Un certain Nicolas…

J’ai des lacunes, et même parfois de sacrées lacunes ! Avec La mare aux mots, j’ai découvert Pierre Gripari, Roald Dahl et celui dont je vais vous parler aujourd’hui : Le petit Nicolas ! Bien sûr dans les trois cas je connaissais les noms, mais je n’en avais jamais lu !

Le petit NicolasLa sortie d’une édition spéciale (les trois premiers livres réunis en un) était le parfait prétexte pour découvrir ce classique de la littérature jeunesse.

Nicolas est un petit garçon, à l’école il a plusieurs copains. Il y a Alceste (qui mange tout le temps), Rufus (le fils d’un policier), Clotaire (un peu cancre), Eudes (qui passe son temps à donner des coups de poing), Geoffroy (dont le père est très riche), Agnan (le chouchou de la maîtresse sur qui l’on ne peut pas cogner, car il a des lunettes) et d’autres encore. Tous ceux-là (enfin sauf Agnan) se retrouvent pour faire de nombreuses bêtises et rendre la vie impossible aux adultes (le bouillon, leur surveillant, la maîtresse, le directeur, les parents…). Nicolas veut souvent bien faire (comme lorsqu’il décide d’offrir un bouquet à sa maman), mais généralement ça finit mal… Les adultes ne sont pas forcément mieux que les enfants, comme par exemple le père de Nicolas toujours en train de se chamailler avec le voisin et qui, peu importe de quoi parle Nicolas, aurait pu en être champion s’il avait continué.

Quel bonheur que ce gros recueil ! Très certainement que vous connaissez tous ce héros de Sempé et Goscinny que je découvre à 37 ans, mais peut-être donnerais-je l’envie à quelques-uns de le lire à leurs enfants ! J’ai lu, pour ma part, tout cet été ces histoires à ma fille de 6 ans qui s’est totalement régalée ! Elle est devenue totalement fan (au point un jour de me dire qu’elle aimerait un déguisement du Petit Nicolas…) et j’avoue en être devenu fan également ! C’est très drôle, plein de tendresse, terriblement bien écrit. Le fait que ça soit bourré de répétitions (notamment sur les personnages qui sont systématiquement présentés) fait beaucoup rire les enfants qui disent les mots avant qu’on ne les prononce.
Un grand classique de la littérature jeunesse qui n’a pas du tout vieilli.

LeLes vacances du Petit Nicolas troisième livre compilé dans ce recueil, Les vacances du Petit Nicolas, est également sorti en CD raconté par Benoît Poelvoorde… et là encore quel bonheur !
Dans cette histoire, on va donc suivre les aventures du Petit Nicolas tout d’abord en vacances avec ses parents puis en colo. Les copains habituels sont donc absents, mais les nouveaux ne sont pas mal non plus. Ici encore les bêtises sont au rendez-vous et les adultes sont toujours aussi désemparés, exaspérés.
Benoît Poelvoorde excelle dans son rôle de récitant, par moment j’ai franchement ri et je ne me suis jamais ennuyé. Ma fille a écouté ce double CD quasiment en boucle tout cet été dans sa chambre, sans jamais s’en lasser.
Une géniale lecture du Petit Nicolas, aussi savoureux pour les enfants que pour les parents.

Le Petit Nicolas
Texte de Goscinny, illustrations de Sempé
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Junior
12,50 €, 125×175 mm, 480 pages, imprimé en Italie, 2014.
Les vacances du Petit Nicolas
Textes de Goscinny, lus par Benoît Poelvoorde
Gallimard Jeunesse dans la collection écoutez lire
19,90 €, durée : 2h13, 2014 (précédente édition 2012).

À part ça ?

Si vous recevez notre feuille de nénuphar ou si nous suivez sur facebook vous le savez peut-être déjà… La mare aux mots recrute ! Nous cherchons un-e chroniqueur-euse pour le numérique ! Plus d’infos ici.

Gabriel

Les invité-e-s du mercredi : Élise Gravel et Iris de Moüy (+ concours)

Cette semaine, nous recevons notre Québécoise préférée : Élise Gravel, elle a accepté de répondre à mes questions (pas toujours finaudes). À la suite de cette interview, deux d’entre vous auront la chance de gagner son livre Le pou grâce aux éditions Le pommier. Ensuite, nous partons en vacances (et oui déjà !) avec Iris de Moüy. Bonne semaine à vous !


L’interview du mercredi : Élise Gravel

Élise GravelAllo Élise, parlez-nous de votre parcours
J’ai une formation de graphiste. Je ne vous dirai pas à quel niveau, notre système scolaire est trop différent du vôtre, mais c’est cette formation qui m’a poussée vers l’illustration. Ensuite, après avoir écrit et illustré mon premier livre jeunesse, j’ai eu la piqûre et j’en ai fait une trentaine d’autres ensuite. Au Québec, je suis connue pour mon amour des monstres et autres bestioles dégoûtantes, mais là, j’ai envie d’envahir un peu les États-Unis pour voir.

Quels sont les livres qui ont marqué votre enfance ?
J’aimais beaucoup les livres de Roald Dahl. Ils étaient drôles, irrévérencieux, avec de vrais méchants dedans, et même des pets ! Je les ai tous lus 18 fois, et je les lis maintenant à mes enfants avec le même plaisir.

J’ai lu (ici) que, petite, vous dessiniez des princesses, à quel moment tout a dérivé et vous vous êtes mise aux monstres, limaces ou encore vers ?
Je pense que mon « trip » de princesses s’est terminé à l’âge de 6 ans. Pour les insectes et les monstres, ça, c’est de naissance.

Vous avez dit (ici), à propos de votre meilleure amie « Elle est très différente de La Limace Gravelmoi et en même temps très semblable (…) C’est une fille très intelligente et généreuse ». Est-ce que vous êtes bête et radine ?
Oui : )

Au Québec vous êtes une énorme star, vous avez reçu le prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie jeunesse-illustrations pour votre album La clé à molette et vous roulez en Porsche, on commence à entendre de plus en plus parler de vous en France, c’est pour vous acheter un château ?
J’ai comme objectif de prendre le contrôle de la planète et de remplacer l’humanité par des coccinelles.

Que pensez-vous de la production dans la littérature jeunesse actuelle ? Quels sont les auteurs que vous aimez particulièrement ?
Oh, j’en aime des tas ! Je trouve que la littérature jeunesse française et québécoise est particulièrement riche. Je travaille en ce moment aux États-Unis et je remarque qu’ils sont beaucoup moins libres que nous et qu’ils nous envient cette latitude, cette possibilité de faire des produits originaux, décalés, pas « mainstream ». Et nous en faisons énormément ! Nos enfants sont chanceux de pouvoir lire de la bande dessinée, entre autres. Là-bas, aux É.U., c’est encore considéré comme de la « mauvaise littérature », voire de la sous-littérature.

Le grand AntonioComment est né l’album sur Le grand Antonio ?
J’avais envie de faire une série sur des hommes forts réels, et évidemment, j’ai voulu commencer par notre homme fort local, Antonio. Nous avons aussi Louis Cyr, bien sûr, mais il y a déjà eu des tas de livres et même un film à son sujet.
Antonio était plus proche de moi : il vivait à Montréal, et je l’ai croisé plusieurs fois. C’était un phénomène local et tout un énergumène ! Les gens de ma génération et celle de mes parents l’ont bien connu, mais sans ce livre, il passait à l’oubli : il est mort il y a dix ans dans la solitude et la pauvreté. Je trouvais que les enfants gagneraient à connaître ce personnage important de l’histoire locale du Québec. Et puis, il est très chouette, hein, tout de même ! Il tirait des autobus avec ses cheveux !

Vous proposez actuellement un super livre (antisexiste) en téléchargement gratuit (ici), Tu peux ! Comment vous est venue l’idée ?
J’ai eu l’idée parce que j’avais fait une petite illu qui disait « les filles peuvent être… drôles, bruyantes, en colère » etc (NDLR : voir ici), et cette illu avait été partagée des milliers de fois. J’avais ensuite reçu beaucoup de demandes de parents et d’instits qui me demandaient s’ils pouvaient l’imprimer et l’afficher à l’école ou à la maison. On m’a aussi demandé un équivalent pour les garçons.
Je me suis dit que clairement, ça répondait à un besoin ; que les éducateurs appréciaient Tu peuxcet outil. Pendant que j’y étais, j’en ai fait un petit livre en format PDF, c’était plus simple que de faire entrer tous les stéréotypes sexuels sur une petite affiche.
J’ai décidé de l’offrir gratuitement parce que mes affaires vont très bien, que j’ai plusieurs livres « payants » en chantier, que je n’avais pas le temps de chercher un éditeur pour celui-là, et parce que c’est un message qui me tient à cœur et que j’avais envie qu’il soit accessible au plus grand nombre.
Aussi, on parle beaucoup du livre dans les écoles au Québec ces jours-ci, ou plutôt de l’absence de livres. Les profs en manquent ; les budgets sont ridicules. C’était mon petit cadeau pour la rentrée.
J’ai eu du plaisir à faire ce truc. J’en ferai d’autres, c’est certain !

Pouvez-vous nous dire quelques mots à propos de Sur ton mur que vous avez créé avec votre belle sœur (et où j’ai acheté une superbe affiche) ?
C’est une galerie en ligne d’illustrations québécoises. On peut y acheter des repros de Adopte un Glurbhaute qualité en tirage limité, signées et numérotées, et aussi des originaux, et même des tatouages temporaires pour les enfants ! L’objectif de Sur Ton Mur est d’offrir des œuvres d’art de grande qualité à des prix abordables.

Parlez-nous de vos projets ?
J’en ai dix mille ! Je travaille en ce moment sur plusieurs projets avec Harper-Collins aux États-Unis et j’ai beaucoup de plaisir. Je viens de terminer un album jeunesse sur l’histoire d’une ballerine grognonne qui déteste le ballet. Je vais ensuite exporter mes monstres aux É.U. dans un prochain album qui est en chantier, puis vous présenter une petite fille sympa, Olga, dans une série de romans illustrés.
J’ai aussi quelques super-héros ridicules qui viennent de naître, et, euh, ben je crois que ça en fait assez pour le moment. D’ailleurs, j’ai du pain sur la planche, moi faut que j’y aille ! Allez zou, à plus, les cousins.

Bibliographie (française) sélective :

  • Le pou, texte et illustrations, Le Pommier (2014).
  • Le grand Antonio, texte et illustrations, La pastèque (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Adopte un Gurb !, texte et illustrations, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le rat, texte et illustrations, Le Pommier (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La limace, texte et illustrations, Le Pommier (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le ver, texte et illustrations, Le Pommier (2014).
  • Monstres en vrac, texte et illustrations, 400 coups (2013).
  • Galaxy power, Mango jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Bienvenue à la Monstrerie, texte et illustrations, 400 coups (2010).
  • J’élève mon monstre. Tout connaître sur le monstre domestique !, texte et illustrations, 400 coups (2010).
  • Super-Tsointsoin dans Sueurs froides au dépotoir, texte et illustrations, 400 coups (2008).

Le site d’Élise Gravel : http://elisegravel.com.
Et Sur ton mur : http://surtonmur.com.

Concours :
le pouComme je vous le disais avant cette interview, grâce à Le pommier je vais pouvoir offrir à deux d’entre vous un exemplaire de l’album Le pou de la géniale collection Les petits dégoûtants. Pour cela, dites-moi, en commentaire à cet article, quel est l’animal qui vous dégoûte le plus ou qui dégoûte le plus vos enfants. Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous avez jusqu’à mardi 10 h mercredi 10 h, bonne chance à tous !


En vacances avec… Iris de Moüy

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Iris de Moüy qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 livres jeunesseLes Rhumes, André François

  • Les Rhumes, André François
  • Monsieur squelette, Taro Gomi
  • Heureusement, Remy Charlip
  • Little Green Riding Hood, Bruno Munari
  • Petite Main chez Henri Matisse, Jacqueline Duhême

5 romansNaissance d’un pont, Maylis de Kerangal

  • Naissance d’un pont, Maylis de Kerangal
  • Trois femmes puissantes, Marie NDiaye
  • Le lion, Joseph Kessel
  • L’attrape-cœurs, J. D. Salinger
  • Le grand Meaulnes, Alain Fournier

5 DVDBonjour, Ozu

  • Bonjour, Ozu
  • Beau travail, Claire Denis
  • Holy Motors, Leos Carax
  • L’esquive, Abdellatif Kechiche
  • Le salon de musique, Satyajit Ray

5 CDNo cars go, Arcade Fire

  • No cars go, Arcade Fire
  • J.J.D., Fela Kuti
  • Tannahauser, Richard Wagner
  • Give it up, Public Enemy
  • Life on Mars, David Bowie

5 artistes

  • Louise Bourgeois
  • Henry Darger
  • Peter Doig
  • Anne Teresa de Keersmaker
  • David Hockney

5 lieux

  • Saint Gô, Gers
  • rue Jacob, Paris
  • Minas Gerais, Brésil
  • Arles
  • Daikanyama, Tokyo, Japon
autoportrait-iris de Moüy

Autoportrait d’Iris de Moüy

Iris de Moüy est auteur et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Ma sorcière et moi, illustration d’un texte de Giovanna Calvino, Gallimard jeunesse (2014).
  • La classe pipelette, illustration d’un texte de Susie Morgenstern, l’école des loisirs (2014).
  • Petite sœur, texte et illustration, l’école des loisirs (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • À la sieste !, texte et illustration, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • En route pour la tour Eiffel, texte et illustration, Hélium (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Honoré à toute allure, texte et illustration, l’école des loisirs (2012).
  • Les 4 saisons, texte et illustration, Hélium (2012).
  • Les lapins rouges n’existent pas, texte et illustration, l’école des loisirs (2011).
  • Mes affaires, texte et illustration, Hélium (2011).
  • Les vacances de Félix, Ella et les autres, texte et illustration, Hélium (2010).

Le site d’Iris de Moüy : http://www.irisdemouy.com.

Suspense pour les tout-petits

Aujourd’hui, je vous présente deux jolis livres cartonnés !

où es-tu petite boule rougeMais que fait-elle là cette petite boule rouge ? Est-ce une balle ? Une pomme ? Une boule de Noël ? Un pompon ? Une cerise ? Rien de tout ça ! Manolo trouvera-t-il la réponse ? Certainement !
L’histoire cartonnée que nous conte Patricia Côté est très simple à raconter : pas de grande aventure compliquée mais une série de questions et de scénarios imaginés pour trouver une utilisation à cette petite boule rouge ! On se questionne, on se demande : le suspense à la portée des tout-petits ! C’est beau et simple, à la portée des plus jeunes, et les illustrations de Yayo sont tendres, avec quelques couleurs, et beaucoup de douceur !
Où es-tu petite boule rouge ? est une jolie occasion de faire fonctionner l’imagination, dès le plus jeune âge !

Pourquoi si pressésMais que se passe-t-il ? Pourquoi tout le monde est si pressé ? Le tracteur du chien, la petite voiture du lapin, la moto du tigre, l’ambulance, le camion de pompiers conduit par les renards, la fourgonnette de l’âne, et tous les autres véhicules vont tous dans la même direction ! Ils appuient sur l’accélérateur, pédalent à toute allure, allument les gyrophares, et s’agglutinent dans l’autocar… Et tout d’un coup, ils s’arrêtent tous au même endroit ! Mais pourquoi ? Pourquoi si pressés ?
Suivez donc cette joyeuse troupe pour le savoir ! On tourne les pages, uniquement composées d’images de véhicules accompagnés de leur nom, de plus en plus vite, pressés de connaître cette destination mystérieuse ! Et sur la dernière page, qui se déplie pour s’agrandir, on retrouve tout le monde ! Thomas Müller nous livre ici une histoire qui passe principalement par les illustrations, pleines de détails et d’humour, et raviront les amateurs d’engins en tout genre ! C’est simple, ludique, et là encore, on réfléchit à la chute et on formule des hypothèses, jusqu’au bout, jusqu’à la surprise !
Un album solide et coloré pour vivre une course folle et mystérieuse !

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres sélections d’albums cartonnés ici ou , par exemple.

Où es-tu petite boule rouge ?
Texte de Patricia Côté, illustré par Yayo
Les éditions de la bagnole
7,90 €, 179 x 179 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2014
Pourquoi si pressés ?
de Thomas Müller
L’école des loisirs
9,80 €, 218 x 178 mm, 34 pages, imprimé en Allemagne, 2014

À part ça ?

Claire Brewster découpe de jolis oiseaux dans des cartes du monde !

Marianne

Deux histoires plus profondes qu’elles en ont l’air

Le ballon de SimonSimon rêve du ballon qu’il a aperçu dans la vitrine d’un magasin de jouets. Faut dire qu’il est beau ce ballon ! Ni une, ni deux il entre dans le magasin pour dire au marchand à quel point il a envie de ce ballon ! Celui-ci lui propose un marché : s’il lui rapporte un gâteau appétissant, le ballon sera à lui ! Direction la pâtisserie où la boulangère lui propose de lui donner un gâteau merveilleux en échange d’un chapeau, dehors le petit garçon rencontre une dame à chapeau qui lui propose de le lui donner contre un parapluie… Notre petit garçon devra faire encore plusieurs trocs s’il veut, au final, avoir son ballon.
Anne-Gaëlle Balpe nous propose un conte de randonnée plein d’humour et de tendresse (accentuée par les illustrations d’Annette Boisnard). Elle met en valeur le troc, la débrouillardise. Sans argent, mais avec un peu de malice, le petit garçon va réussir à avoir ce qu’il convoite… et peut-être même autre chose ! Elle nous rappelle ainsi que même le plus pauvre peut réussir à s’offrir une petite chose qui lui fait envie. Son héros s’interroge même à un moment de l’histoire si ce qu’il a en main à ce moment-là ne lui suffit pas.
Un joli conte en randonnée avec un vrai fond.

UnL'oiseau et la pièce d'or oiseau trouva, un jour, une pièce d’or. Il se mit à chanter sur le toit du château du roi qu’il était plus riche que ce dernier. Forcément, celui-ci n’était pas ravi d’être raillé par un oiseau et demanda à ses soldats d’aller lui prendre sa pièce d’or. Il se croyait enfin tranquille, sauf que lorsqu’il se trouva démuni, l’oiseau se mit à chanter que le roi étant jaloux il lui avait pris son bien. Le monarque demanda à ce qu’on lui rende sa pièce… et l’oiseau se mit à chanter que le roi, ayant peur de lui, lui avait rendu son or… Notre homme, passablement énervé, demanda à ce qu’on lui ramène l’oiseau.
On vous a déjà parlé de ce conte (ici), en voici une nouvelle version écrite par François Vincent et illustrée par Cécile Hudrisier. Une histoire qui, sous ses airs de conte classique, ridiculise les dictateurs et montre l’importance de la raillerie. Notre petit roi ne supporte pas qu’on se moque de lui, mais il aura beau faire, il ne pourra pas faire taire l’oiseau, il devra vivre avec.
Un conte qui nous rappelle que même le plus petit oiseau peut faire de l’ombre au pire des rois.
Des extraits sur le site de Didier Jeunesse.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Anne-Gaëlle Balpe (Le roi maladroit, D’où il vient ce gros chagrin ?, Une pizza pour Monsieur WolfLa lanterne magique, Noël à l’endroit, Où va-t-on quand on disparaît ?, Chez moi, Mon cartable, De vrais amis, Le grand n’importe quoi, Rouge bitume, Noël en Juillet, On n’a rien vu venir, Bonhomme et le caillou bleu, Quand je serai grand, je serai grand méchant loup, Les potions de Papi-guérit-tout, et Fées d’hiver) et Cécile Hudrissier (Les aventures de p’tit Bonhomme, Comptines pour mon bébé, Le gâteau de Ouistiti, La moufle, Comptines pour compterComptines pour chanter les couleursLa petite poule rousse, Mais il est où ce gros matou ?, La grosse faim de P’tit Bonhomme, Il était une fois… Contes en haïku, Les plus belles chansons anglaises et américaines, P’tit biscuit ou L’histoire du bonhomme de pain d’épices qui ne voulut pas finir en miette, Comptines pour chanter en anglais, Le fil rouge, Chansons pour chanter Noël et Comptines pour chanter la ferme). Retrouvez aussi nos interviews d’Anne-Gaëlle Balpe et de Cécile Hudrisier.

Le ballon de Simon
Texte d’Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Annette Boisnard
Frimousse dans la collection Sa majesté du soir
14 €, 226×292 mm, 26 pages, imprimé en Italie, 2014.
L’oiseau et la pièce d’or
Texte de François Vincent, illustré par Cécile Hudrisier
Didier Jeunesse dans la collection À petits petons
11,50 €, 240×225 mm, 20 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Demain, la lune sera plus proche de la terre que d’habitude. On appelle ça la Super Lune. En attendant de regarder par la fenêtre demain soir, un joli diaporama.

Gabriel

Jouons avec les mots

Je ne vais pas vous parler de livres avec des jeux de mots… mais vraiment de jeux de société avec les mots au cœur du jeu.

Le jeu du prince de MotorduVous connaissez tous (ou presque) le Prince de Motordu, le célèbre héros de Pef, qui confond très souvent les mots. Dans Le jeu du prince de Motordu, justement il ne va pas falloir les confondre !
Le jeu est simple (et très ludique) : un plateau en volume (carton et plastique, mais tout se replie et rentre dans une boîte) qui représente le château du prince. Autour du château, on trouve des cases avec des thèmes (animaux, choses lourdes, ça se mange…). Il y a aussi un dé (rond) et des cartes. Il va falloir mettre le dé dans la cheminée du château et, suivant par quelle porte il sort, on ne devra pas trouver la même chose ! Si le dé sort par la porte orange il faudra trouver un mot commençant par la lettre indiquée sur la carte que l’on va piocher, si c’est par la porte bleue il faudra un mot contenant la syllabe indiquée, par la rose, un mot qui rime avec celui qu’on nous donne et par la verte le plus de mots possible de la thématique de la case. Le dé indique aussi bien sûr le nombre de cases qu’on doit avancer. Si vous trouvez un mot correspondant à la demande dans le temps imparti vous gagnez une carte point et bien entendu celui qui a le plus de points à la fin gagne !
Pour que ce soit plus clair, le mieux reste les exemples ! Si votre dé sort par la porte bleue en indiquant 5, vous avancez de 5 cases et tombez sur la case ça vole. La carte piochée indique « contient ro ou ron » vous avez donc le temps du sablier pour trouver quelque chose qui vole contenant ro ou ron. Si votre dé sort par la porte orange et que vous tombez sur la case dans la nature, vous devez trouver quelque chose en rapport avec la nature commençant par V. Ce n’est pas toujours évident, mais les enfants (dès 6 ans) y arrivent aussi bien que les parents (parfois avec un temps plus long, avec ma fille de 6 ans on doublait le sablier).
On s’amuse vraiment, car le principe est très ludique, et c’est loin d’être bête !

Super défiSuper défi, un jeu édité par le Bescherelle, s’adresse aux un tout petit peu plus grands (dès 7 ans d’après l’éditeur). Ici le principe est encore plus simple, un tourillon au milieu de la table, les joueurs, les deux mains posées sur la table, et un joueur donne le thème du tour (indiqué par la carte) puis « gauche ! » ou « droite ! » et le premier qui attrape le tourillon avec la bonne main a le droit de répondre à la question. Ici, on trouvera des questions de conjugaison (forcément !), mais aussi des questions de genre (un ou une viscère ?), de pluriel (un rouge gorge au pluriel ça donne quoi ?), d’orthographe…
Le jeu pourrait sembler un peu « réservé aux intellos », mais le côté ludique du fait d’être rapide à attraper le tourillon rend les choses moins sérieuses !
Sur chaque carte, on va trouver trois niveaux de questions (suivant qui répond) : 7/8 ans, 9/11 ans et 12 ans et + (et croyez-moi, la dernière catégorie ne sera pas forcément hyper facile pour les adultes !) ce qui est super pratique pour jouer en famille.
Un petit jeu très sympa qui en plus ne prend pas de place et donc s’emporte partout !

Quelques pas de plus…
Tous les jeux que nous avons chroniqués sont regroupés dans ce tableau Pinterest.

Le jeu du prince de Motordu
de Les fées Hilares, illustré par Pef
Nathan
Prix : Autour de 25 €
Age d’après l’éditeur : dès 6 ans
Nombre de joueurs : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : n.i.
Fabriqué en Espagne.
Super défi
d’Alain Anaton
Bescherelle
Prix : Autour de 10 €
Age d’après l’éditeur : 7+
Nombre de joueurs : 2-6 (mais je n’ai pas compris comment on pouvait jouer à deux)
Temps de jeu d’après l’éditeur : 10′
Fabriqué en France.