La chronique numérique : Jouer avec les lettres

La Magie des motsVous avez déjà vu ça, vous, un alphabet qui parle ? C’est ce que nous propose L’Escapadou et ça s’appelle La Magie des mots. Inspirée de la méthode Montessori, cette appli vient à notre rescousse pour faire découvrir et aimer aux enfants l’écriture et même l’orthographe. Magique !
Comment ça marche ? L’appli se compose de quatre parties. « L’alphabet mobile » permet de créer des mots. La partie basse de l’écran se présente comme un clavier ; on peut choisir le type de lettre, majuscule ou minuscule, script ou cursive. Les consonnes apparaissent en bleu, les voyelles en rouge. On place lesLa Magie des mots lettres sur le plateau de jeu et là, la magie opère : une voix (masculine ou féminine) lit les sons, les mots et les phrases qui sont écrits. Et on peut tout expérimenter, inventer des mots, intercaler des chiffres (la voix lit même les nombres), entendre les différences entre les accents (grave, aigu, circonflexe), entre « lait » et « les ». On peut choisir la taille des lettres et on a la possibilité d’afficher une grille sur le plateau pour les aligner. Les trois autres parties fonctionnent à partir de listes de mots. L’appli intègre une douzaine de listes thématiques La Magie des mots(Mots pour débutants, Les 1500 mots les plus utilisés, Famille, Nombres, Animaux, Maison, Date, Nourriture, Corps humain, Sports, Vêtements, Mots invariables). Dans la partie « Apprendre en recopiant », à partir de la liste choisie, un mot s’affiche en haut de l’écran que l’utilisateur doit recopier. « Les Lettres mélangées » propose quant à elle, un mot, lu par la voix de l’appli, que l’on doit écrire sans modèle, mais avec uniquement les lettres qui le composent qui sont dispersées sur l’écran. Enfin, la « Dictée » est une dictée de mots, toujours choisis à partir des listes proposées. Un bouton d’aide donne des indices à l’utilisateur qui serait bloqué (à chaque clic, les lettres s’affichent les unes après les autres). Lorsque l’utilisateur réussit, une petite animation interactive s’affiche. La grande trouvaille de cette appli est le nombre d’options proposées. On peut notamment créer ses propres listes de mots, courants ou difficiles. Si l’on peut choisir la voix qui prononce les mots (masculine ou féminine), on peut aussi la faire parler plus ou moins vite, avec une tonalité plus ou moins aiguë, ce qui donne lieu à quelques fous rires… On choisit de toucher/glisser les lettres pour les déplacer ou bien uniquement de taper dessus à la manière d’un ordinateur. Par un clic sur une lettre, on peut entendre soit le nom de la lettre, soit sa sonorité. Et l’on peut bien sûr créer différents profils d’utilisateur.
La Magie des motsEt j’en pense quoi ? Disons-le tout de go, cette appli est formidable. À la fois ludique et pédagogique, c’est un moyen fantastique d’apprivoiser l’écriture et l’orthographe. L’alphabet mobile est une vraie trouvaille : on crée des mots au hasard, on éprouve leurs sons, tout est possible. Les nombreux réglages permettent d’adapter l’application à différents usages et même de s’amuser avec les lettres. Ils ont été extrêmement bien pensés, ce qui fait que l’appli est très facile d’utilisation. Et on peut s’en saisir à tous les âges : les petits découvriront le plaisir d’associer des lettres, de créer des sons, d’écrire et d’entendre leur prénom, les plus grands pourront réviser leur orthographe et se faire des listes de mots compliqués. L’Escapadou a pensé à tout. Bref, génial je vous dis !!
Bande-annonce :

C'est pas de l'eau, c'est des motsUn dimanche comme un autre, dans un petit village. L’orage menace. Les nuages noirs s’amoncellent, les éclairs zèbrent le ciel, jusqu’à ce que la pluie se mette à déferler sur les toits d’ardoises. Mais il ne pleut pas de l’eau, ce sont des mots ! Des mots de toutes sortes et de toutes tailles. Les lettres dégringolent sur les enfants ébahis qui partent à la chasse aux mots.
Comment ça marche ? C’est pas de l’eau, c’est des mots est composée de deuxC'est pas de l'eau, c'est des mots parties, l’histoire et deux jeux avec les lettres. Les sept pages de ce court livre sont animées et interactives. Le lecteur est invité à déclencher des éclairs, à rattraper les lettres qui s’enfuient dans les caniveaux, ou encore à créer des ribambelles de lettres qui montent vers le ciel. Le texte est très joliment lu par un enfant, Damien, mais on peut aussi choisir de lire le texte sans l’écouter. Quant aux deux jeux qui accompagnent l’histoire, il s’agit d’un jeu du pendu où l’on doit deviner un mot mystère en C'est pas de l'eau, c'est des motsattrapant des lettres avant qu’elles ne sombrent dans le caniveau, et d’un jeu de lecture dans lequel on doit associer un mot écrit avec sa prononciation.
Et j’en pense quoi ? C’est pas de l’eau, c’est des mots est donc l’histoire d’une rencontre, l’une des plus jolies qui soient, celle qui peut se faire entre des enfants et les mots. L’univers graphique, tout en nuances de gris, est très réussi. L’animation, toute en délicatesse, dans laquelle un travelling à travers une C'est pas de l'eau, c'est des motsfenêtre nous fait embrasser tout le village est simplement magnifique. On peut reprocher à l’histoire d’être un peu courte. Mais les jeux la complètent tout à fait. Dommage en revanche qu’il n’y ait pas de sommaire et qu’on ne puisse pas accéder directement à la partie des jeux. Avec tendresse et poésie, l’appli se propose de donner aux petits lecteurs en herbe le goût des mots.

La Magie des mots
L’Escapadou
Prix constaté : 3,99 € (Apple).
C’est pas de l’eau, c’est des mots
Texte de Marc Solal, illustrations de Marie-Paule Prot, lu par Damien
La Dentellière
Prix constaté : 3,99 € (Apple).

À part ça ?
Gaston et Lucie
Après le livre-disque, L’Incroyable Histoire de Gaston et Lucie est adaptée pour la scène par Monsieur Lune dans un concert illustré qui mêle avec bonheur musique, bande-son et vidéos (réalisées à partir des illustrations du livre de Sébastien Rost), et théâtre. Les Bovillains, habitants de Boville comme leur nom l’indique, vivent dans un monde où règne la beauté. Bien sûr, pour avoir conscience de cette beauté, il leur faut un faire-valoir. C’est le rôle de Gaston, petit blond habillé d’un costume bizarre, et surtout très laid (Gaston, pas le costume, quoique…), qui vit enfermé dans une cage de cirque, aux yeux de tous. Mais un jour, ou plutôt une nuit, le soleil ne se lève pas, et Boville reste plongée dans le noir. Gaston accepte de partir à la recherche du soleil (parce que si les Bovillains sont beaux, ils sont surtout bien peu courageux). Son voyage le mènera à Lucie, une Bovillaine un peu particulière… Avec beaucoup d’humour, Monsieur Lune et ses acolytes nous offrent un joyeux plaidoyer en faveur de la tolérance et de l’acceptation de l’autre. Sur scène, ils débordent d’énergie, ça swingue, et les enfants sont ravis. Ils seront en concert pour trois dates à Paris à partir d’avril, et toutes les dates de leurGaston et Lucie tournée se trouvent ici. Et si l’on veut continuer à danser avec Gaston et Lucie, on peut retrouver toutes les chansons du spectacle sur le livre-CD, sorti en 2010 chez Enfance et musique/Papaluna (histoire de Nicolas Pantalacci et Sébastien Rost, illustrations de Sébastien Rost, chansons de Nicolas Pantalacci, distribué par L’autre distribution,  prix: 19,90€).
Un petit extrait :

Erica

Original dans sa forme

Tout changeAvant c’était au coin du poêle qu’on devait se réchauffer, puis il y a eu les radiateurs dans chaque pièce. Avant, pour s’éclairer, une lampe à huile était nécessaire. Maintenant, il suffit de presser un simple bouton…
Les amis du Père Castor ressortent ce magnifique ouvrage de 1934 dans lequel on va comparer les époques… grâce à des lunettes magiques ! Si l’on regarde à travers la fenêtre rouge on voit le monde de 1834, dans la fenêtre bleue celui de 1934. Le principe va ravir les enfants (et même les parents) et l’ouvrage est superbe : illustrations à l’ancienne et beau papier.
Plus d’infos sur ce livre.

Album FéeMême principe dans l’Album Fée sauf qu’ici on nous raconte des contes classiques. On retrouve donc Cendrillon, Le chat botté, Les cygnes sauvages ou encore Peau d’âne. Chaque fois l’illustration est faite en deux tableaux mais pour les voir il vous faut utiliser les lunettes magiques. L’histoire est aussi racontée dans un court texte. C’est là encore un magnifique album qui nous vient des années 30.

La Grande TraverséeUn oiseau s’envole, c’est l’heure, il faut partir pour aller de l’autre côté. En chemin, il survole des arbres, des fourmilières et des usines, des villes… Mais que se passe-t-il à l’intérieur ?
C’est le même tour de magie que nous jouent Agathe Demois et Vincent Godeau avec La grande traversée. En baladant une « loupe » rouge fournie, on voit ce qui se cache dans le décor, à l’intérieur des gens et des maisons. C’est très poétique, complètement farfelu (ce qu’on voit à l’intérieur n’est pas « réel », on n’est pas du tout dans un documentaire) et assez magique.

julie stephen chhengAssis au cinéma, il regarde la fille à côté de lui. Autour de lui, les gens rient et ont peur.
Alors qu’elle bronze sur la plage, elle reçoit un avion en papier qui contient une déclaration d’amour, qui la lui a envoyée ?
Un voleur s’introduit dans l’immeuble, mais il est très vite repéré.
Sur le terrain de foot, alors qu’il a enfin la balle, il se passe quelque chose d’étrange…
Il y a une fête, des gens s’aiment.
Julie Stephen Chheng propose 5 tout petits livres qui se déplient. L’histoire commence sur la première page, sur une case. On ouvre la page il y a maintenant deux cases et nos héros sont rejoints par d’autres. On continue et il y a maintenant quatre cases puis ça sera huit puis seize. Peu de dialogues, l’objet est surtout graphique. Chaque livre est illustré par un-e dessinateur-trice différent-e (on retrouve notamment Serge Bloch).
Cinq livres objets originaux que vous pouvez découvrir ici : http://les-depliables.fr.

Tout change
de Georges Tcherkessof
Flammarion éditeur dans la collection Albums du Père Castor
16,50 €, 240×260 mm, 10 pages, imprimé En France, 2008.
Album Fée
textes de Rose Celli et Marguerite Reynier, illustré par Hélène Guertik
Flammarion éditeur dans la collection Albums du Père Castor
16,50 €, 240×260 mm, 10 pages, imprimé En France, 2013.
La grande traversée
d’Agathe Demois et Vincent Godeau
Seuil
16 €, 236×336 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2014.
La fête
de Julie Stephen Chheng
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
La plage
de Julie Stephen Chheng et Julien Chheng
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Le cinéma
de Julie Stephen Chheng et Serge Bloch
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Le voleur
de Julie Stephen Chheng et Jocelyn Gravot
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Le foot
de Julie Stephen Chheng et Thomas Pons
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.

Gabriel

Pauvres et riches

TOUT et RIENMonsieur Picaillon était extrêmement riche, Basile-le-fil, lui, n’avait rien, même pas un toit pour s’abriter. Mais un jour, quand le premier perdit la clef de son coffre-fort, c’est le second qui la trouva. Monsieur Picaillon n’avait plus accès à son immense fortune, Basile-le-fil, lui, avait autour du cou une clef en or qui faisait des envieux…
Deux personnages qui n’ont rien en commun et qui n’auraient jamais dû se rencontrer et pourtant dans ce bien joli conte ils vont le faire. On verra qu’on n’est pas forcément plus heureux quand on est riche et surtout il arrive parfois qu’un petit événement change une vie. Sans trop vous dévoiler la fin, Maureen Dor a l’intelligence de ne pas la rendre trop morale, pas complètement éloignée de la réalité. Les illustrations de Cédric Babouche sont proches de la BD, pleines de détails et de mouvements, on se régale (d’autant qu’elles sont particulièrement mises en valeur par un beau papier) !
Un joli conte moderne, une histoire d’aujourd’hui.

Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvresPourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ? C’est la question à laquelle répondent Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon dans un petit livre documentaire sorti chez La ville brûle. Les deux sociologues expliquent aux enfants ce que c’est que d’être riche, comment on le devient, ce que font les riches, comment ils vivent…
Bien que le livre manque parfois de nuance (et, j’ai l’impression, avec les enfants il en faut un peu) et que certains lui reprocheront un côté partisan (par exemple dans un dessin en fin d’ouvrage en face de la question « Que peut-on faire pour que ça change ? » un personnage sur un bateau hurle « la barre à gauche toute »), voilà un magnifique outil de travail. Ce n’est pas, personnellement, un livre que je donnerai à un enfant pour qu’il le lise seul, mais c’est un ouvrage parfait pour répondre à des questions, discuter, entamer des débats. Avec un enfant, ou avec une classe !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Maureen Dor (Les 3 sœurs du roi méchant, Pauvre Stupidon, Moi, super moi, Le rêve de l’arbre, Rita la féroce fée rousse et Quelle chatastrophe !).

Tout et rien
Texte de Maureen Dor, illustré par Cédric Babouche
Les éditions Clochette dans la collection Le Livre Ami
16,95 €, 214×318 mm, 25 pages, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ?
Texte de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, illustré par Étienne Lécroart
La ville brûle dans la collection Jamais trop tôt
8,50 €, 150×210 mm, 64 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.

À part ça ?

Dans l’émission Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin ! du 14 janvier, Véronique Soulé a lu deux textes que j’ai trouvés extrêmement forts, vraiment justes et bien écrits. Deux textes d’enseignants à propos de la tuerie de Charlie Hebdo. Si vous ne les connaissez pas, je vous invite fortement à les lire :
- « Comment avons-nous pu laisser nos élèves devenir des assassins ? »
« Pour mes élèves de Seine Saint-Denis »

Vous pouvez aussi écouter la lecture de ces articles par Véronique Soulé dans son émission.

Gabriel

Un petit tour en Bretagne

au pays des korrigans La ville d’Ys a été construite au milieu de la mer, elle est protégée par de hautes murailles. Seulement un jour, le diable décide de s’y introduire…
Parce que des korrigans ont exaucé un vœu à l’un de ses amis, un bossu décide d’aller à leur rencontre.
Yvain, qui a été enfermé par le chevalier noir, va être heureux de rencontrer la fée Luned.
Fañch était un marin paresseux, mais un jour il sut se rendre utile…
Après le (très bon) recueil de contes bretons pour les grands, Tristan Pichard s’intéresse aux plus jeunes. Au pays des korrigans réunis donc quatre contes parfaitement adaptés aux plus jeunes. Pour relier les contes, une petite souris accompagne les enfants, elle est un acteur de l’histoire en plus d’en être la narratrice. L’idée est vraiment bonne (tant l’adaptation pour les plus jeunes que ce personnage fil conducteur) même si j’avoue que personnellement j’ai été un petit peu lassé des jeux de répétitions dans l’écriture et que je n’ai pas accroché aux illustrations (mais ces deux bémols sont très subjectifs !)
Un mini recueil de contes bretons pour les plus jeunes.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Mamie PikMamie Pik se lève et se prépare pour une bonne journée ! Sa coiffe déjà en place, elle nourrit les poules, arrose les laitues puis s’en va au bourg avec Naig.
Hubert Rublon nous propose un personnage haut en couleur et s’amuse avec les expressions bretonnes. J’ai retrouvé des tas de mots et expressions entendus dans mon enfance. Même si j’ai regretté le fait que l’histoire ressemble à une succession de scènes, j’ai été totalement séduit par Mamie Pik, tant au niveau du graphisme que des dialogues.
On a envie d’avoir une mamie comme Mamie Pik !

LancelotUn bébé a été trouvé par Viviane, la Dame du Lac. L’enfant grandit sans connaître pas son nom, mais très vite il devient le meilleur chevalier au monde, à tel point qu’il rejoint les chevaliers de la Table ronde à ses 18 ans. Son nom, il l’apprendra un jour sur une tombe : Lancelot.
Après Merlin, Arthur et Morgane, c’est donc Lancelot que nous racontent Anne Ferrier et Christelle Le Guen. C’est chaque fois une joie de retrouver cette série entre la BD et l’album jeunesse. De découvrir (ou redécouvrir) les héros de la Table Ronde qui font partie de l’Histoire de la Bretagne.
Le nouveau tome d’une super série qu’on est toujours heureux de retrouver et dont on attend la suite avec impatience.

Les bétises de GondoloGondolo est un petit garçon habitué aux bêtises. Quand il doit garder deux cochons au marché les voilà bientôt qui s’enfuient en bousculant tout sur leur passage. Un jour, avec des amis, il va visiter un bateau… sauf que le bateau s’en va…
Quelle bonne idée que d’éditer ce vieil album de Marguerite Paulet décédée en 1979. Les illustrations sont magnifiques et le texte n’a pas pris une ride. En fin d’ouvrage, une partie documentaire nous parle de la Bretagne des années 30 et de Marguerite Paulet. On apprend notamment l’origine du contenu de l’album : c’est un cahier destiné à ses propres enfants.
Un magnifique ouvrage sur la Bretagne de nos Arrière-grands-parents.

La pierre magique des korrigansUne nuit d’hiver, une femme frappe à la chaumière de Louis et Marie. On laisse entrer la jeune mendiante et on lui propose une assiette. Pour les remercier, celle-ci leur raconte une histoire de korrigans…
Après la Bretagne de 1930, on a rendez-vous maintenant en 1850 (là aussi, une partie documentaire en fin d’ouvrage raconte la vie dans les campagnes bretonnes à cette époque). Une histoire de korrigans, sortes de lutins bien connus des Bretons, et de malédiction.
Un conte qui devrait séduire tous ceux qui aiment les légendes bretonnes.

Quelques pas de plus…
Retrouvez tous les livres que nous avons chroniqués sur le thème de la Bretagne regroupés dans un tableau Pinterest.

Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Tristan Pichard (Contes traditionnels de Bretagne et Égaux sans Ego), Anne Ferrier (Un crocodile dans le ventreLes pierres de prophétieLa meneuse de bêtesLa malédiction Shakespeare, Le chien des ténèbres, Merlin, l’enfance d’un enchanteur, Arthur, l’enfance d’un roi, Morgane, L’enfance d’une magicienne et Petit pot de colle), Christelle Le Guen (Merlin, l’enfance d’un enchanteur, Arthur, l’enfance d’un roi et Morgane, L’enfance d’une magicienne) et Christine Corniolo-Baillot (Le phrare à pas comptés). Retrouvez aussi notre interview d’Anne Ferrier et Christelle Le Guen.

Au pays des korrigans, 4 Contes et Légendes de Bretagne
Textes de Tristan Pichard, illustrés par Pylb
Locus Solus dans la collection Minus
12,90 €, 188×218 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2014.
Mamie Pik
d’Hubert Rublon
Locus Solus dans la collection Minus
11,90 €, 210×248 mm, 40 pages, imprimé en France, 2014.
Lancelot, l’enfance d’un chevalier
Texte d’Anne Ferrier, illustré par Christelle Le Guen
Éditions Millefeuille dans la collection La Table Ronde
12,70 €, 205×255 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les bêtises de Gondolo
de Marguerite Paulet
Éditions Millefeuille dans la collection Jadis en Bretagne
12,50 €, 220×220 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
La pierre magique des korrigans
Récit de Marjolaine Pereira, scénario d’Isabelle Lamort-Robert, illustré par Christine Corniolo-Baillot
Éditions Millefeuille dans la collection Jadis en Bretagne
12,50 €, 220×220 mm, 36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2014.

À part ça ?

La mare aux mots recrute !

Gabriel

Les invité-e-s du mercredi : Mayana Itoïz et Delphine Perret (+ concours)

Aujourd’hui, j’ai eu envie d’en savoir plus sur Mayana Itoïz, auteur et illustratrice que je suis depuis quelque temps et dont j’ai beaucoup aimé le dernier album, Madame la Flemme. À la suite de cette interview, vous pourrez d’ailleurs gagner cet album. Ensuite, c’est avec Delphine Perret, auteur et illustratrice également, que nous avons rendez-vous pour notre rubrique « En vacances avec ». Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Mayana Itoïz

Mayana ItoïzComment êtes-vous devenue auteur/illustratrice, parlez-nous de votre parcours.
Après des études aux beaux arts j’ai un peu tâtonné : j’ai fabriqué des lampes, fait un peu d’architecture d’intérieur, je suis devenue enseignante et en parallèle de tout ça, j’alimentais un blog avec des croquis et des illustrations. J’ai toujours dessiné, à l’école, en dehors, avec mes amis, en voyage, ou pour faire avancer des idées et grâce à mon blog j’ai reçu des demandes de collaboration ou des commandes d’illustrations et de fil en aiguille je n’ai plus fait « que ça » depuis 2008.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?Mayana itoiz
Enfant, je dévorais les livres. Tout ce que je pouvais trouver au rayon livre du supermarché où ma mère me laissait pour faire ses courses : bibliothèque rose, Club des 5, premiers romans. Elle m’en achetait un presque à chaque fois. Environ un livre par semaine et je ne me souviens que de certains titres, pas mal d’histoires, et de beaucoup beaucoup de couvertures : Deux pour une, Le môme en conserve, Charlie et la chocolaterie
J’ai aussi des souvenirs du petit coin bibliothèque de la salle de classe : j’y ai souvent emprunté Max et les maximonstres, et beaucoup de poésies illustrées, de contes classiques… C’est plus tard à l’adolescence que j’ai commencé à fréquenter les librairies.

MADAME LA FLEMMEQuelles techniques de dessin utilisez-vous ?
Je dessine en noir : crayon, pierre noire, encre de Chine, feutres. Et couleurs numériques. Mais il m’arrive de coller et de peindre et aussi de coudre du papier. Je récupère des montagnes de bouts de papier.

Parlez-nous de Madame la flemme, comment est né cet album ?
C’est un album autobiographique, des années d’introspection ont été nécessaires avant d’écrire ce texte. Sans rire, Madame la flemme est née il y a de nombreuses années sur mon blog justement. En 2008 ou 2009 j’avais dessiné cette masse énorme qui sonnait à ma porte avec sa valise un dimanche matin, et que j’accueillais mollement. Puis elle est régulièrement revenue au fil des ans.
J’en ai parlé avec des éditeurs qui semblaient intéressés par l’idée, mais après plusieurs tentatives graphiques je n’étais jamais satisfaite. Le temps est passé jusqu’à ce que je l’écrive enfin et que je me décide à choisir un style pour cette petite fille et sa grosse flemme.

Ma classe de A à ZPouvez-vous nous dire aussi quelques mots sur Ma classe de A à Z et Mon monde de 1 à 1000, comment avez-vous travaillé sur l’illustration de ces albums ?
Ces deux albums sont nés de la rencontre avec Coralie Saudo, j’ai lu son texte Ma classe de A à Z sur un salon et j’ai beaucoup aimé, j’ai demandé aux P’tits bérets d’essayer de l’illustrer et ça a marché. Je me suis régalée à dessiner une multitude de petits détails en rapport avec les lettres de chaque page.
Pour Mon monde de 1 à 1000, j’ai plutôt inséré des références imagées aux chiffres.
Pour illustrer ces deux livres, j’ai travaillé le dessin au crayon à papier ou au crayon MON MONDE de 1 à 1000noir et réalisé les couleurs à l’ordinateur. J’ai scanné et ajouté par petites touches : des bouts de tissus, des vieilles cartes, des taches d’aquarelle et même… quelques petits dessins d’un de mes enfants.

Quels sont vos projets ?
Je commence un nouveau projet avec les éditions P’tit Glénat, et je suis ravie. Il ne s’agit pas d’un de mes textes mais j’ai des projets jeunesse en tant qu’auteur également.
Et un projet de BD adulte qui me travaille depuis… longtemps.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Mayana Itoïz sur son site : http://pataplume.blogspot.fr.

Concours :
Comme je vous le disais avant cette interview, grâce à Glénat je vais pouvoir offrir à l’un de vous Madame la Flemme de Mayana Itoïz (que nous avons chroniqué ici). Pour participer, dites-moi qu’est ce qui déclenche le plus l’arrivée de Madame La Flemme chez vos enfants… ou chez vous ! Je tirerai au sort parmi vos réponses. Vous avez jusqu’à mardi 20 h, bonne chance à tous !


En vacances avec… Delphine Perret

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il ou elle veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il ou elle veut me présenter et c’est lui ou elle qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Delphine Perret qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

-hum- 7 albums jeunesse

  • Oh Non GeorgePonctuationville Kveta Pakovska
  • Les larmes de crocodile André François
  • L’arbre généreux Shel Silverstein
  • Dinomir le géant Quentin Blake et…..?
  • Un jour un chien Gabrielle Vincent
  • La première fois que je suis née Cuvellier/Dutertre
  • Oh non George Chris Haughton

 

5 romansZazie dans le métro

  • Le cœur est un chasseur solitaire Carson Maccullers
  • Zazie dans le métro Raymond Queneau
  • Marcovaldo Italo Calvino
  • Bienvenue au club Jonathan Coe
  • La manifestation Antoine Choplin

5 DVDéternal

  • Les temps modernes Charlie Chaplin
  • Broken flowers Jim Jarmush
  • Bin Jip (Locataires) Kim Ki-Duk
  • Eternal sunshine of the spotless Mind Michel Gondry
  • Le château ambulant Hayao Myiazaki

5 CD

  • Tom Waits - Rain dogsNina SimoneLittle Girl Blue (n’importe lequel en fait !)
  • Tom WaitsRain dogs, s’il faut vraiment en choisir un
  • RadioheadKid A ou Hail to the thief
  • Greg gilg14 h 14
  • + Maxine Sullivan, Fats waller, Bjork, Cocorosie, Beirut, Mercedes Sosa

 

5 artistessophie calle

  • Joan Miro
  • Sophie Calle
  • Theo Jansen
  • Edward Hopper
  • Rothko

5 BD

  • Anna et Froga Anouk RicardJeanne le renard et moi Isabelle Arsenault
  • Le petit Christian Blutch
  • L’année du lièvre Tian
  • Quai d’Orsay Blain + Abel Lanzac
  • Camille et Jeanne s’entendent bien Laurent Simon
  • Jeanne le renard et moi Isabelle Arsenault
  • Kaspar, de Obom


5 lieux

  • les librairies indépendantes à Londres
  • le temple Bayon au Cambodge
  • le train de nuit Moscou-Minsk
  • le centre d’art Vinzavod à Moscou
  • mes cafés préférés à Lyon

Delphine PerretDelphine Perret est auteur et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Bigoudi, texte illustré par Sébastien MourrainLes fourmis rouges (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Lettres à pattes et à poils et à pétales, avec  Philippe LechermeierThierry Magnier (2014).
  • Chevaliers et princesses avec gigot, illustration d’un texte de Christian Oster, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Pedro crocodile et George alligator, texte et illustrations, Les fourmis rouges (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Il était mille fois, illustration d’un texte de Ludovic Flamant, Les fourmis rouges (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Moi, le loup et la cabane, texte et illustrations, Thierry Magnier (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le beau selon Ninon, illustration d’un texte de Oscar Brenifier, Autrement (2012).
  • Princesse pas douée, illustration d’un texte de Christian Oster, l’école des loisirs (2012).
  • Monsieur Stan n’a qu’à bien se tenir, illustration d’un texte de Claudine Aubrun, Syros (2012).
  • Moi, le loup et les vacances avec pépé, texte et illustrations, Thierry Magnier (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Imagier ron-ron, texte et illustrations, Thierry Magnier (2008).
  • L’amour selon Ninon, illustration d’un texte de Oscar Brenifier, Autrement (2008).
  • Moi, le loup et les chocos, texte et illustrations, Thierry Magnier (2005).

Retrouvez la bibliographie complète de Delphine Perret (et plein d’autres choses encore) sur son site : http://www.chezdelphine.net.