La mare aux mots

Plaisir de lire !

Par 26 mars 2015 Livres Jeunesse

En tant qu’orthophoniste, je rencontre nécessairement beaucoup d’enfants en difficulté avec l’apprentissage de la lecture. Je suis donc particulièrement intéressée par les albums qui leur permettent de lire en confiance, en retrouvant par exemple les mêmes mots d’une page à l’autre. Ils mettent du sens sur ce qu’ils lisent et prennent de l’assurance ! Voici trois albums dans cette veine, découverts récemment !

c'est pas la même choseZoé et Noé sont jumeaux. Alors certes, ils font beaucoup de choses ensemble et se ressemblent physiquement, mais ils sont aussi très différents. L’une aime lire, l’autre aime rire. L’un reçoit un masque, l’autre un casque. L’une saute dans la mer, l’autre saute dans la mare. Et ainsi de suite…
Pour chaque double page, Irène et Pierre Coran nous présentent les deux personnages qui font chacun une action semblable, mais différente. De courtes phrases, toujours sur le même modèle légendent les belles illustrations colorées en papier découpé de Lauranne Quentric. Le plus souvent, un seul mot varie d’un personnage à l’autre, et la lecture est donc aisée, même pour les lecteurs hésitants ou débutants.
C’est pas la même chose est un album simple, aéré, et plein de tendresse !
Des extraits sur le site des éditions Mouck.

le livre de petit oursPetit Ours se promène. Armé de son crayon, il amadoue les animaux les plus menaçants de la jungle. Une peluche pour le gorille, une trompette pour le crocodile, une couronne pour le lion… À chaque fois, un coup de crayon magique, et le danger s’éloigne !
Quand il se promène dans les contes classiques, c’est la même chose ! Un arbre qui s’enroule autour de l’ogre, une colombe qui vient voler le chapeau de la sorcière et découvrir son crâne nu et pointu, un pique-nique pour les trois ours en colère après Boucle d’Or… Là encore, personne ne lui résiste !
un conte de petit oursLe livre de Petit Ours et Le conte de Petit Ours sont deux albums d’Anthony Browne, dont la première édition date de 1989. Ils ressortent aujourd’hui avec une nouvelle couverture, et n’ont pas pris une ride. Je ne connaissais pas ces histoires, mais j’ai beaucoup aimé cette idée du dessin magique qui transforme le cours de l’aventure. À chaque fois, une grande image et une phrase simple, qui varie très peu à chaque page. Les illustrations sont vivantes, pleines d’humour et en disent plus encore que le texte !
Deux beaux albums qui mettent en avant la force de l’imaginaire et de la créativité pour se sortir des situations les plus délicates !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Lauranne Quentric (Ti Moun dit non !) et d’Anthony Browne (À calicochon).

C’est pas la même chose
Texte d’Irène et Pierre Coran, illustrations de Lauranne Quentric
Éditions Mouck
12 €, 205 x 237 mm, 36 pages, imprimé en Europe, 2015.
Le livre de Petit Ours
d’Anthony Browne
Kaléidoscope
10,90 €, 256 x 277 mm, 18 pages, imprimé en Chine, 2014.
Un conte de Petit Ours
d’Anthony Browne
Kaléidoscope
10,90 €, 257 x 266 mm, 18 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Quand je pense que quand j’étais enfant, j’aimais créer des bonshommes avec des éléments naturels trouvés en balade… J’étais vraiment une petite joueuse à côté des créations fleuries de Flora Forager !

Marianne

Les invité-e-s du mercredi : Aurélie Guillerey et Aldebert

Par 25 mars 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, nous sommes bien chanceux ! Tout d’abord, nous recevons la talentueuse Aurélie Guillerey qui a accepté de répondre à nos questions. Ensuite, nous partons en vacances avec Aldebert, on ne va pas s’ennuyer ! Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Aurélie Guillerey

Aurélie GuillereyComment êtes-vous devenue auteure/illustratrice, parlez-nous de votre parcours.
Du plus loin dont je me souvienne, j’ai toujours dit que je voulais faire un métier en rapport avec le dessin. J’ai très longtemps voulu faire du stylisme de mode car je passais mes journées à dessiner des personnages, à les affubler de tenues rigolotes, à imaginer leurs dialogues et leurs caractères. L’idée de faire de l’illustration est devenue plus concrète quand je suis entrée à l’école des arts décoratifs de Strasbourg. Après avoir fait beaucoup de gravure les 2 premières années, je suis entrée dans l’atelier de Claude Lapointe en illustration.

Coquillette la mauvietteQuelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
J’ai hérité des livres de ma maman, les « petits livres d’or » que j’ai toujours d’ailleurs et Sylvain et Sylvette. Je me souviens aussi d’un livre de contes appartenant à mon grand-père avec une version de barbe bleue. J’adorais les Tom-Tom et Nana, Boule et Bill, Tintin, Lucky Luke et Astérix et Obélix…
Je suis la génération récré A2. Après ado, je crois que j’ai lu tout Zola, j’ai beaucoup aimé Les contes du chat perché de Marcel Aymé, Roald Dahl et Le Petit Nicolas. Mais je n’ai pas d’autres souvenirs de littérature spécifiquement pour ado. Et je découvre aujourd’hui Fifi Brindacier que je lis avec mes enfants !

Quelles techniques de dessin utilisez-vous ?
Je dessine directement sur une palette graphique sur Photoshop, après avoir fait beaucoup de peinture. Mais je dessine toujours avec de vrais crayons sur mes carnets. En ce moment, je pense mixer mystère de la graine à bébédavantage trait au crayon et mise en couleur sur ordinateur.

Comment choisissez-vous les projets sur lesquels vous travaillez ?
Je travaille sur des albums, mais je fais aussi de la presse, un peu de pub et des affiches pour le théâtre. Je crois que je m’ennuie vite et j’aime bien varier les projets. Pour les albums, c’est vraiment le texte qui commande mes choix. Je refuse pas mal de choses quand je ne suis pas à l’aise avec les thèmes, quand c’est trop moralisateur ou trop déjà vu mille fois…!!. Mais en ce moment je travaille avec Emilie Chazerand qui m’envoie régulièrement ses textes tous plus délirants et inspirants les uns que les autres ! Je lui suggère aussi des idées sur lesquelles elle écrit merveilleusement.

Bien fait pour vous !Parlez-nous de votre dernier album, Bien fait pour vous ?
C’est un album qui change par rapport aux autres albums plutôt humoristiques que j’illustre d’habitude.
J’ai été touchée par le thème qui m’a rappelé cette période où petite, en vacances chez mes grands-parents, je jouais à faire croire que j’étais morte ! Je voulais voir la réaction des gens autour de moi.
C’est l’histoire de cet album. Ce n’est pas du tout sombre, je pense que tout le monde imagine ça un jour et même les enfants.
Tout le monde cherche à se rassurer sur sa place dans le monde. Et si les autres ont du chagrin eh bien tant mieux !!
Le petit garçon de l’histoire fantasme sa mort. Dans mes images, il se fond avec le paysage… de là il observe les autres qui le regrettent.
Puis les saisons passent, même le paysage donne l’impression de pleurer l’absence du garçon… jusqu’à ce que le printemps revienne et que la vie reprenne !
La sirène à l'huileJe pense qu’il y a pas mal de choses à dire autour de cet album, j’espère que je vais entendre de bons échos !
Et vous qu’en pensez-vous ?

Je l’ai trouvé un peu dérangeant donc forcément intéressant. Mais surtout j’ai beaucoup aimé votre travail sur cet album, le choix des couleurs notamment. Parlez nous de vos projets ?
Après La petite sirène à l’huile (projet que nous avons proposé à Sarbacane), je travaille sur un autre album écrit par Emilie Chazerand qui sortira également chez Sarbacane et un autre avec un duo de conteuses chez Syros. Sinon je pars deux semaines à New York avec mon mari et notre plus grand fils. On a prévu de faire chacun un carnet de croquis.

Bibliographie sélective :

  • série Noé et Azote, illustrations de texte de Mim et Benoit Bajon, Magnard Jeunesse (2015).
  • Bien fait pour vous !, illustration d’un texte de Claire Clément, Milan (2015).
  • Coquillette la mauviette, illustration d’un texte d’Arnaud Cathrine et Florent Marchet, Actes Sud Junior (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?, illustration d’un texte de Célia Galice et Emmanuelle Leroyer, Bayard Jeunesse (2012).
  • Sous ma couverture vit une tortue, illustration d’un texte de Marcus Malte, Sarbacane (2012).
  • Raconte-moi les formes, les chiffres, les couleurs, illustration d’un texte de Delphine Gravier-Badreddine, Escabelle (2011).
  • Bonsoir, porte manteau !, texte et illustrations, JBZ (2010)
  • Asticots, illustration d’un texte de Bernard Friot, Milan (2010).
  • Ma grand-mère a un amoureux, illustration d’un texte d’Annelise Heurtier, Magnard (2008).
  • Le mystère des graines à bébé, illustration d’un texte de Serge Tisseron, Albin Michel Jeunesse (2008), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Aurélie Guillerey sur son site : http://aurelieguillereysite.free.fr.


En vacances avec… Aldebert

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Aldebert qui s’y colle, merci à lui !
Allez en route !

5 albums jeunesse

  • Tom Sawyer (Mark Twain / Espié)Le géant de zeralda
  • Les vacances de Monsieur Rhino (Baud/Neyret)
  • Charles à l’école des dragons (Cousseau/Turin)
  • Le géant de Zéralda (Ungerer)

5 romans

  • Le fils du yéti (Tronchet)Le joueur d'échec
  • Le père de nos pères (Werber)
  • Le joueur d’échecs (Zweig)
  • Le passe-muraille (Marcel Aymé)
  • Le vieil homme et la mer (Hemingway)

5 DVD

  • Shine (Scott Hicks)Coup de tête
  • Itinéraire d’un enfant gâté (Lelouch)
  • Coup de tête (Weber)
  • Shinning (Kubrick)
  • Billy Elliott (Stephen Daldry)
  • Le parrain (Coppola)

5 BD

  • Le combat ordinaire (Larcenet)L'arabe du futur
  • Les vieux fourneaux (Lupano / Cauuet)
  • L’arabe du futur (Sattouf)
  • Les mondes d’Aldébaran (Eduardo de Oliveira dit Leo)
  • Rubrique à brac (Gotlib)

5 CD

  • Mozart : RequiemVolo : Sans rire
  • Brassens : intégral
  • Metallica : Master of puppets
  • Eiffel : À tout moment
  • Volo : Sans rire

5 artistes

  • Ben Mazué (auteur-compositeur)François Rollin
  • Hermann (dessinateur)
  • Jean Becker (Réalisateur)
  • Professeur Rollin (auteur/comédien)
  • Bernard Kudlak (metteur en scène/cofondateur du cirque Plume)

5 destinations

  • Paris
  • New York
  • Ulu Watu (Bali)
  • L’île de Pangkor (Malaisie)
  • et la montagne en général

AldebertAldebert est chanteur. Pour les enfants, il a sorti Enfantillages et Enfantillages 2 (que nous avons chroniqué ici) mais je vous conseille aussi ses albums pour adultes. Plus d’informations sur son site : http://www.aldebert.com.

Qu’est-ce qu’on se marre !

Par 24 mars 2015 Livres Jeunesse

Ma famille normale contre les zombiesEn vacances en Bretagne où les mouettes contractent une maladie étrange, MadoLoup se retrouve acculée dans la maison de ses grands-parents devenus zombies, avec sa mère (surnommée « la petite personne » par ses enfants), son père (écrivain qui passe son temps à inventer des histoires qu’il décide de ne pas écrire), son frère ThéoPaïle (passionné par l’Apocalypse zombie), sa sœur Sarouchka (qui ne parle qu’en citations) et sa sœur Louve (5 ans, mais qui s’exprime comme une adulte), cherchant une solution pour échapper à l’attaque des morts-vivants et rentrer chez eux.
Alors, là, attention ! J’annonce : ce roman est un chef-d’œuvre. Je pense que je n’ai jamais autant ri en lisant un roman, jeunesse ou non. J’ai été bluffée par l’écriture de Vincent Villeminot, qui est drôle et subtile, et par son récit truffé de références littéraires, cinématographiques, télévisuelles, etc. La mise en page est également très chouette : uniquement en rouge et noir (« j’exilerai ma peur, j’irai plus haut que ces montagnes de douleur », Jeanne Mas, 1987), des illustrations partout, des gravures, des phrases manuscrites… Chapeau au graphiste, qui a dû y passer un temps fou, et à Yann Autret, qui dessine parfaitement bien les zombies à grandes oreilles !
J’aurais voulu ne jamais m’arrêter de lire ce texte. Heureusement, l’éditeur indique sur son site que c’est le tome 1 : sachant que ce tome est sorti en janvier 2015, quelles sont les chances pour que le tome 2 sorte demain ?…
Allez, une petite citation pour que vous faire sentir la portée de cet ouvrage : « Elle photographie des trucs sans intérêt (…) avec son polaroïd afin qu’on découvre qu’ils avaient en fait quelque intérêt. » C’est beau, non ? Plus sérieusement, que peut-on reprocher à un roman qui cite Sheila et La Cité de la peur ? Rien.
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Sous le feuillage et Butiner de livre en livre.

NiakWahoo (oui, c’est le nom du héros), un jeune garçon d’une dizaine d’années, s’occupe de la ménagerie de son père, Mickey Cray, qui ne peut plus travailler depuis qu’un iguane gelé lui est tombé sur la tête. Mais dans cette ménagerie, pas de lapins, de poules ou de moutons, non, plutôt des serpents, des perroquets, des tortues et des alligators ! Bref, des animaux sauvages, que Wahoo et Mickey adorent et chouchoutent. Et c’est justement pour ça que la famille Cray est contactée par le programme de téléréalité « Expédition survie », une émission complètement truquée au cours de laquelle Derek Blair, vedette mégalo insupportable, doit survivre seul (mais entouré de caméras) dans une nature hostile (généralement reconstituée en studio), au milieu des animaux sauvages (mais apprivoisés, voire morts). Une émission qui n’est pas du tout du goût des Cray, mais quand on a des dettes à payer, on fait moins la fine bouche. Les voilà donc tous partis dans les Everglades, où le tournage ne se passe pas exactement comme prévu, surtout quand Derek Blair disparaît seul (vraiment seul cette fois) dans la forêt peuplée de vraies bêtes sauvages, après avoir été mordu par une chauve-souris qu’il tentait de manger crue et vivante.
C’est une satire bien sentie des trucages de la téléréalité que nous offre là Carl Hiaasen, et une bonne façon de faire comprendre aux préados qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on voit à la télé ! On ne s’ennuie pas une seconde dans ce roman très bien écrit, qui traite de la famille, de l’écologie et de la société moderne, avec humour et subtilité. Sous ses airs de comédie railleuse, Niak aborde aussi des sujets sérieux comme l’alcoolisme et les parents violents. Ça n’est pas le sujet central de l’histoire, mais ça a le mérite de faire s’interroger Wahoo, et de fait le lecteur, sur la vie difficile de son amie Anguille.
En résumé, c’est fin, drôle et intelligent ! Foncez !
Le même vu par Chez Clarabel.

Le prince qui voulait rester propreVoilà un petit garçon dont tous les parents pourraient rêver ! En effet, ce petit prince déteste la saleté et n’aspire qu’à une chose : garder son bel habit tout propre. Un jour qu’il se balade sur son beau cheval, lui aussi tout propre, il croise une sorcière très très sale, qui fait du stop. Évidemment, il n’est pas question de s’arrêter, le prince risquerait de se salir. C’était sans compter sur les super pouvoirs de la sorcière qui, elle, est bien décidée à se frotter à ce petit garçon impeccable. Quand le prince découvre que cette sorcière l’emmène au Grand Congrès international des sorcières dégoûtantes, là, c’est vraiment la panique !
Un petit roman pour finir, parfait pour les enfants qui commencent à maîtriser la lecture ou qui n’aiment pas trop ça. C’est simple et rapide à lire, c’est marrant, c’est divertissant. Je suis sûre que les descriptions des sorcières plus dégoûtantes les unes que les autres, avec les illustrations qui vont bien, plairont beaucoup aux enfants !
Des extraits sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Yann Autret (Tour de magie de Toto) et de Christian Oster (Chevaliers et princesses avec gigot et L’invitation faite au loup).

Ma famille normale contre les zombies
Texte de Vincent Villeminot, illustré par Yann Autret
Nathan dans la collection Romans grand format.
14,90 €, 152×211 mm, 240 pages, imprimé en France, 2015.
Niak
Texte de Carl Hiaasen, traduit par Yves Sarda
Gallimard Jeunesse.
13,50 €, 140×205 mm, 294 pages, imprimé en France, 2013.
Le prince qui voulait rester propre
Texte de Christian Oster, illustré par Grégory Elbaz
l’école des loisirs dans la collection Mouche.
7,50 €, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2015.

À part ça ?

La Fédération Française des Associations des Chiens guides d’aveugles a fait une super vidéo pour rappeler qu’il y a encore des endroits où les chiens guides d’aveugle, et de fait leurs maîtres, ne sont pas les bienvenus…

Marie

Avec une infinie délicatesse

Par 23 mars 2015 Livres Jeunesse

Je vous propose aujourd’hui trois albums qui m’ont fait dresser le poil sur les bras.

Moi devantDevant il y a Léon, le plus grand. C’est pratique, Max et Rémi qui sont si petits sont protégés et puis Léon leur dit quand on peut traverser. Sauf que dans l’ombre d’un aussi grand copain, on ne voit pas grand-chose. Alors, un matin, Max a eu l’envie de passer devant. Max a découvert tout ce qu’il n’avait jamais vu… mais il ne pouvait plus tenir la main de Rémi, et ça lui manquait.
Le tandem de la série Grand Loup et Petit Loup (Nadine Brun-Cosme et Olivier Tallec) se retrouve pour notre plus grand plaisir. Les sublimes planches d’Olivier Tallec accompagnent à merveille les mots délicats de Nadine Brun-Cosme. On parle donc ici d’entraide, de complémentarité. On peut aussi y voir une histoire de fratrie ou de relation parents enfants (comme dans la série Grand Loup et Petit Loup l’interprétation est assez ouverte). On parle enfin de grandir, de passer les étapes.
Superbe !
Le même vu par Enfantipages.

Louison Mignon cherche son chiotLouison Mignon est chez son papé. Il est bizarre son papé, il parle aux tomates ! Louison Mignon, elle, elle parle au chiot qui n’est pas encore né. Mais pas évident de lui parler en ce moment, la chienne a disparu. Elle fait toujours ça d’après le papé… mais Louison Mignon aimerait bien la retrouver…
Difficile de résumer Louison Mignon cherche son chiot. La petite fille s’adresse au chiot qui va naître et qu’elle aimerait tant voir. Mais c’est tout ce qu’il y a autour qui rend l’album touchant. La relation entre la petite fille et son grand-père, ses rêveries, son imagination. C’est un album qui raconte particulièrement bien l’enfance, les journées chez les grands-parents. Là aussi le tandem Alex Cousseau/Charles Dutertre fonctionne à merveille.
Un album simple et beau. Une petite merveille.
Le même vu par Clarabel.

Debout sur l'eauUn ours vivait seul dans un pays froid. Du haut de sa montagne, il observait les hommes. Comme eux, il rêvait d’aller sur l’eau. Aussi il décida de tenter l’aventure, il attendit que Yun se préparât à embarquer pour se jeter sur le canoé. Mais il ne se passa pas ce qu’il avait prévu.
Pas de tandem ici, Hyacinthe Reisch signe seul Debout sur l’eau sorti aux éditions Le Chineur. L’histoire est délicate et poétique, ses illustrations (au pinceau et à l’encre de Chine) épurées le sont tout autant. On parle ici d’entraide, d’amitié, d’aller au bout de ses rêves. C’est aussi une magnifique histoire sur la vie en harmonie avec la nature.
Un petit bijou.
Le même vu par Un livre dans ma valise, Les lectures de Liyah et Les lectures de Kik.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Nadine Brun-Cosme (Loup ne sait pas s’habiller, Tous sauf un, D’une île à l’autre, Trop c’est trop et Le prince amoureux), d’Olivier Tallec (Les petites BD de Rita et Machin, Pierre et le loup, Rita et Machin, Louis Ier, Roi des moutons, Waterlo & Trafalgar, Jérôme par cœur, La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, Qui quoi qui, Coffret Grand Loup & Petit Loup, MarlaguetteLe plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte), d’Alex Cousseau (Charles prisonnier du cyclope, Charles apprenti dragon, Les mammouths, les ogres, les extraterrestres et ma petite soeur, Les Frères Moustaches et Charles à l’école des dragons) et Charles Dutertre (Tam-Tam dans la brousse, Les Frères Moustaches, Le voyage extraordinaire de Petit Pierre et La première fois que je suis née). Retrouvez aussi notre interview d’Olivier Tallec.

Moi devant
Texte de Nadine Brun-Cosme, illustré par Olivier Tallec
Père Castor
13,50 €, 248×309 mm, 26 pages, imprimé en France, 2015.
Louison Mignon cherche son chiot
Texte d’Alex Cousseau, illustré par Charles Dutertre
Rouergue
12 €, 170×200 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2015.
Debout sur l’eau
de Hyacinthe Reisch
Le Chineur
12,50 €, 160×230 mm, 32 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2015.

Gabriel

La chronique numérique : à la recherche de…

Par 22 mars 2015 Livres numériques, Numérique

Le voyage d'Adeline la GirafeAdeline, c’est la mascotte du zoo de Vincennes. Elle y est née il y a dix-sept ans. C’est l’animal le plus parrainé du zoo, et elle a même un compte twitter !! Elle est aussi la star d’une chouette appli destinée à faire découvrir les animaux de cinq régions du monde. Parce qu’Adeline est une forte tête. Lassée d’être la vedette du Parc zoologique, elle décide de partir explorer le monde sac au dos. Pour la retrouver, il nous faudra visiter les cinq biozones du Parc zoologique, Europe, Sahel Soudan, Amazonie Guyane, Madagascar et Patagonie. Pour cela, rien de plus simple : on se fait un passeport (photo et nom), on monte dans un petit avion, et hop, c’est parti.
Le voyage d'Adeline la GirafeÇa marche comment ? Une fois arrivé à destination, cinq espèces animales de la biozone nous attendent pour nous faire découvrir leurs spécificités. En cliquant sur chaque animal, on obtient une petite fiche descriptive, ou encore un jeu. En Amazonie Guyane, on rencontre ainsi un ara hyacinthe (qui sait imiter les voix humaines), un lamantin (qui passe la moitié de sa journée à manger), un anaconda (qui lui aussi ne pense qu’à manger, et va même jusqu’à avaler des chèvres entières !), un jaguar (aux dents puissantes acérées), et une mygale matoutou. C’est la mygale qui Le voyage d'Adeline la Girafenous offre un petit jeu : il faut guider trois insectes avec le doigt et éviter de se faire manger par la mygale, prête à bondir, cachée dans son cocon. Il y a donc un jeu par biozone : éviter la mygale, hurler avec les loups pour les faire sortir de leur antre, recréer à partir de différents pelages et silhouettes trois espèces animales existantes, associer des paires de manchots, faire sauter le propithèque de branche en branche en évitant les branches pourries et le fossa (un félin affamé) qui attend au bas de l’arbre.Le voyage d'Adeline la Girafe Au cours du voyage, Adeline, qui est décidément une geekette, nous envoie sms, mail, carte postale ou message téléphonique pour nous donner des nouvelles de son périple et nous inciter à la rejoindre dans une autre région. À la fin de l’aventure, une fois rentré au Parc zoologique, un petit quizz est proposé sur les différents animaux rencontrés. Attention, à la fin du quizz, un lien, sans protection parentale, invite à se rendre sur le site du zoo pour parrainer un animal.
Le voyage d'Adeline la GirafeEt j’en pense quoi ? Le voyage d’Adeline la girafe est une réalisation de Benjamin Gibeaux qui nous a déjà montré son talent dans la magnifique appli Petites choses (chroniqué ici). Ici encore, on adore ! L’appli est une vraie réussite, toute en douceur et en délicatesse. Le graphisme, en papiers découpés et collés, est superbe, et la musique, de jolies ritournelles, en harmonie. On apprend plein de choses, et les jeux sont originaux et bien pensés, en adéquation avec la dimension pédagogique de l’appli, avec une mention spéciale aux jeux des loups (dans lequel il faut hurler de plus en plus longtemps pour les attirer) et de la mygale (qui peut faire sursauter les plus petits). Mais pour faire ce tour du monde, il faudra être accompagné d’un lecteur puisque les textes ne sont pas lus. N’hésitez pas à suivre l’intrépide Adeline dans son voyage, il vaut le détour.
Bande-annonce :

The Amazing QuestEt maintenant, on se met en quête d’un trésor ? Dans Amazing quest, le trésor oublié, Chocolapps nous invite à vivre une aventure trépidante sous la forme d’une histoire à jouer. Une histoire dans laquelle on incarne un héros qui, surprenant une conversation entre deux « méchants », apprend l’existence d’un fabuleux trésor. Il s’agira de récupérer ce trésor en évitant de se faire capturer et de rentrer sain et sauf partager ses richesses !
The Amazing QuestÇa marche comment ? On commence par choisir le décor de l’histoire : « le trésor des Caraïbes » (chez les pirates), « le tombeau du pharaon » (dans l’Égypte ancienne), « la mine abandonnée » (au Far West), « l’antre du dragon » (chez les chevaliers) ou « le temple oublié » (en Chine ancienne) ; puis son personnage (fille ou garçon, et costume) et enfin le niveau de difficulté. À l’aide d’un marteau, on tapote l’écran, la vitre se brise et l’aventure peut débuter. À chaque nouvelle scène, une voix lit l’histoire, mais le The Amazing Questtableau que l’on a sous les yeux ne correspond pas. C’est au lecteur de faire correspondre image et texte : le décor n’est pas le bon, on est en plein midi alors qu’il est censé faire nuit, il n’y a pas le bon nombre de personnages et ils n’accomplissent pas les actions décrites. Entre un et quatre éléments sont à modifier pour pouvoir continuer l’histoire. Une flèche en bas de l’écran permet d’afficher ou de faire disparaître le texte (que l’on peut aussi réécouter), sur lequel les éléments à modifier apparaissent en orange tandis que les éléments qui ont été correctement changés sont en vert.The Amazing Quest L’histoire est entrecoupée de quelques jeux, pas forcément évidents, mais que l’on peut passer : un puzzle de la carte au trésor, un taquin, une poursuite, un labyrinthe ou encore une partie de cherche et trouve. Une fois l’aventure terminée, on peut réécouter l’histoire dans sa globalité, avec les bons décors et sans les jeux. Je précise quand même que le scénario est le même dans les cinq histoires, seuls changent les décors, les costumes et les accessoires.
Et j’en pense quoi ? Voilà une excellente idée pour travailler la compréhension d’un texte et d’une image ! C’est très astucieux, et les enfants accrochent à tous les coups. Comment résister à une pareille chasse au trésor ? La modification de l’univers de l’histoire suffit à éviter la lassitude d’un concept qui pourrait être répétitif et l’histoire est The Amazing Questsuffisamment longue pour être détaillée et pleine de rebondissements. L’appli en elle-même est très ludique. Je serai un peu plus mitigée sur le graphisme, proche du dessin animé, qui m’emballe assez peu. Par ailleurs, dans chaque tableau, des sortes de pictogrammes, qui servent à changer de décors ou de temporalité, brouillent légèrement le sens de l’image. Par exemple, si l’œil égyptien permet de basculer dans l’univers des pyramides, il reste présent même lorsque l’on se trouve dans une taverne médiévale. Le parapluie sert à… faire pleuvoir, mais il paraît bien anachronique… Cela ne gâche en rien le plaisir des enfants qui reconstituent avec bonheur les différents tableaux de cette histoire-puzzle.
Bande-annonce :

Le voyage d’Adeline la girafe
de Benjamin Gibeaux
Gedeon Programmes/MFP/MNHM/France Télévisions
Prix constaté : gratuit (Apple, Android).
The Amazing Quest, le trésor oublié
Chocolapps
Prix constaté : 4,99€ (Apple).

À part ça?
En sortant de l’école
est une série de treize court-métrages d’animation à partir des poèmes de Jacques Prévert, mis en scène par de jeunes réalisateurs avec des techniques d’animation variées. Ils sont diffusés sur France 3, mais vous pouvez aussi en profiter en replay ici ou ici. Les poèmes de Prévert sont mis en image et en musique, et c’est drôlement joli.

Erica

 

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