Dessinons, collons et colorions !

Certains sont en vacances depuis une semaine, pour d’autres ça commence aujourd’hui, et pour les derniers, ça ne va pas tarder ! L’occasion de vous présenter quelques livres d’activités pour occuper d’éventuels après-midis pluvieux (au printemps, il faut encore se méfier) ou ennuyeux !

un jour un dessinDessiner des créatures monstrueuses, de jolis vitraux, des étoiles de mer, des arbres ou des caméléons, ça n’a a priori pas beaucoup de rapport ! Et si je vous disais qu’Un jour, un dessin contient 365 idées comme celles-ci (366 même pour pouvoir l’utiliser lors d’une année bissextile) ? Dessiner, tracer, colorier, suivre à la lettre ou bien inventer, il y en a pour tous les goûts et tous les jours !

Michael Hill et Laura Hammonds proposent un support très original et vraiment bien conçu pour les artistes en herbe ! J’aime le fait que cette sorte de calendrier de dessin ne contienne aucune date. Il y a écrit Jour 1, Jour 2, Jour 3 et ainsi de suite, mais on peut commencer cette année de dessins et de création absolument quand on veut. Parfois très libres, parfois plus contraints, les enfants suivront les petites indications laissées par Phil Clarke et apprécieront le fait de pouvoir facilement détacher les feuillets (on peut aussi les laisser dans le livre sans qu’il ne s’abîme grâce à la reliure de qualité et à la couverture cartonnée). Seul regret, une impression recto-verso qui oblige à sacrifier un dessin si l’on veut afficher sa production ! Mais en même temps, c’est moins de papier et donc mieux pour la planète ! 365 occasions de sortir ses crayons, ça ne se refuse pas !

mosaïque livre d'autocollantsUne ville animée, un palais oriental, un champ de fleurs, une piste de cirque, les fonds marins,… Apprêtez-vous à voyager ! L’art de la mosaïque consiste à former des motifs à l’aide de formes géométriques.

Joanne Kirkby, Tim Ki-Kydd et Nayera Everall proposent aux enfants minutieux de reconstituer de magnifiques et grandes illustrations colorées à l’aide de petites gommettes (plus de 5 000 !) à placer sur des repères. Mosaïques, livre d’autocollants est une excellente idée pour permettre aux enfants trop grands pour les livres de gommettes habituels de continuer à s’amuser à coller et décoller. Personnellement, même en tant qu’adulte, j’aime ça. Il faut être précis, minutieux, et cette concentration détend et vide l’esprit ! Le résultat est vraiment réussi !

motifs art nouveauA la fin du XIXème siècle, l’Art Nouveau bat son plein dans les domaines de la décoration, de la mode, du mobilier et même de l’architecture. La nature est à l’honneur, avec des paons, des fleurs, des papillons, et les lignes sont douces, pleines de courbes. Les robes, les stations de métro, les lustres, les vitraux, tout s’en inspire !

Avec Motifs Art nouveau à colorier, Emily Bone, Mary Kilvert et Emily Beevers proposent aux enfants de colorier ces jolis motifs tout en apprenant un tas d’informations sur cette tendance artistique, mais aussi la vie quotidienne à cette époque. Une plongée dans le temps réussie, qui permet également aux plus âgés pour qui les livres de coloriage ne sont pas toujours adaptés de continuer à prendre du plaisir avec leurs crayons !

motifs art déco à colorier
Dans la même collection, elles ont aussi publié Motifs Art déco à colorier, qui cette fois nous transporte au début du XXème siècle, avec des formes beaucoup plus droites, mais toujours de belles couleurs, un tas d’informations, et un aperçu de la vie quotidienne de l’époque !

Un jour, un dessin
de Phil Clarke, Michael Hill, Laura Hammonds (traduit par Renée Chaspoul)
Usborne
10,95 €, 181 x 227 mm, 366 pages, imprimé en Chine, 2013
Mosaïques, livre d’autocollants
de Joanne Kirkby, Tim Ki-Kydd et Nayera Everall
Usborne
6,50 €, 251 x 307 mm, 50 pages, imprimé en Chine, 2014
Motifs Art nouveau à colorier
de Mary Kilvert, Emily Beevers et Emily Bone (traduit par Véronique Durand)
Usborne
6,95 €, 219 x 253 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014
Motifs Art déco à colorier
de Mary Kilvert, Emily Beevers et Emily Bone (traduit par Véronique Durand)
Usborne
6,95 €, 219 x 253 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014

A part ça ?

La National Gallery of Art propose le téléchargement libre et légal de plus de 35000 oeuvres d’art ! Une plongée dans l’histoire des arts vertigineuse !

Marianne

À taaaaaable !

Et si l’on mangeait ?

le gros goûter Invitation : Le gros goûter, près du petit lac à 16 heures. Autant vous dire que tout le monde s’y précipite ! Enfin… à son rythme… Pendant que Lapin va bondissant, Renard va courant, Sanglier caracole, Ours déboule, et la tortue Nana, elle, avance à petits pas. En passant tout le monde rigole, si elle est aussi lente, il ne restera rien pour elle ! Mais Nana les rassure il lui restera assez de ce qu’elle préfère…

Stéphane Servant et Cécile Bonbon, auteur et illustratrice du génial Le machin, reforment donc leur duo pour un nouveau conte en randonnée. Répétitions (comme les enfants aiment), humour décalé (à la Stéphane Servant), illustrations (magnifiques) faites de tissu, de laine et de coton, suspense intenable (mais qu’est-ce qu’elle aime cette tortue à la fin !)… ici, on se régale ! La double chute finale est complètement inattendue… et irrésistible ! Un conte (un brin cruel) qui va beaucoup faire ricaner nos amateurs d’histoires décalées.
Le même vu par Œil d’ailleurs et des extraits des planches sur le (super) site de Didier Jeunesse.

Oops et Ohlala mangent comme des grandsOops et Ohlala ont faim ! Il faut passer à table. Mais d’abord, on met le couvert ! Qu’est-ce qu’on mange ? Oh miam de la purée et des saucisses ! En plus on peut s’amuser à faire un volcan avec la purée. Et en dessert ? De la mousse au chocolat ! Bon maintenant il faut débarrasser. Oh attention ! Oups… oh là là…

On vous a déjà parlé plusieurs fois de ces deux personnages sympathiques à destination des plus jeunes (avec des livres aux feuilles plastifiées pour résister aux mains trop brutales). On adore leurs aventures qui sont parfaitement adaptées aux tout-petits, ils reconnaissent là leur quotidien et les illustrations aux forts contrastes sont parfaites pour eux. Ici, il est donc question de manger… et de mettre la table et de la débarrasser (et tant pis si l’on est un peu maladroit). Des petits héros qu’on aime dans une histoire pleine d’humour.

Un repas chez les lapins de PâquesGabin le lutin est invité avec sa cousine Amélia la gentille sorcière à fêter Pâques chez ses voisins les lapins. Au menu : carottes râpées ! Mais Gabin a une idée… il n’y aura pas que ça à manger !

Un album plutôt sympathique aux couleurs pastelles pour parler des œufs de Pâques (c’est le moment !). Même si j’ai personnellement trouvé l’histoire trop complexe, les enfants aimeront retrouver ici le genre de personnages qu’ils adorent (lapins, gentille sorcière, lutin…). En fin d’ouvrage, on retrouve même la recette des œufs de Pâques.
Le même vu par Délivrer des livres et une bande annonce.

Arthur est allergique et alors ?Quand sa maman l’accompagne à l’école, Arthur a toujours avec lui son panier-repas. Il faut dire qu’il est allergique, il ne doit pas manger comme les autres ! Rien de très grave, il faut juste s’organiser. Confier le panier-repas en arrivant, qu’il soit conservé jusqu’à l’heure du déjeuner, ne pas manger dans l’assiette des copains.

Pas de gros coup de cœur ici non plus, comme pour le précédent, mais voilà un livre qui a au moins le mérite d’exister ! On dédramatise ici les PAI (Projet d’Accueil Individualisé). C’est une situation quotidienne, présente dans à peu près toutes les classes… et pourtant (à ma connaissance) aucun livre pour les enfants n’en parle ! C’est vraiment le genre d’ouvrage dont on applaudit la sortie ! Il aurait peut-être mérité d’autres illustrations… Mais c’est un avis personnel. Un album sur les allergies alimentaires et l’école, avec même des recettes en bonus !
Un site sur le livre : http://www.arthurallergique.com.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Stéphane Servant (Nos beaux doudous, Boucle d’ours, Le machin, Le crafougna et Le masque), Cécile Bonbon (Le machin), Mellow (Oops et Ohlala prennent un bainPlay with Oops & Ohlala – Celebrations / Les fêtes), Amélie Graux (Oops et Ohlala prennent un bain, Comptines des papas, 9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur et Play with Oops & Ohlala – Celebrations / Les fêtes) et Camille Piantanida (L’étoile de pépé).

Le gros goûter
Texte de Stéphane Servant, illustré par Cécile Bonbon
Didier Jeunesse
12,50 €, 234×250 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Oops et Ohlala mangent comme des grands
Texte de Mellow, illustré par Amélie Graux
Talents Hauts dans la collection La petite vie de Oops & Ohlala
5,80 €, 157×157 mm, 18 pages, imprimé en Chine, 2013.
Un repas chez les lapins de Pâques
Texte de Carine Foulon, illustré par Élise Catros
La Palissade
12,50 €, 245×250 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Arthur est allergique, et alors ?
Texte de Marie-Constance Mallard, illustré par Camille Piantanida
Libre Label dans la collection Petit Label
12 €, 210×145 mm, 32 pages, lieu d’impression non indiqué, 2014.

À part ça ?

Mily Miss QuestionMily c’est Miss Question. L’amour, le « beau », la mort, la normalité… Mily s’interroge. Son chien Pop (qui parle) l’accompagne dans ses aventures, on croise aussi son frère qui se prend pour une rock star, sa petite sœur qui l’horripile parfois, Masséo le sportif qui se la pète un peu, le sage Dan, la copine Juliette, Gaspard (dont Mily est un peu amoureuse…) et plein d’autres personnages. Dans cette série où la philo est expliquée à hauteur d’enfant, on combat aussi les clichés sexistes. Des décors réels avec des personnages animés, un résultat plutôt esthétique et surtout très intéressant. Chaque fois, ça se termine par une question, pour amener l’enfant à réfléchir. Un double DVD vient de sortir (avec 40 épisodes de 7 minutes) mais on peut aussi retrouver Mily Miss Question sur France 5.
Mily Miss Question, double DVD (40 épisodes de 7 minutes), autour de 15 €, Francetv distribution.

Un épisode :

Gabriel

À la lumière du passé

Deux romans où de vieux secrets resurgissent.

Une vie retrouvéeEugénie, dite Gina, vit une épreuve. Elle a surpris sa meilleure amie et son copain ensemble. Il lui faut fuir, oublier, occuper son esprit. Un vieux secret de famille c’est l’idéal pour penser à autre chose. Elle part donc à la recherche d’une sœur de sa grand-mère dont personne ne parle jamais… et qui porte le même prénom qu’elle. Arrivée sur place, dans un petit village du Cantal de deux cent quarante habitants, Gina va vite se rendre compte que ça ne sera pas facile, ici tout le monde craint sa grand-tante et personne ne veut en parler. Mais grâce à une petite fille espiègle (que certains pensent folle), la jeune fille va réussir à rencontrer la vieille Eugénie.

Une nouvelle fois, j’ai été happé par l’écriture et l’histoire de Josette Chicheportiche. Que cache donc la grand-mère de Gina ? Quel est ce terrible secret de famille dont personne ne veut parler ? Que s’est-il passé il y a une cinquantaine d’années ? J’avais eu un gros coup de cœur pour Ne le dis à personne, ici encore c’est un roman tout simplement captivant, qui se dévore. On parle donc d’amour, de secrets de famille, des marginaux, de la peur que déclenchent les gens différents, de la mort, de la fatalité. Un roman complet, qu’on a du mal à lâcher avant la fin.

Souviens ToiJoséphine est une vieille dame de 80 ans. Elle rend visite à Armand, qu’elle n’a pas vu depuis plus de soixante ans. Elle l’accuse d’une chose terrible, quelque chose qui s’est passé en 1946, quand elle avait 15 ans, quand Juliette, sa sœur jumelle, était encore en vie, avant qu’Armand ne fasse de la prison.

C’est extrêmement difficile de résumer Souviens-toi d’Élisabeth Combres tant il est complexe. Le roman se découpe en plusieurs parties… et je serai tenté de dire en trop de parties… Il est d’abord question d’une sorte de règlement de compte, une femme qui revient longtemps après la mort de sa sœur revoir celui qui l’a aimé… puis l’aurait tué. Ensuite, on lira le journal de Juliette et l’on en saura plus sur ce qu’il s’est passé en 1946. Puis, c’est un autre secret de famille sur lequel Joséphine se penchera en voyageant avec Yvette, sa voisine aussi âgée qu’elle. J’avoue que pour ma part je m’y suis un peu perdu et je me suis demandé quel ado serait intéressé par cette histoire dont les héros sont des octogénaires… Il y a bien sûr un passage en 1946, quand les héros ont quinze ans, mais il est assez court et n’est pas au final le vrai sujet du roman. Un roman à tiroirs qui j’avoue m’a un peu perdu.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un livre de Josette Chicheportiche (Ne le dis à personne).

Une vie retrouvée
de Josette Chicheportiche
Oskar dans la collection La vie
14,95 €, 130×210 mm, 237 pages, imprimé en Europe, 2013.
Souviens-toi
d’Élisabeth Combres
Gallimard dans la collection Scripto
8,50 €, 130×200 mm, 146 pages, imprimé en Italie, 2013.

À part ça ?

Amazonia DVDUn avion qui transportait un singe domestique tombe au milieu de la forêt amazonienne. Le singe est terrorisé, comment sortir de sa cage ? Grâce à des animaux un peu curieux qui fouillent l’avion, il va réussir à s’enfuir et il découvrir la vie sauvage. Il va lui falloir s’adapter à cette nouvelle vie.
Gros coup de cœur pour ce magnifique film qu’est Amazonia. Un film quasiment sans dialogues (juste quelques un au début et à la fin de la petite fille qui semble être la propriétaire du singe capucin) et pourtant on ne s’ennuie pas une minute (et les enfants non plus). Avec lui, on découvre la forêt amazonienne, sa faune et sa flore. On tremble pour le héros quand il se retrouve face aux prédateurs, on sourit de certaines de ses aventures. C’est aussi une critique de la captivité des animaux, utilisés pour des cirques, des zoos… alors qu’ils sont bien plus heureux dans la nature. Un moment absolument magique, un superbe film à voir en famille.
Amazonia de Thierry Ragobert,autour de 15 € pour le DVD et de 22 € pour le Blu-Ray, Francetv distribution.

Bande annonce :

Gabriel

Les invités du mercredi : Delphine Garcia, Jean Regnaud, Aude Picault et Mélanie Edwards

Aujourd’hui, nous recevons Delphine Garcia, une illustratrice que j’ai découverte il y a peu à travers deux facettes très différentes. D’un côté Jean et Marguerite (sorti chez Les p’tits bérets), un album très personnel, et de l’autre son personnage de Gwen la bigouden (chez Locus Solus). J’ai eu envie de parler de ses influences et de son travail avec elle. Ensuite, pour notre rubrique Parlez-moi de… j’ai eu envie de revenir sur le superbe Mais… comment naissent les parents (que nous avons chroniqué ici) avec ses auteurs et son éditrice. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Delphine Garcia

DSC2091nbrecadre

©Anne-Sophie Gacoin – ansog.net

Parlez-nous de votre parcours ?
Haute comme trois pommes, j’étais déjà passionnée par le dessin et franchement, je ne voyais pas quoi faire d’autre ! Naturellement, je me suis orientée vers un BAC arts appliqués à Brest puis un BTS communication visuelle à Quimper. À la fin de mes études, j’ai trouvé un poste de graphiste à Paris et n’imaginais absolument pas me mettre à mon compte 3 ans plus tard.
Aujourd’hui, je vis à Bordeaux avec ma petite famille.

OH LES BELLES COULEURSQuelles techniques utilisez-vous pour vos illustrations ?
J’aime varier les plaisirs et ne pas me limiter à un style précis. Mon côté « graphiste » certainement.
J’utilise les techniques traditionnelles comme l’aquarelle, l’encre ou les crayons de couleur, mais aussi l’ordinateur pour l’ajout de matières par exemple.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Je n’ai jamais été une grande lectrice (pas bien !), vivant à Tahiti jusqu’à mes 8 ans, j’étais plutôt plage, cocotiers et tortue ! Dur dur, le retour en Bretagne ! Je me suis plongée dans la musique et le dessin. Ma mère a gardé tous mes livres d’enfant, contes, Casimir, Fantômette… j’étais fascinée par les illustrations.

Jean et MargueritePouvez-vous nous dire quelques mots sur l’album Jean et Marguerite ?
Cet album est très personnel. Jean Coatéval, célèbre accordéoniste en Bretagne et Marguerite ont vraiment existé. Tous les deux étaient très attachants. À l’époque, j’étais jeune accordéoniste soliste dans les Fest-Noz, ils m’ont pris sous leurs ailes comme de vrais grands-parents.
Je travaillais sur le projet lorsque Manuel Rulier m’a contacté. Son texte est chantant et léger, il a tout de suite compris mes attentes. Les dessins sont très différents de mes autres albums, un trait vivant, dansant, correspondait mieux à l’ambiance du livre.
Ce projet est resté quelques années dans les cartons sans trouver d’éditeur, et un beau jour… Caroline Pérot des P’tits Bérets me contacte. Aujourd’hui, miracle, il est en librairie ! Mon seul regret :  que Jean et Marguerite ne soient plus là pour le lire.

COUV CAHIER JEU GWEN JPEGY a-t-il des illustrateurs actuels que vous aimez particulièrement ?
Un tas !
Si je dois en sélectionner : la finesse du trait de Marie Desbons, le génie de Frédéric Pillot, l’exotisme de Judith Gueyfier (amie de lycée)…

Quels sont vos projets ?
Mon prochain album « Panique à la plage ! » avec les personnages de Marco, petit garçon plein de vie et Polo, son canard à roulettes doit sortir fin avril aux éditions Locus Solus. J’espère très vite une suite de leurs aventures mais aussi de Gwen la bigoudène.
Je réfléchis également à d’autres projets, en solo ou avec d’autres auteurs talentueux. Actuellement, je cogite à l’élaboration de livres plus graphiques, notamment, sur un en particulier, mêlant photos et illustrations, en collaboration avec une amie photographe.

Bibliographie :

Retrouvez Delphine Garcia sur son site : http://www.dg-freedesign.com


Parlez-moi de… Mais… comment naissent les parents ?

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur un de nos coups de cœur, Mais… comment naissent les parents ? (chroniqué ici), de Jean Regnaud et Aude Picault que j’ai eu envie de revenir (avec aussi l’éditrice, Mélanie Edwards).

Jean RegnaudJean Regnaud (auteur) :
Au départ, je voulais écrire une petite histoire toute simple pour expliquer à un enfant qui était né grâce à une PMA la genèse de sa création. Je souhaitais à tout prix éviter que cette particularité puisse être comprise comme une différence. C’est pourquoi le récit que j’ai imaginé met sur un pied d’égalité la PMA et toutes les autres façons de venir au monde, ou plutôt, de créer ses parents. Car, c’est une évidence, quelle que soit la manière dont on le conçoit ou reçoit (dans un lit, via une FIV, grâce à une adoption, avec d’autres mamans ou d’autres papas), c’est quand l’enfant arrive dans notre famille que nous devenons un parent.
L’envie d’écrire ce livre m’est venue bien avant les manifestations contre le mariage pour tous et les polémiques visant le contenu de certains ouvrages jeunesse. Ces opinions rétrogrades désirent un monde qui n’existe plus, mon histoire dépeint simplement, et humblement, le monde tel qu’il est. Dans nos maternelles, les enfants ont aujourd’hui des genèses chimiques, des parentèles ésotériques, et je suis très fier d’appartenir à ce monde ouvert et tolérant.
Enfin, je suis particulièrement heureux que Aude Picault ait accepté d’illustrer cette histoire. C’est elle qui a eu l’idée d’incarner les personnages par des petits animaux. Son talent graphique a apporté au récit une belle âme et une réelle douceur.

Aude PicaultAude Picault (illustratrice) :
J’illustre rarement les histoires des autres, mais celle de Jean m’a tout de suite plu, par sa simplicité, son humour et sa justesse.
Il pose un point de vue d’enfant imparable sur ce qui existe, en dehors des jugements « adultes » qui veulent diviser la vie en « Ça c’est bien, ça, c’est mal ».
J’aime dessiner mes histoires avec des animaux. Pour celle de Jean, ce choix me semblait aussi adéquat : après tout, combien de façons incroyables de se reproduire les animaux n’ont-ils pas déjà inventées ?
Le site d’Aude Picaulthttp://www.audepicault.com.

Mélanie EdwardsMélanie Edwards (éditrice):
Lorsque j’ai reçu le projet de Jean et Aude, j’ai aussitôt autant aimé le texte que les illustrations (ce qui n’est pas toujours le cas quand un auteur et un illustrateur arrivent ensemble). Dans les petits crayonnés d’Aude, il y avait déjà la poésie, la délicatesse et la tendresse qu’on retrouve dans l’album. J’ai donc choisi un petit format, qui me paraissait bien préserver le côté intime et personnel du propos de Jean.
L’histoire, toute simple, m’a plu pour son humour, pour la façon qu’elle avait d’inverser l’éternelle question existentielle « d’où je viens ». Et surtout parce qu’elle ne posait aucun jugement sur les différentes situations de famille des enfants. Chacun raconte comment ses parents sont nés, et on ne se dit jamais que l’histoire de l’un est plus enviable que celle d’un autre. Pour l’anecdote, Jean avait écrit un livre Ma maman est partie en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill (Gallimard), Aude avait publié une BD qui s’appelait Papa (L’Association) en hommage à son père, et moi, en tant qu’auteur, j’avais publié un album qui s’intitulait Et me voilà ! (Bayard Jeunesse), qui racontait treize naissances différentes, alors nous étions faits pour nous rencontrer autour de Mais… comment naissent les parents ? Et le livre s’est fait avec une facilité très appréciable, dans le dialogue, l’échange et le plaisir. Je suis très contente qu’il paraisse à un moment où de grands débats agitent la société, parce qu’il apporte des réponses d’une simplicité désarmante, qui me paraissent justes et vraies, en adéquation avec la vie réelle des enfants, et de leurs parents.
Le site de Magnardhttp://www.magnard.fr.

Mais... comment naissent les parents ?Mais… comment naissent les parents ?
Texte de Jean Regnault
Illustré par Aude Picault
Sorti chez Magnard
2014.
Chroniqué ici.

Roumanie ou Inde, les contes sont partout !

Aujourd’hui, je vous présente deux très beaux contes !

les trois soeurs du roi méchantUn roi avait trois filles. L’un d’elle ne parlait pas, la seconde n’entendait pas et la dernière ne voyait pas. Puis vint un fils. Un fils parfait. Il ne devra pas vivre au contact de ses sœurs, des fois que leurs défauts soient contagieux. Un jour, il reprend le trône familial, et dirige le pays avec colère… Mais peut-être que ses sœurs, cachées jusque là, pourraient un jour lui être d’un grand secours.

Conte roumain de Marianna Galeana, Les 3 sœurs du roi méchant est le seul qu’elle ait transmis en version écrite. Tous les ingrédients du conte traditionnel sont réunis : un royaume, un pauvre roi, un prince cupide, une forêt, des aventures, des éléments fantastiques,… Et même une morale en filigrane : on peut toujours avoir besoin d’autrui ! Contée par Maureen Dor que l’on peut écouter grâce au CD fourni avec le livre, joliment illustrée sur du papier qui sent bon par Stéphane Girel, cette histoire nous fait voyager. On retrouve également une chanson en lien avec l’histoire !

les mésaventures du gourou paramartaComment se procurer un cheval ? C’est la question que se posent Paramatra, un gourou brahmane et ses élèves (Nigaud, Bêta, Nunuche, Zozo et Nouille, ça veut tout dire n’est-ce pas ?) Chacun y va donc de ses hypothèses et de ses idées, plus farfelues les unes que les autres !

Le gourou de Paramarta est en fait un recueil de contes tamoules, reliés entre eux par cette histoire de cheval. Écrits au dix-septième siècle par Viramamunivar, et traduits dans cette version par Françoise de Valence, ces contes sont drôles, pleins de malice et de sagesse. Il y a beaucoup de texte, mais les enfants qui ne savent pas lire prendront tout de même du plaisir à écouter ces histoires d’un autre temps et d’un autre lieu. Les illustrations à l’aquarelle de Lydia Gaudin Chakrabarty sont très belles et accompagnent avec poésie ces aventures ! Un joli livre, avec du papier de qualité et un format presque carré, pour s’évader !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Maureen Dor (Pauvre Stupidon, Moi, super moi, Le rêve de l’arbre, Rita la féroce fée rousse et Quelle chatastrophe !)

Les 3 sœurs du roi méchant
Texte de Marianna Galanea, conté par Maureen Dor, et illustré par Stéphane Girel
Éditions Clochette dans la collection Les Classimots
14,95 €, 210 x 255 mm, 24 pages, imprimé en Union Européenne, 2013
Le gourou de Pamarta
Texte de Viramamunivar (traduit par Françoise de Valence) et illustré par Lydia Gaudin Chakrabarty
Chandeigne
16 €, 190 x 180 mm, 128 pages, imprimé au Portugal, 2013

A part ça ?

Les cerisiers japonais en fleurs sont magnifiques !

Marianne