarades qui lui semblaient si bruyants et lui manquent désormais. Eléonore Thuillier a une très bonne plume, il faut qu’elle l’utilise plus souvent !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs livres d’Éléonore Thuillier (La jungle en haleine, Adam est fort, Le grand lapin blanc, Mon papa est un zarzouilleur et Jour de piscine) et un livre de Prisca Le Tandé (Pourquoi les loups ont-ils de si grandes dents ?). Retrouvez aussi notre interview d’Éléonore Thuillier.

Joseph Fipps
Texte de Nadine Robert, illustré par Geneviève Godbout
La Pastèque dans la collection Pamplemousse
15,60€, 191×241 mm, 64 pages, imprimé à Singapour, 2013.
Gros Gris
Texte d’Éléonore Thuillier, illustré par Prisca Le Tandé
Les p’tits bérets dans la collection La tête sur l’oreiller
12,90€, 212×206 mm, 26 pages, imprimé en  France, 2012.


A part ça ?

Marie-Hélène Place, l’auteur des Balthazar, était l’invitée de Jusqu’à la lune et retour le mois dernier, une émission à réécouter ici.

Gabriel

Share