La mare aux mots

Un chaton mignon et un amour à la bonne taille

Par 17 février 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on fait de drôles de rencontres avec un chaton mignon, un minuscule géant et une immense naine !

Le chat le plus mignon du monde
de Vincent Pianina
Thierry Magnier
12,50€, 177×196 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2017.
Un amour sur mesure
Texte de Roland Fuentès, illustré par Alexandra Huard
Nathan dans la collection Albums Nathan
10€, 222×272 mm, 28 pages, imprimé en France, 2017.

Improbables amitiés

Par 16 février 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va se plonger dans des histoires d’amitiés à travers trois albums qui nous content des amitiés un peu étranges, que l’on n’aurait pas pu imaginer.

Santa fruta
texte de Delphine Perret, illustré par Sébastien Mourrain
les fourmis rouges
13,80 €, 180 x 245 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2016.
Katkout
texte de Garennabi Elhalou, illustré par Hilmi Touni
Le port a jauni
18 €, 320 x 240 mm, 40 pages, imprimé en France, 2016.
Bagdan et la louve aux yeux d’or
texte de Ghislaine Roman, illustré par Régis Lejonc
Seuil jeunesse
15 €, 265 x 290 mm, 56 pages, imprimé en France, 2016.

Les invité.e.s du mercredi : Jacques-Rémy Girerd et Nathalie Novi

Par 15 février 2017 Les invités du mercredi

Si en littérature jeunesse, je pense que la part de « produits commerciaux » est assez faible par rapport aux vraies œuvres, c’est d’après moi l’inverse dans le cinéma. Combien de grosses productions insipides pour un film d’auteur ? Il reste, quand même, des petits bijoux qui sortent, les films de Jacques-Rémy Girerd et du studio Folimage en font partie. C’est comme un fan impressionné par son idole que j’ai écrit à Jacques-Remy Girerd pour lui demander s’il était d’accord de répondre à quelques questions, il a accepté tout de suite. Suite à cette interview, je vous propose de partir en vacances avec une grande dame de l’illustration, Nathalie Novi. Nous vous souhaitons un bon mercredi !


L’interview du mercredi : Jacques-Rémy Girerd

Ce n’est peut-être pas sérieux, mais j’aimerais commencer cette interview en vous disant à quel point je suis fan de votre travail, à quel point je trouve vos films extraordinaires. La question peut sembler naïve, mais en quoi consiste exactement votre travail ?
J’ai cumulé de nombreuses occupations, auteur, j’ai écrit de nombreuses histoires, réalisateur, j’ai réalisé près de cent films d’animation, et producteur pour soutenir le travail d’autres réalisateurs autour de moi. Souvent un travail de chef d’orchestre.

Comment est né Folimage ?
Au début de cette longue histoire, à la fin des années 70, si on s’intéressait au cinéma d’animation quasiment inexistant en France, il fallait créer sa propre structure, pratiquement aucun producteur ne s’y intéressait et les chaines de télévision qui se comptaient alors sur les doigts d’une main étaient loin de cette problématique. À partir de 1982/83 les choses ont changé avec la création du COSIP par le CNC. Avec quelques amis nous avons donc créé le studio Folimage en 1981, avec préfiguration de 89 à 91. Au début tout petit et le studio s’est agrandi avec les années, aujourd’hui il fait vivre environ 130 personnes.

Je suis totalement fan de Mia et le Migou qui est, pour moi, l’un des plus beaux dessins animés jamais tournés.
Un grand merci pour cette appréciation qui me touche beaucoup.

Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
C’est l’histoire d’une petite fille qui n’a rien, très pauvre et isolée. Elle décide de partir à la recherche de son père et fera la rencontre des Migous ces êtres qui ont tout et sont des géants. C’est le choc de l’infiniment petit et du super puissant. La force qui peut s’annuler en un instant et cette gamine pleine de courage qui peut renverser des montagnes. Une allégorie.

Vos films sont souvent engagés, sur l’écologie notamment, c’est important pour vous de passer un message ?
C’est sans le vouloir, je suis toujours rattrapé par des grands enjeux de société dans mes films. Impossible pour moi de raconter des histoires déconnectées, sans fond, sans morale. L’écologie et la protection de l’environnement sont au cœur de nos grands défis humains ; c’est aussi le rôle de l’artiste que de parler de son temps et du monde dans lequel il vit ou survit.

Côté voix, dans vos films ce sont souvent des acteurs très connus (Annie Girardot, Michel Galabru, Michel Piccoli, Pierre Richard, Bernadette Lafond, Sabine Azéma…), est-ce que ça apporte vraiment quelque chose au film ou est-ce que ça fait plus venir les gens ?
C’est principalement par amour des acteurs. J’aime le jeu des acteurs, au théâtre comme au cinéma. Quand j’écris des histoires je ne peux m’empêcher de penser aux acteurs idéaux pour les rôles que j’imagine, cela m’aide pour écrire les dialogues. Et quand la réalité croise l’imagination c’est formidable. Chaque acteur, connu ou inconnu que j’avais imaginé au moment de l’écriture a toujours donné suite pour la réalisation des films. J’ai été gâté. Rien à voir avec des questions commerciales.

J’ai lu aussi que vous commencez par enregistrer les voix avant toute chose, c’est bien ça ?
Oui toujours, cela donne aux films une qualité supérieure et procure une vérité augmentée aux dialogues. Le comédien est libre de son interprétation et nous sommes très proches au moment de l’enregistrement. L’expérience est très enrichissante et les liens tissés de cette façon beaucoup plus vrais.

Quels sont les films qui ont marqué votre enfance ?
Zorro, Mon Oncle, Jour de fête, Le ballon rouge, Buster Keaton Le mécano de la Générale, tous les films des Marx Brothers, La ruée vers l’or de Charlie Chaplin… et beaucoup d’autres

Quelques mots sur vos projets ?
J’ai abandonné la réalisation pour la littérature.

Filmographie (sélective) en tant que réalisateur

  • Tante Hilda !, long métrage (2014).
  • C’est bon, série de courts métrages (2013).
  • Ma petite planète chérie, série de courts métrages (2010).
  • Mia et le Migou, long métrage (2008).
  • La Prophétie des grenouilles, long métrage (2003).
  • L’Enfant au grelot, court métrage (1997), que nous avons chroniqué ici.
  • Mine de rien, série télé (1993).
  • Le bonheur de la vie, série télé (1992).
  • Amerlock, court métrage (1988).
  • Le cirque bonheur, série télé (1988).

Le site de Folimage : http://www.folimage.fr.


En vacances avec… Nathalie Novi

Régulièrement, je pars en vacances avec un.e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Nathalie Novi que je pars ! Allez en route !

Voyages avec la Mare aux Mots

  • Laisser flotter mes jupons exactement là, au-dessus des vignobles, dans la combe de Rosnay, dérouler mes pas et contempler le Cirque de Baume les Messieurs, sous un ciel de vent, à l’ombre des oiseaux silencieux.
  • Se laisser emporter là où penche mon cœur, au cœur d’Arezzo, dévaler la Piazza Grande et glisser doucement jusqu’à la Chapelle Bacci où sommeille le petit page du Songe de Constantin peint par Piero della Francesca.
  • Traverser le Millenium Bridge, se fondre dans les vibrations colorées de Rothko au Tate Modern, puis se régaler au Borough Market. London is so chic !
  • Se dépayser d’un sourire qui flotte à Fort Cochin et s’enivrer de couleurs et d’enfance.
  • S’égarer avec délice à Albi, déambuler dans les dessins de Lautrec, s’émerveiller d’une colline surmontée d’un cyprès et rêver un jour de s’y poser…

Cinq Albums jeunesse :

  • Alice in Wonderland. Lewis Carroll, John Tenniel 1865.
  • Tous les albums de Lisbeth Zwerger.
  • Une berceuse en chiffons, la vie tissée de Louise Bourgeois. Amy Novesky, Isabelle Arsenault chez Pastèque.
  • Le pays du rêve. Formidable Anne Brouillard.
  • Les Fleurs parlent. Géniale Joanna Concejo, texte J.F. Chabas.

Cinq musiques :

  • Henry Purcell. The King Arthur interprété par James Bowman (mon contre-ténor préféré).
  • W. A. Mozart. Requiem. Jordi Savall, une merveille !
  • J.S. Bach. St Matthew Passion. Masaaki Susuki.
  • A. Vivaldi. Stabat mater dolorosa. Ensemble 415.
  • La Folia. Jordi Savall.

Cinq Films :

  • Chantons sous la pluie. Ah, Gene Kelly !
  • Les Demoiselles de Rochefort. Ah, Jaques Demy !
  • Jacquot de Nantes. Bouleversant d’enfance. Agnès Varda (merci !)
  • La meglio gioventù (Nos meilleures années). Marco Tullio Giordana 2003.
  • Out of Africa. Sydney Pollack 1985. Ce merveilleux concerto pour clarinette de Mozart dans la brousse…
  • Et enfin, même si cela fait six, tous les films de Jacques Tati !

Cinq romans… :

  • Orgueil et préjugés, ‘my lovely’ Jane Austen !
  • François d’Assise. Joseph Delteil.
  • Le fleuve caché. Jean Tardieu. Poésie-Gallimard
  • Tobie des marais. Sylvie Germain.
  • Narcisse et Golmund. Herman Hesse.

*Ainsi que les contes d’Andersen et des frères Grimm, + tous les livres que je ne connais
pas encore mais vont me bouleverser !

Et, comme je ne connais pas la BD, je me permets d’en ajouter cinq à cette liste…
Cinq peintres et photographes :

  • Fra Angelico
  • Velásquez
  • Degas
  • Vuillard
  • Sorolla
  • Hammershoi
  • Balthus
  • Saul Leiter
  • Édouard Boubat
  • Lewis Carroll photographe…

ECCO !

Nathalie Novi est peintre littéraire.

Bibliographie sélective :

  • Les mille et un voyages de Claudio Monteverdi, illustration d’un texte de Carl Norac, Littlevillage (à paraître d’ici quelques jours).
  • Merveille des merveilles, illustration d’un texte de Jennifer Dalrymple, Didier Jeunesse (2016).
  • Bonnes nouvelles du Monde, illustration d’un texte d’Alain Serres, Rue du Monde (2016).
  • Et si on redessinait le Monde, illustration d’un texte de Daniel Picouly, Rue du Monde (2014).
  • Trois sœurs, illustration d’un texte de Jo Hoestlandt, Gallimard Jeunesse (2013).
  • Comptines & berceuses tsiganes, illustrations, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mahboul le sage, illustration d’un texte d’Halima Hamdane, Didier Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Noël des ramasseurs de neige, illustration d’un texte de Jacques Prévert, Rue du Monde (2012).
  • Yeghvala, la belle sorcière, illustration d’un texte de Catherine Gendrin, Didier Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mamouchka et le coussin aux nuages, illustration d’un texte de Michel Piquemal, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Chansons du monde, 22 chansons du Brésil au Vietnam, collectif, Didier Jeunesse (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • L’histoire du soldat, illustration d’un texte de Charles-Ferdinand Ramuz, Didier Jeunesse (2011).
  • La neige vive, illustration d’un texte de Michel Piquemal, Didier Jeunesse (2010).
  • La Flûte enchantée racontée aux enfants, illustration d’un texte de Jean-Pierre Kerloc’h, Didier Jeunesse (2010).
  • Pinocchio, illustration d’un texte de Carlo Collodi, Rue du Monde (2009).
  • La petite sirène, illustration d’un texte d’Hans Christian Andersen, Didier Jeunesse (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • La petite fille et l’oiseau, texte et illustrations, Didier Jeunesse (2008).

Retrouvez Nathalie Novi sur son site : http://www.nathalienovi.com.

Enfants particuliers

Par 14 février 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose tout d’abord de retrouver Césarine et Auguste Mars, les héros de la série Les autodafeurs puis d’aller à la rencontre d’enfants particuliers protégés par une certaine Miss Peregrine. Deux séries absolument enthousiasmantes.

Les autodafeurs – T2 – Ma sœur est une artiste de guerre
de Marine Carteron
Rouergue dans la collection doado
14,90 €,  140×206 mm, 380 pages, imprimé en France, 2014.
Miss Peregrine et les enfants particuliers
de Ransom Riggs (traduit par Sidonie Van Den Dries)
Bayard
15,90 €, 446 mm, 137×210 pages, imprimé en Italie, 2012.
Le journal de Miss Peregrine et les enfants particuliers
Bayard
10,90 €, 135×215 mm, 192 pages, imprimé en Italie, 2016.
Contes des particuliers
de Ransom Riggs (traduit par Sidonie Van Den Dries), illustré par Andrew Davidson
Bayard
14,90 €, 140×210 mm, 256 pages, imprimé en Italie, 2016.

Résistance ! [article en libre accès]

Par 13 février 2017 Livres Jeunesse

Pour notre retour après deux semaines d’absence, on voulait vous parler de livres engagés et forts. Aujourd’hui, on plonge au cœur de la Jungle de Calais avec Les nouvelles de la jungle puis l’on s’interroge sur la condition féminine grâce au passionnant Libres d’être… Cet article est en accès libre, n’hésitez pas à le partager !

Bienvenue dans la jungle de Calais ! De février 2016 jusqu’à son démantèlement Lisa Mandel, dessinatrice, et Yasmine Bouagga, sociologue, ont traîné leurs guêtres dans cette « ville » de cartons et de tôles. Tout au long de leur périple, nos deux héroïnes vont rencontrer de nombreuses personnes : réfugié.e.s, adultes comme enfants, animés d’un même rêve : celui de traverser coûte que coûte la Manche et de rejoindre l’Angleterre. Mais on croise également des bénévoles formidables prêts à tout pour aider les habitant.e.s de cette drôle de jungle, des hommes et des femmes politiques cyniques ou totalement désintéressé.e.s, des habitant.e.s fatigués de la situation. On y rencontre l’humain avec un grand H…
Difficile d’expliquer la situation des migrant.e.s aux plus jeunes. Les nouvelles de la jungle est la BD qu’il vous faut ! Sous forme de chroniques, Lisa et Yasmine – qui se mettent en scène – nous exposent le quotidien glaçant des migrant.e.s, la difficulté des bénévoles et militant.e.s à faire entendre leur cause, le désintérêt de certains hommes politiques… Tout sonne juste, les dialogues comme les illustrations de Lisa Mandel. L’ouvrage est didactique, jamais moralisateur ni angélique. Les auteures ont à cœur de faire comprendre la situation, les problèmes politiques, sociaux et culturels qui existent à Calais. C’est tout un microcosme que l’on découvre et qui essaye tant bien que mal de lutter pour sa survie (on se rappelle l’opération « bouche cousue » des migrants, ultime cri d’alerte, et qui est ici retracée dans l’ouvrage). Les nouvelles de la jungle nous font nous questionner sur nous, notre modèle social, notre possibilité de venir en aide aux autres. Passionnant, parfois drôle – on est atterré par l’inertie de l’administration française et européenne concernant les demandes de permis de séjour -, touchant et émouvant, l’ouvrage permettra aux adolescent.e.s de s’interroger sur la société dans laquelle ils vivent….
Une formidable BD politique, engagée qui fait du bien !

Lui est né en 1974, dans les années où les mouvements féministes sont en pleine effervescence : le MLF, le MLAC… Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune défendre le droit à l’IVG. Elle n’a pas encore le droit de vote, ne peut pas encore porter de blue-jean (d’ailleurs ils n’ont pas encore été inventés) ni de pantalon, n’a pas le droit de vivre comme elle l’entend : en 1909, elle rêve de liberté et surtout d’égalité… S’ils n’appartiennent pas au même monde, nos deux héros ont les mêmes interrogations : lui se questionne sur l’avenir de ses filles et de son rôle de « mâle », elle s’imagine en femme libre…
Drôle d’objet poétique et politique que ce Libres d’être… Mais terriblement intrigant. Thomas Scotto et Cathy Ytak entremêlent deux textes écrits à la première personne : celui de ce père de famille, De fibres entremêlées, qui se demande quel avenir est réservé à ses filles, et celui de cette femme, féministe : Paris, 1909 qui râle contre son corset et cette société corsetée et ne demande qu’à garder le contrôle de sa vie. « Les seules rênes que je possède sont celles de ma vie. Je n’ai guère l’intention de les lâcher ». L’écriture est fluide, limpide, musicale par moment. Thomas Scotto complète ce joli tableau par des illustrations épurées et classieuses : il joue avec les textes, collages et recrée un univers très « Belle Époque », totalement en phase avec Paris, 1909. Ces textes féministes nous interpellent, nous interrogent et nous incitent à ne pas nous soumettre…
Un très beau texte engagé, à mettre entre les mains des filles (et des garçons) !

Les nouvelles de la jungle
Texte de Yasmine Bouagga, illustré par Lisa Mandel
Casterman
18 €, 166×197 mm, 300 pages, imprimé en Espagne, 2016.
Libres d’être
Texte de Thomas Scotto et Cathy Ytak, illustré par Thomas Scotto
Éditions du Pourquoi Pas ?
9,50 €, 150×190 mm, 64 pages, imprimé en France, 2016.