On ne fait pas n’importe quoi !

Aujourd’hui, on va apprendre à bien se tenir, il était temps, non ?

Il y a des reglesIl y a des règles ! Quand maman dit « arrête » on arrête (on ne reste pas accroché au lustre), on ne dit pas « c’est qui qui » (sauf si l’on parle du chien), on ne parle pas la bouche pleine (sauf en cas d’urgence genre l’arrivée inopinée d’un dinosaure), on ne suit pas un monsieur dans la rue qui dit avoir perdu son chien, on ne demande pas à papa quand maman a déjà dit « non »… on ne fait pas n’importe quoi !

Gros coup de cœur pour À la maison il y a des règles ! de Laurence Salaün et Gilles Rapaport ! Déjà parce que les exemples sont bons (et généralement partagés par tous), ensuite parce que c’est extrêmement drôle. L’allure de la petite fille qui se lève (visiblement d’une humeur de chien), les situations qu’on connaît bien (ne pas chercher et dire qu’on n’a pas trouvé, l’envie d’aller aux toilettes quand il faut débarrasser la table…), des dialogues percutants, des dessins hilarants… bref ici on rit beaucoup de ces situations qui nous disent quelque chose ! La seule exception, celle où il est même précisé « et l’on ne rigole pas avec ça ! », c’est le dessin sur le fait qu’il ne faut pas suivre un monsieur dans la rue, mais ensuite on a à nouveau le droit de rire avec une famille à tête de cochon (pour nous dire de manger proprement). Un bon moyen de reparler des règles de politesse, de respect et de vie commune, sans que ça soit sentencieux. Avec de l’humour, tout passe mieux !

Petit manuel de politesseUne baby-sitter a décidé d’apprendre la politesse (poil aux fesses) à deux enfants… ça ne sera pas toujours facile. Douze règles allant de se mettre la main devant la bouche pour éternuer à ne pas chuchoter devant les autres en passant par ne pas soulever les jupes des filles et ne pas faire pipi n’importe où. Après avoir reçu ces douze recommandations c’est certain ces enfants seront bien plus sages… ou pas !

Après le grand livre, le tout petit. Ici, il y a un fil conducteur, une histoire à suivre et pour chaque règle édictée on trouve un volet à ouvrir… où la règle sera généralement contredite. J’avoue avoir moins aimé ce principe (et le livre en général). Ainsi à côté de « On ne fait pas pipi n’importe où. On va au “petit coin” lorsqu’on en a besoin », un volet s’ouvre et l’on découvre un enfant heureux d’uriner sur une pelouse, après « Devant une porte fermée il est bien élevé de toquer » on découvre les enfants entrants, hilares, sans frapper dans une salle de bain où la baby-sitter prend son bain… J’ai eu un peu de mal, donc, avec ce principe de déconstruire les règles pour un effet comique, j’ai trouvé ça contre-productif. Alors peut-être est-ce justement le but du livre, dire qu’il y a des règles, mais qu’il ne faut pas les respecter, tourner tout ça en ridicule… J’avoue préférer le premier livre qui arrive, sans être moraliste à faire passer plein de choses.
Des extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Gilles Rapaport (Alex et Léon dans les camps français 1942/1943) et de Robin (Essie, et si j’étais parfaite et Hercule attention travaux).

À la maison il y a des règles !
Texte de Laurence Salaün, illustré par Gilles Rapaport
Seuil Jeunesse
13,90 €, 180×330 mm, 72 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Petit manuel de politesse, poil aux fesses !
Texte d’Alexandra Garibal, illustré par Robin
P’titGlénat dans la collection Vitamine
12 €, 145×168 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Bonbek 11Le nouveau Bonbek est sorti ! On vous a déjà parlé de cette revue qui nous offre une grande histoire, des loisirs créatifs, des jeux… Ce numéro 11 est un numéro spécial Même pas peur ! On y trouve une grande histoire (31 pages) signée Agnès Bertron-Martin et Gwen Keraval dans laquelle on va rencontrer Noulouk qui n’a pas peur des créatures féroces de la banquise quand il est question d’aller offrir un poisson à Anouk son amoureuse. Ensuite on va faire une araignée en chocolat, on va customiser une basket, colorier, découper des poissons et ajouter des vêtements à des personnages… et là il y a l’ombre au tableau ! Quand on avait parlé de Bonbek sur À l’ombre du grand arbre j’avais déjà parlé de ce qui est pour moi un grave souci et qu’on retrouve dans ce numéro… la pub ! Et surtout, la pub bien sournoise ! En effet les vêtements à découper et à ajouter aux personnages sont tous accompagnés de leur références et de leur marque (et on nous signale même sur quel site internet on peut les trouver). Pour moi c’est un gros gros problème, et ces deux pages font oublier la qualité du magazine (qui pour le coup passe de « assez cher » à « très cher », car 9,50 € pour un magazine avec pub, pour moi c’est pas possible). S’il y a bien un endroit où j’ai du mal à supporter la publicité, c’est dans les ouvrages pour enfants. Bref, dommage c’est une bonne revue Bonbek, mais je refuse qu’on prenne mes enfants pour des pigeons.
Le site de Bonbek : http://www.bonbek.fr.

Gabriel

Pas une, mais DES histoires !

Aujourd’hui, je vous présente des albums qui à eux seuls contiennent plusieurs histoires.

histoires sans finUn roi veut conquérir le monde. Il enfile donc manteau, bottes et écharpe. Mais à chaque fois qu’il est sur le point de partir, la nuit tombe, et il remet son projet à plus tard. On tourne la page, et on se retrouve dans un zoo, où les animaux s’ennuient. Quelques pages plus loin, on découvre une maison, tapie au fond d’une forêt. C’est fou tout ce que l’on peut faire avec quatre formes et trois couleurs !

En effet, dans Histoires sans fin, Édouard Manceau utilise toujours les mêmes dessins et les mêmes couleurs qu’il compose à chaque fois différemment pour créer de nouvelles aventures. Il invite même le lecteur à inventer sa propre histoire. Du rouge, du bleu, du blanc (et du noir, je dirais qu’il y quand même quatre couleurs en tout), quelques formes simples, et l’histoire prend vie en fonction des envies de l’auteur ! La preuve que rien n’est jamais figé : avec un peu d’imagination, et suivant le regard que l’on porte sur ce qui nous entoure, on peut s’inventer mille histoires ! Ouvrez l’œil !

fabuleuses histoires de géantsEntrons dans le monde des géants ! Ces créatures légendaires existent depuis longtemps dans l’imaginaire, et tout autour du monde ! Le premier d’entre eux est Atlas, dans la Grèce Antique. Il y a aussi Goliath, Morgante, Gargantua, mais aussi de vrais géants : l’homme le plus grand du monde, ou bien un catcheur impressionnant par sa taille et son poids, ou bien encore une sculpture géante de femme de Ron Mueck visible à la fondation Cartier. Les géants sont partout, je vous assure !

En tout, ce sont douze histoires que nous présente Gérard Pourret. Douze Fabuleuses Histoires de Géants ! Pour chaque double page, on trouve un récit simple mais clair et une grande illustration de Nancy Ribard, pleine de motifs fins et détails. Les explications sont documentaires mais pas rébarbatives : ce sont de vraies histoires et pas des de simples accumulation d’informations. Simple, accessible, intéressant et joli à regarder : cet album relève le défi d’explorer complètement le monde fascinant des géants !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Édouard Manceau (Coucou, le grand cache-cache des animaux, Histoires sans queue ni tête, Tac-tac le hibou, Chponk le moustique) et Nancy Ribard (Les souliers écarlates).

Histoires sans fin
d’Édouard Manceau
Seuil Jeunesse
13 €, 210 x 260 mm, 48 pages, imprimé en France, 2014
Histoires Fabuleuses de Géants
Texte de Gérard Pourret, illustré par Nancy Ribard
Editions Mouck dans la collection Le temps fabuleux
15 €, 217 x 286 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2014

A part ça ?

Envie d’évasion ? Voici 17 maisons plus insolites les unes que les autres !

Marianne

Juste une histoire de couleur

Aujourd’hui, on va parler de couleurs…

Gros chagrinNoémie pleure, elle a un gros chagrin. Inquiet, son papa accourt et lui demande ce qu’il se passe. C’est bien simple, Noémie ne veut plus être noire, mais elle veut être blanche comme son papa. Celui-ci décide de lui raconter l’histoire de Boulou la petite chatte noire qui, comme Noémie, voulait être blanche…

Ce n’est pas si courant de voir traiter, dans la littérature jeunesse, le rejet de sa propre couleur, de ses origines. Bien sûr, on ne saura pas pourquoi Noémie ne souhaite plus être noire ou en tout cas pas précisément. Le père de la petite fille va lui raconter une histoire (qu’il crée pour l’occasion), dans laquelle elle va se reconnaître. Une petite chatte que sa famille ne reconnaît plus maintenant qu’elle a changé de couleur. Sa grand-mère lui fera prendre conscience qu’il ne faut pas renier qui l’on est. Alors bien sûr le message n’est pas nouveau (on pense à Shiro le petit chat blanc, notamment), mais le traitement l’est complètement et surtout l’album est graphiquement superbe (faut dire qu’il est signé Rémi Courgeon). Un très bel album pour évoquer le racisme et, au-delà, la différence, avec les plus petits.

Le monde de LéonDans le monde de Léon, tout était en noir et blanc… sauf lui. Imaginez donc à quel point il se sentait différent. Heureusement grâce à Cerise, Azur et Jonquille, trois fées, il allait y avoir bientôt de la couleur partout… et toutes sortes de couleurs !

Ici, on parle légèrement de la différence, l’album nous parle surtout des couleurs (en prenant comme prétexte un monde en noir et blanc et des fées qui vont le coloriser), du résultat que donnent leurs mélanges. Une histoire toute douce et colorée pour apprendre, de façon originale, à nommer les couleurs et apprendre comment les fabriquer.

Le loup qui voulait changer de couleurUn loup se trouvait trop noir, il voulait changer de couleur. Le lundi, il essaya le vert… mais il avait l’air d’une grenouille. Le mardi, il tenta le rouge… mais ça faisait un peu trop Noël et quand on déteste cette fête c’est un peu dommage. Le mercredi, en se couvrant de pétales de roses il devint aussi rose qu’une princesse… c’était un peu ridicule. Allait-il trouver la bonne couleur avant la fin de la semaine ?

On vous a régulièrement parlé du Loup d’Orianne Lallemand et Éléonore Thuillier… mais on n’avait jamais parlé du tout premier ! Le loup qui voulait changer de couleur est un album qui a énormément de succès et qu’on retrouve très régulièrement dans les classes de maternelle. On apprend donc des notions comme les jours de la semaine et les couleurs, mais aussi à s’accepter comme on est. Un album plein d’humour qui cartonne auprès des enfants.
Le même vu par La littérature de Judith et Sophie.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Rémi Courgeon (Le grand arbre et autres histoiresContes d’Afrique, Pieds nusToujours debout, Pas de ciel sans oiseaux et Elvis Presley), Bénédicte Carboneill (La vache sans tache et La lampe des jumeaux), Valérie Weihar-Giuliani (Et tu es né…Un dîner entre amis ?Les secrets des fleurs et L’Abécédaire du petit écolier), Manola Caprini (La vache sans tache et Un accordéon sinon rien), Orianne Lallemand (Le loup qui fêtait son anniversaire, Sur les remparts de Saint-MaloLe loup qui n’aimait pas NoëlLes chaussettes de GaspardAu secours ! Un ogre gloutonP’tit loup rentre à l’écoleAu secours ! Une sorcière au nez crochuAu secours ! Un loup tout poilu et Pestouille et Jolicoeur) et Éléonore Thuillier (Le loup qui fêtait son anniversaire, Rosie & Rosette, 100 % pur porc avec un zeste de loupLe loup qui voyageait dans le tempsLe loup qui n’aimait pas NoëlP’tit loup rentre à l’écoleSur la route des formesGros GrisLa jungle en haleineAdam est fortLe grand lapin blancMon papa est un zarzouilleur et Jour de piscine). Retrouvez aussi nos interviews de Rémi Courgeon et Éléonore Thuillier.

Gros chagrin
de Rémi Courgeon
Talents Hauts
12,50 €, 207×228 mm, 26 pages, imprimé en Italie, 2014.
Le monde de Léon
Texte de Bénédicte Carboneill et Valérie Weishar-Giuliani, illustré par Manola Caprini
Les éditions du Pas de l’échelle
10,45 €, 240×200 mm, 36 pages, imprimé en République Tchèque, 2014.
Le loup qui voulait changer de couleur
Texte de Orianne Lallemand, illustré par Éléonore Thuillier
Auzou dans la collection Mes p’tits albums
5,95 €, 210×215 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2009.

À part ça ?

Envie de livres de fesses pour la jeunesse ? Une sélection sur BoDoï !

Gabriel

Entre les contes

Aujourd’hui, je vous propose deux livres où l’on croise des contes… et où les contes se croisent.

Il était une fois... un Lapin !Un lapin se désolait de n’être jamais dans les contes. Il avait beau lire des livres et des livres, il y a avait des loups, des chèvres, des princesses… mais aucun lapin ! Il alla donc voir le petit Poucet, Boucles d’Or et la petite Poule Rousse, mais aucun d’eux ne voulait céder sa place… En continuant son chemin il finit par croiser une petite fille avec un chaperon de couleur rouge qui elle était d’accord… était-ce vraiment un bon plan ?

Un hommage aux contes, de l’humour et des illustrations pleines de douceur (dont Soufie a le secret) sont la recette d’Il était une fois… un Lapin !… et la recette marche à merveille ! Un texte tout en rime (bon personnellement, ça, ce n’est pas mon truc, mais certains aiment) et une histoire drôlement bien trouvée. On joue avec les enfants à essayer de deviner quel est le personnage et surtout on se demande si c’est bien, finalement, d’être un héros de conte ! Un petit album qui va beaucoup plaire à tous ceux qui aiment jouer avec les contes (je pense notamment aux instits mais pas seulement)… même si j’y ai repéré une faute grammaticale, d’après moi (mais l’album est tellement charmant qu’on lui pardonne).

boucles d'or et jean de l'oursUne petite fille nommée Boucles d’Or décide un jour de s’enfuir de sa chambre avec sa petite valise rouge. En chemin elle rencontra un lapin (tiens il serait content le héros de l’histoire précédente)… et Jean de l’Ours, un être mi-homme, mi-ours et dont la force était incroyable. Ensemble, ils allaient délivrer une princesse.

On vous a déjà parlé de la collection Contes mélangés de chez Karibencyla (mais c’était il y a fort longtemps !). Le principe de la collection se comprend avec le nom, ici les contes sont mélangés : Barbe Bleue rencontre Compè Lapin, le Chaperon Rouge le Dragon de Chine ou encore Blanche-Neige les Korrigans. Dans le cas présent, c’est donc Boucles d’Or (bien connue des enfants) qui rencontre Jean de l’Ours (personnage légendaire du sud de la France). C’est une très jolie histoire écrite par la célèbre Pakita et illustrée à la peinture par Joël Cimarrón. Une façon originale de redécouvrir les contes.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des albums de Soufie (L’Ogre qui n’avait peur de rien, La petite enquiquineuse et le vieux géant, La mémoire aux oiseaux, Mon papa est comme ciMa maman est comme çaMa grande sœur et Léontine, princesse en salopette), Pakita (Père Noël, La course aux cadeaux !Tout le monde peut se tromper même moi !, Ma demi-soeur que j’aime en entier, Vroum Vroum c’est parti !Pablo le pirate chasse au trésor !Vive la chasse au trésor, Le club des grands inventeurs, Je m’occupe toute seule, Emma ou Léa, qui est qui ?Ambre a peur du noir Julie nous fait la cuisine et Pakita la princesse magique) et Joël Cimarrón (Cendrillon et l’oiseau de feu). Retrouvez aussi notre interview de Soufie.

Il était une fois… un Lapin !
de Soufie
Les éditions des Braques dans la collection Les p’tits braques
6,90€, 160×163 mm, 29 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Boucles d’or et Jean de l’Ours
Texte de Pakita, illustrations de Joël Cimarrón
Karibencyla dans la collection Contes mélangés
12,80 €, 244×232 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne.

À part ça ?

Et le genre dans les films Disney ? Un sujet absolument passionnant dans l’émission Ecoute ! Il y a un éléphant dans le jardin ! sur Aligre FM 93.1 de la semaine dernière. C’est vers 47 minutes du début (mais même avant c’est intéressant).

Gabriel

Les invité-e-s du mercredi : Anja Klauss et Dorothée, institutrice ( + concours)

Aujourd’hui, nous recevons l’auteur et illustratrice Anja Klauss. Nous aimons beaucoup son travail, nous vous avons parlé plusieurs fois de ses livres et j’ai eu envie d’en savoir plus sur elle et sur son parcours. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner sa magnifique version de La Belle au bois dormant grâce à L’élan vert. Ensuite, c’est un nouveau rendez-vous que je vous propose, en alternance avec les rubriques déjà existantes (Parlez-moi de, En vacances avec, Le coup de cœur et le coup de gueule de et, de temps en temps, La chronique de), vous trouverez désormais Dans la classe de. Cette nouvelle rubrique donnera la parole à de grands consommateurs de livres jeunesse : les instituteurs-trices ! Ils viendront donc nous parler de livres qui sont dans leurs classes, des livres qu’ils aiment lire aux élèves… En espérant que ce nouveau rendez-vous vous plaira ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Anja Klauss

Anja KlaussPouvez-vous nous parler de votre parcours ?
D’origine allemande, j’ai fait des études de Communication Visuelle à l’École des Beaux Arts de Kassel en Allemagne, ainsi que plusieurs trimestres d’illustration à l’École des Arts Décoratifs d’Exeter en Angleterre, l’École des Beaux Arts de Leipzig en Allemagne ainsi qu’à l’École supérieure des Arts Décoratifs à Strasbourg où j’ai obtenu mon diplôme en 2004. Depuis j’ai publié de nombreux albums pour enfants chez Hachette Jeunesse, Lito, Alice Jeunesse, La Martinière Jeunesse, les Éditions des Idees et des Hommes et les Éditions de l’Élan Vert.

Quelle technique de dessin utilisez-vous ?
J’utilise pour toutes mes illustrations une technique mixte qui varie un peu selon les ouvrages. Il y a souvent une sous-couche en peinture acrylique ou encre, parfois également un frottis en graphite ou du collage, que je recouvre avec une deuxième couche semi-transparente par endroits de gouache.

Fees de legendesQuelles étaient vos lectures d’enfance, d’adolescence ?
En tant qu’enfant, j’adorais les livres de Maurice Sendak, Leo Lionni, les contes d’Andersen et beaucoup d’autres.
Plus tard, je lisais beaucoup de livres de Michael Ende (Momo, L’histoire sans fin), F.H.Burnett (Le jardin secret), Roald Dahl (James et la grosse pêche, etc.), Oscar Wilde (contes).

Parlez-nous de votre travail sur la Belle au bois dormant.
J’aimais toujours ce conte, dans lequel d’un coup le temps s’arrête et la vie est comme suspendue, le château envahi par les ronces, et qui s’éveille soudainement avec le baiser posé sur les lèvres de la princesse.
J’avais envie d’en faire un livre de princesse classique, mais qui parle aux garçons et aux filles, qui les entraîne dans une aventure et permet avec ses détails une deuxième lecture sans mots. 

Petit NounY a-t-il d’autres contes classiques que vous aimeriez illustrer ?
Je rêvais depuis longtemps d’illustrer Les sept frères cygnes de Hans Christian Andersen.
Ça y est – une réadaptation du conte écrit par Bernard Villiot sortira aux Éditions de l’Élan Vert fin octobre.
Il y a plusieurs autres contes qui m’attirent, il y en a de très beaux, plutôt méconnus, mais j’aime également alterner les contes avec des histoires et contes modernes.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos projets ?
Actuellement, je travaille pour un éditeur anglais, mais chuuut, c’est encore « top secret » !
Sinon, j’espère trouver le temps cet été pour me replonger dans l’écriture ainsi que de passer du temps à gribouiller dans mes carnets.Un album dans la collection Pont des arts des Éditions de l’Élan Vert est également au programme. Dans cette collection, j’ai déjà illustré Petit Noun, un album autour d’une petite figurine égyptienne, ainsi que Le Vaisseau Blanc, un album, inspiré par la chapelle de Ronchamps de l’architecte Le Corbusier.

Bibliographie sélective :

  • Fées de légendes, illustration d’un texte de Christine PompéïLito (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La Belle au bois dormant, illustration d’un texte de Bernard VilliotL’élan vert (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Frérot rigolo, sœurette coquette, texte et illustrations, L’élan vert (2013).
  • Petit Noun, l’hippopotame bleu des bords du Nilillustration d’un texte de Géraldine ElschnerL’élan vert (2012).
  • Le vaisseau blanc, illustration d’un texte de Véronique MassenotSceren-CRDP de l’Académie de Creteuil (2011).
  • Les Enfants derrière l’horizon, texte et illustrations, L’élan vert (2011).
  • Un ange dans ma tête, texte et illustrations, L’élan vert (2007).
  • Et moi ?, texte et illustrations, Des Idées & des Hommes Jeunesse (2007).
  • Le petit homme amoureux de la Lune, texte et illustrations, Alice Jeunesse (2004).

Retrouvez la bibliographie complète de Anja Klauss sur son blog.

La Belle aux bois dormantConcours
Comme je vous le disais juste avant cette interview, grâce aux éditions L’élan Vert, je vais pouvoir offrir à l’un de vous un exemplaire du très bel album La Belle au bois dormant dont le texte est signé Bernard Villiot
 (album que l’on avait chroniqué ici) ! Pour participer au tirage au sort dites-moi en commentaire à cet article comment vous réveilleriez, vous, cette Belle qui dort depuis cent ans ! Non non vous n’avez pas le droit de l’embrasser, sauf si vous me prouvez que vous êtes un prince charmant ! Vous avez jusqu’à mardi 10 h ! Bonne chance à tous !


Dans la classe de… Dorothée

Régulièrement, un-e instituteur-trice nous parlera de livres de sa classe. Ouvrages qu’il-elle aime lire aux élèves, ouvrages que ses élèves aiment particulièrement, livres du moment ou éternels… Les maître-sse-s connaissent bien la littérature jeunesse, nous leur donnons la parole (et si vous voulez être un des prochains invités envoyez-nous un mail à danslaclassede@lamareauxmots.com). Cette semaine, c’est une maîtresse que l’on connaît bien qui inaugure la rubrique, Dorothée nous avait déjà donné ses points de vue au sujet des livres sur la rentrée scolaire et sur des livres pour la classe. Cette fois-ci, elle nous parle donc des livres qui sont dans sa classe.

Dans ma classe, le photographe est passé.
Petit rituel très attendu par les parents, la photo de classe peut être pour certains enfants quelque chose d’angoissant. D’abord, la venue d’une personne étrangère (souvent un monsieur) peut en impressionner quelques-uns, ensuite le changement de leurs habitudes (« quoi ??? On ne fait pas les ateliers d’avant la récré ???? Mais c’est pas possible !!!! ») en perturbe d’autres, enfin la pression mise par les parents (« souris bien, montre tes dents, mais ne plisse pas trop les yeux », « enlève ton gilet, mets bien ton col de chemise, rentre bien le tout dans le pantalon », « fais attention à ta super coiffure -surtout que la maîtresse ne maîtrise absolument pas l’art capillaire ») en fait stresser plus d’un. Je ne vous parle même pas du stress de l’enseignant qui outre l’angoisse de ses petits élèves doit réussir à retenir toutes les recommandations des parents -les mêmes qu’ils ont répétées à leurs enfants- auxquelles s’ajoutent les désirs du type photos individuelles.
hikuPour relaxer un peu tout le monde, et dédramatiser l’événement, je lis une histoire, et bien entendu une histoire de photographie collective. Dans ma bibliothèque pourtant bien fournie, je n’ai qu’un album qui traite ce sujet : Hiku. Pas de chance pour les élèves (ni pour moi) il est en anglais alors que son auteure, Nicole Snitselaar, est française. Son album n’ayant pas été édité en France, elle l’avait traduit et proposé en Angleterre. Quand je l’ai rencontrée en décembre 2010, je lui avais parlé de cet album que j’avais tant bien que mal traduit pour le lire à mes élèves. Touchée que son album ait un public français malgré tout, elle m’a gentiment envoyé la traduction. Depuis quelques années, j’utilise donc cet album à chaque venue du photographe.
Mais l’histoire n’est pas seulement celle d’une photographie de groupe. En fait, Hiku est un petit pingouin avec un ventre en forme de cœur. Tout mignon, il est un peu la mascotte de la famille. Si bien que quand elle se réunit il n’est jamais tranquille.
Or en ce jour de réunion familiale, Hiku est de mauvaise humeur et n’a pas envie d’être le centre de toutes les attentions. Il décide donc de se cacher pour s’isoler. Mais seul, dans sa cachette, il commence à trouver le temps long. Pour passer le temps, il repense à tous les bons moments qu’il a passés avec sa famille au point d’avoir finalement envie de les coralie saudo hiku rejoindre. Il arrive juste à temps pour faire un joli sourire sur la photo de famille en répétant à la demande du photographe « 1,2, 3 banquise ».
Outre l’histoire que j’aime beaucoup, j’ai d’abord été attirée par les illustrations de Coralie Saudo dont je trouve le travail plastique intéressant, notamment avec l’utilisation de galets pour les personnages. De plus, l’illustratrice malicieuse propose aux lecteurs un petit jeu de cache-cache en recherchant Hiku, seul pingouin au ventre en forme de cœur. Les enfants prennent énormément de plaisir à le rechercher au fil des pages. On retrouve la même astuce dans 101 moutons au chômage, Jour de grève chez les marmottes et Panique chez les suricates, autres collaborations entre Nicole Snitselaar et Coralie Saudo.
Mais je sais que vous allez me dire qu’il est introuvable (quoique vous pouvez le trouver sur des sites internationaux) alors voici une petite liste de livres que j’ai pu leur lire la semaine dernière qui ont comme point commun de faire peur, mais aussi de combattre ses peurs, et de laisser une grande place aux lecteurs.

  • Une faim d’ogre, Jean Leroy/Matthieu Maudet : Une faim d'ogreune histoire avec des méchants habituels, la sorcière et le loup, qui se retrouvent en situation d’infériorité devant l’ogre complètement affamé. J’aime beaucoup les illustrations notamment l’ogre qui ne cesse de grandir au fil des pages et de sa faim, rendant la sorcière et le loup ridiculement petits et plus du tout effrayants. Quant à l’histoire, pour vous tenir en haleine, je ne vous en dirai pas trop si ce n’est que la tarte de la sorcière ou le ragoût de cochons fait par le loup ne Va-t'en, Grand Monstre Vert !satisferont pas sa faim. Mais sachez que la chute est savoureuse !
  • Dans le même style pour combattre les peurs, Va t’en grand monstre vert d’Ed Emberley, grand classique de la littérature jeunesse leur a beaucoup plu. Nous le lisons tous ensemble car ils le connaissent par cœur. Nos petits voisins doivent le connaître également car ils hurlent vraiment sur cet affreux monstre pour le faire partir.
  • Nous avons lu et relu Pas sage d’Alex Sanders que nous 9782211209533FSavons reçu dans le cadre de notre abonnement à Titoumax de L’école des loisirs. Il y a des similitudes avec une faim d’ogre notamment dans le ton humoristique, dans les personnages de méchants qui n’ont pas l’air si méchants que ça et par le texte dans des bulles. Dans ce livre, il y a un jeu qui s’instaure entre le personnage du loup et les lecteurs. Ce loup qui se vante de manger les enfants, surtout ceux qui ne sont pas sages, qui sont sales, qui disent des gros mots se demandent quel goût peut avoir un enfant sage car il n’en a jamais mangés ni même rencontrés. Au Secours Voila Le LoupGoûtera-t-il aux petits lecteurs bien sages ? À vous de le découvrir.
  • Et j’ai gardé leur livre préféré pour la fin : Au secours voilà le loup ! de Vincent Bourgeau et Cédric Ramadier. Dans ce livre interactif qu’il faut manipuler dans tous le sens, les lecteurs vont devoir faire preuve de courage pour ne pas se faire attraper par le Loup. Comme pour le grand Monstre Vert, ils veulent toujours le faire revenir. Étrange, non ?

Dorothée est maîtresse de maternelle dans le Nord.