Quel beau mercredi ! Je reçois Malika Doray, une des personnes les plus talentueuse de la littérature jeunesse. Quel bonheur de revenir avec elle sur son parcours et sur son oeuvre. A la suite de cette interview j’aurai la joie de faire un chanceux parmi vous grâce à Didier Jeunesse. En effet je vous propose de tenter de gagner le magnifique Dans le ventre des dames, des fois il y a un bébé… /des fois il n’y a pas de bébé, un de ses tout premiers livres qui parle de la grossesse… et de la « non grossesse ». Ensuite, pour notre rubrique En vacances avec, nous recevons le génial Pascal Parisot… une occasion de mieux le connaître ! Un très beau mercredi non ?
L’interview du mercredi : Malika Doray
Quel a été votre parcours ?
J’ai fait des études en arts appliqués et en sciences humaines. Et puis parallèlement j’ai travaillé avec des enfants. Notamment dans une structure d’éveil avec des tout-petits pendant quelques années.
Quelles techniques utilisez-vous ?
J’utilise un dessin basique : un contour noir avec des aplats de couleurs. C’est basique mais après toutes les variations sont possibles. Le contour peut être fin ou épais (au stylo, au marqueur ou à l’encre de chine) et la couleur peut être au marqueur, à la gouache, au collage. C’est fonction du texte, mais aussi de l’objet, du livre qu’on va avoir au final (son format, son papier…). Sur un titre comme Si un jour… si cela avait été un album papier le trait aurait sans doute été plus épais, plus « contenant », comme il est cartonné le livre est à mon sens rassurant en lui même, le trait pouvait se faire plus subtile.
Pouvez-vous nous parler de Dans le ventre des dames, des fois, il y a un bébé… ? Comment est né cet album ?
C’était mon deuxième album. Le premier parlait de la mort d’une grand-mère. J’avais sans doute envie de parler aussi de la vie. Mais plus que de parler de « comment on fait les bébés » dont beaucoup d’autres albums parlent très bien j’avais envie d’évoquer que « le ventre des dames » existe même quand il n’y a pas de bébé dedans, qu’on ne fait pas l’amour que pour avoir des bébés, que parfois on essaie d’en avoir et que ça ne marche pas, ou pas tout de suite. Du coup, cet album propose d’un côté Dans le ventre des dames, des fois, il y a un bébé et de l’autre des fois il n’ y a pas de bébé et c’est pour cette deuxième histoire que j’ai fait ce livre.
Quelles sont vos sources d’inspirations ?
Pour Dans le ventre des dames, j’ai repris, entre autres, les mots que ma mère avait fini par trouver pour nous parler du cycle féminin quand mon frère et moi étions très petits (on l’avait harcelée pour comprendre à quoi servaient les tampons périodiques sur lesquels on était tombé). Ce qui continuait à me plaire adulte c’est qu’elle avait utilisé les mots
d’une histoire enfantine, poétique tout en respectant les réalités scientifiques : elle s’était adaptée à nous, tout en nous prenant au sérieux. Et de façon générale je fonctionne comme cela : les sources d’inspirations sont de tout domaine, il n’y a pas d’un côté les sciences de l’autre la poésie, d’un côté l’Art et de l’autre les conversations dans un café. Les sources d’inspiration sont partout. C’est plus une question d’écoute, de regard que de source d’inspiration. Il y a des moments où je suis réceptive d’autres moins. Quand je le suis je note…
Et puis il y a des démarches qui vous imprègnent. Pour reprendre l’exemple de Dans le ventre des dames… je ne suis pas sûre que l’idée de mettre les deux histoires têtes-bêches me serait venue si je n’avais pas si souvent lu et pratiqué auprès des enfants avec qui je travaillais les prelivres de Bruno Munari– 12 petits livres merveilleux, avec 12 matières différentes, 12 reliures différentes et qui chacun peuvent être ouvert au recto comme au verso (Prélivres de Bruno Munari, diffusion les Trois Ourses). De la même façon j’adorais lire aux même enfants Ça y est je vais naître de Katsumi Komagata (toujours diffusé par les Trois Ourses) qui mêle complètement science et poésie graphique. Essayer d’égaler graphiquement Bruno Munari ou Katsumi Komagata pour moi ce serait peine perdue, mais il y a des démarches vous nourrissent et pas seulement pour faire des livres.
Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
J’ai lu et relu beaucoup d’albums de Sendak, Arnold Lobel, Janosch, et jusqu’à très, très tard en fait. Jusqu’à 13-14
ans. Et puis presque sans transition je suis passée à Maupassant et Kundera. Le plus étrange c’est que je n’ai pas le souvenir d’avoir eu le sentiment d’être passée d’un monde à l’autre. Pour moi il y avait de la philosophie et un regard sur la vie chez Ranelot et Buffolet, d’Arnold Lobel (édition l’Ecole des Loisirs) et des personnages aux relations comiques chez Kundera. Et cette idée qu’il n’y a pas d’un côté des livres pour enfants et de l’autre la Littérature adulte m’est restée. Il y a simplement des livres accessibles aux tout-petits, à leur niveau (je ne suis pas sûre que je comprenais tout Kundera à 14 ans) mais le fond est souvent d’un intérêt très universel.
Quels sont vos projets ?
Continuer ?
Bibliographie sélective :
- Le grand livre de tout, L’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
- Ton cauchemar, Memo (2012).
- Mon chagrin, Memo (2012).
- Chez un père crocodile, Memo (2012).
- Le mariage, Loulou & cie, L’école des loisirs (2012), que nous avons chroniqué ici.
- Nous ce qu’on préfère, Loulou & cie, L’école des loisirs (2012), que nous avons chroniqué ici.
- Chez les ours, Loulou & cie, L’école des loisirs (2011).
- Quand ils ont su…, Memo (2012), que nous avons chroniqué ici.
- 3 petits livres marionnettes, Loulou & cie, L’école des loisirs (2011).
- Près du grand Erable : 5 petits livres de sous bois, Loulou & cie, L’école des loisirs (2009), que nous avons chroniqué ici.
- Dans le ventre des dames, des fois il y a un bébé… /des fois il n’y a pas de bébé…, Didier Jeunesse (2003), que nous avons chroniqué ici.
Retrouvez Malika Doray sur son site : http://minisites-charte.fr/sites/malika-doray
Comme je vous le disais avant cette interview, je vais faire un chanceux parmi vous ! Grâce aux éditions Didier Jeunesse, l’un de vous va recevoir le magnifique Dans le ventre des dames, des fois il y a un bébé… /des fois il n’y a pas de bébé…. Pour cela je vous propose de laisser un commentaire à cet article et je tirerai au sort parmi vos réponses. Vous avez jusqu’à lundi mardi 20 h !
En vacances avec… Pascal Parisot
Une fois par mois, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette semaine c’est Pascal Parisot qui s’y colle, merci à lui !
Allez en route !
5 albums jeunesse
Tortillas pour les Daltons (le meilleur et de loin le plus drôle des Lucky Lucke)
- Les lauriers de César (Farpaitement, farpaitement.) (le meilleur et de loin le plus drôle des Astérix)
- Les 7 boules de cristal (le meilleur et de loin le plus magique des Tintin)
- L’album 8 de Gaston Lagaffe (apparition du fameux Gaffophone si mes souvenirs sont bons)
- Gai Luron « rit de se voir si beau en ce miroir » (par exemple)
5 romans
Pour les grands
- La conjuration des imbéciles (J K Toole) incontournable !

- Bonjour tristesse (F Sagan) comme ça, parce que je l’ai relu y’a pas longtemps
- Aphorismes (Oscar Wilde) comme ça parce que je l’ai relu y’a pas longtemps
Et pour les plus petits
- Matilda (R Dahl ça reste quand même un auteur essentiel pour nos petites têtes blondes et brunes)
- Les dix petits nègres (A Christie) bravo Agatha ! fallait la trouver la fin.
Tout ça sans trop réfléchir bien sûr
5 DVD
Pour les petits
- Le livre de la jungle (chef d’œuvre à tous les niveaux y compris musical)

- Les dieux sont tombés sur la tête (les enfants ne verront plus jamais une bouteille de coca de la même manière)
- Colombo (on peut être petit, mal habillé avec un œil de verre et être un héros… on a pas fait mieux depuis dans le genre)
Pour les grands (dans la bonne humeur)
- Spinal tap (un classique musical à mourir de rire)
- Y’a t il un flic pour sauver la reine (un gag toutes les 30 secondes, un peu fatiguant à la longue, mais avec des moments d’anthologie)
5 CD

- Amoroso (Joan Gilberto) la grande classe !
- Ram (P Mc Cartney) meilleur album solo de sa majesté.
- Trouble fête (Arthur H) un moment de grâce avec mon pote Nicolas Repac.
- Le roi de la trompette (Vincent Malone) ha, ha, ha, ha… si, si je vous jure.
- Svalutation (À Celentano) ahh, cette voix italienne même pas pénible, trop fort.
5 artistes
- Nina Simone (la meilleure des chanteuses noires qui ont mal quelque part)
- Nino Ferrer (le meilleur de tous les artistes français suicidés)
- Éric Satie (le meilleur des compositeurs pianistes sans succès de son vivant)
- The Beatles (le meilleur groupe à succès)
- Antonio Carlos Jobim (le Chopin du Brésil)
5 endroits
- Les Hautes Vosges (pour ceux qui aiment les champignons et les belles forêts, et qui aiment le pays de mon enfance)
- Itaparica (Brésil au « Zimbo Tropical » chez un copain qui loue des bungalows)
- Le parc des Beaumonts (Montreuil pour pique-nique, mais dans le bas du parc, parce que en haut y’a des mobylettes qui cassent les oreilles)
- La Calanque de Sormiou (les antilles en france métropolitaine (évitez juillet août)
- Paris « Paris, Paris, Paris ! » (y’a que ça de vrai, d’après Lino Ventura dans L’aventure c’est l’aventure)
Pascal Parisot est chanteur
Discographie jeunesse :
- La vie de château, Naïve, (2013), que nous avons chroniqué ici.
- Bêtes en stock, Naïve (2010), que nous avons chroniqué ici.
- Les pieds dans le plat, Naïve (2009), que nous avons chroniqué ici.
(mais je vous conseille aussi fortement sa discographie adulte et les albums du groupe Radiomatic, groupe qu’il a créé avec la divine Fredda !)
Il faut absolument le voir en concert, ses prochaines dates :
- 1er juin 2013 à Clermont-Ferrand au Festival Brindilles
- 14 et 15 juin 2013 à Macon à La cave à musique
- 21 juin 2013 à Neuilly Sur Seine sur le Parvis de l’hôtel de Ville (concert gratuit)
- 22 juin 2013 à Les Clayes sous bois au Parc de Diane
- 13 juillet 2013 à La Rochelle aux Francofolies
- 18 juillet 2013 à Sablé sur Sarthe au Festival Rock Ici Mômes
- 7 septembre 2013 à Mouilleron le captif au Festival Face et Si
- 20 octobre 2013 à Varadesà l’Espace Alexandre Gautier
- du 24 au 26 octobre, du 31 ocotobre au 2 novembre et les 13 novembre, 1er décembre et du 21 au 23 décembre à Paris à L’Européen
Retrouvez toutes ses dates (et plus d’informations sur son site) : http://prod.pascalparisot.naive.nbs-test.com. Retrouvez aussi notre interview de Pascal Parisot.