La mare aux mots

Hommage à Gudule

Par 22 mai 2015 Non classé

Gudule

Sur La mare aux mots, nous ne faisons que des chroniques. Nous ne parlons pas de l’actualité, nous parlons des livres. Mais là, il nous était impossible de ne pas rendre hommage à Gudule qui vient de nous quitter.

Gudule avait été la toute première invitée de La mare aux mots. Le blog n’existait pas encore qu’elle avait dit oui et répondu à nos questions.

Quand nous avons eu l’idée de la rubrique Coup de cœur/Coup de gueule, c’est elle aussi qui a ouvert le bal.

Gudule elle était comme ça. Généreuse.
On la considérait un peu comme notre marraine.

D’un point de vue personnel, j’ai eu la grande chance de la connaître. Ami de sa fille, j’ai passé du temps chez elle, avec elle, il y a quelques années. C’était quelqu’un de tellement drôle, de tellement accessible, de tellement généreux.

Et quelle écrivaine ! Il faut lire L’amour en chaussettes, La bibliothécaire et bien d’autres.

Gudule a osé souvent aborder des thèmes délicats, des thèmes pas à la mode, des thèmes polémiques (elle nous en avait parlé aussi dans la rubrique Le tour de la question). Et toujours avec talent.

Je suis triste, très triste et je vous livre les mots comme ils viennent.
J’ai proposé à d’autres de se joindre à moi dans cet hommage. D’autres mots viendront peut-être s’ajouter.

J’espère que vous irez (re)lire ses livres, découvrir ses « moments de solitude » sur son blog, qui sont toujours une bonne occasion de rire.

Parce que ce que je retiens surtout de Gudule, c’est le rire.

Gabriel

Pour moi, Gudule, c’est surtout La Bibliothécaire. Ma grand-mère m’avait acheté ce roman au supermarché qui jouxtait la maison de mes grands-parents. J’ai d’abord été attiré par le nom de cette auteur. Gudule ? Ça alors ! Puis par la couverture pleine de livres, avec cette femme drapée de noir, mystérieuse. Il y avait un liseré bleu sur la tranche du livre, qui signifiait, dans cette collection, que ce titre s’adressait aux enfants plus âgés. Je n’en étais qu’à lire des liserés rouges. Et pourtant, je l’ai choisie cette histoire qui m’intriguait tant ! Je n’étais sans doute pas encore assez grande lectrice quand j’ai commencé alors j’ai buté sur les premières pages. Mais j’ai été emportée par l’histoire, j’ai persévéré et l’ai dévoré… Une preuve de plus qu’il n’est pas nécessaire de cloisonner les tranches d’âge…
Gudule est associée à un doux souvenir de mon enfance : ma première histoire un peu difficile, à laquelle je n’avais pas renoncée, captivée par cet univers si particulier. À ce titre, sa disparition me touche. Je m’en vais de ce pas découvrir le reste de son œuvre…
Marianne

Gudule pour moi comme pour beaucoup c’est La bibliothécaire. Je me rappelle encore de la couverture, cette femme ronde, silencieuse, presque religieuse, au milieu de tous ces livres, cette bibliothécaire qui fait chuuut ! J’avais adoré ce roman et devenue auteure mais surtout bibliothécaire j’ai adoré et j’adore (et j’adorerai) le recommander aux lecteurs. Gudule c’est aussi la Ménopause des fées, pour les adultes, je ne les ai jamais lus, mais je me revois ranger les livres sur les étagères de la médiathèque et faire « Rooo quand même ! » en souriant devant la 4ème de couverture. Au revoir Madame Gudule, votre patte nous manquera.
Fanny Robin

Je n’avais publié qu’un livre ou deux quand j’ai lu L’amour en chaussettes. Je me suis dit que j’aurais un jour le plaisir de croiser sur un salon ici ou là cette auteur culottée, aux histoires subtiles. J’avais envie de parler de tas de choses avec elle. Je ne l’ai jamais rencontrée. Impression d’un rendez-vous manqué. Une pensée émue pour ses proches.
Cécile Roumiguière

Mon premier souvenir de Gudule c’est La bibliothécaire, comme j’ai aimé, comme il est beau ce titre. Si longtemps après je me rends compte qu’il est resté ancré dans ma mémoire alors que d’autres ont passé, et puis il y a eu tous les autres, la liste est trop longue, mais à chaque fois un plaisir immense, le sourire et le bonheur de lire. Merci Gudule
Jean-Luc Clerc (Les sandale d’Empédocle)

Je suis également très très triste pour Gudule. Je l’aime tellement fort cette auteure.  Avec Marie-Aude Murail et Geneviève Brisac. Elles sont les marraines fées de mon enfance et adolescence.  Mes piliers de littérature.  Gudule m’a beaucoup apporté avec son roman Ma vie à reculons. C’était la première fois qu’on osait « m’en parler » sans tabou.  Mon père a le VIH et ma maman est décédée à cause de cette maladie. Ils ont appris qu’ils étaient malades à 6 mois de grossesse de ma maman qui n’avait qu’une envie avoir cette petite fille. Et c’était moi ! On lui a dit d’avorter elle n’a jamais voulu. Pourtant les risques que je sois malade étaient importants.  Je ne suis pas malade. Elle est décédée 2 ans et demi après. La grossesse l’a beaucoup fatiguée.  Le sida a été l’ombre de mon enfance et adolescence.  Encore avec mon père nous avons du mal à dire les mots. Alors quand j’ai lu le roman de Gudule sous ma couette avec la lampe de poche. J’ai su que j’avais une alliée. À sa façon, elle m’a soutenue avec d’autres de ses romans.
Aurélie

Gudule, c’est La bibliothécaire, si chère à mon cœur. Gudule, c’est Un bout de chemin ensemble, où les animaux sont plus qu’humains. Gudule, c’est aussi L’amour en chaussettes, j’ai été sa Delphine amoureuse d’un prof. Nous avons été nombreuses à être Delphine ou bien l’un de si ses nombreux autres personnages encore. Gudule, c’est une liberté de ton, une justesse des situations, un flot de sentiments si bien décrits, si bien écrits. Les mots ne meurent jamais… alors Gudule est éternelle.
Mymi Doinet

J’avoue n’avoir lu aucun des romans de Gudule, et pourtant je suis profondément triste de savoir que cette magnifique personnalité n’est plus. Je l’avais rencontrée alors que j’étais toute débutante en littérature jeunesse. C’était dans les couloirs d’Hachette si j’ai bonne mémoire, puis dans des salons, à intervalles réguliers. Ce qui m’a toujours frappée, c’était qu’elle était vraiment « là » : convaincue, enthousiaste ou révoltée, profondément sincère, à l’écoute (la véritable écoute). Elle avait toutes les qualités qui font qu’un être humain est attachant, qu’on ne l’oublie pas, et qu’on pense, à chaque fois qu’on vous annonce qu’il(elle) sera présent(e) : « Ah, génial ! ». On pouvait ne pas l’avoir vue depuis des années, c’était comme si on s’était parlé la veille. Ce n’est pas si fréquent, c’est même extrêmement rare. Sa disparition me touche  davantage que celle de certains membres du cercle familial. Car il existe une autre famille, qui regroupe des personnes de tous les horizons, qu’on ne rencontre que par intermittence mais dont la présence vous réconforte à chaque fois : oui, l’être humain peut « avoir du cœur », dans le sens le plus riche et le plus profond de cette expression parfois galvaudée
Béatrice Nicodème

De Gudule, j’ai lu énormément, et je me rappelle tout particulièrement l’incroyablement prophétique Regardez-Moi – où une jeune fille et sa famille acceptent de laisser entrer chez eux les caméras, pour être filmés vingt-quatre heures sur vingt-quatre. À l’époque, au collège, on voyait cette histoire comme une dystopie. C’était le tout début de la télé réalité… Bien des années plus tard, on voit à quel point elle avait raison. Pour tous ces moments où elle a eu raison, et avec justesse et poésie en plus, merci, Gudule
Clémentine Beauvais

Pour une des interviews, j’avais demandé à Gudule sa bibliographie sélective, voici les titres qu’elle avait choisi de citer

  • La Bibliothécaire (Hachette)
  • J’irai dormir au fond du puits (Grasset)
  • Mille ans de contes mythologiques (Milan)
  • La chambre de l’ange (Nathan)
  • La princesse au teint de lune et autres contes du Japon (Mic-Mac)
  • Profession Vampire (Archipoche)
  • L’amour en chaussettes (Thierry Magnier)
  • Valentin Letendre, Amour, magie et sorcellerie (Plon)
  • Le secret des Hurlants (Bayard)
  • Le croqueur de lune (Mijade)

En littérature pour adultes :

  • Mémoires d’une aveugle (Rivière Blanche)
  • Le petit jardin des fées (Mic-Mac)
  • Le club des petites filles mortes (Bragelonne)

Le blog de Gudule : http://gudule.eklablog.com.

Les livres d’elle que nous avons chroniqués : Les mille et une nuits40 histoires pour les tout-petits, Fées et princesses, L’amour en chaussettes et Contes et Légendes de l’amour.

Notre hommage sur facebook et vos nombreux témoignages.

Accrochez vos ceintures, on décolle !

Par 21 mai 2015 Livres Jeunesse

Lettres de mon helicoptetreElle est partie. Elle a largué les amarres, laissé tout en plan. Bye bye les parents, au revoir l’ennui. Quelques outils et un vélo, elle a fabriqué un hélicoptêtre et s’est envolée par la fenêtre. À elle l’aventure ! Elle n’est pas partie seule, elle a pris le chat (lui aussi avait l’air de s’ennuyer). Première étape : l’Angleterre ! Elle pensait croiser la reine, mais visiblement elle n’était pas là… par contre, l’hélicoptêtre s’est alourdi… Maintenant direction d’Espagne ! Il y a aura ensuite l’Italie, l’Égypte, la Chine et bien d’autres endroits.
Clémentine Beauvais nous entraîne dans un fantastique tour du monde ! Chaque pays est représenté par une double page où l’on parle forcément de quelques personnalités, monuments ou objets représentatifs du lieu (en Chine, par exemple, de l’encre de Chine, des dragons, des cerfs-volants). Chaque fois, elle ramène par mégarde quelque chose. Au fur et à mesure de l’histoire, son vélo est de plus en plus lourd et l’on voit les personnages qui s’accumulent (un peu comme dans le jeu Je vais au marché). Sauf qu’à un moment, il faut bien rentrer chez soi et là, ça en fait du monde ! Les jolies illustrations au crayon de couleur d’Anne Rouquette accompagnent à merveille le texte plein d’humour de Clémentine Beauvais.
Un bel album pour s’évader !

Vol au ventC’est un jour de grand vent, Pingouin bleu profite de son nouveau jeu : un cerf-volant ! Sauf que le vent est vraiment fort, et notre pingouin pas très lourd… voilà que ses pieds ne touchent plus le sol. Flo et Tif viennent l’aider, mais ça ne marche pas vraiment, les trois sont maintenant partis… Le phoque Mousse, qui les voit passer les attrape pour les retenir… et s’envole à son tour ! Puis ils seront rejoints par l’ours Anatole ! Et tous nos amis sont entraînés toujours plus haut, toujours plus loin… jusqu’à atterrir dans la jungle !
On parle ici d’amitié, d’entraide… et d’aventure ! C’est drôle, poétique et les illustrations sont très graphiques. Décor très froid, très blanc au départ, on passe ensuite aux couleurs chaudes et au décor surchargé de la jungle. Les sons s’invitent parfois dans le décor. Je trouve que c’est bourré de trouvailles graphiques et le résultat est vraiment très beau.
Un album esthétique et drôle.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Clémentine Beauvais (Comme des images, Samiha et les fantômes, La plume de MarieLes petites filles top-modèles, La pouilleuse et On n’a rien vu venir) et Anne Rouquette (Bons Baisers ratés de Paris et T’as la tchatche). Retrouvez aussi notre interview de Clémentine Beauvais.

Lettres de mon hélicoptêtre
Texte de Clémentine Beauvais, illustré par Anne Rouquette
Sarbacane
15,50 €, 229×280 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.
Vol au vent
de Rob Biddulph (traduit par Emmanuelle Pingault)
Milan
12,50 €, 227×288 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2015.

À part ça ?

Un concours très sympa chez Graine², une maison qu’on aime beaucoup.

Gabriel

Les invité-e-s du mercredi : Alexandra Huard et Carole Chaix ( + concours)

Par 20 mai 2015 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, nous vous proposons d’en savoir plus sur l’illustratrice Alexandra Huard. J’aime beaucoup son travail et j’ai eu envie d’en savoir plus sur elle, son parcours, ses inspirations. Ensuite, c’est avec une autre illustratrice que nous avons rendez-vous et pas des moindres : Carole Chaix ! Elle a accepté de jouer le jeu du En vacances avec. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Alexandra Huard

Alexandra HuardComment êtes-vous devenue illustratrice, parlez-nous de votre parcours.
J’ai voulu faire ce métier très tôt. Dès le début de l’école primaire, je disais que je voulais « dessiner les couvertures des livres ». J’ai vécu jusqu’à 18 ans près d’Annecy. Chaque année en juin, je pouvais profiter du Festival International d’Animation d’Annecy pour découvrir des centaines de films animés aux techniques et graphismes très variés. Ça m’a aussi permis de rencontrer des étudiants venant de diverses écoles de dessin. En me renseignant auprès d’eux, j’ai trouvé que l’école Émile Cohl avait l’air de correspondre à ce que je cherchais. Je me suis donc donné pour objectif d’intégrer cette école après le bac.
J’ai pu apprendre à l’école Émile Cohl ce que je cherchais : un bon enseignement du dessin et de la peinture. J’ai surtout aimé être entourée de beaucoup de dessinateurs talentueux, de tester plein de pistes graphiques et techniques différentes. C’est beaucoup plus compliqué maintenant que c’est devenu mon métier d’avoir la liberté de changer de style et technique d’un dessin à l’autre…
J’ai réalisé mon premier album illustré après mon diplôme en 2010, aux éditions Sarbacane, avec un texte de la talentueuse Béatrice Fontanel, La Chose. Ce projet était un vrai cadeau pour commencer dans le métier !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant j’aimais les romans d’aventures, Croc-Blanc de Jack London01 est probablement celui qui m’a le plus marqué. Je lisais aussi beaucoup de romans populaires d’horreur et épouvante… Bizarrement, je me rappelle de beaucoup plus de romans qui m’ont marqué enfant (dont les couvertures m’impressionnaient, je crois que je pourrais en dessiner un bon nombre de mémoire) alors que je ne suis capable de citer que peu d’albums illustrés. Il y a le très beau Conte de la Marguerite de Béatrice Appia. Je me souviens aussi des grands albums peints de Nadja, surtout L’enfant des sables et Chien bleu.
Adolescente, en plus des romans, j’ai dévoré des centaines de bandes dessinées et manga. Aiguillée par mon frère, c’était toujours de très bonnes histoires. La passion de la bande dessinée n’a fait que renforcer mon envie de faire mon métier dans le dessin.

double-9-jungleQuelles techniques de dessin utilisez-vous ?
La technique qui me plaît le plus est la gouache. Cette peinture me permet d’avoir des belles couleurs lumineuses, et des formes bien découpées, bien précises.
De temps en temps je change de technique pour ne pas trop me répéter, encre de chine, crayons de couleur, acrylique, aquarelle…

Comment choisissez-vous les projets sur lesquels vous travaillez ?
Le projet vient souvent de l’éditeur, qui a sélectionné un texte et me le propose. Il faut bien sur que l’histoire et le style d’écriture me plaisent, sinon rien de bon n’en sortirait. RIKIMINIJ’attache beaucoup d’importance au cadre de l’histoire (pays, époque). Là-dessus, mes envies changent d’une année sur l’autre. Je peux me passionner une période sur les contes anciens, et ne vouloir illustrer que ça, puis avoir envie d’un texte contemporain proche du quotidien. Ensuite, ne jurer que par les textes d’aventures et de découvertes… Quand je me passionne pour une forme de narration, je m’immerge complètement dedans. Je me mets à lire des romans et regarder des films qui restent dans le même cadre que le projet que je suis en train de faire. Ça m’aide beaucoup, je reste « dans l’ambiance », l’inspiration vient plus facilement. Ça donne envie d’aller le plus loin possible dans la mise en place du décor.
Par exemple, le dernier album que j’ai illustré qui vient de sortir aux éditions Sarbacane, Tangapico se passe dans un pays fictif mais qui a tout d’un pays Dessus Dessous la villed’Amérique du Sud. La jungle luxuriante, un grand fleuve qui la traverse, la faune de l’Amazonie, un beau bateau vapeur qui se fraye un chemin parmi lianes et fougères… Pendant que je travaillais dessus, j’avais de la musique colombienne et brésilienne dans les oreilles, j’ai lu des romans d’auteurs sud-américains, regardé des films inspirés par « le Nouveau Monde », collectionné des planches de botanistes qui ont parcouru l’Amazonie… J’ai aussi pu m’inspirer des photos que j’avais prises en remontant l’Amazone en bateau il y a 4 ans.
Bref, tout était prétexte à m’immerger dans le cadre de l’histoire.

Quels sont vos projets ?
Je travaille actuellement sur un texte que tout le monde connaît : Peter Pan. J’ai toujours trouvé que cette histoire était la plus belle invitation au voyage, à l’aventure. Il y DroleJournee_V02_CV-1a un an, j’ai découvert le texte original de la pièce de théâtre Peter Pan ou l’enfant qui ne voulait pas grandir de James Matthew Barrie qui précède le roman (plus connu). J’ai réalisé que cette histoire réunissait tout ce que j’avais le plus envie de dessiner : un Londres nocturne, des jeux de lumières avec Peter qui vient chercher son ombre perdue, une île exotique, une forêt dense, des enfants libres et sauvages, les Indiens, les pirates et leur beau bateau… Je voulais absolument illustrer ce texte. J’ai appris que les éditions Milan avaient pour projet de faire un grand album à partir du texte de J.M. Barrie, traduit et légèrement résumé par Maxime Rovere (dont les adaptations respectent toujours au mieux le texte original). J’ai littéralement supplié l’éditrice en charge du projet de me confier l’illustration de cet album : elle était d’accord ! Je suis dessus avec passion depuis un moment et pour un moment encore… Il devrait sortir en octobre.
À l’avenir, j’aimerais illustrer des récits de voyage, continuer encore dans la série des textes qui invitent à la découverte et à l’aventure. Je ne suis pas encore lassée…

Bibliographie sélective :

  • Tangapico, illustration d’un texte de Didier LevySarbacane (2015).
  • La drôle d’idée de mon papa, illustration d’un texte de Rémi Chaurand, Nathan (2014).
  • Dessus-dessous : la ville, illustration d’un texte d’Anne-Sophie Baumann, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le vieux Cric Crac, illustration d’un texte de Muriel Bloch, Syros (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Un week-end de repos absolu, illustration d’un texte de Davide Cali, Sarbacane (2013).
  • La petite sirène, illustration d’un texte d’Andersen, Nathan (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Rikimini, illustration d’un texte de Marie-Sabine Roger, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Un amour sur mesure, illustration d’un texte de Roland Fuentès, Nathan (2012).
  • La chanson de Richard Strauss, illustration d’un texte de Marcus Malte, Sarbacane (2012).
  • Comment cuisiner et dévorer les enfants, illustration d’un texte de Keith McGowan, Bayard Jeunesse (2012).
  • La chose, illustration d’un texte de Béatrice Fontanel, Sarbacane (2011).

Je vous conseille fortement le blog d’Alexandra Huard qui y montre particulièrement bien son travail : http://alexandrahuard.blogspot.fr.

TangapicoConcours :
Grâce aux éditions Sarbacane je vais pouvoir offrir à l’un de vous un exemplaire du très beau Tangapico dont Alexandra Huard a fait les illustrations. Pour participer, il vous suffit de nous dire, en commentaire à cet article, dans quel pays imaginaire vous aimeriez partir en vacances (et nous raconter un peu si vous avez envie). Nous tirerons au sort parmi toutes vos réponses, vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tous !


En vacances avec… Carole Chaix

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Carole Chaix qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 albums jeunesse

  • Tour de manège Régis LejoncMax et les Maximonstres Maurice Sendak
  • Tour de manège Régis Lejonc
  • Le voyage de Barbapapa Tison/Taylor
  • Mon tout petit Zullo/Albertine
  • Dans le brouillard de Milan Munari

5 romans (et autres livres)

  • La révolution d’un seul brin de paille Masanobu FukuokaLes années Annie Ernaux
  • La révolution d’un seul brin de paille Masanobu Fukuoka
  • Des histoires vraies Sophie Calle
  • Carnet de croquis et réalisations François Delarozière
  • Lettres à un jeune poète Rainer-Maria Rilke

5 films/DVD : en fait beaucoup plus mais je ne peux pas faire plus court…

  • intégrale DemyL’intégrale de Jacques Demy
  • Un éléphant ça trompe énormément Yves Robert
  • César et Rosalie Claude Sautet
  • Cinéma Paradiso Giuseppe Tornatore
  • Mon oncle Jacques Tati
  • Nos plus belles années Sydney Pollack
  • Un singe en hiver Henri Verneuil

5 CD

  • DétroitSerge Gainsbourg Vol. 2 dans l’intégrale
  • Sonorama musiques autour des films de Jacques Tati
  • Detroit Cantat/Humbert
  • Soleil dedans Arthur H
  • Le Tour de M (live) M

5 BD

  • Gaffes, bévues et boulettes André FranquinGaffes, bévues et boulettes André Franquin
  • Reportages Joe Sacco
  • Brouillard au pont de Tolbiac Malet/Tardi
  • Pourquoi j’ai tué Pierre Ka/Alfred

6 artistes

  • Niki de saint-Phalle
  • Calder
  • Michel-Ange
  • Jean Tinguely
  • La Caravage
  • Camille Claudel

6/7 lieux/promenade

  • le jardin des tarots Garavicchio
  • prendre les escalators de Beaubourg jusqu’au 5 ème étage et regarder Paris
  • « le bout du monde » Gourdanne Saint Julien le Montagnier
  • quartier du « caffe Gottico » à Rome et chez Fassi au Pallazzo del Fredo pour manger des glaces
  • les salles de cinéma en règle générale
  • dans Mafate sur l’île de la Réunion

Carole ChaixCarole Chaix est illustratrice

Bibliographie sélective :

À paraître :

  • Dans la tête d’Albert, illustration d’un texte d’Annie Agopian, Thierry Magnier (septembre 2015)
  • Quand je serai très très vieux…, illustration d’un texte d’Olivier Ka, Notari (septembre 2015).

Retrouvez Carole Chaix sur son site : www.carolechaix.com.

De l’art et pas de cochon

Par 19 mai 2015 Livres Jeunesse

MonstresLa nouvelle collection des éditions Léon art & stories nourrit des ambitions plus que louables : initier les enfants dès 4 ans à l’art et à l’anglais ! Pour cela, elles ont imaginé de réunir 13 œuvres sous un thème commun, et de les faire interagir avec un petit caméléon dessiné par Stéphane Girel, qui commente les œuvres avec humour, en français et en anglais. À la fin de chaque livre, on trouve des petites explications sur certaines œuvres du livre, une citation et quelques jeux.

Mini Léon - NuagesDans l’ouvrage Monstres, Léon s’amuse avec les branches d’un personnage d’Arcimboldo, s’attaque à L’Araignée souriante d’Odilon Redon, tente de trouver une compagne au Minotaure de George Frederic Watts.
Dans celui sur les nuages, notre petit caméléon admire le ciel de Delacroix, se balade sur la Falaise d’Étretat après l’orage de Courbet, lance des confettis sur les nuages de Seurat.
Deux petits livres drôlement bien pensés pour les enfants !
Les mêmes vus par Livres et merveilles.

Coloriages et fou rire !Ce n’est pas toujours facile de sensibiliser les jeunes enfants à l’art moderne, parfois déjà bien obscur pour les adultes. Alors, le mieux, c’est de le faire en jouant ! Et pour ça, les cahiers de coloriage proposés par la FondationCartier pour l’art contemporain sont parfaits. D’abord parce qu’ils sont grands, beaux et agréables à manipuler, ensuite, et surtout, parce que les dessins sont réalisés par les artistes eux-mêmes. Neuf cahiers de coloriage sont actuellement disponibles, introductions intelligentes à Ron Mueck, Moebius, Jean Nouvel ou encore Beatriz Milhazes.
Dans celui réalisé par Yue Minjun, artiste chinois connu pour son personnage qui rit aux éclats, on retrouve ce sourire énigmatique par dizaine, sur des hommes, des femmes, des enfants, des animaux, des arbres et même des maisons ! L’enfant est invité à colorier et à dessiner des vêtements pour ces personnages qui sont tous en slip, et à imaginer des dialogues dans les bulles disséminées çà et là sur certaines pages. C’est audacieux et réjouissant !

Art & PhilosophieVoilà une question qui agite nombre de personnes : à quoi sert l’art ? Avec ce livre, Anne Dalsuet lance une piste : l’art, ça sert à réfléchir ! Ainsi, sur chaque double page, l’auteure pose une interrogation philosophique : qui suis-je ? Puis-je échapper au temps ? Peut-on représenter l’invisible ? Pourquoi résister à la tentation ? Pour chaque question, elle décrit entre deux et quatre œuvres d’art, qu’elle utilise ensuite pour répondre, ou du moins lancer des pistes de réponses, à la question traitée.
Qu’on se le dise, cet ouvrage est assez pointu et exigeant. Il nécessite intérêt pour le sujet et concentration. Mais c’est ce qui le rend si intéressant ! Il nous pousse à nous interroger sur nous, sur le corps, sur la vie, sur la société, en nous familiarisant à la fois à de grands concepts philosophiques et à des grandes œuvres d’art. Ce que j’ai particulièrement apprécié dans cet ouvrage, c’est la diversité des œuvres choisies : des tableaux de Rembrandt et Poussin côtoient des installations modernes de la fin du 20e siècle, la photographie côtoie la sculpture, le surréalisme côtoie le classicisme. C’est foisonnant, diversifié et intelligent.

L'Art face à l'histoireNicolas Martin et Éloi Rousseau mettent en évidence une autre « utilité » de l’art : représenter l’histoire. Du Serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789, à la construction du mur de séparation entre Israël et les territoires palestiniens le 14 avril 2002, 50 évènements historiques sont ici brièvement expliqués et illustrés par une ou deux œuvres artistiques, elles-mêmes objets d’un petit texte explicatif. On trouve des tableaux classiques et réalistes, grâce auxquels nous devenons spectateurs de l’évènement en question, comme avec le tableau de David représentant le sacre de Napoléon, et d’autres œuvres qui sont davantage une vision, une interprétation de l’artiste face à l’histoire, comme L’Europe après la pluie, de Max Ernst, illustrant les ravages de la Seconde Guerre mondiale.
L’Art face à l’histoire est de ces beaux livres que l’on sort régulièrement de sa bibliothèque ou que l’on garde sur sa table de salon, toujours à portée de main, pour picorer quelques pages, au hasard, quand le cœur nous en dit de faire un petit saut dans l’histoire, instructif et pédagogique.

Quelques pas de plus…
Tous les livres qui parlent d’art que nous avons chroniqués sont regroupés dans un tableau Pinterest.

Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Hélène Kérillis (Sous la grande vague, L’Envol des couleurs) et de Stéphane Girel (Les 3 soeurs du roi méchant).

Monstres / Monsters
Texte d’Hélène Kérillis, illustré par Stéphane Girel
Léon art & stories, dans la collection Mini Léon
6,50€, 200×150 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.
Nuages / Clouds
Texte d’Hélène Kérillis, illustré par Stéphane Girel
Léon art & stories, dans la collection Mini Léon
6,50€, 200×150 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.
Coloriages et fou rire avec Yue Minjun
De Yue Minjun
FondationCartier pour l’art contemporain
6,50€, 240×340 mm, 30 pages, imprimé en France, 2012.
Art & philosophie
D’Anne Dalsuet
Palette
24,80€, 238×267 mm, 74 pages, imprimé en Italie, 2015.
L’Art face à l’histoire
De Nicolas Martin et Éloi Rousseau
Palette
24€, 240×269 mm, 93 pages, imprimé en Italie, 2012.

À part ça ?

Petit florilège des idées reçues sur l’artSur l’art, comme sur tous les domaines, on entend tout… et n’importe quoi ! Ce petit ouvrage réunit 50 idées reçues sur l’art et, à grands coups d’exemples et de citations, leur tord le cou ou les confirme : le design et la photographie ne sont pas de l’art, alors que la publicité, si ; toute œuvre d’art n’est que représentation de la nature ; l’art doit être beau ; il faut souffrir pour créer ; l’art peut changer le monde, etc. Si vous avez plein de certitudes sur la peinture, les artistes, la création, attendez-vous à être contredit !
Petits Florilèges des idées reçues sur l’Art, 7,90€, Larousse, 2014.

Marie

Ça grince

Par 18 mai 2015 Livres Jeunesse

Ernest Maître du mondeIl est minuscule, il est moche, il est mal élevé… et pourtant c’est le maître du monde ! Ernest est un microbe. Il ne vous fait pas peur ? Et bien, vous devriez ! Vous devriez même trembler, vous cacher. Sinon il va vous arriver la même chose qu’au professeur Plöck et ça, croyez-moi, vous n’en avez pas envie ! Je ne suis même pas certain que vous vouliez savoir ce qui est arrivé au professeur Plöck, mais si c’est le cas lisez Ernest Maître du monde d’André Bouchard… mais je vous aurai prévenu !
J’aime décidément beaucoup l’humour grinçant d’André Bouchard. Ici encore, l’auteur-illustrateur nous embarque dans une histoire loufoque et décalée où un microbe accomplit ses méfaits avec un grand sourire. Les situations qu’il provoque sont tout simplement hilarantes et feront rire tous les amateurs d’humour noir (parents comme enfants). La chute, elle, est totalement irrésistible et interpelle le lecteur qui devient un personnage du livre. Gros coup de cœur.
Un personnage drôlement méchant dont je suis vraiment fan.
Le même vu par Sous le feuillage et par Enfantipages.

Cherche nounouDans une petite rue où tout semble bien se passer une annonce est posée sur un arbre. On cherche une baby-sitter. À l’adresse indiquée, une femme se prépare à recevoir les candidats, elle leur a préparé un thé et des gâteaux. Sur le canapé passent une tortue qui semble trop âgée, un éléphant qui manque peut-être d’agilité ou même un vautour qui ne rassure pas vraiment. Aucun ne semble être le candidat recherché. Ah, attendez, il se peut bien que…
La chute, totalement inattendue, risque de vous surprendre et de bien faire rire, là encore, ceux qui aiment l’humour grinçant. On doit ce bel album à un duo qu’on aime beaucoup sur La mare aux mots, Meritxell Martí et Xavier Salomó  et on les retrouve ici avec plaisir.
Un album idéal pour les amateurs d’histoires un peu cruelles.
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Délivrer des livres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’André Bouchard (Y a un louuuuhouu !, L’abominable sac à main, Avant quand y avait pas l’école et Quand papa était petit il y avait des dinosaures), de Meritxell Martí (Les trois petits cochons et Le petit chaperon rouge) et de Xavier Salomó (Les trois petits cochons, Le petit chaperon rouge, OFF, Range ta chambre ! et Atchoum). Retrouvez aussi notre interview de Xavier Salomó.

Ernest Maître du Monde
d’André Bouchard
Seuil Jeunesse
13,50 €, 240×310 mm, 48 pages, imprimé en France, 2015.
Cherche nounou
de Meritxell Martí et Xavier Salomó 
Sarbacane
13,90 €, 260×210 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2015.

À part ça ?

COUV BREVE-COPIES-DU-BAC-T2-Vous ignorez certainement que comme les fleuves ont tendance à descendre ils se jettent dans la Méditerranée, que les riches quittent la France à cause de l’IVG, qu’avec le GPS les homosexuels peuvent faire des enfants sans femmes, que les États-Unis font leur 14 juillet le 4 pour se faire remarquer ou que ce que nous devons à l’état c’est 760 € ! Et bien vous l’apprendrez (et des tas d’autres choses encore) grâce à Brèves de copies de Bac 2 sorti chez Chifflet & Cie. C’est parfois drôle, parfois affligeant, parfois désespérant, parfois touchant. On passe un bon moment. Brèves de copies de Bac 2, 10 €, Chifflet & Cie.

Gabriel

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