Amitiés hors normes

Aujourd’hui, je vous présente deux albums qui mettent en scène des histoires d’amitiés un peu particulières, entre des petits humains et des créatures poilues et pas si réelles que ça, en tout cas aux yeux des adultes…! Deux coups de cœur !

wilo et miSelon la légende, La Grise est une vieille dame qui rôde dans la ville, surtout les soirs de tempête… Tous les soirs, Mi raconte cette histoire à Wilo, son ami panda qu’elle est la seule à voir… Alors qu’elle sait bien qu’il est là, avec elle partout et tout le temps. Ensemble, ils iront même au-delà des préjugés, à la rencontre de cette fameuse femme inquiétante, La Grise…
Coup de cœur pour Wilo et Mi, la légende de La Grise, cet album absolument magnifique, tant grâce au texte de Séverine Vidal, plein de magie, d’amitié de poésie et de tendresse, qu’aux somptueuses illustrations de Christine Roussey, malicieuses, colorées avec soin, et fourmillant de détails. C’est une très belle histoire sur les amis imaginaires, et sur les légendes aux accents de tempête et de bords de mer !

le jour où j'ai rencontré le monstreUn jour, le monstre sauve le petit garçon d’une minuscule araignée qui le menace…. Depuis, ils ne se quittent plus. Ils goûtent ensemble, prennent le bain, regardent la télévision, et partagent le même lit. Les parents du petit garçon ne prêtent guère attention à toute cette histoire d’amitié à laquelle ils ne semblent pas croire… Jusqu’au jour où…
Là encore, Le jour où j’ai rencontré le monstre rend hommage aux amis imaginaires des enfants, qui prennent parfois beaucoup de place au quotidien. Ce thème est abordé avec humour et tendresse par Céline Claire, et les illustrations de Barroux, m’ont comme d’habitude beaucoup séduites, à la fois très colorées et malicieuses. Un autre coup de cœur pour honorer l’imagination des enfants !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Séverine Vidal (Nestor, maudits mercredis, Les bruits chez qui j’habite, Huit saisons et des poussières, J’aime mes cauchemars, Méga-Loup, Fées d’hiver, Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresse, Noël à l’endroit, Mon secret rit tout le temps, 55 oiseaux, Prune et l’argent de poche, Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps), Christine Roussey (Le ventre de ma maman et Les cocottes à histoires), Céline Claire (Tous différents, La tapette à mouches et Mok, monstre mangeur de mots), et Barroux (Halb, l’autre moitié, Un bond de géant – 1969 on a marché sur la Lune, Méga-Loup, Mon voyage en gâteau, Kako le terrible et La rentrée de Noé). Retrouvez également nos interviews de Séverine Vidal et Barroux.

Wilo et Mi, la légende de La Grise
Texte de Séverine Vidal, illustré par Christine Roussey
L’élan vert
12,70 €, 235 x 295 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2014
Le jour où j’ai rencontré le monstre
Texte de Céline Claire, illustré par Barroux
Circonflexe
13 €, 219 x 293 mm, 32 pages, imprimé en Asie, 2014

A part ça ?

Tanaka Taksuva propose chaque jour une scène miniature utilisant des objets du quotidien et des figurines.

Marianne

Romans forts

Deux romans avec des sujets forts

Mon cher petit coeurBrune écrit dans son journal, elle écrit à son cœur, ce cœur qu’elle va bientôt abandonner parce qu’il ne fonctionne plus assez bien. Brune se demande ce qu’on va faire de lui, le mettre à la poubelle ? Et qui sera celui qui le remplacera, on lui a parlé du cœur d’un mort…
Avec beaucoup de délicatesse, Agnès de Lestrade aborde dans ce court roman la transplantation cardiaque, la maladie, l’attente d’un donneur. Elle y évoque les enfants malades, le regard que les autres portent sur eux, leurs inquiétudes. La petite fille parle aussi des adultes : ses parents qui font semblant que tout va bien et le personnel soignant qui est au petit soin pour elle.
Un petit roman très fort illustré avec beaucoup de délicatesse par Peggy Nille.

LéoLéo et Célestin adore Célestin, son grand-père. Avec lui, il aime passer du temps, l’écouter parler de son passé. Mais depuis quelque temps, les souvenirs semblent s’envoler alors Célestin note dans un carnet ce dont il se souvient. Des souvenirs numérotés qu’il aime à relire. Mais un jour, le souvenir 23 a disparu du carnet, vite il faut partir à sa recherche !
Vous l’aurez compris, on parle ici d’Alzheimer. Là encore, c’est avec beaucoup de délicatesse que l’auteur, Isabelle Wlodarczyk, parle de la maladie, de l’incompréhension du petit fils face aux souvenirs qui s’en vont. Ensemble, ils vont mener une enquête pour trouver les pages qui manquent, mais très vite le grand-père souhaite chercher seul… et oublie de revenir. Rassurez-vous la fin ne sera pas (trop) triste. Isabelle Wlodarczyk a vraiment réussi à parler de cette terrible maladie avec des mots justes, des images bien trouvées.
Un petit roman à lire aux enfants dès 6 ans par chapitres ou qu’ils peuvent lire eux même en entier à partir de 8 ans très joliment illustré par Thanh Portal.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Agnès de Lestrade (Le voyage de Mamily, Pourquoi les chiens n’aiment-ils pas les chats ?, Les cocottes à histoires, Bon anniversaire, Gaston !, Les pendules de Dana et Les baisers de Cornélius), Peggy Nille (La Princesse Optipois, Le petit oiseau au grain de blé, Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Isabelle Wlodarczyk (Sur mon arbre perché et La petite disparue) et Thanh Portal (Sur mon arbre perché). Retrouvez aussi nos interviews de Peggy Nille et d’Isabelle Wlodazczyk.

Mon cher petit cœur
Texte d’Agnès de Lestrade, illustré par Peggy Nille
Bulles de Savon dans la collection Roman premiers lecteurs
6 €, 125×190 mm, 48 pages, imprimé en Union Européenne.
Léo et Célestin
Texte d’Isabelle Wlodarczyk, illustré par Thanh Portal
L’escamoteur éditions dans la collection Le Roman Jeunesse
12 €, 145×210 mm, 64 pages, imprimé en Union Européenne, 2013.

À part ça ?

On vous avait parlé de Liliroulotte… ça y est l’aventure est lancée ! Premier rendez-vous ce soir à Poullan sur mer !

Gabriel

On prend la mer ! En route moussaillons !

Prenons à place à bord de gros vaisseaux qui parcouraient mers et océans avec ces deux romans !

un-marin-de-tropTiago est un mousse. Il embarque en 1492 sur la Santa Maria de Christophe Colomb pour un immense voyage : celui qui les emmènera jusqu’en Amérique. La vie à bord de ce géant des mers du XVème siècle n’est pas de tout repos. Conditions de vie difficiles, nerfs mis à rude épreuve, tempêtes,… Une telle traversée demande d’avoir les reins solides ! Tiago apprendra beaucoup sur lui, mais aussi sur les autres et les hommes en général, parfois cruels entre eux…
Avec Un marin de trop, Flore Talamon nous plonge au cœur de cette époque et de ce monde de conquistadors avec un roman d’aventure fourmillant de détails historiques. En fin d’ouvrage on trouve quelques informations plus précises sur le contexte historique et le déroulement des évènements.
Il y a de l’action, on tremble avec Tiago et on embarque avec plaisir dans cette folle aventure au milieu des mers !

la malédiction de samainEn 1696, Mathurin embarque sur Le Téméraire, un vaisseau corsaire envoyé par le roi. Mais il tremble de peur ! Une vieille marchande de poissons vient en effet d’annoncer, avant qu’ils ne quittent le port, qu’un cruel malheur allait s’abattre sur le navire…
Avec La malédiction de Samain, on plonge dans le monde des corsaires, ces pirates assermentés par le roi en quelque sorte !
Colette Godest Morel signe un texte court mais intense qui nous transporte quelques siècles en arrière, sur la mer, au départ de la Bretagne. A la fin du roman, on trouve quelques informations sur des corsaires célèbres, l’archéologie sous-marine, et même le témoignage d’un célèbre chercheur d’épaves.
Instructif et divertissant, ce roman ravira les amateurs d’aventures iodées !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de la collection Un regard sur….

Un marin de trop. Voyage avec Christophe Colomb
de Flore Talamon
Nathan dans la collection Un regard sur…
5,20 €, 123 x 181 mm, 160 pages, imprimé en France, 2014
La malédiction de Samain
de Colette Godest-Morel
Millefeuille
6,50 €, 135 x 180 mm, 63 pages, imprimé en France, 2013

À part ça ?

Daniel Agdag réalise des maquettes de machines improbables avec des bouts de cartons…

Marianne

Dis, tu peux lui demander… ? (7/8)

Depuis le début de l’été, vous pouvez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteurs, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Les enfants ont été nombreux à nous envoyer des questions, nous en avons choisi huit. Après les questions de Tristan, Daphné, Madeleine et Rose les semaines passées, aujourd’hui une question de Martin, 8 ans qui m’a proposé de demander aux llustrateur-trice-s : « Comment les illustrateurs font-ils pour faire de si beaux dessins, plus beaux que ceux que peuvent faire les forts en dessin de ma classe ? ». Ronan Badel, Sébastien Mourrain, Éric Veillé, Antoine Guilloppé et Olivier Tallec ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps que lui leurs réponses. Kiki et AlièneChacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Martin d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Bayard, la BD Kiki et Aliène de Paul Martin (au scénario) et Nicolas Hubesch (aux illustrations). Une bande dessinée pleine d’humour qui raconte les aventures de deux extra-terrestres déjantés en vacances sur la planète Terre ! Vous pouvez retrouver notre chronique sur cet album ici.


« Comment les illustrateurs font-ils pour faire de si beaux dessins, plus beaux que ceux que peuvent faire les forts en dessin de ma classe ? » (Martin, 8 ans)

Ronan Badel :
Je ne peux pas parler au nom de tous les illustrateurs. Nous avons tous des parcours différents et chacun travaille à sa manière. Moi j’ai fait une école de dessin, les arts déco de Strasbourg, où j’ai appris beaucoup de choses sur l’illustration. Ce qui est compliqué, ce n’est pas de faire de beaux dessins, c’est de raconter quelque chose dans son dessin. C’est ça l’illustration.
Avant de faire une illustration, je fais beaucoup de brouillons, je déchire, recommence, etc. Je peux refaire 10 fois un dessin jusqu’à ce qu’un trait posé me plaise et que l’illustration s’approche de ce que j’ai en tête.
Une dernière chose, s’il y a une part de talent, il y a surtout beaucoup de travail. Je dessine depuis tout petit. J’ai toujours avec moi un carnet de croquis et il ne se passe pas une journée sans que je fasse des dessins d’observation… Dans la rue, au café, chez moi. Plus on dessine et plus on apprend…
Voilà, Martin, j’espère avoir bien répondu à ta question. Un dernier petit conseil si l’illustration t’intéresse. Achète-toi un petit carnet (les feuilles volantes se perdent) et dessine régulièrement, écris des bouts d’histoires ou tout simplement raconte ta journée avec des mots et des dessins… C’est déjà ça être un illustrateur.

Le livre abominableRonan Badel est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Le livre abominable avec Noé Carlain chez Sarbacane. Il sortira à la rentrée Ptit Napo avec Géraldine Elschner chez Glénat et Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache avec Hélène Rice chez Thierry Magnier. Vous pouvez retrouver ici une interview que nous avions réalisée de lui.

Sébastien Mourrain :
Bonjour Martin,
La beauté d’un dessin est très subjective, c’est personnel. Je trouve parfois qu’il y a de très beaux dessins d’enfants lorsque j’interviens dans les écoles.
Néanmoins, si l’on veut acquérir une bonne technique et un bon coup de crayon, il faut beaucoup travailler, dessiner tous les jours. J’ai fait une école de dessin où j’ai appris à dessiner tout et n’importe quoi pendant quatre ans.
Après, savoir dessiner ne fait pas tout. Il faut trouver son propre univers et pour cela il faut être curieux de tout. Il faut lire, aller au cinéma, voyager… que des choses géniales quand on y pense.
J’espère avoir répondu correctement à ta question Martin.

MoustachatSébastien Mourrain est illustrateur. Récemment, il a illustré un texte de Géraldine Elschner, Moustachat, sorti chez L’élan vert et un texte de Delphine Perret, Bigoudi, sorti chez Les fourmis rouges.
Vous pouvez retrouver Sébastien Mourrain sur son site : http://sebastienmourrain.blogspot.fr.

Éric Veillé :
Tu sais quand ils étaient petits, les illustrateurs ne dessinaient pas forcément bien. L’important est : est-ce que tu as en toi le désir de t’exprimer à travers l’art et le dessin ? Quand on voit des dessins très bien faits, on se dit parfois : « oh la la, moi je ne vais même pas essayer, car je n’arriverai jamais à dessiner aussi bien. »
Et bien, non ! Si tu as le désir en toi, il faut y aller, rater, recommencer…
Plus on dessine et plus on sait dessiner. Ne jamais avoir peur de rater, c’est comme ça qu’on avance ! Si tu as la volonté, tu deviendras peut-être illustrateur, alors que les plus forts en dessin de ta classe seront peut-être chirurgien-dentiste !

Les secrets de l'écoleÉric Veillé est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Tout sur le grand méchant loup chez Actes Sud Junior (que nous avons chroniqué ici) et il sortira le 20 août Ma vie en pyjama (illustré par Pauline Martin) chez l’école des loisirs puis à la rentrée Les secrets de l’école, où vont les maîtresses après le coucher du soleil ? et Mon imagier après la tempête, tous deux chez Actes Sud Junior.
Retrouvez notre interview d’Éric Veillé

Antoine Guilloppé :
Martin,
Pour faire un beau dessin, il faut être patient et ne pas abandonner son idée pour aller jouer au foot.
C’est souvent difficile parce qu’on rate beaucoup, mais grâce à la gomme et au crayon à papier on peut s’entraîner jusqu’à ce qu’on réussisse !
Il est important de savoir aussi que certains illustrateurs ont fait une école de dessin où ils ont dessiné 8 heures par jour pendant 3, 4 ou même 5 années.
Alors forcément, ils dessinent mieux que les forts en dessin de ta classe.

LITTLE MANAntoine Guilloppé est auteur et illustrateur. En octobre, il sortira cher Gautier Languereau, un album que nous sommes nombreux à attendre, Little Man. En attendant, vous pouvez découvrir des images de cet album ici.
Vous pouvez retrouver notre interview d’Antoine Guilloppé ici.

 

Olivier Tallec :
Je suis sûr que parfois c’est moins bien que les plus forts en dessin de ta classe…
Mais je dessine toute la journée, donc plus tu dessines mieux tu dessines. C’est aussi une question de patience…

Louis 1er, roi des moutonsOlivier Tallec est auteur et illustrateur. Il a sorti il y a peu La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie avec Charlotte Moundlic au Père Castor (que nous avons chroniqué ici) et il sortira à la rentrée Louis Ier, roi des moutons chez Actes Sud Junior et Bonne journée, une BD, chez Rue de Sèvres.
Le site d’Olivier Tallec : http://www.oliviertallec.fr.

Chronique québécoise

Aujourd’hui, un appel est lancé à acheter des livres québécois, j’ai décidé de vous parler de trois ouvrages qui viennent de chez nos cousins d’outre-Atlantique.

Le grand AntonioIl est grand, il est fort, il est connu pour ça. Il s’appelle Antonio Barichievich, mais on l’appelle le Grand Antonio. Cet homme hors du commun est né en Yougoslavie et à douze ans il pouvait déraciner un arbre sans les mains, avec son cou ! Il est arrivé au Canada quand il avait vingt ans. Un homme d’un mètre quatre-vingt-treize ne passe pas inaperçu et quand il va magasiner il vaut mieux que la boutique du dépanneur soit bien remplie ! Il peut avaler jusqu’à vingt-cinq poulets entiers en un seul repas ! Il faut bien entretenir ses 210 kilos ! Antonio est connu pour sa force, il peut tirer un train de quatre cent quarante-trois tonnes sur une distance de 20 mètres ! Quel homme ce Grand Antonio !
Élise Gravel nous raconte l’histoire vraie du Grand Antonio, cet homme extrêmement fort qui a marqué le Québec et qui est mort en 2003. L’album est bien entendu plein d’humour (on aime Élise Gravel pour ça), mais il est aussi très tendre, il rend parfaitement hommage au vrai Antonio.
Que l’on connaisse ou pas ce personnage légendaire, voici un album attachant, tendre et plein d’humour signé par une des plus talentueuses illustratrices québécoises.

MartinM. Flux vivait dans un quartier qui avait horreur du changement, là-bas il fallait que tout soit carré, planifié, sans surprise. Seulement un jour, un certain Monsieur Flux, qui se déclarait artiste, vint emménager là. Monsieur Flux n’était absolument pas prévisible… Alors que toutes les maisons de la rue étaient carrées et toutes identiques, la sienne ne ressemblait à rien de connu et dans le jardin on pouvait y voir des choses étranges. Un jour où Marin passait devant il vit un carton qui appartenait à cet étrange voisin et décidât de le lui rapporter. Ce fut le début d’une nouvelle vie pour le petit garçon… et pour le quartier.
Là aussi, derrière Monsieur Flux il y a une histoire vraie. Le personnage est inspiré de George Maciunas et l’histoire évoque le mouvement Fluxus. L’album est surtout un superbe hommage à l’art ! Ici, on se rend compte de l’importance des artistes qui rajoutent un grain de folie dans nos vies, qui rendent nos vies moins monotones. On parle aussi du rejet face à la différence, de la peur que peuvent susciter les gens un peu farfelus.
Un très bel ouvrage tant dans les illustrations que dans ce qu’il nous raconte.

IlAmi pour-tout-toujours aimerait encore jouer avec son chien, qu’il coure encore après le ballon. Seulement son chien est vieux et fatigué, il ne bouge plus beaucoup. Que voit-il avec ses vieux yeux plissés ? Pense-t-il à avant ? Est-il nostalgique ? Se souvient-il quand il l’a tiré de la gadoue et quand ils couraient ensemble derrière le camion de papa ?
Ami pour-tout-toujours est une magnifique histoire sur un sujet assez rare dans la littérature jeunesse : la vieillesse des animaux. Nos chiens et chats vieillissent plus vite que nous et bien souvent nos enfants les voient vieillir, devenir séniles puis mourir. Or autant on parle souvent de la mort des animaux de compagnie dans la littérature jeunesse, autant la période qui précède c’est une chose assez rare. Ici, c’est fait avec beaucoup de justesse, beaucoup de tendresse. Les illustrations de Pierre Pratt sont vraiment belles.
Un album fort et vraiment réussi sur l’amitié entre un enfant et un animal.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Élise Gravel (Adopte un Gurb !, Le rat et La limace) et de Pierre Pratt (GustaveLa lune voleuse et Le géant de la forêt).
Et je vous propose une petite sélection d’ouvrage québécois que j’aime particulièrement (en cliquant sur les titres vous arrivez sur les chroniques) : Dugenou, Croque et Les malheurs du lion (400 coups), Tout seul !, Tous ensemble ! et À l’école des poussins (400 coups), Léo et les presqu’iles (La montagne secrète), Un cadeau pour Sophie (La montagne secrète), Mingan, mon village (Les éditions de la bagnole), J’ai un bouton sur le bout de la langue (La montagne secrète), Contes traditionnels du Canada (Planète Rebelle), Pierre et le pialeinoPierre et Clara, Pierre et les voyous et Pierre traqué par le trac (Planète Rebelle),  Joseph Fipps (La Pastèque), Le lion et l’oiseau (La pastèque), C’est ma journée, mon imagier, C’est les vacances, mon imagier et C’est à moi, mon imagier (Éditions de la Bagnole), Fatoumata (Planète Rebelle) et Gustave (La Pastèque).

Le Grand Antonio
d’Élise Gravel
La pastèque dans la collection Pamplemousse
14 €, 199×248 mm, 60 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
M. Flux
Texte de Kyo Maclear, illustré par Matte Stephens
La Pastèque dans la collection Pamplemousse
14 €, 199×249 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Ami pour-tout-toujours
Texte de Kari-Lynn Winters (traduit par Jennifer Couëlle), illustré par Pierre Pratt
Planète Rebelle
262×234 mm, 36 pages, imprimé au Canada chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Quand on me dit Québec, je pense à Pierre Lapointe, un chanteur que j’aime énormément. Cet été on peut l’entendre tous les matins sur France Inter dans une émission appelée Les petites morts… et c’est très bon !

Gabriel